«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’importance de la congruité

Par incidence, Pierre Karl Péladeau, avalise le changement de cap de Mario Beaulieu, chef du Bloc Québécois

Tribune libre de Vigile
vendredi 21 novembre 2014
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Le mot concernant l’avenir du Bloc de Pierre Karl Péladeau, candidat favori à la chefferie du Parti québécois, était qu’il ne faille pas défendre le fédéralisme mais plutôt le combattre. Une belle tautologie. Disons-le autrement, une é-vi-den-ce !

Longtemps une incongruité du discours indépendantiste, ce mot était pourtant d’un gros bon sens. Malheureusement, Bouchard et Duceppe ont légalisé, en faisant le jeu comme si tout était une question de virgules et de lois en collaborant sur ces points et négligeant de faire la démonstration in vivo des inconvénients constitutionnels et fondamentaux. Une sorte de fausse collaboration, de porte à faux qui avalise le fédéralisme de bonne entente. Comme si bonnet blanc et blanc bonnet s’appliquaient comme perception politique. Le paradoxe de paraître plus constructif sur des enjeux utiles donc que de paraître pour beau joueur alors qu’il faut démolir la loi fondamentale, un jeu des méchants.

Cette évidence du combat c’est Mario Beaulieu qui a le mérite de l’établir. Par son discours, il fait évoluer et provoque le changement d’attitude de la classe politique. Il sera un incontournable de l’évolution des mentalités québécoises à la prochaine élection. La barre est haute, très haute. Mais, il ne faut pas sous-estimer les combats qui semblent les derniers. Celui qui gagne c’est souvent celui qui dure et perdure. Le combat se gagne après le dernier round, jamais avant.

Alors, pour changer de cap, d’un, c’est que Mario Beaulieu dès son entrée, il a plutôt remis au garage les vingt ans de stratégies attentistes pour en faire un organe politique de combat de la pertinence en défensive comme le dit l’autre. Pas tout le monde était content, n’est-ce pas !

De deux, Mario Beaulieu s’aligne clairement en plein sur une lutte démocratique dans l’enceinte des opposants. Là où ça compte, dirais-je : ambassadeurs, Cour suprême, nouvelles fraîches, indiscrétions et informations qui sont les privilèges des élus du parlement des opposants à combattre.

Et de trois, être servi par le Québec indépendant ou servi par Ottawa ne peut plus être compris comme du pareil au même. Un principe élémentaire oublié est qu’il faut établir un rapport de force avant de faire le pacte. L’apparence doit être tactique, mais le fond stratégique.

Et de quatre, cela a l’avantage d’être clair que la défense des intérêts culturels, économiques et politiques ne sont pas contaminés ou par les intérêts des autres régions. C’est direct, sans ambiguïté et imparable.

Et de cinq. Ceux qui disent qu’il doit disparaître, ce Bloc, le plus rapidement possible, souffrent de jovialisme. Tous les partis sans exception devront disparaître au moment de l’indépendance. Changer de statut, de constitution dis-je, aura un impact direct sur tous les partis politiques. Alors les discours de croque-mort pour vivant doivent cesser.

Puis de six. L’inconvénient des autres partis transrégionaux que de suivre les règles et mots d’ordre d’un parti même majoritaire dans une région ou même au pouvoir (sur 338 députés seulement 78 du Québec) vient souvent contrecarrer les intérêts du Québec pour avantager le plus d’électeurs concentrés ailleurs, pardi ! (Ontario 121).

Pour terminer, cela n’a pas été inventé hier que de faire le combat plutôt que d’attendre les conditions gagnantes ou le prendre le beau risque. C’est exactement la politique défendue par les fédéralistes d’Ottawa depuis des lustres. Pour valoir comme exemple, les Stéphane Dion, Jean Chrétien ou Marc Lalonde : ont toujours un beau sourire devant. Mais derrière, ils ont peaufiné stratégies, lois bazooka et embûches depuis 40 ans aux dépens du Québec.

Et le réveil est brutal avec une loi constitutionnelle qui nous crève à petit feu tous les jours et une loi sur la clarté qui bouche l’horizon. …

Commentaires

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre, 23 novembre 2014 10h54

    De la dictature des médias.
    Puisqu’on ratatine le pouvoir d’achat de la tribu, le travailleur doit redoubler d’ardeur au quotidien, et par conséquent n’a plus le temps de réfléchir à la politique.
    Les médias, concentrés aux mains d’on sait qui, publient de gros titres.
    Ce seront les sujets de blagues dans le peuple, peuple des votants.

    Solution : faire campagne sur Twitter ?

    La preuve n’a pas été faite qu’on y diffuse une pensée politique.

    Et l’ensemble des aspirants à guider les indépendantistes ? Réfléchi sur la dégelée du 7 avril ? Construit des forums pour imaginer une alternative au vaisseau qui a sombré ? Agi dans la population pour révéler l’injustice canadienne ? Pour démontrer les avantages de gérer ses propres affaires ?...

    Si on ne démontre pas aux gens les actions à poser pour que le Canada cesse de nous utiliser comme bêtes de somme (passage gratis du pétrole, péage d’un pont qu’on a payé) ces bonnes gens vont continuer à lire les gros titres fédés et à en faire des farces plates avec les animateurs radio=zozo.

    Les aspirants sont-ils convaincants dans l’objectif de faire marcher les Québécois debout ? Est-ce par eux que nous cesserons de vouloir être l’autre ? Savent-ils que leur vaisseau amiral est objet de dérision ? On croit que tout ça doit se régler avant les prochaines élections ? Les Libberals ont bien mis une décennie, et nous, depuis 1995, pour nous rapetisser... L’urgence est donc de prendre notre temps !

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