Aujourd'hui, je me souviens

La Journée nationale des patriotes

Tribune libre


En 1835, Archibald Acheson, 2ième comte de Gosford, devient gouverneur général de l’Amérique de Nord britannique et président d’une Commission d’enquête sur les problèmes politiques du Bas-Canada. Cette Commission a pour but de trouver une solution au conflit qui oppose les représentants de la Couronne et les réformistes, menés par Louis-Joseh Papineau. Gosford tente de jouer un rôle de conciliateur face aux leaders francophones et s’attire ainsi l’hostilité des Britanniques. La Commission Gosford dépose son rapport en novembre 1836. La réponse de Londres prend la forme des Dix résolutions de lord Russell, leader de la Chambre des communes. Ces propositions rejettent les plus importantes demandes des patriotes, entre autres, celle de rendre électif le Conseil législatif du Bas-Canada. Gosford prêche alors la modération face au radicalisme grandissant de Louis-Joseph Papineau, mais sans succès.
En 1837, lorsque Papineau organise un rallye contre Lord Russell après que le leader whig ait rejeté les Quatre-vingt-douze résolutions des patriotes, Gosford interdit les rassemblements publics. Au mois d’août de la même année, il dissout l’Assemblée législative lorsque le parti Patriote refuse de voter son budget.
Au mois de novembre, Gosford constate que la rébellion est en cours de préparation et fait arrêter plusieurs partisans de Papineau, lequel réussit à s’échapper aux États-Unis. Le mois suivant, il offre une récompense pour la capture de Papineau et décrète la loi martiale au Bas-Canada.
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Cent quarante-cinq ans plus tard, soit le 6 octobre 1982, le gouvernement du Québec décrète la Journée des patriotes, le dimanche le plus près du 23 novembre dans le but d’honorer la mémoire des patriotes qui ont lutté pour la reconnaissance de leur nation, pour sa liberté politique et pour l’établissement d’un gouvernement démocratique. Toutefois, le désir que la Journée des patriotes soit commémorée par un jour férié incite des citoyens à faire campagne pour obtenir soit un nouveau jour de congé en novembre, soit le remplacement d’un jour de congé existant. C’est finalement par le remplacement de la Fête de Dollard, qui était célébrée en novembre, que la Journée des patriotes, renommée Journée nationale des patriotes, obtient son propre jour de congé pour la première fois en mai 2003, le déplacement de novembre à mai étant motivé par la volonté de mettre en évidence le point de départ des assemblées publiques organisées par des citoyens patriotes à travers le Bas-Canada entre le 7 mai et le 23 novembre 1837.
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Aujourd’hui, en ce 23 mai 2011, je me souviens de Louis-Joseph Papineau et des patriotes de 1837 qui ont semé la graine d’une société distincte du Haut-Canada, celle du Bas-Canada, d’un peuple francophone à l’intérieur de ce pays naissant. Aujourd’hui, nous devons aussi nous souvenir de tous ceux qui, dans la lancée des patriotes, ont contribué à faire en sorte que ce peuple demeure vivant et fier de ses origines, de sa langue et de sa culture. Aujourd’hui, nous devons poursuivre la route vers notre indépendance et faire en sorte que cette société distincte devienne une nation à part entière…en souvenir des patriotes de 1837 qui ont sacrifié leur vie pour leurs convictions profondes envers cet idéal!
Henri Marineau
Québec

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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