«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les abus typiques de la fin d’un Empire

Vendre sa virginité pour 2 300 000 euros

Laissez-moi vous raconter une histoire apparemment extravagante, mais terriblement représentative de notre époque. Elle nous vient d’Europe.

Alexandra Khefren est une jeune mannequin roumaine de 18 ans. Il y a quel­ques mois, elle a décidé de mettre en vente sa virginité sur internet. Elle en avait l’idée depuis longtemps, depuis qu’elle avait vu le film Proposition indécente.

Elle croyait pouvoir faire un bon montant d’argent. Elle ne s’est pas trompée. Elle l’a vendue pour 2 300 000 euros à un homme d’affaires de Hong Kong. Cela fait 3 246 609 en dollars canadiens.

Libération !

L’opération a été menée à travers un site web allemand. Apparemment, la pratique se répand. Le quotidien français Libération nous apprenait aussi que Cinderella Escorts, l’agence avec laquel­le la jeune femme a fait affaire, a reçu 400 candidatures de jeunes femmes se rêvant un même destin.

Je devine la réaction de quelques-uns, et peut-être même de plusieurs : elle est futée, elle est rusée et elle a bien le droit de faire ce qu’elle veut de son corps.

Si elle veut que sa première fois se passe non pas avec un ado boutonneux maladroit dans ses mouvements et condamné à l’éjaculation préco­ce, mais la rende millionnaire, tant mieux pour elle.

D’ailleurs, la libération de la femme n’a-t-elle pas rendu cette dernière maîtresse de son corps ? Un peu plus et on verra dans son geste une marque de féminisme conquérant.

Une jeune femme revisite la tradition des plus grandes courtisanes pour commencer sa vie adulte dans l’aisance finan­cière ? Bravo !

À la rigueur, on pourrait même dire qu’elle abuse de la stupidité d’un homme avec une psychologie de brute épaisse qui veut se sentir puissant en dépucelant une belle jeune femme pour quelques millions.

Qu’on nous permette pourtant de ne pas applaudir avec le troupeau.

Car comment ne pas voir dans ce fait divers qui n’en est pas un une manifestation du capitalisme le plus sauvage ?

La logique est la suivante : rien n’est sacré, tout a un prix, tout peut s’acheter.

En fait, ce qui était autrefois sacré est encore plus désirable parce qu’on a un sentiment de toute-puissance à transgresser un interdit. Il suffit d’y mettre le prix.

Le capitalisme étend son empire. Il recycle tout dans sa logique. Il nous transforme en produits à vendre pour peu qu’on sache se vendre et qu’on veuille se vendre.

Arriéré !

C’est vrai dans les affaires sexuelles. C’est vrai dans les loisirs les plus ordinaires. C’est même vrai dans un salon funéraire.

En fait, c’est vrai à peu près partout.

Tout se vend, tout s’achète, il suffit d’accepter cette logique et d’un coup, nos indignations se dissiperont.

Vous croyez le contraire ? On vous traitera de conservateur religieux, d’arriéré, de pépère coincé accro à la morale d’hier.

Cette jeune femme qui vend sa virginité dans un marché public virtuel n’est pas extravagante. Elle est notre avenir. Allez allez, il faut applaudir !

 


Suggérer cet article par courriel
Les dérives de notre temps

 

À l’heure des remises en question

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
11 945$  20%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 27/07 Gilles Harvey: 5$
  • 27/07 Le Domaine de L'Étang: 5$
  • 27/07 André Lepage: 5$
  • 27/07 Jean Lussier: 5$
  • 21/07 Jean-Robert Primeau: 50$
  • 21/07 Ginette Doiron: 10$
  • 21/07 Andre Laflamme: 100$
  • 21/07 Gilbert Paquette: 10$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités