Deux poèmes retirés du site du poète officiel du Parlement à la demande d’une Manitobaine

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Le féminisme liberticide veille au grain


Une élue néo-démocrate manitobaine a obtenu le retrait de deux poèmes, écrits par le meurtrier d'une femme autochtone, figurant sur le site Internet du poète officiel du Parlement.




La Bibliothèque du Parlement a confirmé la suppression des deux poèmes controversés en accord avec les présidents du Sénat et de la Chambre des communes.


Selon Nahanni Fontaine, l'inclusion des poèmes de Steven Kummerfield, qui a changé de nom de famille pour Brown, dont l'un porte sur une prostituée, représentait un manque de respect flagrant envers sa victime et toutes les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.


La protectrice des enfants autochtones pour l'Assemblée des chefs du Manitoba, Cora Morgan, salue aussi cette décision, même si elle déplore le fait que le Parlement a attendu d’y être forcé avant de retirer les poèmes.



Les deux poèmes, dont l'un portait sur une prostituée, font partie des poèmes choisis par George Elliot Clarke sur le site Internet. Ils ont été publiés en 2017, lorsque celui-ci était le poète officiel du Parlement.


Un porte-parole du cabinet du ministre Steven Guilbeault n'a pas immédiatement fait de commentaires à ce sujet.


Sur son compte Facebook, Nahanni Fontaine s’est félicitée de la réaction du Parlement en remerciant ceux qui sont intervenus contre le patriarcat, le racisme, la misogynie.



Le Canada a la responsabilité de veiller à ce que ses produits culturels et patrimoniaux reflètent un art qui n'exploite pas les souffrances de nos êtres plus vulnérables, notamment les femmes autochtones, a-t-elle dit lors d'une entrevue, dimanche. On ne peut pas contribuer à la reconnaissance d'une personne qui a tué une femme autochtone. C'est le noeud du problème.


La semaine dernière, M. Clarke avait annulé la conférence qu'il devait prononcer en janvier à l'Université de Regina à la suite de l'indignation soulevée par son amitié avec Stephen Kummerfield.


Ce dernier et son ami Alex Ternowetsky avaient été reconnus coupables d'homicide involontaire relativement à la mort de Pamela George, une femme autochtone, en 1995.


Stephen Kummerfield avait été condamné à six ans et demi d'emprisonnement et obtenu une libération conditionnelle en 2000. Il vit maintenant au Mexique.



Ses poèmes qui avaient été publiés sur le site web du Parlement sont intitulés Plaza Domingo et Alejandra. Le sujet du second poème est une femme nommée La Pornai, un type de prostituée dans la Grèce antique. On peut notamment lire le vers suivant : I follow her thru la fayuca in blinking light (Je la suis dans la fayuca sous la lumière clignotante).


Selon la députée provinciale, cette phrase signifie que l'auteur traque la femme.


Ici, on donne la parole sur un site Internet parlementaire canadien à un meurtrier qui écrit au sujet du harcèlement des femmes vulnérables. C'est inacceptable, a-t-elle soutenu.


M. Clarke s'est défendu en disant qu'il n'avait découvert qu'en septembre que Stephen Kummerfield avait commis ce crime. Il dit avoir changé d'opinion au sujet de ce de dernier.