«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Projet de société

Vers le futur que nous voulons

Troisième partie

Tribune libre de Vigile
samedi 13 juin 2015
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Dans mon premier billet « PQ rallier la majorité, autour de quoi » (Note 1), j’ai démontré que l’indépendance n’est pas le projet rassembleur pour le Québec, que l’indépendance est en aval du projet rassembleur pour le Québec, qu’elle est un moyen et non la fin, que l’élément rassembleur est un projet de société partagé & commun. L’indépendance en soi, avec toutes les libertés décisionnelles et les pouvoirs qu’elle apporte, ne nous dit pas à quoi ressemblerait le Québec comme pays.

Dans mon deuxième article (Note 2), j’ai répondu à la question suivante : quel serait le contenu d’un projet de société (PS) ? Nous avons énoncé qu’il serait composé des textes fondamentaux comprenant entre autres les chapitres suivants : le terme, les forces-faiblesses -opportunités-menaces, les valeurs, la mission, les stratégies, la vision.

Cet article répondra à la question suivante : qu’est-ce qu’une démarche articulée, structurée pour se doter d’un PS partagé et commun. Les mots importants de cette question sont « partagés et commun ». La démarche que je propose permettra à tous les Québécois.e de participer et d’approuver le contenu de chacune des étapes & le final du PS.

Voyons à quoi pourrait ressembler cette démarche ?

Les essentiels.

1) L’urgent et l’important.
La démarche ne doit pas nous faire dérailler de nos incontournables enjeux urgents & importants, comme la gestion de nos finances, l’accès, l’efficience & les coûts de notre système de la santé, de l’éducation, la condition de nos infrastructures… La démarche doit se faire en parallèle.

Se doter d’un PS est non urgent, mais essentiel. Il faut prendre le temps de bien le faire, de bien se préparer, de mettre des bases solides, d’aller au fond des sujets. Prendre 1 an de plus est non significatif lorsque notre horizon est d’au moins 50 ans. J’estime qu’une telle démarche prendrait environ 2 ans.

2) Reconnaître avant de commencer :
a) que la SI (Souveraineté/Indépendance) n’est pas un PS ;
b) que la SI est un moyen/option parmi d’autres. Une démarche objective ne pourra exclure ou privilégier une option en particulier ;
c) que nous n’avons pas de PS, tout comme le Canada et la plupart des pays ;
d) qu’il est essentiel de se doter d’un PS ;
e) pour qu’il soit commun et partagé par les Québécois.e, sa démarche doit appartenir aux Québécois.e du début à la fin & de haut en bas ;
f) qu’il s’agit de l’une des premières initiatives de ce genre à l’échelle planétaire, qu’elle créera des remises en question, des divergences d’opinions, de l’inquiétude, de la peur, et assurément de la résistance, de la désinformation, de la manipulation, des tentatives de blocages directes et indirectes ;
g) que la structure de la démarche, la rigueur dans son application et la maturité/culture/valeurs des québécois.e seront les atouts de la démarche.
h) afin de s’assurer d’un engagement fort des Québécois.e envers la démarche, que leur initiative soit respectée et reconnue par leur entourage (intérieur et extérieur au Québec), ils seront invités à voter sur les items b, c,d & e. Je suggère une consultation qui appellera les Québécois.e à exprimer leur accord/désaccord. Pour entreprendre la démarche, un minimum de 60% des votes en accord par item avec un quorum de 80% est nécessaire. Cela donnerait environ 2,9 millions de Québécois.e en accord. À titre de référence à l’élection d’avril 2014, le PLQ a été élu majoritairement avec 41,5% ou 1,8 million d’électeurs. Le vote par internet sera mis en place.
Sans ce niveau de reconnaissance, l’approche & le PS qui en découleraient ne pourraient pas prétendre être communs et partagés & compte tenu des défis que démarche apportera, l’initiative deviendrait téméraire & rendrait le résultat contestable.

3) La démarche appartient aux Québécois.e :
a) la propriété de la démarche doit être claire et demeurée claire : se sont les Québécois.e qui veulent se doter un PS. Ils ne veulent pas se faire proposer un PS préparer par un parti, un groupe, une institution.
b) elle est bottom-up et non top-down. Elle est sous la direction des Québécois.e. À titre d’exemple même si le programme de Québec solidaire est préparé avec ses membres, donc bottom-up à l’intérieur de leur parti, elle demeure top-down pour les Québécois.e c.-à-d. de QS vers les québécois.e ;
c) toutes les décisions, orientations, conclusions, structurantes, fondamentales tant lors de l’instrumentalisation de la démarche que durant la réalisation du PS devront être approuvées par les Québécois.e.
d) les participants.e & le droit de vote.
i) tous les Québécois.e pourront participer & intervenir (écouter, poser des questions, commenter…) en direct aux travaux de celle-ci soit sur place ou via la technologie et autres comme s’ils étaient sur place ;
ii) toute personne morale (entreprise, institutions, organismes à but non lucratif, associations dûment constituées…) présente au Québec pourra participer & intervenir par le biais de son représentant inscrit ;
iii) toute personne, humaine et morale, non québécoise pourra observer en direct les travaux de la commission et auront accès à la même information disponibles que les participants ;
iv) seuls.e les Québécois.e inscrits à liste électorale du Qc pourront voter sur les résolutions proposées par la démarche.

4) Une démarche accessible à tous. Cela implique :
a) un guide pour les participants contenant entre autres :
i) un lexique contenant l’ensemble des mots et locutions qui seront utilisés dans la démarche afin d’avoir un vocabulaire commun ;
ii) une explication du processus ;
iii) les étapes de la démarche ;
iv) le rôle du participant ;
v) les valeurs et leurs portées ;
vi) comment utiliser la technologie ;
vii) comment participer ;
viii) le mode de décision ;
b) en lanque française & anglaise ;
c) une formation en ligne obligatoire pour comprendre la démarche & assurer la rigueur dans les discussions ;
d) le vote en ligne ;
e) l’utilisation de la technologie :
i) Poste de télévision & de radio spécifique accessibles sur tout le territoire du Québec , diffusion web, salle de conférence virtuelle ;
f) rle ôle des médias. Ils seront primordial pour faire circuler l’information & bonifier les réflexions. Un cahier spécial périodique serait une avenue ;
g) des budgets et une comptabilité financière transparente.

5) Valeurs préconisées par la démarche.
a) de façon générale, le « plasma » de la démarche est d’être constructif c-à-d. ne cherche pas à enlever, protéger, défendre, gagner, nuire à l’autre, mais plutôt motiver par le désir de contribuer ;
b) chercher à comprendre, encourager le dialogue, l’écoute, la compassion, l’empathie ;
c) honnêteté & intégrité, persévérance, rechercher les faits, éviter les spéculations ;
d) non partisane, sans biais ;
e) respect, sens de l’honneur. Rigueur & discipline dans la gestion du processus, les discussions, la gestion des budgets, l’application des valeurs... ;
f) courage de mettre la réalité sur la table, de dire les vraies choses, de reconnaître les patterns, distinguer les symptômes des causes ;
g) voir loin, au moins 50 ans & en profondeur
i) sortir des sentiers battus, challenger le statu quo, notre façon de vivre, ne pas se mettre des limites, se faire peur sans paniquer, remettre en question nos institutions (sommes-nous prisonniers de nos systèmes ou de notre façon de pensée ?) ;
ii) rechercher les causes et ne pas se limiter aux symptômes ;
iii) obtenir la collaboration, les opinions des plus grands penseurs de la planète ;
iv) obtenir un accord satisfaisant avant de passer à la prochaine étape ;
h) objectivité, transparence proactive :
i) Partage des informations sans restriction, transparence exemplaire, invitation sans restriction aux conférences, aux discussions, aux débats
ii) tous les travaux de la démarche seront publics en direct et en différé à la télévision, radio et l’internet ;
iii) toute la documentation (textes, procès-verbaux, graphiques, tableaux, études...) déposée, produite ou autre sera publique, disponible sur le web et sans délai ;
iv) tous les locaux affectés à la démarche seront accessibles.
Ces valeurs seront véhiculées, renforcies, encouragées par l’exemple des leaders, des médias, des participants et intervenants. Elles feront partie du programme de formation mentionné plus haut.

6) Une pensée circulaire et non linéaire.
Actuellement nos méthodes d’analyses, nos outils de mesures, nos institutions & notre courte étendue d’attention (2 ans) nous amènent à privilégier des décisions/solutions qui auront des effets immédiats. Elles ne tiennent pas compte des effets indirects/secondaires qui souvent se produisent plusieurs années après la prise de décisions & dans des secteurs imprévus. En fait nous soulageons un symptôme à court en amplifiant sa cause à long terme.

7) Établir des mesures périodiques de succès de la démarche.
À titre d’exemple :
a) niveau de participation ;
b) taux de satisfaction ;
c) taux d’acceptation du PS et de son plan de réalisation ;
d) Une reconnaissance, une compréhension & un respect des choix des Québécois.e par les autres provinces, le Canada, l’international, divers groupes de la société du Québec ;
e) L’intérêt manifesté par d’autres communautés (ville, province. pays...) sur la démarche, la considération de proposer une démarche similaire ;
f) La reconnaissance d’un exemple inspirant par l’O.N.U.

8) Sélection et formation du conseil d’administration.
Une entité légale ( genre fiducie ) devra être créée afin d’encadrer la démarche. La mission de cette entité et son CA sera de guider les Québécois.e dans l’élaboration de leur PS. Mon prochain billet portera cette entité. Il couvrira entre autres la sélection des « guides », leur rôles et responsabilités, les fonctionnements, les budgets, le financement & autres.

9) Une seule démarche.
Il peut y avoir qu’une seule démarche pour la création du PS. Nous pouvons facilement imaginer la cacophonie « démobilisante » si plus d’une démarche similaire est entreprise par d’autres groupes, partis politiques, associations patronales, syndicales, mouvements… Il sera donc important avant de commencer qu’une seule démarche soit reconnue.

Nous ressentons tous que pour entreprendre les changements qui s’imposent, nous devons avant tout changer notre pensée. La démarche que je propose, offre une structure de réflexion, un temps approprié pour aller au fond des sujets, une participation engageante des québécois.e, & modifiera, graduellement , sainement & avec conviction, notre façon de pensée.

Note 1 : http://vigile.net/PQ-rallier-la-majorite-autour-de
Note 2 : http://vigile.net/En-route-vers-le-futur-que-nous

Commentaires

  • Robert J. Lachance, 16 juin 2015 19h32

    1 - À quoi ressemblerait le Québec comme pays ?

    2 - Quel serait le contenu d’un projet de société (PS) ?

    3 - Qu’est-ce qu’un PS partagé et commun ?

    3 - Un PS partagé et commun, à ma connaissance limitée faut le dire, ça s’est vu au moins une fois en sol monarchique lors du référendum sur l’indépendance du royaume de Norvège, en 1905. Les femmes n’avaient pas le droit de vote, c’était avant 1914-1918.

    La mondialisation se limitait à l’Europe à cette époque et relevait de la domination britannique. Le socialisme bouillonnait en Allemagne, en France et en Russie. Que reste-t-il de ces amours ?

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Histo...

    2 - Le contenu d’un PS devra prendre en considération le fait que dans l’environnement physique et culture que nous nous avons reçu de nos ascendants et que nous nous sommes donné par la suite dans les 70, la sexualité ne remplit plus au au Québec ses fonctions essentielles, le renouvellement de notre force collective de travail et force privée de régénération ici depuis 1989 maximum comme ailleurs en occident un peu plus tôt.

    1989, c’est la date de publication de Naître ou ne pas être, un apport scientifique révélateur, séminal, de Jacques Henripin démographe, polémiste et je laisse le soin à Josée Legault, méchante chroniqueure, d’ajouter qu’il n’était pas caméléon mais possiblement narcissique.

    Sans PS en matière de démographie, dans 50 ans, le Québec progressivement dépouillé de la grande majorité de ses baby-boomers depuis 30 ans se maintiendra plus ou moins en nombre par l’immigration ou diminuera.

    1 - Pour territoire, même chose que la province de Québec.

    Pour population, un peuple plurinational : par ordre de séniorité comme fondateurs, Les Premières-Nations et compagnie, la Deuxième-nation et compagnie et la Troisième-Nation et compagnie. Le démon est dans le "et compagnie".

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