Élections 2003

Par défaut

Michel Venne

Le Devoir mercredi 16 avril 2003


Ces élections devaient être celles du changement; elles ont été celles du dépit. Les libéraux ont gagné par défaut. Le taux d'abstention et l'effondrement du vote péquiste depuis 1998 expliquent le résultat du scrutin et non un élan irrésistible vers un changement particulier que prétend incarner le Parti libéral du Québec.

Un électeur sur trois a en effet boudé le scrutin, ce qui est en soi une donnée plus qu'inquiétante pour la démocratie, et quelque 470 000 électeurs péquistes ont déserté le parti qu'ils avaient choisi en 1998, non pas pour reporter leur vote sur le parti d'alternance mais pour rester à la maison ou pour appuyer un tiers parti dans l'espoir de renforcer l'opposition.

Les gains enregistrés par l'ADQ (un surplus de 200 000 voix par rapport à 1998) représentent des pertes pour les libéraux, qui auraient normalement dû récolter les fruits de l'usure du pouvoir s'ils avaient vraiment incarné le changement, autant que pour le Parti québécois.

On a déjà vu une vague déferler avec plus de violence sur un électorat que celle qui porte le PLQ au pouvoir.

À l'échelle de la province, en effet, le parti de Jean Charest a recueilli moins de voix qu'aux dernières élections générales. Au total, il a récolté quelque 15 000 votes de moins qu'en 1998, selon les données disponibles hier sur le site Internet du Directeur général des élections.

Dans six circonscriptions (Beauce-Sud, Montmorency, Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Saint-Jean, Trois-Rivières et Vimont), le PLQ a remporté la victoire avec un nombre de voix inférieur à celui obtenu par le candidat libéral aux dernières élections générales. Au delà de 50 000 électeurs libéraux ont boudé les urnes dans les forteresses de PLQ de l'ouest de Montréal et de l'Outaouais.

Ces cinq années de travail dont M. Charest et ses collègues parlent avec tant d'ardeur pour expliquer la victoire libérale lui auront procuré des gains somme toute relatifs. L'illumination dont les Québécois auraient été l'objet en le voyant au débat télévisé n'aura finalement atteint que des partisans qui ne demandaient qu'à se laisser convaincre.

Le seul des trois principaux partis dont les appuis se sont accrus depuis 1998, c'est l'Action démocratique du Québec. Contrairement à ce qu'on a entendu lundi soir, l'appui à l'ADQ n'a pas doublé. Le parti de Mario Dumont a recueilli quelque 700 000 votes, contre près de 500 000 il y a quatre ans. Ces votes sont parsemés dans toutes les circonscriptions du Québec, avec une concentration dans la région de Chaudière-Appalaches, où il a fait élire trois députés.

Cet éparpillement du vote adéquiste, doublé de la défaite des candidats qui avaient été élus lors des élections partielles, confirme l'absence d'enracinement de ce parti qui restera vraisemblablement marginal. Le résultat obtenu par l'ADQ (18 % du vote mais 3 % des sièges) ainsi que le taux élevé d'abstention montrent encore une fois la nécessité de réformer nos institutions démocratiques.

***

Quoi qu'il en soit, le résultat est le même. Le gouvernement est libéral. Mais nous ne sommes pas en train de changer d'époque. Nous n'entrons pas dans une nouvelle ère. La majorité des électeurs se disait satisfaite du gouvernement et le PQ formera une opposition forte, composée de 45 députés, dont plusieurs anciens ministres.

Le PLQ a été élu avec un programme qui propose essentiellement une méthode de gestion des deniers et des services publics. Si le PLQ s'acquitte bien de sa tâche à cet égard, s'il réussit la quadrature du cercle fiscal, nous lui en serons tous reconnaissants : imaginez des baisses d'impôts avec plus de services. Mais l'État n'est pas une entreprise de services. C'est beaucoup plus, et c'est ici que la vigilance de l'opposition et le dynamisme des mouvements sociaux seront essentiels.

Déjà, M. Charest s'est investi, lundi soir, d'un mandat dont il n'a jamais parlé pendant la campagne électorale, et surtout pas au débat des chefs, celui de changer le Canada. Il s'agit, dit-il, d'un «agenda connu».

Tant qu'il cherchera à obtenir d'Ottawa notre part du butin, comme l'ont fait tous les premiers ministres du Québec depuis Duplessis, il aura l'appui des Québécois. Mais avant d'engager l'État du Québec et la nation québécoise dans une réforme de la fédération, fût-elle de nature administrative, il devra répondre de ses intentions devant l'Assemblée nationale, et si les changements proposés modifient l'équilibre des pouvoirs ou le statut du Québec, il devra obtenir l'appui explicite de la population. Il n'a pas le droit, avec un mandat obtenu par l'alternance, de jouer avec l'avenir de la nation.

En outre, le passage du PQ dans l'opposition ne met nullement fin à la poursuite du projet souverainiste. La question nationale n'a pas été l'enjeu de ces élections. C'est d'ailleurs ce qui rendrait hasardeuse toute tentative de réforme significative de la part du gouvernement. Le débat n'a pas eu lieu.

Cela dit, pour l'heure, M. Charest a promis de travailler avec tous les Québécois, quelle que soit leur allégeance. Il en aura besoin. D'abord pour bien comprendre ce Québec, sur lequel le résultat des urnes n'est guère éclairant. Ensuite parce qu'il y a trop de forces vives au Québec qui ne partagent pas les orientations politiques libérales mais qui resteront toujours disposées à oeuvrer au bien commun, désormais placé entre les mains d'un nouveau premier ministre.

Bonne chance, M. Charest !

vennem@fides.qc.ca

Michel Venne est directeur de L'Annuaire du Québec chez Fides.




Élection 2003

Le forfait libéral

Michel David

Le Devoir mercredi 16 avril 2003


Perspectives: Jean Charest a parfaitement raison d'interpréter l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire comme un feu vert pour l'adoption d'une loi-cadre sur les défusions. Soit, ça n'a pas été le seul thème de la campagne, mais ça faisait indéniablement partie du forfait offert par le PLQ.

On peut trouver que la promesse libérale était irresponsable, mais Bernard Landry serait bien mal placé pour prétendre que la population ne s'est pas rendu compte de ce qu'elle faisait en confiant les rênes de l'État aux libéraux, lui qui ne trouvait pas de mots assez forts pour dénoncer la catastrophe qui guettait le Québec. C'est seulement au débat des chefs qu'il n'en a pas parlé. D'ailleurs, on se demande encore pourquoi.

Chose certaine, M. Charest peut légitimement prétendre avoir reçu un mandat infiniment plus clair que celui sollicité par le PQ en 1998. Pendant toute la campagne, ni Lucien Bouchard ni aucun candidat péquiste n'avaient soufflé un seul mot au sujet des fusions forcées. Inutile de préciser qu'on ne trouvait pas une ligne sur le sujet dans la plate-forme électorale.

Il est indéniable que plusieurs comtés ont basculé dans le camp libéral, lundi soir, parce qu'un grand nombre d'électeurs ont profité de l'occasion pour exprimer leur opposition aux fusions, sinon en faveur du démantèlement des municipalités regroupées de façon arbitraire.

Cette fois, on ne peut pas dire que c'est simplement le fait des anglophones, dont le PLQ serait le servile instrument.

L'aversion que leur inspirent les fusions est bien réelle, mais elle vient simplement s'ajouter à leur hostilité encore plus vive à l'endroit de la souveraineté.

Dans Marguerite-d'Youville et Chambly, sur la rive sud, François Beaulne et Louise Beaudoin ont clairement payé le prix des défusions dans des circonscriptions francophones, que le PQ aurait conservées autrement. Marguerite-d'Youville, surtout, était une véritable forteresse péquiste. C'est dans ce comté, qu'on connaissait alors sous le nom de Bertrand, que Robert Bourassa, précisément désireux d'être élu dans un comté francophone, a subi la pire humiliation de sa carrière politique, en décembre 1985, avant d'aller trouver refuge dans Saint-Laurent. Dans la région de Québec, les libéraux ont également profité à plein de la grogne antifusions, que ce soit dans Charlesbourg, La Peltrie ou Louis-Hébert.

***

Moins de 24 heures après avoir été élu, il était compréhensible que M. Charest ne soit pas très précis à propos de son échéancier des prochaines semaines. Dans le cas des défusions, il a cependant été clair : la question doit être réglée «le plus rapidement possible» de manière à ne pas devenir un boulet qui risquerait d'entraver l'action de son gouvernement.

Le gouvernement aura beau respecter une neutralité favorable au maintien des municipalités fusionnées, notamment à Montréal, et même noircir exagérément les conséquences d'un démantèlement, M. Charest sait très bien que ça ne fera pas reculer les contribuables de Westmount et des municipalités du West Island, où il s'agit avant tout d'une question identitaire.

Dans son entourage, on s'attend aussi à ce que Saint-Bruno et Boucherville aillent jusqu'au bout. Le danger est que le mouvement fasse boule de neige et s'étende à des municipalités qui, à la longue, auraient fini par s'accommoder de la nouvelle situation. Une fois qu'on a dit oui aux uns, comment dire non aux autres ? D'autant plus que les coûts ne seront pas nécessairement exorbitants.

S'il doit y avoir dérapage, mieux vaut qu'il survienne plus tôt que tard. M. Charest a confirmé que l'Assemblée nationale sera convoquée quelque part à la fin mai pour adopter un nouveau budget. Tant qu'à y être, aussi bien en profiter pour faire adopter la loi-cadre avant l'ajournement de juin.

Bien sûr, le PQ fera un boucan de tous les diables, qui pourrait même devenir le chant du cygne de Bernard Landry, mais un gouvernement nouvellement élu est généralement enduit d'une couche de téflon qui permet de limiter les dégâts. Mobiliser la population alors qu'elle vient tout juste de se prononcer est une mission presque impossible. À la Saint-Jean-Baptiste, tout le monde va partir en vacances et penser à autre chose.

Reporter le débat à l'automne offrirait inutilement à l'opposition, remise de sa dégelée électorale, l'occasion d'une rentrée en force. M. Charest a eu beau multiplier les bons mots à l'endroit de son prédécesseur depuis deux jours, il y a tout de même des limites à la courtoisie.

mdavid@ledevoir.com




Que faire ?

Les défis de l'opposition

Bernard Descôteaux

Le Devoir mercredi 16 avril 2003


Éditorial - Les lendemains d'élections sont toujours difficiles pour les perdants. Malgré les résultats plus qu'honorables qu'ils ont obtenus lundi soir, le Parti québécois et l'Action démocratique auront à se remettre en question. En effet, une défaite est une défaite. Les victoires morales ne servent qu'à panser les blessures subies le jour du scrutin. Le défi de ces deux partis est de pouvoir retrouver rapidement le cap.

Blessés, ces deux partis le sont. En fait, leurs blessures sont plus profondes qu'il n'y paraît à première vue. Malgré le nombre important de députés qu'il a fait élire, le Parti québécois n'aura jamais réalisé un aussi mauvais résultat depuis 1973 avec ces 33,2 % de suffrages recueillis. L'Action démocratique se retrouve pour sa part handicapée par la faiblesse de la représentation obtenue à l'Assemblée nationale en dépit d'une croissance importante de l'appui populaire reçu.

En acceptant la défaite du Parti québécois lundi soir, Bernard Landry a tout naturellement mis l'accent sur le nombre de sièges récoltés par son parti. Avec 45 députés élus, on est loin d'une défaite déshonorante. Comme il s'agit de députés pour la plupart aguerris, nous aurons une opposition vigoureuse. Voilà pour la victoire morale. Néanmoins, le fin analyste qu'est M. Landry ne pouvait pas ne pas voir ce score de 33,2 %. Il ne pouvait que conclure que les Québécois veulent «que nous rajeunissions nos idées et notre personnel».

Le rajeunissement du personnel viendra tout naturellement. Déjà, une première élimination a été faite lundi par les électeurs, qui ont renvoyé à la maison une vingtaine de députés péquistes. Parmi les élus, quelques-uns partiront par ailleurs d'eux-mêmes au cours des prochains mois après avoir constaté que la vie dans l'opposition est moins amusante qu'au gouvernement. Le véritable changement de la garde ne se fera toutefois que le jour où un nouveau chef prendra la barre de ce parti.

Au lendemain de ces élections, le départ de Bernard Landry apparaît inéluctable puisqu'il aura 70 ans lors du prochain rendez-vous électoral. Toutefois, rien ne presse. Tout au contraire, M. Landry doit choisir ce moment dans ce qui lui apparaîtra être le meilleur intérêt de son parti. Le PQ étant ce qu'il est, le bilan qu'on fera des causes de la défaite risque de se révéler déchirant. Parce qu'il a mené une campagne exceptionnelle, l'actuel chef péquiste a l'autorité nécessaire pour maintenir l'unité des troupes.

L'opposition est une période propice pour le renouvellement des idées. Il est plus facile de prendre du recul pour évaluer ce qui a été fait et pour tester idées et approches nouvelles. Une campagne au leadership, si pour une fois il y en a une, devrait être le moment fort de la réflexion au sujet du programme de ce parti, y compris la démarche vers la souveraineté. Sur ce point, les résultats des élections montrent que l'intérêt des Québécois pour ce projet va diminuant. La façon de le ranimer est à trouver. Peut-être est-ce M. Charest qui la fournira aux souverainistes le jour où il tentera de négocier avec le reste du Canada une paix des braves.

***

La mauvaise performance péquiste sur le plan des suffrages a pu être accentuée par le taux de participation à ces élections, le plus faible enregistré depuis 1920. Si le phénomène a affecté tous les partis, il est certain que bon nombre de souverainistes sont restés à la maison ou ont voté pour d'autres partis, notamment pour l'ADQ, qui a porté sa part de suffrages à 18,2 %. Défavorisé par le système électoral, ce parti se retrouve toutefois avec seulement quatre députés, dont trois sans expérience. Encore une fois, tout reposera sur les épaules de Mario Dumont.

Plutôt que de progresser, l'ADQ risque de reculer ces prochaines années. Ce parti est à toutes fins utiles sans moyens, mais il se retrouve aussi avec un programme à revoir. Les Québécois, après avoir un temps été tentés par les idées de ce parti, les ont clairement rejetées en votant pour le Parti libéral.

Le programme adéquiste est à revoir et à retravailler en profondeur. L'identification étroite qu'il y a entre ce parti et Mario Dumont rendra toutefois difficile cet exercice. Pour que ce parti puisse continuer à grandir, il serait sain que son chef s'en éloigne, ne serait-ce qu'un temps, afin qu'on ne perçoive plus ce parti comme étant sa chose personnelle. Si le défi du PQ est de rajeunir son personnel, celui de l'ADQ est de s'ouvrir.

bdescoteaux@ledevoir.ca




Le français au Canada

Le plan Dion: un élan dans le vide

Il n'y a pas eu de débat, donc le plan n'émane pas d'une vision politique renouvelée. On retrouve les mêmes vieilles positions sur le bilinguisme.

Benoît Cazabon
Linguiste et professeur

Le Devoir mercredi 16 avril 2003


Pourquoi avoir tant tardé avant de réagir au plan d'action pour les langues officielles du président du Conseil privé et ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, du 12 mars 2003?

Il y a la guerre qui relègue aux oubliettes beaucoup de dossiers. Pire, elle met à l'avant-scène des préoccupations désolantes. Mais faut-il chercher ailleurs, le texte lui-même est difficile à saisir. Non pas dans son contenu mais plutôt dans son intention. Il aurait fallu lui poser des poignées tellement on ne sait pas par quel côté le prendre.

Je m'explique. Son contenu est clair. Il y a des statistiques, celles que l'on veut bien mettre en évidence, et des chiffres. Beaucoup d'argent ! 751,3 millions en cinq ans. Il y a de quoi rester muet devant une telle somme. On peut difficilement être contre. Voilà pour l'explicatif et le descriptif. Cela tient en peu de mots et peu de controverse, à moins qu'on n'aime pas le bilinguisme. Donc, comment être critique devant une telle manne ? Cherchons ailleurs.

Qu'y a-t-il à comprendre à ce texte ? Que sous-tend ce plan ? Où nous mène-t-il ? C'est là qu'il lui faut des poignées. En préface, dans le message du premier ministre, il est dit que ce «texte de nature fondamentalement démocratique» s'adresse au «peuple canadien». Un peuple : une dualité ? C'est à partir de là que je me suis mis à chercher le sens de l'expression «un nouvel élan pour la dualité linguistique canadienne».

Je mets quiconque au défi de trouver une définition claire de cette expression dans ce texte. Dans le discours du Trône du 30 septembre 2002, dont un extrait se trouve en page 6, on dit : «La dualité linguistique est au coeur de notre identité collective.» Vous êtes plus avancé ? L'identité collective du peuple unique ?

Partant de cette base floue, le gouvernement a l'intention d'investir dans un plan d'action «mettant l'accent sur l'enseignement dans la langue de la minorité et l'enseignement de la langue seconde». Dans le plan lui-même, ces deux piliers seront divisés en quatre, ajoutant la bilinguisation de la fonction publique et l'accès à des services publics dans les deux langues.

Donc, partant du peuple canadien unique, on en arrive à diluer la dualité linguistique à ce qu'on connaît depuis le rapport B&B en 1967, soit la politique des langues officielles, le bilinguisme, la promotion de la langue seconde.

En gros, on se prépare à répéter les erreurs commises depuis 30 ans, sans créativité, sans courage, sans jugement. Courage ? Il n'y a pas de minorité anglophone au Québec. Jugement ? On ne va pas forcer des unilingues à devenir bilingues après leur embauche. Créativité ? On va se débarrasser des projets bidon de moniteurs, de bourses, de traduction qui encouragent le bilinguisme passif et on va penser à des projets qui rendent autonomes les entrepreneurs, une vigie de l'évolution des langues au Canada, le recrutement des immigrants francophones (qui méritent probablement plus que neuf millions, contre 11,5 millions pour les moniteurs de langue seconde !), un recrutement accéléré de Ph.D. en didactique du français langue maternelle, la dynamique communauté-autonomie-culture. Et combien d'autres projets !

Il n'y a pas eu de débat, donc le plan n'émane pas d'une vision politique renouvelée. On retrouve les mêmes vieilles positions sur le bilinguisme. Ce qui est bon pour les minorités de langue française doit trouver son équivalent en langue anglaise. Si vous participez à un projet national, il doit s'appliquer dans toutes les provinces. Du mur à mur ! Le plan n'est pas assorti d'un mécanisme suffisant pour assurer que les distributions, même dans leur largesse, s'adressent aux vrais problèmes. Cela, je le dis non par dépit mais par crainte du gaspillage si répandu quand il n'y a pas de véritable levier démocratique pour appliquer les distributions. Il n'y a qu'à voir les ententes en cours.

Le plan relève d'une idéologie conservatrice et néolibérale qui, en milieu minoritaire, ne réussira ni à engendrer un rapport indépendant du bailleur de fonds (on ne mord pas la main qui nous nourrit) ni à élever la pensée vers un universalisme tant bafoué quand les mécanismes de la démocratie font défaut.

La politique canadienne à l'égard de ses minorités de langues officielles (terminologie de langue de bois) est en tous points semblable à celle pour ses autochtones. On connaît les résultats en dépit des millions investis. Faudra-t-il attendre l'extinction pour réagir ou le travail inlassable des maudits séparatisses ! «Le prochain acte : un nouvel élan pour la dualité linguistique canadienne.» Tel est le titre du plan d'action. Élan dans le vide ou dernier acte d'une tragédie ?




médias

L'Internet, un outil encore peu exploité par nos grands partis politiques québécois

Lassaad Ghachem et Louis J. Duhamel
Les auteurs sont des membres de l'équipe «E-stratégie» de Secor Conseil, Montréal.

LA PRESSE Le vendredi 11 avril 2003


Avec les journaux, la télévision et la radio, l'Internet est devenu peu à peu un des moyens de communication les plus importants dans le paysage politique québécois. Dommage que nos grands partis politiques québécois en fassent un usage si restreint et considèrent surtout l'Internet comme une simple vitrine virtuelle où l'on peut emmagasiner des quantités prodigieuses d'informations, habituellement de manière statique, et où l'utilisation des grands atouts du Web, soit la réseautique, l'aspect relationnel et l'interactivité, demeure presque inexistante.

Pourtant, le nouveau paradigme de la cyberpolitique veut que l'outil Internet devienne une sorte de vecteur d'interaction et de participation à la chose publique et non un simple dépliant en ligne.

Avec ce but louable en tête et la possibilité d'enrégimenter, de mobiliser et de fidéliser des clientèles nombreuses, il est surprenant de constater le manque d'imagination de nos grands stratèges politiques quant à l'utilisation de l'autoroute de l'information, une invention pourtant souvent attribuée à un politicien : « l'ex-quasi devenu président » américain Al Gore. Toutefois, pour les partis politiques moins bien nantis dans les pays industrialisés et ceux de certains pays en émergence, Internet est désormais le moyen de communication politique par excellence de certains partis souvent ignorés par les médias conventionnels ou encore censurés par une presse étatique et n'ayant pas les moyens de mener des campagnes onéreuses de la manière traditionnelle.

Nous avons tenté d'analyser l'usage qu'ont fait les principaux partis politiques québécois de l'Internet durant la présente campagne électorale. À cet effet, nous avons utilisé différents critères d'évaluation liés fondamentalement à leurs contenus et à l'utilisation des principales particularités du Web comme l'interactivité, la réseautique et l'adaptation de l'offre en ligne à travers la segmentation des clientèles et la personnalisation.

En comparant les sites Web des trois partis qui siègent à l'assemblée nationale du Québec (PQ, PLQ et l'ADQ), nous avons noté non seulement leur grande similitude, mais surtout le manque chronique d'interaction avec les clientèles courtisées. C'est à se demander si on recherche vraiment la faveur de l'électorat? Seul le portail des militants de l'ADQ, quasi introuvable sur la toile, et qui existe curieusement en parallèle avec le site officiel grand public de l'ADQ, offre des fonctionnalités permettant l'interactivité ou encore l'implication des cybermilitants. D'un point de vue général, les trois partis utilisent Internet uniquement pour faire connaître leurs idées et pour faire connaître leur programme. Dans la majorité des cas, l'information publiée en ligne est souvent la même que l'on retrouve dans les médias traditionnels sinon qu'elle est mise à jour plus fréquemment. Dans de rares cas, on cherche à être proactif par le biais de l'envoi d'un bulletin électronique.

Le Site www.partiquebecois.org

Au PQ, on dénote une préoccupation pour adapter les contenus à différentes clientèles

Le premier élément qui différencie le site du Parti québécois des trois autres est sa segmentation par profil. A son honneur, le site tente de tenir compte du profil socio-démographique et de l'intérêt du visiteur. Il présente à cet effet différentes rubriques comme Aînés, Femmes et Jeunes. Sous la rubrique des aînés, par exemple, le site met à la disposition des québécoises et québécois de cinquante-cinq ans et plus, un bref aperçu de la mission du comité national des aînés et de ses membres, une trousse « du militant aîné » téléchargeable, un formulaire électronique pour rejoindre le comité national des aînés et des liens vers des sites d'intérêts spécifiques aux aînés.

Une autre caractéristique du site réside dans son caractère transactionnel. En effet, les membres du Parti Québécois peuvent adhérer ou renouveler leur adhésion via un serveur de paiement sécurisé. Cette fonctionnalité permet aussi de faire des dons au parti en ligne.

Le Site www.plq.org

Au PLQ, un soupçon d'interactivité et une tentative de mettre les militants à contribution

Du point de vue du contenu, le site du Parti libéral du Québec (www.plq.org) affiche des informations bien structurées sous des rubriques classées par thèmes. La rubrique Média est bien mise en valeur avec des informations classées par circonscriptions électorales permettant aux journalistes de télécharger les notes biographiques des candidats, leurs photos et les profils socio-économiques des comtés. De plus, à travers des liens hypertexte, l'internaute peut avoir accès aux nombreux sites personnels des candidates et candidats. Vive la décentralisation mais cela au prix de l'uniformisation du « look & feel » du site.

Côté fonctionnalités, le site libéral a su se démarquer par rapport aux sites "concurrents" par quelques éléments mis à la disposition de l'internaute. En effet, grâce au localisateur de comtés et de sections de vote, l'internaute peut repérer un comté en introduisant uniquement un code postal. Outre cela, le site offre la possibilité de visualiser et d'écouter des vidéos de campagne du PLQ classés par thème. Enfin, grâce à la section "Cartes Virtuelles", le parti tente d'améliorer son image de marque auprès de ses membres et militants qui eux même sont appelés à faire la promotion du Parti à leur entourage par le biais de cartes postales virtuelles arborant les slogans du PLQ (un bon exemple de l'exploitation de l'effet réseau pour promouvoir les idées politiques du PLQ.).

Le Site www.adq.qc.ca

La cyberpolitique au Québec, l'ADQ se distingue

En général, le site officiel grand public de l'ADQ se réussit pas à se distancer de ses deux grands rivaux. Par contre, le portail des "cyberadéquistes" (http://portail.adq.qc.ca) est celui qui exploite de loin le mieux le potentiel du Web.

En effet, ces derniers peuvent s'échanger des nouvelles tout en étant informés sur les activités du parti. Un service de courriel leur est offert avec un Intranet regroupant un ensemble d'applications telles un calendrier des activités du mois, un répertoire des militants enregistrés, ainsi que des communautés et forums de discussion. Que tout ce beau monde se parle, renforce ses convictions, exprime ses attentes et frustrations, tout en convaincant d'autres de joindre les rangs.

Voilà une des forces de l'Internet à la portée de l'ADQ, en autant que quelqu'un sache que ce trésor de « vox pop » existe. Un peu moins de discrétion ici sur l'existence de ce site des plus intéressant ne ferait pas de tort. Des mots comme indexation et marketing viennent ici à l'esprit.

Les tiers partis… l'exemple à suivre

Puisqu'ils sont moins visibles dans les médias traditionnels, certains partis politiques québécois n'ont pas eu d'autres choix que de réellement intégrer l'Internet dans leur stratégie électorale. Nous avons aussi constaté un effort remarquable en terme de stratégies politiques en ligne. Certains sites se démarquent par leur degré d'interactivité et tentatives d'implication des communautés.

A cet égard, le site du Parti Vert du Québec (http://www.partivertquebec.org) a misé sur la richesse du contenu, l'affiliation vers des sites extérieurs et sur des groupes de discussion permettant aux internautes de réagir et d'exprimer leur points de vue.

De son côté, le, site officiel de l'Union des Forces Progressistes (www.ufp.qc.ca) s'est lui aussi démarqué par une stratégie participative avec un contenu riche et varié. Sa rubrique "tribune libre", offre aux membres, sympathisants et même observateurs de rédiger des articles sur tout sujet d'intérêt ou pour réagir à une publication. De plus, www.ufp.qc.ca a mis en place un forum de discussion sur son site Intranet réservé aux membres.

Enfin, le site www.blocpot.qc.ca fait participer pareillement ses visiteurs à travers des forums de discussion. Mieux encore, grâce au « chat », Hugô St-Onge (le chef du parti) a même adhéré à une séance de "clavardage" pour répondre aux questions des internautes.

Comme quoi on peut toujours apprendre d'un plus petit que soi ou de ce qui se fait ailleurs, il est grandement temps que nos spin doctors québécois revoient leur position sur l'usage du Web dans leur stratégie électorale. Dommage que l'on laisse dans le placard un outil au potentiel aussi puissant que l'Internet.




Irak

Nous n'avons pas honte

Marie-Pierre Paquin-Boutin

Le Devoir mercredi 16 avril 2003


Lettres: Montréal, le 10 avril 2003

Le vent a tourné. Les anti sont d'abord devenus indécis, puis ont finalement rejoint le camp festif des victorieux. Au fil des lectures, je ne peux m'empêcher d'éprouver un immense haut-le-coeur face à toutes ces déclarations et réflexions qui martèlent avec assurance que Rumsfeld avait raison, que le bien a été fait, que les premiers à se servir seront ceux qui ont versé leur sang (voir Condoleezza Rice). Je n'arrive pas à croire que j'ai bel et bien lu que cette guerre a été remarquable, que ceux qui, hier encore, étaient contre sont aujourd'hui heureux du dénouement. Je suis surtout incrédule lorsque j'entends que les pro-paix doivent sûrement être honteux aujourd'hui.

Honteux, ceux qui étaient et qui sont toujours contre cette guerre, mais vous voulez rire ? Nous ne sommes pas honteux et nous ne nous réduirons pas au silence. Oh que non, nous ne célébrerons pas ces centaines de vies humaines perdues, cette fracture dans la diplomatie internationale, cette nouvelle démonstration d'ingérence américano-britannique, ce mépris de l'autre, cette prestation de l'intégrisme chrétien repenti et convaincu de pouvoir semer la démocratie et le bien.

Nous n'avons pas honte et nous ne nous réduirons pas au silence car nous ne considérons pas que cette guerre soit plus légitime aujourd'hui. Nous n'avons pas honte de ne pas encourager un gouvernement qui fait passer ses intérêts politico-économiques avant la vie humaine et démocratique. Nous n'avons pas honte car nous ne nous sommes jamais retenus de critiquer le régime sanglant et dictatorial de Saddam Hussein. Et vous, les pro-guerre, croyez-vous avoir eu des preuves de la présence d'armes chimiques et bactériologiques en Irak ? Preuves, non, mais beaucoup de conditionnels («il se pourrait», «il semblerait») et de «peut-être» qui inondent nos journaux et bulletins de nouvelles. Les objectifs annoncés ne sont pas ceux que vous claironnez aujourd'hui, à savoir libérer un pays de son monstrueux dictateur.

Nous ne sommes pas dupes mais plutôt apeurés face à ce dangereux précédent créé par la superpuissance américaine, qui n'intervient que là où sont ses intérêts. Se croyant porteuses du germe de la démocratie, les autorités américaines viennent plutôt de fertiliser une immense étendue en la saupoudrant d'humiliation.




Défusions

Défusions: Charest agira vite

Une loi-cadre sera adoptée le plus tôt possible
Robert Dutrisac

Le Devoir mercredi 16 avril 2003


Québec -- Jean Charest estime qu'il a reçu un mandat clair de la population du Québec pour amorcer le processus des défusions municipales le plus rapidement possible.

C'est ce qu'a indiqué le chef du Parti libéral du Québec à son premier point de presse depuis sa victoire de lundi. La question des défusions, «ç'a été soulevé pendant la campagne électorale. On a défendu notre point de vue. On a maintenant un mandat», a affirmé M. Charest.

L'adoption d'une loi-cadre visant à permettre les défusions ne saurait tarder. «On va aussi chercher à bouger le plus rapidement possible sur cette question-là, a dit le chef libéral. Je ne veux pas que les choses traînent. Je veux qu'on aille le plus rapidement possible.»

Il n'est toutefois pas en mesure de fixer d'échéancier puisque, a-t-il dit, il n'a pas encore rencontré le premier ministre Bernard Landry pour discuter de la passation des pouvoirs. Cette rencontre aura lieu ce matin.

Aux maires des villes fusionnées qui craignent que l'incertitude suscitée par la possibilité des défusions ne compromette leurs projets de développement, M. Charest répond qu'«ils peuvent continuer à administrer leur ville». Il a promis que son gouvernement demeurera «accessible» et montrera «une grande ouverture s'ils s'inquiètent de quoi que ce soit». Le gouvernement Charest travaillera en étroite collaboration avec les municipalités et leurs élus, a-t-il assuré, même avec les maires d'allégeance péquiste ou les maires d'allégeance libérale qui ont décrié la position du PLQ. «Pour moi, les couleurs politiques ne comptent pas. Les gens peuvent être d'autres allégeances; ce n'est pas ça, l'enjeu.»

Au cours du débat des chefs, Jean Charest s'était dit en faveur des nouvelles villes. Mais par la suite, il n'a pas voulu préciser si, en tant que citoyen de Westmount, où il a élu domicile, il voterait contre la défusion de la ville lors d'un référendum. De même, lors d'un entretien radiophonique, M. Charest a reconnu qu'une fois la loi-cadre adoptée, Hampstead ou Westmount pourraient redevenir une enclave au sein de Montréal et que Saint-Bruno et Saint-Lambert pourraient se détacher de Longueuil.

Cette loi-cadre doit définir les règles qui conduiront à des référendums sur les défusions. Un certain nombre de citoyens des anciennes villes -- ce pourcentage, qui pourrait s'établir à 5 %, doit être fixé par la loi -- signeraient un registre pour qu'un référendum sur la défusion de leur ville soit tenu. Par la suite, des études seraient réalisées afin d'établir les coûts de la défusion et le niveau de la fiscalité d'agglomération pour les services obtenus des municipalités voisines. Les autres citoyens des grandes villes n'auraient pas voix au chapitre; ce serait aux citoyens des villes les plus riches de trancher. Ces villes, dont les revenus fonciers sont les plus élevés, ne contribueraient plus à hausser la moyenne des revenus des taxes foncières de la grande ville.

Sur le chemin des défusions, le gouvernement libéral rencontrera l'opposition officielle, a laissé savoir Bernard Landry hier. «Nous allons, comme opposition, combattre vigoureusement toute loi en ce sens. On peut dire a contrario que nous, on a eu le mandat de la combattre, cette loi.» M. Landry a affirmé que sur cette question, le Parti québécois bénéficiait «d'alliés solides», les maires de Montréal et de Québec, «les maires de toutes les grandes villes et les maires des petites et moyennes villes».

M. Landry a soutenu que la création des grandes villes venait «d'une grande conviction» qu'elle contribuait au bien commun. «D'autres ont ajusté leur conscience en fonction des sondages», a-t-il laissé tomber.




Que faire ?

The road back for PQ

Landry lost the election because he wasn't sovereignist enough, so PQ supporters stayed home or voted ADQ. That's a lesson for the next PQ leader
JOSEE LEGAULT
The Gazette Wednesday, April 16, 2003


On Monday, voter turnout was at a mere 70 per cent. That's almost 10 percentage points less than in the 1998 election. Among those who stayed home were many sovereignists. This, in part, is what sent the Parti Québécois into opposition.

The mathematics are simple. The PQ received 33 per cent of the popular vote - the lowest since 1973 - while 40 to 45 per cent of Quebecers support sovereignty. That's a gap large enough to cost the election - a gap that is mainly the product of the choices Bernard Landry made regarding his party's option: no firm commitment to hold a referendum if re-elected, the imposing of a fuzzy concept called "confederal union," and the dumping of Jacques Parizeau from the PQ campaign after the leaders' debate.

He refused to present sovereignty as a central stake of the election. Instead, thinking it would play well in a probable war situation, Landry led a campaign based on continuity and good government. But that choice failed to address the will for change a majority of Quebecers had expressed for more than a year. Most of all, it failed to present sovereignty as the real change that could better the lives of Quebecers. That choice of campaign themes was reflected in the premier's concession speech. He devoted most of it to how well the PQ had "managed" Quebec, to how much he wants his party to manage it again as soon as possible, mentioning sovereignty last, almost as an afterthought.

One thing is increasingly clear. Since the last referendum, the PQ has become a party of "governance" more than a party whose only reason to take power is to try to achieve sovereignty. Landry himself refused to break away from the Bouchard era and put sovereignty back at the centre of the government's discourse and actions. Instead, most energy went into governance and building a cross-Canada consensus on the very provincial issue of fiscal imbalance. So, left with the uninspiring mission of picking who'll mind the provincial store for the next four years, a number of traditional PQ supporters simply stayed home or voted ADQ.

It's as if no lesson has been learned from the past. Looking at the results of the 1980 referendum, one would think the PQ leadership would know that delivering a "good government" doesn't bring Quebecers to vote Yes. Only a combination of outright promotion of sovereignty and taking on the federal government directly, when necessary, could provide a truly political and pedagogical approach. But that's an approach only Jacques Parizeau was willing to take.

So what now? The PQ is about to enter its first leadership race since 1985, although Landry might be tempted to stick around for a while. Not only did his party do well enough to allow him to do so; he also might want to allow enough time for his favourite heir apparent, François Legault, to garner sufficient money and contacts to face front-runner Pauline Marois and all the other potential contenders, such as André Boisclair, Joseph Facal, Diane Lemieux, Daniel Turp and others. Who knows, even the self-appointed left-wing spokesperson Françoise David could consider jumping in. Also expect to see Jean-François Lisée - Bouchard's former advisor who proposed to give renewed federalism another chance in his book Sortie de secours - looming around in the backrooms and pushing one of the candidates.

The problem is that none of these possible contenders is what might be called a hard-line sovereignist. Most would be more aptly regarded as "autonomists" who stand to go into the next election promising yet again a good government and no clear position on the national question. A worrisome perspective.

Though no one has a crystal ball, chances are Jean Charest's Liberals could be in power for the next eight years. That would take us to 2011. That's an awfully long time for the sovereignist option to lie low, especially since it's already done so since 1995. And it's a long, long time to allow the federal government to continue trying to strengthen the Canadian identity of francophone Quebecers. But to paraphrase Landry's concession speech, what's a few more thousand days between good friends?

As for those sovereignists who take solace in the hope Charest and Paul Martin will reopen the constitutional Pandora's box and provoke a failure that would feed the Yes side, here's a message: Since the rejection of the Charlottetown accord, no federalist would be suicidal enough to walk down that path again.

Given this whole context - including the fact that Bouchard also purged the PQ of most of its hard-line members - will sovereignty make a comeback some time in the future, or is it on the verge of turning into an eternally unfulfilled dream? Facing a clearly federalist Liberal Party and a "we-don't-care-anymore" ADQ, will the PQ turn into a more classic nationalist, autonomist party?

Or will an as yet unforseen strong sovereignist materialize and win an eventual PQ leadership race?

So when is Jacques Parizeau coming back from France anyway?




Élections 2003

Charest puts Quebec back at table

L. IAN MACDONALD
The Gazette Wednesday, April 16, 2003


At his news conference yesterday, Jean Charest spoke of Quebec's leadership role in the Canadian federation, going back to Jean Lesage and the formula for opting out of the Canada Pension Plan that enabled the creation of the Caisse de dépôt et placement du Québec.

Charest also noted that even under René Lévesque, important arrangements were made to share jurisdiction of immigration in the Cullen-Couture accord. Later, Robert Bourassa negotiated and Daniel Johnson concluded agreements on manpower and training.

By way of modern Quebec history, Charest was making two important points. First, Quebec's leadership is vital in managing the federation. Second, it isn't necessary to change the constitution to make Canada more functional, for the benefit of all its partners.

And with that, Charest served notice that Quebec would be back at the table of the federation, not with the ambition of wrecking it but with the intention of making it better.

He was doing so, not as the leader of the opposition trying to get noticed at a chamber of commerce but as the premier-designate of Quebec, standing in the lobby of the legislature, announcing a sharp turn in government policy.

From the negative bias of the Parti Québécois toward Canada, Charest was affirming the positive bias of an incoming Liberal government to making Canada, as well as Quebec, a better place.

Charest was quick to add that Quebec has no monopoly on leadership in the federation, but the historical facts are just as he pointed them out. It is not only Quebec's presence that moves issues in federal-provincial relations but Quebec's pro-active leadership.

But Charest also served notice to Ottawa in his victory speech Monday that he would be coming to the table with an agenda, particularly VFI, the Vertical Fiscal Imbalance, that will see Ottawa pay off the national debt by 2020, while the provinces go deeply back into deficits, unless the feds adopt a more generous outlook on transfer payments to the provinces.

VFI is a complicated file but also as simple as the notion of burden sharing. If the provinces are expected to make new investments in health care and education, Ottawa can't be retiring the national debt while the provinces go broke.

This is the next big debate between Ottawa and the provinces and the first big discussion between the outgoing Chrétien government and the incoming Charest government. As it happens, Charest is strongly seconded in the VFI file by Yves Séguin, former revenue minister under Robert Bourassa, later a senior vice-president of Bank of Montreal, and certain to be named finance minister. Séguin is the author of an impressive report for the Landry government on the fiscal imbalance. He might be the first politician since Bourassa who finds numbers not only interesting, but eloquent.

The VFI file will be Charest's first important test as a "defender of the interests of Quebec" - the basic benchmark of dealing with Ottawa and the provinces.

But Charest also comes to the premier's office uniquely prepared to conduct intergovernmental affairs with Ottawa and the provinces. First, as a former federal environment minister, a sensitive portfolio between Ottawa and the provinces, he has a broad understanding not only of federal politics but of the federal-provincial process.

And second, as a former national leader of the Conservative Party, he has a deep understanding of the entire country, where it is likely to be receptive to Quebec, and where it will be resistant. No Quebec premier in the last half-century, not even Lesage or Bourassa, has really understood the rest of Canada.

Bourassa was highly regarded by his fellow premiers and had excellent relations with Ottawa during the Mulroney years, but he made fatal assumptions about the pragmatism of English-speaking Canadians and underestimated their deep emotional attachment to the country. Thus, his disastrous "knife at the throat" strategy for forcing new negotiations after the failure of the Meech Lake Accord.

Charest will never make such a mistake. He knows the country, and its people, far too well. His network includes important premiers such as Ralph Klein (they were environment ministers together) and Ernie Eves in Ontario (who actively campaigned for Charest in the 1997 federal election).

Just before he went to vote Monday, Charest was speaking of the end of the campaign and the large crowds he drew on the final weekend's big push. "I'm feeling pretty emotional about the whole thing," he said. He had also been talking to his predecessors, Daniel Johnson and Claude Ryan, as well as to Andrée Bourassa and Corinne Lesage. He was talking to them en famille, the Liberal family.

Yesterday, he spoke for the first time as head of the larger family of Quebecers. And by invoking history as he did, he drew its mantle to himself.

imacdonald@irpp.org




Élections 2003

Liberals should hold their cheers

DON MACPHERSON
The Gazette Wednesday, April 16, 2003


In the semaphore of Quebec politics, in which it's not the design of the flag that is used to send the message but rather the number of them, the federalist outflagged the sovereignist yesterday.

When Liberal Jean Charest met with the press for the first time since Monday's election, there were five Quebec flags behind him in the foyer of the National Assembly building.

There were only three fleurdelisés behind Bernard Landry in the entrance hall of the government's Honoré Mercier building, which houses the premier's office, when it was the Parti Québécois leader's turn an hour later.

Charest suffers from a nationalist Napoleon complex, a need to overcompensate for a political shortcoming. To Quebecers and outsiders alike, Charest comes up short on the nationalist scale.

Hence Charest's five flags where Landry needed only three, and his election-night message to the rest of Canada, delivered in English, that while the Liberal victory means Quebec has changed, it also means that Canada must change, too.

That message anticipated the inevitable misreading of the election results outside of French Quebec and the simplistic conclusion that Quebec is no longer a problem because separatism is dead - again.

As Landry noted yesterday, he has heard the death of the sovereignty movement announced "more than a thousand times in my lifetime," including once by Pierre Trudeau - three months before the PQ first came to power in 1976.

Some people outside French Quebec apparently didn't notice that the PQ remains the primary alternative to the Liberals, well ahead of Mario Dumont's Action démocratique du Québec, of which the future is uncertain.

The PQ became the official opposition in the new legislature. And with 45 members, including most of the leading members of the outgoing government, Landry pointed out it is easily the strongest opposition ever formed by the PQ.

(Landry is currently "reflecting" and consulting trusted associates on whether and how long to remain the lame-duck leader of that opposition, and could reach a decision as early as next week, after the Easter holiday.)

And a lot of people both outside and inside Quebec haven't noticed that the Liberals' comfortably large legislative majority - 76 out of the 125 seats - rests on electoral support that is growing weaker, not stronger.

Let's crunch some numbers: In the last four Quebec elections, including Monday's, the number of eligible voters increased by 819,673, or 17.5 per cent. But while the number of eligible voters was steadily increasing, the Liberal vote has failed to grow at all; the Liberals received about 1.7 million votes in each of the four elections.

Over the five elections since 1985, when the Liberals peaked at 1.9 million votes, their share of the potential vote has declined from 41.7 per cent to 32 per cent on Monday.

And it's not just because the failure of the Meech Lake and Charlottetown constitutional accords in the early 1990s cost them their former nationalist support. The decline actually began before the constitutional debacles, in the 1989 election.

In fact, while the Liberals won 28 more seats on Monday than in the previous election in 1998, they did it with 17,480 fewer votes across the province. Charest is no Landslide Johnny.

The Liberals were able to win the election because the PQ lost many more votes than they did, mainly to the ADQ and to apathy. The PQ, whose province-wide vote had also held steady at about 1.7 million votes in the previous two elections, lost nearly half a million votes on Monday. The turnout rate, 70.5 per cent, was the lowest since 1927.

The Liberals won because they did only a little worse than last time, and not nearly as badly as the PQ. As lucky as the Liberals were during the election campaign, their luck held up in the vote. But they can't count on similar luck to win future elections the way they won this one.

His first term in office not yet begun, Charest is already looking ahead to a second one, and to the possibility that he won't get it if he doesn't use his first term to gain credibility as a defender and promoter of the interests of French-speaking Quebecers.

dmacpher@thegazette.canwest.com




Élections 2003

Former language minister leaves mark

L. IAN MACDONALD
The Gazette Wednesday, April 16, 2003


Éditorial - Bernard Landry had it right, election night: With most members of his last cabinet re-elected, the Parti Québécois should be able to form a strong opposition in the new National Assembly. Or maybe not. Landry himself will face some sniping about his leadership before long, we expect, and some of his long-time cabinet ministers might soon lose interest in the role - and pay, and status - of an opposition front-bencher. After regime change, in such cases, comes career change.

Among the seven ministers defeated, only two or three were really household names across the province. Serge Ménard, who represented a Laval riding for almost 10 years, was a sound, bluster-free, versatile and trustworthy minister who provided sensible, effective and not overly partisan service in public security, justice, transport and whatever else he turned his hand to.

Louise Beaudoin, MNA for Chambly for nine years and a PQ stalwart since the 1970s, was the other sort of minister. Deeply partisan and capable of being downright mean-spirited, she was first Jacques Parizeau's minister in charge of picking fights with Ottawa, then minister in charge of the French language. In that job, she waged unrelenting, humourless and determined war against the English language and sometimes, it seemed, against those who spoke it. It was during her language-cop days that Gazette cartoonist Aislin took to depicting her in leather fetish gear, which she is said to have found amusing.

In recent years, Beaudoin has subsided into the international affairs ministry - what an affectation for a province! - a role in which she selflessly and stoically shouldered the burden of repeated voyages to Paris and elsewhere, at taxpayers' expense. Now that she's gone, we're sure that Aislin is one anglo, perhaps the only one, who will really miss her.




Élection 2003

La France s'ennuie déjà de Louise Beaudoin

Le premier ministre Jean-Pierre Raffarin félicite Jean Charest

Christian Rioux
Le Devoir mercredi 16 avril 2003


Paris - Dès son retour de Grèce aujourd'hui, le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin devait expédier un message à Jean Charest pour le féliciter de sa victoire aux élections de lundi. Les deux hommes s'étaient rencontrés pour la première fois il y a à peine deux mois, lors d'un court voyage à Paris du chef libéral, où ce dernier avait promis de «donner un nouveau souffle aux relations avec la France».

Au ministère des Affaires étrangères, on précisait hier que le président Jacques Chirac n'avait toujours pas adressé de message de félicitations au nouveau premier ministre du Québec. Seul le Quai d'Orsay était en train d'en rédiger un au moment de notre appel.

Plusieurs personnalités politiques françaises ont réagi beaucoup plus rapidement à l'élection québécoise. C'est le cas du ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, Pierre-André Wiltzer, qui a fait part à Jean Charest de son «souhait de poursuivre avec le nouveau gouvernement québécois les relations étroites et fructueuses qui unissent le Québec et la France dans le cadre des relations particulières qui rapprochent leurs deux peuples, en particulier dans le domaine de la francophonie». Pierre-André Wiltzer connaît Jean Charest de longue date.

Des messages ont aussi été adressés à Jean Charest par l'ancien premier ministre Alain Juppé, qui est président du parti de la majorité présidentielle, l'UMP (droite), et le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf.

Louise Beaudoin

À Paris, la nouvelle de la défaite dans son comté de Chambly de la ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, s'est répandue presque plus vite que celle de l'élection de Jean Charest. Plusieurs ministres et anciens responsables du gouvernement l'ont appelée directement dès qu'ils ont appris la nouvelle.

Croisé dans les couloirs de la chaîne de télévision TV5, le ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, s'est aussitôt enquis auprès du Devoir de l'élection de Louise Beaudoin, à qui il devait envoyer un message d'encouragement. Le ministre a aussi demandé si la ministre de la Culture, Diane Lemieux, avait été réélue dans le comté de Bourget.

L'ancien président du Sénat, ex-chef du RPR et vieil ami du Québec, Philippe Séguin, n'a pas hésité à confier sa déception au Devoir juste avant de participer à une émission de France Culture consacrée au Québec. «La France se gardera bien, a-t-il dit, de commenter les dernières élections du Québec, mais aucun ne se privera de dire comment il regrette la défaite de Louise Beaudoin et l'interruption de sa contribution à la relation franco-québécoise.»

L'heure de tombée des principaux quotidiens français ne leur a pas permis d'annoncer hier l'élection du nouveau premier ministre. Le Monde, qui paraît dans l'après-midi, a cependant jugé l'événement suffisamment important pour y consacrer son éditorial, intitulé «Le Québec fédéral» (à lire en page A 7).

L'élection de Jean Charest «renvoie aux calendes grecques l'organisation d'un nouveau et troisième référendum sur l'indépendance de la province», écrit le journal, qui rappelle le bilan «plus qu'honorable» de Bernard Landry. Le Monde sent «une lassitude et même un certain renoncement» dans le vote des Québécois. Il précise qu'il faut cependant y voir un changement de forme plus que de contenu puisque les Québécois n'ont pas renoncé à «gagner d'Ottawa les avantages de leur maintien dans la fédération». C'est pourquoi Jean Chrétien doit craindre de «voir son ami», Jean Charest, «transformé en allié redoutable».

Dans certains milieux proches de la délégation générale, on craignait hier que l'élection d'un gouvernement libéral n'annonce des compressions dans les représentations du Québec à l'étranger et la mort du projet de centre culturel à Paris (Maison Québec-Europe). Lors de sa visite, en février, le chef libéral avait annoncé que «les délégations sont là pour rester» et que la maison Québec-Europe était un projet «plein de mérite» qui «recevra une grande attention d'un futur gouvernement libéral».




Élection 2003

Changement de garde

Louise Beaudoin et Marie Grégoire décrochent

Karim Benessaieh
La Presse mercredi 16 avril 2003


Les élections 2003 ont sonné le glas de deux carrières politiques féminines de prestige, celles de la péquiste Louise Beaudoin et de l'adéquiste Marie Grégoire.

Dans des termes presque semblables, les deux députées ont annoncé hier qu'elles décrochaient de la politique pour se consacrer à des projets personnels. Battue dans Chambly par 799 voix, Louise Beaudoin a profité de son passage à l'émission Confrontation, à RDI, pour confirmer qu'elle mettait une croix définitive sur ses quelque 30 ans d'engagement politique.

Il s'agissait, soit dit en passant, de sa seule apparition publique hier.

"C'est finalement peut-être un mal pour un bien, a-t-elle déclaré d'entrée de jeu. Je ne me voyais pas beaucoup dans l'opposition pendant cinq ans, et surtout, je crois que c'est à mon tour de laisser la place à ceux qui veulent reconstruire après une défaite, reconstruire le Parti québécois."

Avec humour, l'ex-ministre des Relations internationales et de la Francophonie a expliqué que sur sept vies, il lui restait "une vie à vivre", et il ne s'agissait assurément pas d'une vie politique. "Franchement, je suis très heureuse de prendre de longues vacances, ce que je projetais de faire depuis longtemps. J'ai déjà décroché, je suis déjà ailleurs. Je suis bien, j'ai 57 ans. Six mois de vacances, c'est ce dont je rêve depuis 30 ans. Et pour ma vie politique, non seulement la page est tournée, mais le grand livre est fermé."

Fonctionnaire en vue de 1976 à 1985, essentiellement affectée à des postes de représentation internationale pour le gouvernement du Québec, Louise Beaudoin a dû attendre 1994 avant d'être élue pour la première fois, dans la circonscription de Chambly, après deux échecs dans Jean-Talon. Militante péquiste de la première heure, elle estime aujourd'hui avoir fait sa part.

"J'ai vraiment dit ce que j'avais à dire pendant 30 ans, j'ai été militante, mais ma dernière danse en ligne, je l'ai faite samedi soir. J'ai aimé le monde, sincèrement, mais ça c'est fini pour moi." Elle a cependant tenu à assurer qu'elle demeurait souverainiste, "à la vie à la mort".

Dure campagne

Cofondatrice de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Marie Grégoire a fait son entrée officielle en politique il y a 10 mois, lorsqu'elle a remporté l'élection partielle dans Berthier. Lundi, elle a perdu son siège aux mains du péquiste Alexandre Bourdeau par une marge de 1036 voix. Elle aussi a annoncé hier soir qu'elle "accrochait ses patins".

"C'était ma troisième campagne électorale: comme élue, j'ai contribué, a-t-elle expliqué sur les ondes de RDI. Ça prend une carapace extraordinaire pour faire de la politique, ce que je n'ai pas. Je suis une fille remplie d'émotions, très intense. Une campagne pour moi, c'est très dur, je trouve ça très difficile émotionnellement."

Elle a cependant tenu à lancer un appel aux militants de l'ADQ afin qu'ils continuent à construire le parti, estimant que le verdict électoral avait des aspects positifs. "On a un chef extraordinaire qui se tient debout, c'est un bon atout dans un parti politique. On a presque eu 20 % (des suffrages). Il faut que ça continue."

Paraphrasant le slogan du parti qu'elle a fondé, Mme Grégoire a tenu à préciser que sa contribution allait se poursuivre, mais "autrement". "Le taux de participation à 70 % doit nous interpeller, a-t-elle ajouté. J'ai rencontré trop de gens qui m'ont dit que la politique, c'est du pareil au même."




Élections 2003

Montreal's wish list

The Gazette Wednesday, April 16, 2003


Éditorial - Now that the campaign's over, perhaps the Liberal Party will be ready to talk about Montreal. For reasons we know - reasons of demographics and Quebec's unfair electoral map - the real battle in the election campaign was over francophone ridings well away from Quebec's metropolis. Afraid of being labelled "the party of Montreal" - or, more crudely, "the English party" - the Liberals had little to say about the city. Now that they're in power, with representation from all regions, the Liberals will have some considerable debts to pay to Montreal's voters.

We're talking here about more than the spoils of electoral war; we're talking about simple justice. With 23 per cent of Quebec's population, the island city of 1.8 million accounts for 49 per cent of the provincial domestic product. As the engine of Quebec's economy, Montreal needs to be kept tuned up. And yet over the past nine years, the Parti Québécois, with so few seats in Montreal, did remarkably little for this city. The result: The city is still underperforming. Before and after municipal mergers, the former and new Montreal civic administrations have been forced to sell off municipal assets to the provincial government in return for stop-gap funding to prevent budget collapses. That has to change with the new Jean Charest government.

And a good way to start would be for Charest to make good on his January 29 promise in Jonquière to give municipalities a share - he didn't say how big a share - of the provincial sales tax. Cities clearly need a new fiscal deal, one that doesn't increase the overall tax burden.

Other key items on Montreal's shopping list:

The new government should scrap the PQ's unfair school-tax formula, which put a disproportionate burden on Montreal Island property owners. The formula made property owners elsewhere in Quebec pay 13 per cent of the costs of public-school education (with the provincial treasury paying the rest), but Montreal Island property owners had to pay 21 per cent - simply because property values are higher here. This notion of tying provincial aid to municipal property values - so unfair to Montreal, as it ignores this city's higher-than-average mortgage burdens - had been gaining ground in the final years of the PQ mandate. Last December, the Landry government used the same bogus logic to justify cutting subsidies for the new merged city's library-book-buying budget.

Then there are our teaching hospitals. The PQ stalled shamelessly on the vital decision to go ahead with construction of new buildings, which are simply vital to Montreal's continued health, in more senses than one. If there must be another review as yet another new health minister is brought up to speed, let it be both careful and speedy. If bond issues or other financing devices are necessary, let's make the arrangements and get on with the job; far too much time has been lost already. And on a related matter, the new government should bring some transparency, and fairness, to the future of the Montreal Children's Hospital, threatened with death by a thousand cuts under the PQ.

Montreal's infrastructure needs are many and varied, and some are very basic: crumbling water mains, road maintenance that is an outright embarrassment, and so on. The Charest government will have to blow the dust off transport-department plans for public-private partnerships in highway and bridge construction. As Bank of Canada governor David Dodge says, cities with the most efficient infrastructure are generally the ones that attract the most private investment. Montreal has lagged behind in this respect for too long. Be decisive, Mr. Charest. Montreal has basic needs that can't be ignored any longer.

© Copyright 2003 Montreal Gazette