Le plus grand premier ministre du Québec
31 octobre 2021
Monsieur Bélair,
Merci de vos commentaires qui démontrent que vous avez bien lu le texte, dont vous relevez un angle mort : le passif de Duplessis et de l’Union nationale.
L’objectif de ce texte était de revenir à l’essentiel, sans s’attarder à l’accessoire. Des considérations secondaires auraient allongé le texte inutilement sans ajouter à l’essentiel : la montée en puissance de la nation sous Duplessis.
« Qu’est l’énoncé, sinon un moyen. » Georges Bataille
Concernant l’essentiel, il faut retenir de vos commentaires :
Le conservatisme.
Vigile estime avoir démontré que c’est dans ce cadre politique que nous avons relevé le défi existentiel et mené la nation dans une montée en puissance jusqu’à 1960. Un constat s’impose : la suite est moins concluante.
Le droit à l’autodétermination.
Ce droit ne résulte pas du fait que les Patriotes aient soumis les 92 Résolutions à la bienveillance de la Couronne britannique. Il résulte de la capacité d’un État à le faire apparaître (Duplessis) et d’une stratégie pour le rendre effectif (Johnson), c’est-à-dire en faire une affaire d’État. Ce qui reste à poursuivre, mais que les stratèges souverainistes n’ont pas encore compris.
René Lévesque.
Essentiellement, au nom de son idéal démocratique, il a enfermé le mouvement souverainiste dans un cadre stratégique déconnecté de la réalité, donc perdant et aux conséquences désastreuses pour la nation. Le reste est accessoire.
L’obscurantisme et la pauvreté intellectuelle sous Duplessis.
La plus grande campagne d’alphabétisation de population eut lieu sous Duplessis par la création de milliers d’écoles de rang. Le collège classique a formé les élites politiques, dont tous les membres de « l’équipe du tonnerre » et ceux du premier conseil des ministres du Parti québécois en 1976, sauf Claude Charron. Comparer la prestation de ces politiciens avec ceux d’aujourd’hui n’est pas à l’avantage de ces derniers.
La violence envers la classe ouvrière.
Il faut rappeler que le salaire de la classe ouvrière a doublé en 10 ans sous le règne de Duplessis. Que des grèves, il y en a eu sous tous les partis politiques. La violence lors de celle d’Asbestos de 1949 est due à l’instrumentalisation de cette grève par les Trudeau, Marchand et autres agitateurs qui ont entraîné les travailleurs à franchir la ligne rouge, ce qu’ils n’auraient pas fait normalement. Le but des agitateurs fut d’en tirer un bénéfice politique, dont on sait maintenant à quoi il devait servir.
Les reliquats du conservatisme : Bouchard, Legault.
En fait, c’est le premier qui a incité le deuxième à fonder le parti de la CAQ après avoir fait le constat que le référendisme était un cul-de-sac. Cela dit, Legault avec sa vision bleu poudre n’a pas la carrure d’un Duplessis ou d’un Johnson, même s’il y trouve une inspiration.
Vigile fait le constat que le cadre stratégique adopté par les stratèges souverainistes depuis 50 ans nous a conduit dans le cul-de-sac actuel. Il est donc nécessaire de soumettre ce cadre à un regard critique sans concession. Mathieu Bock-Côté a déjà dit après une autre défaite : « Il faut être lucide jusqu’à la cruauté. »
C’est animé par ce sentiment d’urgence que nous cherchons le plan vers la sortie de secours.
« L’art est long et le temps est court. » Hippocrate
