Exécution médiatique

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La vague de dénonciation se transforme en Terreur médiatique

L’effrayant tourbillon médiatique dans lequel Gilbert Sicotte a été plongé depuis mercredi soir nous confirme, si nous en doutions encore, que les médias peuvent perdre la tête lorsqu’ils se mettent en tête d’abattre un homme en le présentant comme un monstre.


Les « révélations » concernant Sicotte­­­ n’étaient pas d’intérêt public. Surtout, il y avait quelque chose d’odieux à l’épingler à la manière d’un harceleur comme les autres dans un cycle médiatique consacré aux agressions sexuelles.


Sicotte


Weinstein, Rozon, Sicotte même combat ? Il y a quelqu’un, dans la chaîne de commandement médiatique, qui n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités.


Le commun des mortels l’a constaté. Sur les médias sociaux, qui rendent possible le meilleur comme le pire, on a senti une révolte devant ce lynchage. Car c’en était un.


Il y a toujours quelque chose d’inquiétant quand les journalistes se transforment en justiciers.


Depuis quelques semaines, le mouvement de dénonciation des agressions sexuelles a mis sur la place publique des questions essentielles. Ce n’est pas lui faire justice que de l’instrumentaliser pour ouvrir de nouveaux procès qui n’ont pas grand-chose à voir avec lui. C’est pourtant ce qu’il s’est passé avec Gilbert Sicotte.


On peut penser ce qu’on veut de ses méthodes d’enseignement comme professeur de théâtre. Bonnes ? Mauvaises ? Audacieuses ? Brutales ? Elles ne relèvent pas du registre de l’agression sexuelle. Et Gilbert Sicotte ne méritait pas de se voir ainsi traîné dans la boue.


Ressenti


Peut-être faudrait-il aussi réflé­chir à cette étrange société qui se met en place, où le ressenti de chacun devient un absolu. Suffit-il de se sentir brusqué par un professeur pour transformer cela en traumatisme éternel qui justifierait une vengeance sans fin ?


Fabriquons-nous une humanité exagérément fragile et vengeresse ?


Le procès médiatique de Gilbert Sicotte aura au moins la vertu de nous inviter à la prudence la prochaine fois qu’on voudra lyncher quelqu’un.