«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un seul problème avec ce raisonnement : la corruption est le résultat des pratiques du gouvernement Libéral. Qui va le mettre en tutelle ?

ORDRE DES INGÉNIEURS

Une tutelle bien méritée

vendredi 8 juillet 2016

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a pris la bonne décision en décrétant la mise sous tutelle de l’Ordre des ingénieurs du Québec (l’OIQ), un organisme qui a raté plusieurs occasions de faire le ménage dans ses activités.

La mise sous tutelle de l’OIQ est le résultat d’une longue incurie de la part d’un organisme qui s’est détourné de sa mission essentielle de protéger le public pour se comporter comme un syndicat à la défense de ses membres.

Un ordre professionnel n’est pas un syndicat. Les ingénieurs, comme les membres des 45 autres ordres professionnels, doivent faire de la protection du public leur « mission principale », dixit l’Office des professions du Québec.

Depuis trop longtemps, les ingénieurs ont réduit la mission de protéger le public à de savants calculs de charges et de portées. Tant que les ponts, poutrelles, gratte-ciel, barrages et autres ouvrages ne s’effondraient pas, nos braves ingénieurs entretenaient l’impression d’avoir assumé leur mission première de protéger le public. Ces « crimes de culture » qu’étaient la corruption et la collusion n’entraient manifestement pas dans leur définition d’une activité à risque pour la sécurité du public.

Lors des travaux de la commission Charbonneau, d’illustres ingénieurs spécialisés en développement des affaires, en financement politique illégal et en élections clefs en main ont d’ailleurs affirmé maintes fois que l’orgie de collusion organisée aux frais des contribuables s’était déroulée sans jamais faire de compromis sur la qualité et la sécurité des ouvrages.

Le rapport final de la Commission a relevé que l’OIQ n’avait pas rempli son mandat de protéger le public. Ce rapport a clairement démontré les effets pernicieux du financement politique par des entreprises. « Lorsque la monnaie d’échange dans un pacte de corruption est une contribution politique, le détournement des finalités d’intérêt public se double d’une violation de l’égalité démocratique », écrivent les commissaires. L’effet immédiat de ces dons illégaux est de saper le principe fondamental en démocratie « d’une personne, un vote ». L’effet prolongé est de saper les bases de l’état de droit et de délégitimer les institutions étatiques dans l’esprit du public.

Tout part d’un malentendu, au fond. Pour les ingénieurs porteurs d’enveloppes brunes, il allait de soi que les activités de financement illégal n’entraînaient pas leur responsabilité professionnelle. Il faut faire preuve d’un certain sens de l’abstraction pour assimiler ces pratiques de financement illégal à un risque pour la sécurité du public, ou à tout le moins à un risque pour la viabilité des institutions étatiques.

Nul ne pouvait s’attendre à ce que l’OIQ le comprenne du premier coup. Mais depuis 2009, les journalistes d’enquête, les partis d’opposition et la commission Charbonneau ont crevé l’abcès. Pendant toutes ces années, l’OIQ est resté en décalage profond avec le climat d’indignation, hormis quelques tentatives de redresser la situation qui se sont soldées par des putschs. En 2014, le comité exécutif et la direction générale ont notamment été destitués pour avoir osé proposer une hausse de la cotisation annuelle afin de donner au syndic les moyens de mener des enquêtes.

Bref, à la suite d’une prise de conscience fragile et tardive sur l’étendue du marasme, l’OIQ et ses membres ont choisi de consacrer peu d’efforts et de ressources à la prévention et à la détection des comportements à risque en matière de corruption, de collusion et de financement illégal.

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