Projet de loi 96

La saga de l’extension de la loi 101 au cégep

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Tribune libre

Bien honnêtement, je n’arrive pas à comprendre les raisons, voire l’entêtement, qui motivent le gouvernement caquiste à ne pas étendre la loi 101 au cégep d’autant plus que, de source sure, depuis 1995, la part des étudiants collégiaux qui fréquentent les cégeps en anglais et leur pendant privé subventionné est passée de 14,9% à 19%, un bond pour le moins inquiétant. Par ailleurs, au lieu d’en interdire l’accès, le gouvernement a plutôt choisi de plafonner la proportion d’admissions au cégep anglophone au niveau de 2019, soit 17%.

Et pourtant, dans 13 cégeps de partout au Québec, des professeurs de cégep revendiquent l’extension de la loi 101 au cégep. Ces professeurs oeuvrent dans la réalité. Ils sont témoins plus que tous de la dynamique linguistique chez les jeunes, témoins que la langue des couloirs est de plus en plus l’anglais. Ces professeurs constatent que les jeunes générations s’anglicisent, et que c’est la communauté anglophone qui assimile les nouveaux arrivants. En bref, l’État finance notre propre anglicisation tout en dévalorisant une partie de notre système d’éducation francophone.




Or, un sondage de juin 2021 révélait que 58 % des Québécois étaient favorables à l’extension de la loi 101 au cégep. Les Québécois le demandent, les chercheurs le justifient, et maintenant les professeurs le revendiquent, et le gouvernement persiste dans sa décision de ne pas étendre la loi 101 au cégep. De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, estime qu’il n’est pas nécessaire d’étendre la loi 101 au cégep pour protéger la langue française au Québec. La solution, selon lui, « se passe au primaire et au secondaire». Selon lui, qui fait pourtant partie de l’aile nationaliste de la CAQ, « la loi 96, telle qu’elle est écrite en ce moment, va assez loin », un constat qu’il fait, rappelons-le, après plus de trois ans aux commandes du ministère de l’Éducation.

En bref, pendant que l’anglicisation galopante du Québec, particulièrement de la grande région de Montréal, fait irruption, le projet de loi 96, Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, propose aux Québécois des fusils à eau pour éteindre les flammes pendant que la maison est en feu...




https://ssjb.com/loi-101-au-cegep-monsieur-legault-soyez-a-lecoute/

https://www.lesoleil.com/2022/02/26/projet-de-loi-96--un-net-recul-des-aspirations-du-quebec-e2c71da96050cdd13606ffc98b1b3713


Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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