L'Europe veut éviter une confrontation directe Téhéran/Washington

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Une guerre qui ne demande qu'à éclater


Une semaine après l'arrivée des forces syriennes et du Hezbollah à la frontière irakienne, les forces irakiennes et les Unités de mobilisation populaire ont réussi vendredi 16 juin 2017 à reprendre le contrôle du point de passage frontalier d'al-Waleed aux terroristes de Daech. Il s'agit d'un passage frontalier qui relie non seulement le territoire irakien à la Syrie mais encore au sol jordanien. Depuis samedi, le triangle frontalier situé entre la Syrie, l'Irak et la Jordanie est sous contrôle des forces irakiennes. 

Les deux armées nationales ( irakienne et syrienne) sont encore séparées par des forces US qui occupent illégalement al-Tanf, en Syrie. Selon la Russie, les États-Unis seraient sur le point de se doter de High Mobility Artillery Rocket System (HIMARS) à al-Tanf. Ces missiles pourraient être utilisés par Washington pour empêcher la jonction entre les armées syrienne et irakienne et partant, ce que certains analystes voient comme une démarche "orientale" destinée à rouvrir la « route de la soie ». Le Pentagone n'a pas réagi à cette information bien que de nombreuses sources n'écartent pas une possible confrontation militaire entre les États-Unis et l'Iran dans le sud syrien.

Dans un rapport, le Conseil des relations étrangères en Europe conseille vivement aux Américains "d'éviter tout face-à-face avec l'Iran dans l'est de la Syrie". Par l'est syrien, le Conseil évoque les régions désertiques qui entourent la ville de Palmyre et où les forces syriennes et le Hezbollah combattent farouchement les terroristes de Daech. " Daech maintient une présence assez large dans le désert syrien, près de Deir ez-Zor, une région qui se trouve située sur les frontières avec l'Irak. Al-Tanf se place désormais au cœur des tensions irano-américaines puisque les États-Unis maintiennent leurs forces spéciales dans cette localité frontalière, tout en menaçant l'armée syrienne et son allié iranien de représailles si elles s'en approchaient. Les accrochages directs ont déjà opposé à trois reprises les forces syriennes et leurs alliés aux Américains.

L'Iran espère vraisemblablement créer une route sûre reliant l'Irak à la Syrie puis au Liban mais certaines voix à Washington tentent de pousser Trump vers un face-à-face contre l'Iran propre à neutraliser les efforts de ce dernier. Ces voix évoquent l'est de la Syrie comme le lieu d'une confrontation militaire à venir entre l'Iran et les États-Unis. Mais vu les évolutions en cours, il serait difficile pour les Américains de remporter cette bataille. L'une des initiatives les plus significatives de l'Iran a consisté à inciter ses forces à contourner al-Tanf et à encercler la base militaire américaine de façon à assurer l'accès facile aux frontières syro-irakiennes. Outre les obstacles que les militaires US auront à surmonter pour venir au bout des forces syriennes et leurs alliés, toute confrontation militaire entre l'Iran et les États-Unis risque de nuire sérieusement à la lutte contre Daech et de mettre en danger un retour à la paix aussi bien en Syrie qu'en Irak. En ce sens, les pays européens se devront de mobiliser pour empêcher Trump de s'engager dans une guerre directe avec l'Iran. 

Si les États-Unis veulent renforcer leurs assises en Syrie, qu'ils le fassent dans le nord ou le sud syriens, frontaliers de la Turquie et de la Jordanie au lieu de s'intéresser à l'est où l'armée syrienne et ses alliés sont fortement présents. L'est de la Syrie est sous contrôle de l'armée syrienne qui y étend chaque jour plus sa présence, depuis la reprise d'Alep et de la périphérie de Damas. À vrai dire, l'Est revêt une importance stratégique pour Damas car c'est à partir de cette région qu'il pourrait harceler les terroristes. Quant à Téhéran, c'est la voie le reliant à la Méditerranée qui lui importe". 


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