«« Manifestations étudiantes à Concordia lors de la visite de Benjamin Nétanyahou

Concordia ne veut pas de discours de Svend Robinson sur le Proche-Orient

DONALD MCKENZIE
PC 13.11.2002

MONTREAL (PC) - L'Université Concordia, à Montréal, menace de recourir à une injonction pour empêcher les députés néo-démocrates Svend Robinson et Libby Davies de venir discuter de la question du Proche-Orient, vendredi, sur son campus. Joints au téléphone, les députés persistent et signent.

Le recteur de l'université, Frederick Lowy, a soutenu qu'il serait irresponsable de permettre à ces députés et à la militante Judy Rebick de défier ainsi un moratoire qui avait été imposé sur le campus touchant les activités publiques sur la question du conflit au Proche-Orient.

L'université avait imposé ce moratoire le 9 septembre à la suite d'une manifestation qui avait mal tourné et avait nécessité l'intervention des policiers. Environ 200 manifestants pro-palestiniens avaient chahuté et manifesté, empêchant la tenue de la conférence prévue de l'ex-premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le recteur Lowy a invité Mmes Rebick et Davies et M. Robinson à respecter la consigne. Il a prévenu que l'université envisageait tous les moyens juridiques à sa disposition, incluant une injonction, pour empêcher la tenue de l'événement, organisé par l'association étudiante de Concordia.

"La grande majorité des étudiants, des professeurs et du personnel", soutient le recteur Lowy, n'apprécierait pas une telle "intrusion", alors que le calme est revenu sur le campus depuis la violente manifestation de septembre.

Les députés Robinson et Davies ont réitéré leur intention d'accepter l'invitation de participer à une discussion sur la paix et la justice au Proche-Orient, invitation qui leur a été adressée par l'association des étudiants de Concordia.

"J'ai été renversé d'entendre ce qu'il (le recteur) a dit. Je suis choqué de voir qu'une université, financée à même des fonds publics, serait prête à recourir à une injonction pour empêcher des élus de prendre la parole sur un sujet d'intérêt public. C'est incroyable", s'est exclamé le député Robinson, lors d'un entretien téléphonique depuis l'île Galiano, en Colombie-Britannique.

Le député Robinson est membre du comité des affaires étrangères qui a récemment visité le Proche-Orient en compagnie de Mmes Davies et Rebick.

La députée Davies a aussi assuré qu'elle ne se laisserait pas intimider et qu'elle avait bien l'intention de se rendre à Montréal, vendredi, si l'événement s'y tient toujours. "S'ils nous invitent toujours, j'y serai. L'objectif visé est de partager des informations, pas de se montrer provocant. Il s'agit d'un débat d'intérêt public", a-t-elle affirmé.

L'association étudiante n'a pu être jointe au téléphone.