Phillippe Couillard et la sécurité des Québécois

Islam et islamisme: même combat!

Se parler des «vraies affaires»

Tribune libre

Raif Badawi condamné à 1000 coups de fouets en Arabie Saoudite pour « enfreinte aux valeurs religieuses »? – Oh, mais cela n’a rien à voir avec l’islam! – Ok, pas de problème.

Malala tirée à bout portant dans la tête par un Taliban? – Mais c’est la mouvance de la guerre là-bas, rien à voir avec l’islam! – Bon, si vous le dites.

Mehdi Nemmouche qui tire à bout portant dans un musée juif à Bruxelles? – C’est un dérangé celui-là, évidemment rien à voir avec l’islam! – Bien vu.

Et Mohamed Merah? – Un loup solitaire voyons, on est loin de l’islam là! – Encore une chance.

Theo Van-Gogh, le réalisateur Hollandais assassiné en plein public de huit coup de feu et presque décapité avant qu’on lui plante deux couteux dans la poitrine? – Pas d’amalgame s’il vous plait, ce meurtre n’a encore une fois rien à voir avec l’islam! – Bien vu chef.

Des voitures fonçant à toute allure dans la foule en criant Allah? – Une bande de fous furieux, des malades, aucun lien avec l’islam! – Très bien.

Ahmad Rouleau et Zehaf Bibeau à Saint-Jean et Ottawa? – Des Québécois convertis, ça n’a rien à voir avec l’islam voyons! – Pas de trouble.

Et IIan Halimi brulé vif par le gang des barbares? – Vous-même le dites, « barbare »; rien à voir l’islam! – Fiou.

Les femmes voilées dénonçant « la charte de Drainville » à coup de manifs ? – Mais on n’est pas pour commencer à parler tissus, tout le monde peut s'habiller comme il veut ici, non! – Tiens, soudainement, on a des droits?

Et les manifs contre les caricatures de Charlie Hebdo au lendemain d’un massacre au nom de l’islam? – Comme vous dites si bien, on a des droits, dont celui de manifester pour défendre nos convictions. – Ah bon, vraiment?

J’oubliais, et le 11 septembre? – Oh mais c’est loin tout ça, où voulez-vous en venir à la fin? C’est évident que le 11 septembre est nébuleux, probablement un « inside job » pour incriminer les musulmans. Et puis merde, vous savez ce que vous êtes, vous êtes islamophobe monsieur, avec vos insinuations et vos sophismes à double sens. C’est comme le printemps arabe, tout le monde sait que c’était arrangé dès le début par les élites, par la banque, la CIA et le Mossad, pour faire tomber le monde arabe. Ouvrez les yeux mon cher monsieur! Nous, on n’y est pour rien, à part évidemment subir les contrecoups des intrigues de « l’Empire »!!! – Ouf, plus rien à redire.

Voilà! le gros, grand et méchant mot est lâché : « L’Empire! »... le sésame de la gouvernance mondiale officiant le « conseil d’administration » de la planète a encore frappé, hier en plein Paris puis cette fois-ci à Copenhague par une orchestration digne des plus grandes machinations. Et la seule vérité incontestable qui se dégagerait de ce réseau d’intrigues judéo-maçonniques, la seule conclusion qui s’imposerait à l’aune de la conspiration mondialiste, c’est que « cela n’a vraiment rien voir avec l’islam! »

Il faudra bien commencer en occident par sortir de nos modèles droit de l’hommistes pétries de pluralisme et de pensée unique universelle, pour sérieusement s’intéresser à cette religion de plus en plus déstabilisante qui est, précisément, l’islam!

Bien sûr qu’on préférerait dire islamisme « radical », notion qui n’aurait « rien à voir avec l’islam », pour mieux se donner bonne conscience mais surtout, éviter de passer pour islamophobe patenté. C’est compris là-dessus!

Bien sûr aussi que cette différence entre islam et islamisme convient parfaitement à nos typologies de la rectitude et continue d’être érigée en véritable dogme par nos chantres du cosmopolitisme institutionnel. C’est compris là-dessus encore!

Mais au-delà de nos définitions et de nos catégories hasardeuses, il appert, là, dans la foulée du massacre sans nom de Charlie Hebdo et de la fusillade de Copenhague, qu’il serait temps de faire le point sur notre rapport à la liberté et de mettre certaines choses au clair concernant nos convictions profondes et nos propres valeurs.

En effet, dès le lendemain de la grande union nationale en France, toute la classe politique se lançait la balle en blâmant une société d’accueil au laxisme républicain dégénéré, responsable de la faillite du processus d’intégration, de la faillite d’une politique internationale d’ingérence ou encore de la faillite des lois de protection des minorités visibles; bref, la faute à tous et chacun sauf évidemment celle des premiers concernés : les musulmans eux-mêmes!...

Paradoxe d’une intelligentsia bon enfant et d’un monde des médias continuant à nous servir un appel à la tolérance d’usage et les mises en garde récurrentes contre le danger des idées préconçues et des « amalgames » à la va-vite. Toujours cette tentation de l’apaisement qui s’inquiète moins de l’islamisme qui frappe que de « l’islamophobie » qui en résulterait, comme si toute réflexion critique sur l’islam radical devait être censurée ou assimilée au racisme… Les escamoteurs institutionnels : un président de la République publiant un communiqué sur le massacre atroce de vingt et un coptes en Égypte d'où sont absents les mots «chrétiens» et «musulmans», les seuls mots qui comptes en fait.

Plusieurs écrivains, sociologues et philosophes entreprendront même de nous expliquer qu’il y aurait bel et bien dans le monde musulman un « Islam des Lumières » qui bataillerait ferme contre un « Islam radical » aux confins de la suprématie!!!... Inutile de dire que pour eux, l’axiome « Islam contre Islam » convient davantage à leur grille d’analyse que l’évidence d’un « Islam contre l'occident » trop lourd de sens mais surtout, trop polémique et stigmatisant pour la cohésion sociale et le vivre ensemble. L’idée seule d’admette avec Samuel Huntington que nous sommes à l’orée d’un véritable « choc des civilisations » semble être au-dessus de leurs forces, pour ne pas dire au-dessus de leur capacité à raisonner. De véritables ingénus de la pensée humaniste et progressiste, ils ne peuvent simplement concevoir que d’autres puissent rejeter violement les valeurs occidentales de la liberté et du droit positif.

On ira jusqu’à nous entretenir dans différentes publications sérieuses, des « Voltaire » du monde musulman, en pointe d’une société islamiste qui ne demanderait qu’à être « éclairée » par nos valeurs démocratiques pour enfin sortir de l’ombre et atteindre sa plénitude.

À croire certains : des écrivains, des activistes, des penseurs seraient déjà au travail pour faire trembler la forteresse intégriste qui n’en aurait plus pour longtemps. Autrement dit, un véritable islam réformiste en gestation dont l’issue serait éventuellement la victoire de la raison séculière sur celle du fanatisme religieux. Un pas de plus et nous auront droit avant longtemps, à une envolée lyrique à la Joseph de Maistre qui, à la fin du XVIIIe siècle, s’ébahissait justement devant la marche irrésistible des Lumières : « La génération présente est témoin de l’un des plus grand spectacles qui jamais ait occupé l’œil humain : c’est le combat à outrance du christianisme et du philosophisme. La lice est ouverte, les deux ennemis sont aux prises et l’univers regarde »

L’univers regarde?... Prenons un pause pour un moment et revenons à certains fondamentaux sociologiques avant de s’égarer dans les chimères voltairiennes du monde arabe!

Bien sûr que nous applaudissons (et comment) aux efforts du penseur Tunisien Mezri Haddad qui défend au péril de sa vie les principes séculiers de séparation du religieux et de l’État; de l’écrivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb pour ses prises de position en faveur d’un islam libéral; de Hassan Jamali, grand réformiste prônant la désacralisation du coran et l’abolition de la charia; du blogueur palestinien Waleed al-Husseini réfugié en France, dont le seul crime est d’avoir défendu l’athéisme, et même de notre Djemila Benhabib qui a si courageusement défendu sa vie à « contre coran »…

Tout ça est très louable mais malheureusement, ces penseurs ne sont, et ne seront jamais « Voltaire! » Oh, pas par manque de talent bien sûr, loin de là, mais plutôt par manque de moyens.

Car pour avoir des « Voltaire » dans le monde arabe, il faudrait avoir aussi des Guillaume de Malesherbes, le censeur officiel de Louis XV qui faisait passer en douce les écrits des philosophes; il faudrait avoir des Marquise de Pompadour, la maitresse en titre du roi qui favorisait les auteurs des Lumières à la cour de Versailles; il faudrait avoir des Fréderic le Grand, le roi de Prusse qui faisait venir Voltaire et ses amis libre-penseurs afin de les propulser au pinacle de ses académies; des Catherine de Russie, l’impératrice qui savait s’entourer de Diderot et des philosophes.

Il faudrait également des académies des sciences et des lettres qui laisseront la prédominance aux penseurs des Lumières sur ceux des obscurantistes religionnaires.

Sans parler de tous ces prêtres, ces religieux, ces abbés, ces chanoines comme Condillac, Raynal, Mably, Morellet qui, de l’intérieur de l’Église même, contribueront à l’Encyclopédie de Diderot pour devenir les égéries du siècle, véritable coryphées du philosophisme moderne comme disaient les dévots.

Autrement dit, il faudrait des moyens, de la volonté, des écrivains prêt à se mouiller, des chefs religieux ouverts à la réforme, des chefs d’état poussant en ce sens, enfin toute une synergie pour en arriver à former ce que l’on pourrait alors appeler un « bloc » des Lumières en face de l’islam radical.

Mais cessons de nous raconter des histoires : il n’y a évidemment rien de tout ça dans le monde musulman; il n’y a rien de ces mécanismes de diffusion universelle, de ce favoritisme institutionnel et de cette reconnaissance officielle. Et le peu de « voltaire » qui osent remettent en question l’ordre établi sont stricto sensu expulsés vers l’occident quand ce n’est pas directement condamnés à mille coups de fouet comme c’est le cas actuellement de Raïf Badawi en Arabie Saoudite pour avoir animé un blog véhiculant des valeurs « contraire à l’islam ».

Le jour donc, où il y aura dans le monde musulman, des têtes couronnées, des présidents, des imams, des mosquées, des écoles coraniques, des universités, des éditeurs, des chaines de télévisions qui travailleront à la séparation du politique et du religieux, à la désacralisation du texte coranique et à l’invalidité des lois de la charia, là, et seulement là, nous pourrons parler d’un véritable « Islam des Lumières ».

D’ici cet aggiornamento révolutionnaire, les soi-disant « Voltaire » musulmans continueront malheureusement à ne s’exprimer qu’en… occident! Les quelques-uns qui braveront ces fatwas monstrueuses (comme si un archevêque Italien lançait un « contrat » de mafia sur la tête d’un journaliste parce qu’il dénigre l’Église) tiendront certes un discours laïcard et séculier qui plaira à nos oreilles occidentales, mais seront-ils écoutés dans le monde musulman? Il faudra pas mal plus que des Tariq Ramadan et son « moratoire » sur la lapidation pour en arriver à une véritable réforme en profondeur faite d’un humanisme voltairien renouant avec celui d’Averroès, au diapason de notre modernité, attentif au statut des minorités, soucieux du sort des femmes et hostile aux excès de l’intégrisme… On est loin du compte!

Mais autant d’incompatibilité provient peut-être de l’essence même d’une religion intolérante dans ses propres fondements ontologiques…

Comprenons : l’islam forme un tout homogène dont la lecture remonte en amont du texte sacré et dont la seule aspiration est la diffusion universelle de principes irréconciliables avec ceux de nos sociétés occidentales. On ne badine tout simplement pas avec cette religion de guerre issue des écrits de Médine alors que Mahomet commençait à prendre du coffre et se convertissait en guerrier impitoyable : le texte suivra l’acte dans la foulée des conquêtes. Le corpus coranique et la Sunna fermeront le cycle, et l’histoire s’arrêtera-là!

Les musulmans vibrent donc aux arguties de la sunna qui représente l’absolue intégral. Ils ont la crainte de Dieu à en mourir, leurs prières sont calculées dans le ciel et leurs agissements inventoriées en vue de l’autre vie. À titre d’exemple, une prière au Mont du temple à Jérusalem vaut cinq cent prières dans une mosquée de Montréal, une à la Mecque en vaut mille et ainsi de suite, une sorte de prédestination dont chaque action est comptabilisée et répertoriée. Cette mécanique existait dans l’Église au moyen âge, avec l’achat « d’indulgences » qui permettait d’accumuler des points divins etc.

Avec un pareil dispositif, inutile de demander à un musulman de tempérer, de réformer et de se remettre en question, ou encore pire, de s’intéresser à notre culture et nos valeurs, la crainte du divin, comme la crainte de « perde sa place » est trop grande dans son esprit.

Allah observe et il n’en tient qu’au fidèle d’accomplir les œuvres…

Ainsi, leur vie entière en dehors du travail ne se concentrera qu’autour de la communauté et de la mosquée de quartier à raison de cinq prières par jour, de 10% du revenu annuel à la Zakat, (l’équivalent de la dime), d’interdits sans fin dont celui de ne surtout pas s’intégrer au monde « mécréant », en attendant le rêve eschatologique de la hijra, c’est-à-dire quitter la terre de mécréance pour enfin rejoindre Dar al-Islam, la terre d’islam. Le film « Jamais sans ma fille » avec Sally Field est un exemple édifiant de cet appel hypnotisant.

Une religion ayant les caractéristiques et les attributs de l’approche sectaire : prosternation complète, exaltation de l’absolue, contribution excessive d’argent, apprentissage du texte par cœur et ce, dès l’âge de l’enfance, un texte fait de petits paragraphes court et facile à retenir, succession d’injonctions divines, d’interdictions diverses et de rejet des non-musulmans quand ce n’est tout simplement de leur extermination.

Le musulman, dont la communion mystique à la Oumma – le fluide transmetteur de la communauté des croyants – est plus forte que la raison, s’empêchera par exemple de condamner fermement l’État islamique ou les groupes radicaux qui, en concordance avec les versets et les prophéties, travaillent à la suprématie non seulement de la charia sur le droit positiviste occidental, mais à la conquête de l’occident au complet.

Regardez les musulmans venus s’installer dans nos pays pour des raisons économiques; regardez-les s’engouffrer dans le communautarisme le plus cloisonné où le rejet total des valeurs de la société d’accueil sera obligatoire afin de continuer à vivre leur foi sous l’œil inquisiteur d’Allah ordonnant dans ses versets : « Ô les croyants ! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ; ils sont les amis les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour amis devient un des leurs »… Incapable de la moindre autocritique, leurs actions, leur activisme, leur opinion politique voir leur jugement en général, évolueront que dans le prisme de l’islamophobie et le prisme de la « complocratie » : une obsession du conspirationnisme, typique de gens venant de dictatures totalitaires où la délation et les « opérations d’État » sont monnaie courante.

Naturellement, la plupart ne verra le monde qu’à travers un complot des élites, une vaste conspiration mondialiste orchestrée par les médias pour décrédibiliser les musulmans qui n’auront évidemment rien à se reprocher. Des théories du complot faisant consensus dans la communauté puisque la version officielle accuse une partie radicale de leur religion. Belle déflection de responsabilité collective en mettant le blâme sur l’autre, l’ennemi occidental enjuivé.

Le conspirationnisme console certes, mais surtout décharge les musulmans en alimentant un déni irrationnel de victimisation.

Lorsque l’on s’entretient avec des musulmans d’ici, des musulmans rappelons-le, profitant des largesses de nos droits et libertés, de notre liberté de culte et d’expression, des diplômés de nos universités, des professionnels, et qui nous disent que le printemps arabe n’est rien d’autre qu’une machination en vue de détruire la civilisation musulmane, que les attaques d’Ottawa et de Saint-Jean étaient « arrangés », que celle de Charlie Hebdo, le fruit des services secret et d’opération « sous faux drapeau », que l’État islamique est une création ex nihilo sortant de nulle part et créé de toute pièces par les américains pour incriminer les musulmans etc., etc., on ose imaginer l’état d’esprit prévalant dans le monde arabe en général.

Et puis cessons enfin de « catégoriser » naïvement les musulmans à travers nos beaux discours « d’ouverture » issus des chartres. Eux-mêmes n’en demandent pas tant!

Parce que toutes ces typologies de bonne conscience occidentale entre les « tolérants », les « radicaux », les « intégristes », les « modernes », font rire le musulman, qui sait très bien, lui, qu’il ne peut y avoir qu’un seul et véritable islam, un seul coran immuable et incorruptible.

En réalité, nous sommes en face d’une différence de « degré » et non pas de « nature » : les musulmans procèdent de la même essence, communient au même livre et sont soumis à la même charia éternelle. Peut-être certains le sont à des degrés plus ou moins rigoriste, plus ou moins intégriste, mais tous, sans exception se réfèrent à un discours identique, que ce soit le militant de Daesh ou l’ami du coin de la rue fréquentant sa mosquée de quartier.

De même qu’un musulman laïc ou athée au sens où nous sommes laïc et athée ici en occident, ça n’existe point à proprement parler. Oh évidemment qu’il y en a, mais ceux-ci savent s’intégrer inconditionnellement à notre culture et notre société. De véritables ostracisés de leur communauté et apostats hérétiques, leur seul choix sera de devenir des « occidentaux » à leur tour. Et ils méritent évidemment tout notre respect pour leur courage. Mais ne nous faisons pas d’illusion, l’immense majorité reste et demeure dans l’islam. Voyons clair : ce n’est pas parce qu’il ne croit plus en Dieu que le musulman cesse d’être communautariste, cesse de communier à la Oumma, de faire Ramadan, en d’autre terme, qu’il cesse d’être « musulman » et de pratiquer l’islam : ce mode de vie bien particulier qui s’apparente à une fratrie, à un « Club », un brotherhood impénétrable dont chaque membre se reconnaissent, s’appellent « frère » ou « sœur », communiquent par certains signes de la main, par des formules verbales particulières, par des cris de ralliements; une sorte de communisme avec Dieu comme disait l’historien Maxime Rodinson où la vie au complet est prise en charge, une vie de tous les jours réglée dans ses plus infimes détails.

Un mode vie ne laissant évidemment aucune place à la pensée critique, au rationalisme et à l’approche empirique, qui seront complètement expurgés de la dynamique.

La charia étant inaltérable, ce sera donc à la société de se soumettre et d’évoluer en fonction de cette loi divine statique, alors que dans nos pays, ce sera la loi divine, la torah, les évangiles, qui devront se modifier en fonction de l’évolution de la société, bien appuyée en cela, par le commentaire théologique et l’exégèse comme le talmud et le droit canon. Dans l’islam, rien d’un quelconque appui réformateur exégète en marche puisque doctrine et loi, Sunna et Charia, sont monolithiquement immuables et ce, jusqu’à la fin des temps. Des articles législatifs ayant la même force de loi chez les tribus bédouine du 7e siècle que chez l’astronaute travaillant sur la station spatiale ou le scientifique développant les nanotechnologies : une législation pleine de subtilités éthiques sur le respect des femmes par exemple, que l’on peut frapper « avec la main »… « sans fouet »… « ni morceau de bois »… « en épargnant le visage »… et toute une codification juridique censée remplacer celle de notre civilisation du XXIe siècle.

Nous ne sommes plus dans la raison pure et l’empirisme mais dans l’hypnotisme divin et la soumission à la transcendance, nous ne sommes plus dans l’individualité et le positivisme mais dans le collectivisme et le prédestiné. Conséquemment, il ne peut y avoir de distinguo entre islam et islamisme, comme on s’empresse toujours de le faire dans nos médias dominants. Bernard Lewis, le plus grand spécialiste occidental de l’islam disait que l’islam en mouvement, c’est l’islamisme; que l’islamisme, c’est l’islam historique et traditionnel. Le père Henri Boulad, Jésuite Égyptien, spécialiste mondialement connu de l’islam, affirme pour sa part que l’islamisme, c’est l’islam à visage découvert!

Peut-être pourrions-nous faire preuve d’un peu de courage et cesser, en face de chaque nouvelle attaque terroriste, de crier aux gémonies du loup solitaire, de la racaille de banlieue, de la délinquance juvénile et de comportements singuliers. Car pour les frères Koachi et Coulibaly, tous trois rappelons-le, bachelier, DEP et diplôme d’hôtellerie en poche, parfaitement intégrés et loin d’être issues d’une banlieue famélique comme on tente de le propager, l’assaut sur Charlie représentait ni plus ni moins une sentence « judiciaire », parce qu’ils estimaient leur prophète profané et que par conséquent, cela méritait la mort. Ils se considéraient comme des exécutants de la loi islamique contre ceux qui critiquent Mahomet.

Il ne s’agit donc ni de gens souffrant de délire personnel, ni de paumés solitaires « instrumentalisés » par les services (disculpation collective de facto), ni de petits délinquants que la « République » n’a pas su intégrer, mais tout simplement d’exécutants de la loi coranique mandatés par les forces vives du radicalisme ambiant.

Alors une question légitime se pose : où ont-ils appris cette culture? Ne serait-ce pas dans les livres dont regorgent les bibliothèques des mosquées et des « centres culturels »? Ne serait-ce pas justement dans les prêches des imams lors des prières?... Un Martin « Ahmad » Rouleau ne peut atteindre ce degré d’envoûtement seulement en surfant sur le net, il lui faut des ressources littéraires, de l’enseignement, des encouragements, des conversations, des coreligionnaires le stimulant etc.

En face de cette dialectique apocalyptique et ce choc civilisationnel, la notion même « d’individu » doit laisser fatalement place au vecteur fusionnel de la Oumma; comme pouvait le ressentir Mohamed Atta et sa bande, tous diplômés universitaires rappelons-le, lors de l’attentat du 11 septembre; comme pour Magdi El-Nashar, professeur à l’université de Leeds et un des cerveau de l’attentat de Londres en 2005, Serhane Abdelmajid, comptable et économiste, organisateur de l’attentat de Madrid en 2004, ou encore le major Nidal Hasan, médecin militaire de profession, responsable de la fusillade de la base de Fort Hood au Texas, tuant 13 personnes au nom du djihad islamique… sans oublier Mohammed Emwazi, « Jihadi John », le bourreau masqué que l’on voit régulièrement dans les vidéos de décapitation par l’État islamique, diplômé quant à lui, de la Westminster University de Londre en informatique.

Car plus on est instruit en islam, plus on comprend l’implication de cette mécanique eschatologique bien particulière… et plus près du martyr nous nous rapprochons, plus près des récompenses célestes abondantes nous touchons, comme disait Chateaubriand en parlant du musulman qui arrive dans l’autre vie : « Assis sur les plus beaux tapis de soies à l’entrée de sa tente, des eunuques et soixante-douze filles, toutes vierges aux yeux noir, lui servent dans trois cents plats d’or, le poisson Nun et les côtes du buffle Bâlam, le tout, accompagné d’abondance de vin et des cœurs célestes »… Finalement, un peu de la vie du sultanat des palais Topkapi qui est reproduite ici.

Cette culture du martyr viendra ainsi récompenser un fidèle qui aura gagné au tournant, un paradis grandement mérité. C’est pourquoi tous ces martyrs se faisant sauter un peu partout seront systématiquement traités en véritables héros par la communauté alors que dans nos sociétés, ils seraient considérés bien entendu, comme des parias. Suffit juste de voir la nouvelle notoriété des frères Koachi sur les réseaux sociaux ou la quantité de gerbes de fleurs sur le pas de porte du tueur de Copenhague, pour s’en donner une petite idée.

Une religion qui sanctifie à ce point la mort, ou plutôt qui sanctifie la mort de cette vie ici-bas pour mieux s’abandonner à cette « vie » qui doit suivre, ne peut faire autrement que de provoquer ce genre de comportement.

Il n’a qu’à observer les réactions d’hystérie des musulmans au lendemain des attaques de Charlie Hebdo. Faisant fi du moindre respect envers les morts massacrés au nom de leur religion, des contre-manifs monstres s’organisaient dans le monde arabe pour dénoncer agressivement ces caricatures cocasses et inoffensives (juste des traits de crayon, on respire par le nez)… Non content d’avoir dévasté au nom de Mahomet, ils en remettaient une couche en préférant pleurer sur le prophète et « l’islamophobie » plutôt que sur les victimes et l’impact sociétal de l’acte en soi.

Dans un mépris complet de la mémoire des journalistes abattus, leur seule préoccupation consistait à éviter l’accusation de l’islam et des musulmans, démontrant que l’honneur de leur prophète passait bien avant le massacre d’une poignée de non-musulmans en terre de mécréance.

Regardez le désastre de la « minute de silence » dans les écoles de France en la mémoire de Charlie qui dégénéra complètement. Des élèves de primaire et de secondaire qui refuseront de respecter le recueillement en préférant répliquer par des arguments complotistes et des injonctions de type : « ta gueule sinon je t’éclate à la kalach… ma mère m’a dit que c’est bien fait pour eux… quand on insulte le prophète, faut s’attendre à le payer de sa vie », et autre réaction de dégout devant des professeurs médusés. Jusqu’à ce petit de 8 ans, interrogé lui et son père par la police parce qu’il faisait l’apologie des meurtres et de l’extermination des français. Des enfants musulmans élevés dans la haine, une haine rance, souterraine, incrustée, une haine de l’autre, de la société d’accueil qui les protègent, une haine qui se poursuit à l’âge adulte… Le Québec ne fait évidemment pas exception.

Alors qu’ils avaient la chance de prouver au monde entier leur empathie et leur désir du « vivre ensemble » par la défense des valeurs de liberté d’expression dont ils sont les premiers à profiter quand cela les arrange, la chance historique de descendre « en masse » dans les rues lors de la grande manif à Paris, la chance de représenter la France black-blanc-beur en l’honneur des principes immuables de la démocratie et de la liberté de parole, enfin, la chance une fois pour toute de se dissocier des chiens de guerre assassinant en leur nom et au nom de leur religion sur simple appel, pas un seul musulman ne s’est pointé le bout du nez dans cette manif de deux millions de personnes à part évidemment les éternels « fonctionnaires de l’islam », les Boubakeur, Chalgoumi et tous ces musulmans laïcs franchement hostile à « l’orthodoxie ». Bref, quelle minorité infime alors qu’il n’y avait pas 60 morts côté Palestinien dans la bande de Gaza l’été dernier que déjà, des dizaines de milliers de manifestants saccageaient tout sur leur passage dans les rues de Paris au cri de « mort aux juifs », « à bas la France » et « vive le Hamas ».

La même dynamique se produira chez nous à Montréal lors de l’assassinat de nos vaillants soldats au lendemain d’une sommation de l’État islamique d’agir en ce sens, assassinats effectués encore une fois au nom de l’islam des valeurs. Pas un seul musulman (à part quelques porte-paroles officiels ou certains représentants de courants de frange eux-mêmes rejetés par la majorité sunnite) ne s’est exprimé pour affirmer haut et fort son désaccord face à ce qui apparait (à nos yeux d’occidentaux), comme étant une séquestration de leur religion et une stigmatisation injuste de leur communauté, alors qu’ils étaient tous sur la rue Sainte-Catherine quelques mois auparavant pour défendre Gaza et leur « frères » palestiniens démontrant par-là, une réelle capacité logistique de mobilisation. Au lieu de marcher côte à côte avec nous, les musulmans s’engouffrèrent une fois de plus, tête première dans « l’islamophobie » rampante et agissante en nous jouant encore le coup de la victimisation.

Mais comment pourrait-il en être autrement?

À peine deux heures après le massacre de Charlie que déjà Thierry Meyssan, complotiste carabiné de la communauté en France, avait son « article » frais terminé et prêt à être diffusé tout azimut en disculpant l’islamisme pour faire remonter la « filière » jusqu’à Washington et dans les bureaux de la CIA… Saint-Jean sur Richelieu et Ottawa ne seront pas en reste, avec leurs « zone d’ombre » où tout aurait été orchestré pour faire porter le blâme sur les musulmans. Toujours cette vielle manie de croire en la réalité d’un monde derrière le monde; véritable obsession de la manipulation où il n’y a plus d’analyse ni de concept, mais de la magie et de l’occulte. Une mise en scène de cinéma.

Vautré donc, dans la glaise de sa conviction inébranlable de victime des « machinations », le musulman se préoccupera davantage des distinctions faites par nos journalistes à la télévision entre « tolérants » et « radicaux » que de la mémoires de nos morts tombés sur l’autel du sacrifice en leur nom. Replié dans les balises d’un communautarisme abject, ingénu et exempt de tout reproche, il sera à des années lumières de partager avec nous, notre peine et notre désarroi face à la déstabilisation de notre société, de la société qui l’accueille, qui le nourrit, qui lui offre des droits fondamentaux et un niveau économique qu’il n’aurait jamais dans son pays d’origine.

Encore une fois, au lieu de venir marcher avec nous pour Charlie lors de la manif de 25 000 personnes à Montréal, autrement dit, manifester pour la liberté d’expression dont ils sont les premiers bénéficiaires et pour la défense d’une culture démocratique dont ils sont les premiers à utiliser les ressorts, les musulmans préférons le mutisme le plus insupportable.

Car passé une certaine limite, silence devient presqu’allégeance!

Et lorsque la barbarie de Daesh s’intensifie dans les médias, les candidats au jihad, eux, s’envolent et… reviennent, comme ces six étudiants des collèges de Maisonneuve et Rosemont, tous assidus aux cours offerts par Adil Charkaoui, notre grand démocrate devant la Charia universelle... Un appel de la guerre sainte irrésistible et hypnotisant, au point de devenir une véritable préoccupation de sécurité publique.

Si, par exemple, un groupe extrémiste chrétien se réclamant de l’Église faisait rage en Afrique, rétablissait le tribunal de l’inquisition, faisait flamber des prisonniers sur des buchers à l’image de ce pilote Jordanien cramé vivant dans une cage, torturait des victimes sur la roue massacrés à coup de barre de fer au son des laudes, nous serions les premiers à descendre dans la rue en criant notre révolte envers ce groupe de singes qui séquestre notre héritage religieux à des fins barbares. Nous armerions sur l’heure, une coalition pour les éliminer au plus vite de la donne géopolitique; tout cela serait insupportable à nos yeux. Mais le musulman, lui, lorsqu’il n’applaudit pas… se tait… observe… regarde… espère… C’est à se demander justement, combien ne souhaitent pas au fond d’eux-mêmes, une victoire du Califat, prélude à cette revanche tant annoncée par les « prophéties » et leur corolaire?

Prenons un exemple au hasard :

Un français pur souche atterrit chez nous et commence à nous entretenir de sa mission dans la vie qui est de travailler à convaincre nos gouvernants d’instaurer comme code juridique de l’occident, les capitulaires des rois mérovingiens (après-tout, ce code est fait de coupage de têtes, de tranchage de mains et de pied, de grands châtiments et de consumation par le feu, exactement comme la charia qui a été élaborée à peu près à la même époque), vous auriez surement des doutes sur son équilibre mental; et s’il devenait subitement agressif dans la conversation, là, vous appelleriez probablement la police; on le ferait certainement rencontrer un psy; peut-être serait-il interné…

Alors lorsqu’un imam intégriste et radical débarque en grande pompe à Montréal en racontant et en prônant exactement la même chose, lorsqu’il « révèle » à ses fidèles médusés que le destin de l’islam est de prendre éventuellement le contrôle de la planète, puis d’imposer à une société occidentale qui développe le TGV, marche sur la lune et envoie des robots sur une astéroïde, un code de loi issue des sables du désert façonné à l’époque de Charlemagne et inaltéré depuis, la moindre des choses de la part de nos élus, seraient de s’insurger vigoureusement et sans hésitation en face de ce débordement si contraire à nos valeurs fondamentales. Félicitation à Denis Coderre pour l’avoir fait!

Mais lorsque Philippe Couillard ose dire que tous peuvent pratiquer l’islamisme radical en autant que cela ne nuit pas aux autres, lorsque Kathleen Veil dit qu’elle n’aurait pas de problèmes à embaucher dans son cabinet un musulman radical, là, ils dépassent simplement les bornes! Passons sur le fait que notre premier ministre semble incapable de faire la distinction entre piété individuelle et un phénomène idéologico-universel belliqueux comme le radicalisme islamiste; passons aussi sur sa sujétion à la pensée unique du multiculturalisme ou à une certaine notion pavlovienne des « droits individuels » détournés; passons encore! Mais lorsque le chef de l’état lui-même, le garant des valeurs et de l’ordre publique, face à ce qui apparait peut-être comme étant le plus grand danger du XXIe siècle, ne trouve rien d’autre à dire que mettre en garde les Québécois contre les « méfaits de l’islamophobie », une autre forme du radicalisme selon lui (le monde à l’envers, allez expliquer cela à la mère de l’adjudant Patrice Vincent), on est à deux doigts de basculer dans le laxisme et la lâcheté la plus complète.

Comment nos gouvernants peuvent encore croire, au lendemain du massacre de Charlie Hebdo et de celui de Copenhague que le petit islamiste de la mosquée du coin dont la ligne de démarcation entre sa pratique spirituelle et le « passage à l’acte » ne se réduit qu’à un fil, ne fera pas, suite à une mise en demeure de l’État islamique, acte de foi en allant exécuter l’ordre divin intégral? Il aura assisté aux prêches de son imam, il aura mémorisé et récité par cœur les versets : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’à en faire un grand carnage (…) saisissez-les, tuez-les où que vous les trouviez, leur salaire sera d’être tué ou crucifiés ou d’avoir une main et un pied opposé coupé »… il aura entendu l’ordre, il aura « senti son heure », il passera à l’acte!

Ce paradigme mérite d’être répété de nouveau, ne serait-ce que pour mieux sensibiliser nos responsables politiques face à une menace dont ils ne réalisent peut-être pas toute l’amplitude : à l’image des milliers de fanatiques partis faire le jihad comme ceux cherchant à mourir en martyr en assassinant dans nos cités, notre islamiste protégé par Philippe Couillard au nom de la liberté d’expression pourra, du jour au lendemain, répondre à l’injonction de la loi coranique qui lui dictera dans son cœur : « Alors tuez-les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, nous vous avons donné autorité manifeste », et partira faire son carnage tel un somnambule de la foi accomplissant son destin divin afin de mourir dans la gloriole du martyr tant désiré… Prise deux! Voilà pour le rappel.

Il y a un moment où le principe de liberté individuelle et de liberté d’expression doit laisser la place aux impératifs de sécurité publique et de primauté du « droit des gens », première responsabilité du souverain dans un contrat social (considérant que le souverain est le peuple pour parler comme Rousseau), qui est « d’abord » la défense et la sécurité des commettants.

Alors face à tous ces complots terroriste détectés régulièrement; face à des « faits divers » comme ce policier de Marseille remettant une contravention à une femme en burka parce qu’elle contrevient à la loi de la République laïque, et qui voit la meute en fusion s’attrouper autour de lui prête à le lyncher sur la place publique comme on faisait jadis en place de grève, on ne peut plus se permettre en tant que société responsable de baisser la garde de la vigilance et attendre que l’intoxication s’empare progressivement du Québec.

Nous ne pouvons plus laisser en bonne conscience s’exprimer ces agents de l’Oumma qui œuvrent dans nos écoles musulmanes et mosquées du Québec dont nous apprenons à chaque jour l’origine de réseaux de financement souterrains remontant jusqu’au Qatar et aux mouvances salafistes.

Nous ne pouvons plus donner le droit aux imams Chaoui de continuer à prêcher leur venin contre nos valeurs fondamentales…

Mais pouvons-nous seulement, sans passer pour raciste invétéré par nos bo-bo-libertaires-libre-expressionnistes, questionner la pertinence d’accorder une tribune hebdomadaire dans le journal Metro (le plus lu au Québec) à ce petit télégraphiste du radicalisme sous couvert de fausse laïcité qui ne cesse de fantasmer des complots et de disculper l’islamisme radical à coup de victimisation, préférant critiquer la croisade du pape Urbain II en 1099 que les exactions de l’état islamique en 2015?

Un débat de fond qui commence tranquillement à s’articuler au Québec!

Car il y a bel et bien un continuum dans les menaces et les risques : Daesh appelle à tuer des militaires français à « l’arme blanche » et deux jours plus tard, on agresse au couteau de cuisine trois gendarmes en plein centre-ville de Nice. L’imam Chaoui prêche avec les mêmes mots et enseigne la même doctrine que Daesh. L’État islamique ne fait que respecter l’islam traditionnel.

La liberté d’expression doit s’arrêter-là où le droit de l’autre est brimé, principe fondamental guidant nos valeurs collectives. Ce n’est certainement pas à notre justice laïque de défendre Mahomet, Jésus ou Moïse, dont les attaques relèvent justement de cette liberté d’expression : l’interdit dans nos sociétés consiste plutôt en l’injure personnelle contre une communauté, un groupe, une personne… ou encore contre des « faits » démontrables comme la shoah par exemple, alors que la montée au ciel de Mahomet depuis le Mont du Temple à Jérusalem relève de la légende et de la saga comme celle d’Érik le Rouge ou des Chevaliers de la table Ronde.

Nos Julius Grey de ce monde devraient se rendre à une certaine évidence : lorsque la majorité silencieuse se sent menacée, c’est à ce moment qu’elle risque de basculer dans le réactionnisme le plus totalitaire, et nous voulons à tout prix éviter d’en arriver-là.

À ce titre, les enregistrements des terroristes du complot de Via Rail sont édifiants et symptomatiques d’un mode opératoire à plus grande échelle. Leurs actions de déception envers la société d’accueil pour éventuellement passer à la vitesse supérieure afin de saboter au plus haut niveau est révélateur d’un fantasme bien ancré dans le cœur et l’esprit de nombre de musulmans… Le grand imam Youssef al-Qardaoui explique en détail le plan d’envahissement progressif de l’occident, à travers la doctrine de « l’Hégire », c’est-à-dire le communautarisme, l’activisme, le lobbyisme et le terrorisme, jusqu’à la montée en puissance de la guerre civile. À travers surtout une immigration au service de l’impérialisme arabe misant sur la ségrégation ethnique pour obtenir des privilèges et un statut spécial dans les pays hôtes. Rien à voir avec l’arrivée d’immigrants de différentes cultures à la recherche d’une vie meilleure et désireux de faire profiter le pays d’accueil de leurs talents!

Rappelons que cet imam est un des plus grand islamologue du monde, fondateur et doyen d’université, président de l’Union internationale des savants musulmans, auteur de plus de 120 livres et animateur d’une émission sur Al Jazzera dont l’auditoire est estimé à 60 millions de téléspectateurs de par le monde… On est loin du loup solitaire ici!

Les prophéties de Michel Houellebecq dans son dernier livre ne sont peut-être pas si éloignés de la réalité que ça après tout! La déstabilisation a déjà commencé à l’heure où un complot est déjoué toutes les semaines en France, où un parti musulman fait son apparition sur la scène politique, où on ne peut plus écrire sur Mahomet sous peine d’être exécuté à coup de kalachnikov, où on commence tranquillement à parler de « concordat » pour les musulmans de France, bref, où cette poussée conquérante devient si contagieuse qu’elle risque de se propager ici-même au Québec

Sans pour autant tomber dans la théorie du « grand remplacement » chère à Renaud Camus, le jour où, conséquence d’un laxisme et d’un aveuglement de nos société en face d’une menace idéologique intangible, disons-le plus franchement, en face d’un cancer qui se métastase de l’intérieur de l’occident en soi, nous serons au prise avec une forme de guérilla permanente à nos porte, faites de zones d’exclusion et de ghettos servant de bases de repli à des combattants acharnés à nous détruire, faites d’émeutes quotidiennes financées par des organisations terroristes internationales qui excitent les tensions dans nos pays, il sera trop tard pour nous demander comment réagir en lieu et forme. L’heure aura passé et nos chancelleries gouvernementales ne sauront plus comment pérorer leur « politiquement correct ».

Mais il sera surtout trop tard pour se rendre compte que justement, cela a « tout à voir avec l’islam! »


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3 commentaires

  • Traversy Marc Répondre

    7 mars 2015

    Monsieur Pierre Charrette, vous me faites penser à ces anciens intellectuels Français assis en terrace du Flore et du haut des beaux quartiers, qui vociféraient contre le « républicanisme bourgeois ». Toujours l'autodénigrement qui empêche de voir les vicissitudes de l’autre pour mieux critiquer son propre camp. C’est l’historien Tacite qui vantait la civilisation des barbares germaniques pour mieux dénoncer les travers de l’empire romain.
    Évitons de mélanger la géopolitique des différents acteurs au moyen-orient avec l’émergence d’une idéologie de conquête qui relève de la mystique et de la prophétie. Combien avons-nous de radicaux musulmans dans le monde aujourd’hui? 10-15 %?... Sur votre « milliard et demi » comme vous dites si bien pour mieux les disculper, il y en aura au bas mot 200-250 millions, à peu près la population des États-Unis au complet. Et si ce « milliard et demi », cette majorité silencieuse qui ne fait que vaquer à ses affaire, sentait son heure venir, soit par des avancées stratégiques, soit par les victoires militaires de sa minorité puissante et agissante, vous croyez qu’elle se rangerait de notre côté le moment venu et qu’elle viendrait défendre nos valeurs de libertés contre les islamo-fachistes?
    Vous semblez attacher beaucoup d’importance à la « sagesse » de la majorité silencieuse monsieur! Une majorité silencieuse pouvant devenir rapidement la « meute en fusion » prosternée devant l’appel divin. Voyez la meute face au fantasme de l’élection divine du Reich de mille ans incarné par son dieu Hitlérien, voyez l’étincelle qui enflamma la meute lors de la Saint Barthélémy... Bref, une majorité silencieuse pour le moment qui se tait effrontément devant les avancés de l’État islamique ou qui joue insupportablement le jeu de la victimisation suite à l’assassinat de nos soldats. Voyez ce Hassan Serraji du journal Métro, comparant cette semaine même le Québec avec le régime Nazi.
    On pourra toujours critiquer comme vous le faites, le système capitaliste mais encore faut-il lui opposer une alternative crédible : la Russie de Poutine? Les Mollah d’Iran? Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi le chaos est si généralisé depuis la guerre d’Irak, guerre si injustifiée soit-elle? La société civile aurait pu se réorganisée autour d’un contrat social et d’un régime démocratique. Chimères occidentales dites-vous? certainement la réalité d’un monde et d’une religion qui a la haine de l’occident au cœur et qui ne pense qu’à en finir avec les valeurs des chrétiens-croisés-d’hier-devenus-les-laico-athées-d’aujourd’hui! L’occident fait son chemin, avec ses forces et ses faiblesses : le seul endroit ou l’émancipation des religions favorisera l’avènement d’une éthique humaniste séculière universelle faite de redistribution des richesses, d’aides sociales diverses, de facilités de crédit, d’accessibilité au travail et de prospérité collective inatteignables dans les régimes oligarchiques arabes. Double paradoxe où ils viendront tous pour des raisons économiques mais également dans le but de combattre notre culture « dépravée » en concordance avec leur enseignement divin et leurs prophéties.
    Rien de plus pernicieux que le venin du fanatisme religieux qui coule en douce dans les veines d’une société libertaire.

  • Archives de Vigile Répondre

    4 mars 2015

    « L’idée seule d’admettre avec Samuel Huntington que nous sommes à l’orée d’un véritable « choc des civilisations » semble être au-dessus de leurs forces, pour ne pas dire au-dessus de leur capacité à raisonner. »
    J. M. Vernochet : Si l’Islam se limitait aux différentes expressions du wahhabisme, la guerre totale entre civilisations serait proche … La folie et l’absurdité d’une telle perspective saute aux yeux. (Tiré de l'article Le wahhabisme est-il musulman ? voltairenet.org)

    « De véritables ingénus de la pensée humaniste et progressiste, ils ne peuvent simplement concevoir que d’autres puissent rejeter violemment les valeurs occidentales de la liberté et du droit positif. »
    Concernant la minorité wahhabite manipulatrice de l'Arabie saoudite et du Qatar, c'est l'évidence même, mais certainement pas le milliard et demi de musulmans réparti à l'échelle planétaire, lesquels ne sont pas, quoique vous en pensiez, les esclaves inconditionnels de leur « civilisation » inhumaine. À moins, bien entendu, de les spolier de leur humanité et de les vouloir à jamais endoctrinés pour des motifs inavouables !
    L'histoire seule des rapports de force entre l'Occident colonisateur et le monde musulman depuis deux siècles peut expliquer l'enfermement dans cette « civilisation » wahhabite du régime monstrueux de l'Arabie saoudite, dont effectivement les valeurs et les mœurs sont éminemment antagonistes de ceux que propose l'idéal démocratique occidental.
    Reste à savoir si la continuité historique de ces rapports de force dans le nouvel ordre mondial capitaliste proclamé par les ténors eux-mêmes du mondialisme purement matérialiste de ce XXIe siècle, n'explique pas aussi à la fois les inégalités de plus en plus scandaleuses de la répartition des richesses dans les pays occidentaux et le refus des pays musulmans de remettre en cause le nœud gordien qui lie religion et politique dans leur islam radical. Il serait bien étonnant, en effet, que le monothéisme de la démocratie de marché qu'on leur propose et les croisades humanitaires qui ont mené aux divisions et à un fouillis monumental en Irak, en Libye et maintenant en Syrie, représentent pour l'ensemble des musulmans l'épée pouvant leur servir à trancher eux-mêmes ce nœud moyenâgeux !
    La société islamiste repose entièrement sur l'imposition de la charia par l'idéologie religieuse intrinsèque à son islam politique, en tant qu'unique source du droit positif. La liberté individuelle y est exclue tout simplement parce que les moyens rationnels de la concevoir sont inexistants dans sa culture de l'islam. La charia y incarne une loi juridique totalitaire prétendument écrite et révélée par Allah lui-même, donc sacrée et immuable ; elle concerne par conséquent la vie humaine dans tous ses aspects, tant au niveau privé que socio-politique et économique. Plus particulièrement, le profit par l'intérêt sur prêt d'argent qui est l'essence même du capitalisme économique et financier, est interdit par le fondamentalisme religieux islamique.
    Cependant, en ce qui concerne les sociétés occidentales, n'est-ce pas le fait que ce capitalisme ne soit plus contrôlé politiquement à cause de la perte de souveraineté de leur gouvernement, elle-même consécutive à la destruction de leurs normes morales historiques de justice égalitaire, qui engendre globalement la lente implosion de leur civilisation dont témoigne toujours la crise financière de 2008 par l'endettement croissant démentiel des États-nations ? On est loin, en l'occurrence, de l'idée du « choc des civilisations » censée découler entièrement de la « capacité à raisonner » de Samuel Huntington, mais plutôt confronté à l'irrationalité complète de la motivation de cupidité à l'origine des crashs et des scandales financiers à répétition qui y ont conduit en 1929 et 2008 !

  • Carole Jean Répondre

    3 mars 2015


    Merci d’avoir démontré dans ce long texte que l’islam est une religion de guerre et de mort qui nous vient de tribus bédouines barbares du 7e siècle ; qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre l’islam et l’islamisme, les deux s’abreuvant à la même source ; que notre aveuglement volontaire en face d’une pareille menace idéologique d’islamo-fascisme relève de l’inconscience et de l’irresponsabilité, sinon de l’abdication ; que tolérance ne signifie pas capitulation. …
    Tout est là pour qui veut comprendre :
    Le père Henri Boulad, Jésuite Égyptien, spécialiste mondialement connu de l’islam, affirme pour sa part que l’islamisme, c’est l’islam historique et traditionnel à visage découvert !
    Le grand imam Youssef al-Qardaoui explique en détail le plan d’envahissement progressif de l’Occident, à travers la doctrine de « l’Hégire », c’est-à-dire le communautarisme, la ségrégation ethnique, l’activisme, le lobbyisme et le terrorisme, jusqu’à la montée en puissance de la guerre civile.
    Et lorsque notre ineffable Philippe Couillard (d’Arabie!), avec d’autres irresponsables venant de la mouvance bien-pensance, ose dire que tous peuvent pratiquer l’islamisme radical en autant que cela ne nuise (!) pas aux autres, on est en présence d’une grande imposture intellectuelle, sinon d’une trahison !