Un peuple sans Histoire est comme le vent sur l’herbe aux bisons
5 août 2019
Grand merci de nous rappeler dans ce superbe texte l'importance de cette Grande Paix de 1701 pour notre nation.
Depuis la Grande alliance (1602-1603), les français auront mis 100 ans pour remplir l'engagement de Champlain qui fut d'abord d'imposer la paix aux ennemis de ses nouveaux alliés, avant de se résoudre à la guerre. Cette alliance fut déterminante à la naissance et l'essor de la colonie.
Denis Vaugeois (probablement alimenté par Éric Thierry, le grand spécialiste de Champlain) est revenu sur cette Grande alliance lors des célébrations du 400e de la fondation de Québec :
« 1603. Du 15 mars au 24 août. Cours intensif pour Champlain.
Pour ce voyage de 1603, Dupont-Gravé ramène, à bord de la Bonne-Renommée, deux Indiens qui avaient été reçus par Henri IV. La traversée dure plus de deux mois. On peut supposer que les échanges sont passionnants pour Champlain. Il a tout à apprendre. La barrière des langues n’existe pas : les deux Indiens qui avaient voyagé avec Malhortie ,l’année précédente, ont certes appris un peu de français et Dupont-Gravé parle assez bien leur langue. Ce qui suivra n’est pas le fruit du hasard.
À leur arrivée, la population de Tadoussac est en pleine tabagie. Le grand sagamo Anadabijou écoute attentivement les deux émissaires. Le Roi leur a fait « bonne réception »; ils assurent, rapporte Champlain dans son rapport intitulé Des Sauvages et qu’il fera publier « par privilège du roi », dès novembre 1603, que « sadite Majesté leur voulait du bien et désirait peupler leur terre ». Surtout, ajoutent-ils, Sa Majesté désire « faire la paix avec leurs ennemis (qui sont les Iroquois, précise Champlain), ou leur envoyer des forces pour les vaincre.
Anadabijou a le sens du protocole. Son idée est arrêtée, mais il fait d’abord distribuer du pétun (tabac) à Dupont-Gravé et à ses compagnons. « Ayant bien pétuné, il commença sa harangue […] fort content d’avoir sadite Majesté pour grand ami […] et fort aise que sadite Majesté peuplât leur terre et fit la guerre à leurs ennemis.
Les alliances franco-indiennes, amorcées en 1600, venaient de franchir une nouvelle étape. Anadabijou et Dupont-Gravé avaient jeté les bases de l’Amérique française. Ce sera l’affaire de Champlain de faire en sorte que cohabitation et métissage soient au rendez-vous. »
Source : Texte de la communication présentée par Denis Vaugeois lors du 133e congrès du comtié des travaux historiques et scientifiques (CTHS) à Québec le 2 juin 2008.
http://www.septentrion.qc.ca/blogue/champlain-et-dupont-grave-en-contexte
