«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Résultats non garantis

Vers un État moins gros

Le revenu minimum garanti entraînerait une baisse du nombre de fonctionnaires

Le revenu minimum garanti proposé par le gouvernement Couillard est une réforme radicale qui justifierait une réduction considérable de la taille de l’État.

François Blais, qui a hérité du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale lors du dernier remaniement ministériel, doit se « pencher sur nos outils de soutien du revenu dans la direction de l’instauration d’un revenu minimum garanti », a affirmé Philippe Couillard.

Ce n’est pas anodin. L’allocation universelle est un sujet souvent débattu dans les classes de sciences sociales, mais rarement dans les officines gouvernementales. Elle exige une transformation importante de l’État.

Pour la payer, l’État sabrerait les crédits d’impôt, les allocations, l’aide financière aux études, l’aide sociale, le régime d’assurance parentale et d’autres programmes ciblés destinés à une seule clientèle.

Le ministre Blais en est un spécialiste. En 2001, dans son livre « Un revenu garanti pour tous », l’universitaire écrivait que « l’allocation universelle ne constitue pas une utopie, mais certainement un vaste chantier de réforme de l’État-providence ».

Des deux côtés

« C’est une des rares idées qui pourrait rassembler la gauche et la droite. On donne une allocation à tous les citoyens. En échange, on abolit un paquet de programmes qui ont beaucoup de critères et d’évaluation », explique Amélie Quesnel-Vallée, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politiques et inégalités de santé et professeure aux départements de sociologie et d’épidémiologie de l’Université McGill.

L’idée est défendue à gauche par Québec solidaire et à droite, par l’économiste en chef du Conference Board Glen Hodgson.

L’allocation universelle a plusieurs formes. Celle proposée par François Blais dans son ouvrage repose sur un chèque mensuel auquel chaque citoyen a droit.

Coupes

L’avantage d’un tel programme serait sa simplicité : l’État a simplement besoin d’un numéro de compte bancaire pour faire le versement. Les plus riches auraient aussi droit au chèque, mais leur revenu net ne sera pas augmenté puisque le fisc récupérerait son dû.

Cette proposition mettrait les syndicats dans l’eau chaude. « Je ne sais pas où ils vont se situer par rapport à ça : c’est une mesure sociale, mais pour que le programme soit viable financièrement, il faut réduire la taille de l’État, couper dans des programmes, couper dans les administrateurs, couper dans les fonctionnaires. À Québec, ça se ferait sentir », note Mme Quesnel Vallée.

Un seul exemple

La Ville de Dauphin, au Manitoba, est le seul endroit au Canada ayant fait l’expérience du revenu minimum dans les années 1970 dans le cadre d’une étude universitaire. « On n’y a pas constaté une baisse de la participation au marché du travail, sauf chez les jeunes qui se sont éduqués plus longtemps », affirme la chercheuse Amélie Quesnel-Vallée.

Dès 2017, la Finlande fera l’expérience du versement d’un salaire de base de 800 $ par mois à tous les adultes pour lutter contre la pauvreté.

Moins de fonctionnaires

Le Revenu minimum garanti permettrait une réduction de la taille de l’état.

643 - Le nombre d’employés au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, qui gère l’aide de dernier recours.

200 - Le nombre de personnes embauchées par Revenu Québec pour la mise en place du crédit d’impôt solidarité en 2011.

360 M$ - Ce qu’a coûté la mauvaise planification du crédit d’impôt solidarité selon le vérificateur général.


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