«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une grande majorité de Français ne s’est pas rendue aux urnes aujourd’hui

ces Français se seraient-ils retirés sur l’Aventin ?

Chronique de Marie-Hélène Morot-Sir
dimanche 18 juin
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Ce deuxième tour des élections législatives confirme en effet le premier tour avec un record inédit d’abstention ;

Lassés de s’entendre répéter sur tous les tons par les médias que les élections étaient jouées d’avance, en faveur de cette majorité présidentielle, tout comme l’avait été précédemment l’élection d’E. Macron, ils ont préféré allé se baigner au bord de notre Méditerranée chez nous, dans le Sud de la France, ou sur les côtes bretonnes ou le long de l’Atlantique… De toute évidence ils n’ont pas voulu donner leur aval au nouveau président !

Les Français auraient-ils suivi le même chemin que les Plébéiens lors de leur lutte contre les Patriciens dans la Rome antique ?

Rappelons-nous de Rome !

Cet épisode des débuts de l’histoire romaine, en 494 avant notre ère, est rapporté par Tite Live.

Parmi les sept collines qui entourent la ville de Rome se trouve le Mont Aventin.
La République de Rome avait été fondée en 509 avant Jésus Christ comprenant d’un côté la Plèbe* romaine - les petites gens dont les soldats et les légionnaires* – et de l’autre les Patriciens - la noblesse, principalement - qui exploitent les premiers et détiennent tous les pouvoirs.
Les Plébéiens, très lourdement imposés, se trouvent écrasés par les dettes, lorsqu’ils ne peuvent les rembourser ils sont alors transformés en esclaves.

Toutes ces injustices donnent lieu à de plus en plus de mouvements de révolte jusqu’au moment où en 494 avant J.C la Plèbe se retire avec ses armes sur le Mont Aventin.
Les Patriciens seront obligés de faire des concessions parce qu’il leur faut combattre les Volsques, les consuls proposent donc aux Plébéiens, en échange de leur indispensable participation à la guerre, d’effacer leurs dettes et d’affranchir ceux qui sont devenus esclaves..

Cependant la victoire remportée, les promesses n’étant pas tenues, les Plébéiens déçus ne peuvent plus que se retrancher à nouveau sur l’Aventin, c’est la deuxième Sécession de la Plèbe en 449 avant J.C.

Ils refuseront tout net d’en redescendre, sans de réelles avancées de leur statut. Les consuls ne peuvent se passer d’eux aussi bien sur le plan militaire que sur le plan économique, c’est pourquoi ils envoient Ménénius Agrippa afin de tenter de les convaincre, grâce à des négociations importantes.

Cela permettra aux Plébéiens d’accepter de reprendre leur participation active à la vie et la défense de la cité, car ils ont obtenu des avantages justes, non seulement leurs dettes sont effacées mais ils obtiennent également le droit de désigner des représentants pour participer aux décisions. Ces Tribuns de la Plèbe défendront enfin leurs intérêts face au pouvoir politique. Les Plébéiens créèrent le « concilium plébis » qui permit des mesures applicables à eux seuls, le plébiscite.

« Se retirer sur l’Aventin » est devenue une expression signifiant que plus personne n’accepte un état de choses imposées sans de réelles négociations et des avancées.

Pour la première fois la majorité de l’électorat français n’a pas accepté cette élection présidentielle suivie des législatives, orchestrées d’avance, si ces Français n’ont pas gravi le Mont Aventin ils feront néanmoins savoir leur désaccord tôt ou tard !

*La Plèbe : A l’origine de la république romaine le mot déterminait un groupe social comprenant des gens aisés et des gens pauvres mais tous exclus des honneurs, plus tard le sens a évolué, environ deux siècles avant notre ère cela ne s’appliquait plus qu’aux démunis.

*Les soldats et les légionnaires, tant qu’ils restaient dans l’enceinte de la ville, étaient liés par leur serment aux consuls. En la quittant, en allant eux aussi sur le Mont Aventin ils échappaient à leur engagement.

Commentaires

  • Ivan Parent, 19 juin 10h57

    Mme. Morot-Sir,

    La sagesse maintenant est d’appliquer cette leçon de l’Histoire à notre quotidien. Poussé en ce sens par les médias au service du système, (presque sans exception) le peuple de France a tremblé de peur devant Marine Le Pen et le Front National. Pourtant, c’est elle qui avait la solution et la colonne vertébrale pour la mettre ne œuvre. Les médias ont fait BOUHHH !!! et tout le monde a eu peur du ’’bonhomme sept heure’’. Souvenons-nous du ...’’n’importe qui sauf le FN’’ Voilà le résultat. Au Québec, nous n’avons pas de leçon à vous faire. Nous nous sommes mis les pieds dans les plats avec les gros docteurs qui, au lieu de faire de la médecine ce pour quoi ils ont été formés, ils se déguisent en dirigeants mafieux au grand dam de la population. Dire que ce méprisable Macron a tonitrué que la France n’avait pas de culture. Celle-là, je n’en suis pas revenu. Quelle ignorance, à ce point, elle est dangereuse.

    Merci Mme. Morot-Sir pour cette page d’Histoire

    Ivan Parent

    Ivan Parent

  • Jean Lespérance, 18 juin 22h29

    Pour le peuple de la France ou de n’importe quel autre pays, il est difficile de relier les causes aux effets. Quand on massacre délibérément l’économie d’un pays industrialisé, les effets ne se font pas attendre longtemps. On le voit en Angleterre, la diabolique madame Thatcher a créé les conditions déplorables qui ont foutu le pays dans le pétrin. Et maintenant qu’elle est morte et parce qu’elle est morte, le peuple anglais ne voit pas qui a été la cause première de ce qui se passe présentement. En France, les lâches fuiront et se feront remplacer par d’autres lâches plus menteurs et plus hypocrites que les précédents. L’enfer n’est pas loin.

  • Jean Lespérance, 18 juin 21h43

    Merci pour cette leçon d’histoire. Je l’apprécie grandement. La France se prépare des lendemains difficiles. De quelle nature ? De toutes sortes de nature. Les abrutis s’imaginent que l’armée et la police vont tout régler. Ils se mettent un doigt dans l’oeil. À force d’écraser le peuple, ils ne récolteront que l’anarchie et le chaos. La vie est parfois comme un jeu d’échecs, quand on place mal les pions, non seulement on perd mais on perd beaucoup. Durant la révolution française, des têtes ont tombé, aujourd’hui ça semble différent mais il y aura une multitude de révoltes et si d’autres têtes ne tombent pas, j’en serais bien surpris. Qui sème le vent, récolte la tempête. Qui crée l’anarchie, récolte le chaos.

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