Les Libéraux avaient dit oui au bonus du d. g. du CHUM

Christian Paire a touché une rémunération de 80 000$ en sus de son salaire de 350 000$

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Quels intérêts se cachent derrière Christian Paire ?

Le gouvernement Charest était bien au fait de la rémunération supplémentaire de 80 000 $ consentie au directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), Christian Paire, en sus de son salaire de 350 000 $. Mais il voulait qu’elle n’apparaisse pas dans la somme approuvée par le Conseil du trésor.
C’est ce qui ressort du témoignage du président du conseil d’administration du CHUM, Alain Cousineau, à la commission parlementaire qui se penche sur la gestion de l’institution sous la gouverne de Christian Paire. C’est l’ancien président du conseil d’administration du CHUM, Patrick Molinari, qui s’est chargé de conclure le contrat d’embauche de Christian Paire. Ce contrat fait toujours l’objet d’une entente de confidentialité.
« Le fait que ce dossier, tout à coup, apparaisse dans les journaux m’a fait examiner un peu la question. Et effectivement, ce que j’ai constaté, c’est que le conseil d’administration a sanctionné une entente qui a également été approuvée par le gouvernement, par le Conseil du trésor, a-t-il expliqué. La rémunération totale dont il a été question dans les journaux a bien été autorisée, tel qu’indiqué par le précédent conseil d’administration, par des résolutions dûment adoptées. » Alain Cousineau est en poste depuis février 2012 alors que Christian Paire est entré en fonction à la fin de novembre 2009.

L’UdeM poursuivie
Le montant supplémentaire de 80 000 $ n’était pas versé par le CHUM, mais par l’Université de Montréal (UdeM), donc d’une enveloppe qui ne relève pas Conseil du trésor. Le recteur de l’UdeM, Guy Breton, a expliqué en commission parlementaire lundi pourquoi l’université avait informé le gouvernement Charest à l’été 2011 qu’elle avait « décidé de régulariser la situation », ce qui fut fait au début de 2012. Ce geste fut suivi par une mise en demeure puis par une poursuite pour rupture de contrat intentée par Christian Paire contre l’UdeM. « Il n’y avait pas de lien d’emploi et pas de prestations », a indiqué Guy Breton, pour des virements sans déductions fiscales effectués au bénéfice du directeur général du CHUM.
De son côté, Alain Cousineau a défendu les émoluments exceptionnels consentis à Christian Paire, jugeant même qu’ils n’étaient pas assez élevés. L’élimination de la rémunération supplémentaire « risque de nous créer un important problème de recrutement » si on veut sortir de « la communauté régionale, a-t-il fait valoir. C’est une préoccupation. Si je regarde les salaires équivalents en Ontario, on n’est pas du tout dans les mêmes ligues. »
Multiplication des postes
Plus tôt dans la journée, le président du comité exécutif du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) du CHUM, Paul Perrotte, est venu présenter les doléances de l’organisme qui représente quelque 800 médecins, dentistes et pharmaciens du CHUM, doléances qui avaient fait l’objet d’une lettre rendue publique en janvier. Paul Perrotte a dénoncé notamment la multiplication des postes à la haute direction du CHUM et le « désengagement et l’éloignement de la direction générale envers la base ».
Mardi, ce sera au tour, notamment, de Christian Paire, de Patrick Molinari et de l’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, d’être entendus en commission parlementaire.


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