FRANCE

En privé, Macron et le gouvernement redoutent un retour explosif des Gilets jaunes

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Le pouvoir craint le retour des grandes mobilisations populaires


Les Gilets jaunes prévoient depuis longtemps une mobilisation le 12 septembre prochain. L’Elysée craint secrètement que la crise sanitaire échauffe la classe moyenne.




La France subira-t-elle de nouveau des manifestations de Gilets jaunes ? C’est ce que redouterait Emmanuel Macron en privé. D’après Le Parisien, les Gilets jaunes prévoient depuis des semaines un grand retour avec une mobilisation le 12 septembre prochain. Plusieurs collectifs et certaines personnalités, comme l’humoriste Jean-Marie Bigard, ont relayé l’appel sur les réseaux sociaux. 


L’emploi pourra être très touché


Si le chômage partiel a « momentanément figé » les effets de la crise, un Macroniste a prévenu qu’une « accélération touchera les grands groupes comme les petites structures » plus tard. « Cette crise sanitaire va devenir une crise économique qui se transformera à tous les coups en crise sociale », s’est-il alarmé. Durant l’hiver 2018-2019, les Gilets jaunes dénonçaient la taxe carbone voulue par le gouvernement, ainsi que leur trop léger pouvoir d’achat ou encore la réforme des retraites… Mais pour l’après-coronavirus, l’emploi sera particulièrement touché et pourrait devenir une importante préoccupation du mouvement, relate Le Parisien. « Le mode d'action ou les causes ont changé, le mouvement s'est essoufflé, il est devenu protéiforme. Mais cela ne s'est jamais vraiment arrêté », a glissé un membre de la majorité.


En effet, la crise sanitaire a créé de nombreuses « inquiétudes » concernant les emplois et, réveille petit à petit la colère jaune. C’est notamment ce qu’a rappelé Jean-Marc Zulesi, député des Bouches-du-Rhône : « Dans ma circonscription, par exemple à La Fare-les-Oliviers, des Gilets jaunes sont encore sur un rond-point. Les braises restent chaudes. » Il a estimé qu’il y a un « risque d'explosion sociale quand vous n'avez plus de boulot », et lorsque les habitants ne sauront plus « comment finir de payer le crédit de la voiture et la cantine ». 


Une solution à court terme


Comme le rappelle le quotidien, le ministère de l’Economie serait bien au courant de la situation. L’Etat ne pourrait pas soutenir financièrement les entreprises à long terme. Pour rappel, des prêts allant jusqu’à 300 milliards d’euros ont été garantis par le gouvernement notamment pour soutenir les entreprises des secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et des établissements de nuit. « Si l'épidémie continue après, on fait quoi ? La France peut-elle se permettre de dépenser des centaines de milliards indéfiniment pour soutenir des secteurs à bout de souffle ? », s’est inquiété un membre du gouvernement. Il a ajouté dans Le Parisien : « N'oublions pas qu'il y a toute une France paupérisée, non qualifiée, de serveurs, d'employés de magasins d'habillement ou de la grande distribution, qui vont trinquer très fort. La crainte, c'est tous ceux qu'on ne pourra pas sauver. Ce sont des Gilets jaunes potentiels. » Un secrétaire d’Etat a notamment déclaré que les « organisations sociales et patronales » doivent aussi « se saisir des outils mis en place par le gouvernement pour sauver les emplois ». Certains Macronistes recommanderaient d’étaler les mesures d’accompagnement jusqu’au 31 décembre afin de « limiter la casse et espérer que l'orage passe ».