«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

On ne le redira jamais assez

Il y a 47 ans, Hydro-Québec sauvait la centrale Churchill Falls du Labrador.

Une puissante source de fierté nationale à développer !

En 2016, la centrale Muskrat Falls/Nalcor du Labrador est un échec global

Tribune libre de Vigile
mardi 26 juillet 2016
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Le parallèle est flagrant non de similitude mais d’opposition. Hydro-Québec est générateur de succès alors que son homonyme de Terre-Neuve nommé NALCOR gère l’échec, surtout avec la centrale Muskrat Falls en construction. Curieusement, ce fut une situation semblable avec le gouffre dans lequel Jean Charest alors PM du Québec voulait qu’Hydro-Québec sauve Énergie Nouveau-Brunswick en 2009-2010.

L’actualité concernant l’hydroélectricité en développement au Labrador avec la construction de la centrale de Muskrat Falls ramène au premier plan la valeur et la compétence du Québec et d’Hydro-Québec en hydroélectricité. Cette centrale est la propriété exclusive de NALCOR, société d’État de Terre-Neuve.

L’échec financier de Muskrat Falls est reconnu publiquement par le nouveau PDG de Nalcor, Stan Marshall. ( 24 juin 2016, CBC News ).

Plusieurs enjeux se retrouvent dans ce dossier. Dans le présent article, je me restreins aux enjeux politique, financier, et social, tous source de fierté dans le cas d’Hydro-Québec.

1. Sur le plan politique, la concurrence entre le Québec et le reste du Canada (ROC) est très présente même si le dossier concerne au premier chef la province du Québec et sa voisine à l’est, Terre-Neuve. Noircir le Québec est un sport que pratiquent trop de canadiens.

Effectivement, des Premiers ministres de Terre-Neuve dont Brian Peckford (1979-1989) et Danny Williams (2003-2010) ont cassé du sucre sur le dos du Québec en dénaturant le contexte d’un contrat d’énergie signé en mai 1969 à Montréal entre Hydro-Québec et une filiale de Brinco, CFLCo, Churchill Falls & Labrador Corporation.

Le Québec n’a rien volé aux Terre-Neuviens. Les Terre-Neuviens avec la construction de la centrale Muskrat Falls dans le Bas-Churchill font la démonstration par le contraire, soit un échec financier, de la force d’Hydro-Québec d’avoir assuré sur tous les plans le succès de la méga centrale Churchill Falls dans les années 60-70. Les Québécois ont sauvé la face des Anglais investisseurs de Londres.

2. Le contrat d’énergie de mai 1969. Brinco, une société anglaise, est détentrice des droits hydrauliques sur le Haut-Churchill pour 99 ans et cherche depuis les années cinquante à développer le potentiel en hydroélectricité. Les négociations avec Hydro-Québec s’étirent durant une bonne dizaine d’années et aboutissent à la signature d’un contrat d’énergie en mai 1969.

Précisons qu’Hydro-Québec est devenu avec les années propriétaire de 34% des actions de la centrale de Churchill Falls, le 66% résiduel appartenant à NALCOR qui a nationalisé CFLCo vers l’an 2000.

L’issue des négociations résultant dans le contrat d’énergie de mai 1969 avantage les deux parties au contrat. CFLCo est sauvé de la faillite par toutes les conditions contractuelles acceptées par Hydro-Québec. En contre-partie des obligations assumées par Hydro-Québec, cette dernière obtient des " prix compensatoires ". Le kilowattheure (kWh) est payé 1/4 de cent durant les 45 premières années (1971-2016) et 1/5 de cent les 25 années suivantes (2016-2041).

Ce contrat d’énergie fait en sorte qu’Hydro-Québec se porte acquéreur de presque 100% de l’énergie produite ( +/- 30 TWh/an ) de la centrale Churchill Falls sur le fleuve Churchill durant 70 ans à compter de 1971.

Afin de garantir la réalisation complète de la construction de la centrale Churchill Falls, Hydro-Québec a fourni toutes les garanties de circonstances :



- garantie des surcoûts reliés à un taux de change de référence
- garantie des surcoûts reliés au des taux de financement de référence
- garantie de poursuite des travaux de construction advenant un défaut du promoteur de s’exécuter
- garantie d’achat de presque toute l’énergie produite durant 45 ans + 25 ans, etc

En fournissant de telles garanties, Hydro-Québec agissait avec toutes les qualités d’un propriétaire unique. Et le promoteur BRINCO le savait. Toutes ces garanties étaient nécessaires pour rassurer les prêteurs qui s’engageaient sur le long terme.

Les "prix compensatoires d’achat" étaient justifiés par un prix de référence du kWh était le prix offert par l’acheteur états-unien à la frontière du Québec, New-York Edison.

Déjà en 1969, Hydro-Québec possédait plusieurs atouts que ne possédait pas Terre-Neuve et son mandataire BRINCO. Les principaux atouts d’Hydro-Québec (HQ) sont au nombre de cinq :

a) HQ possède un bassin de clients assez nombreux pour utiliser les 30 TWh produit chaque année par la centrale Churchill Falls.

b) HQ possède la technologie de transport de l’électricité à un très haut voltage de 735 000 volts sur de longues distances.

c) HQ possède une capacité d’emprunt suffisante pour rassurer les prêteurs internationaux pour financer la construction de cette très grosse centrale jusqu’à son terme.

d) HQ possède les connaissances techniques et d’ingénierie pour garantir prendre la relève du promoteur advenant un défaut en cours de construction.

e) Parmi les garanties financières prises par HQ sont comprises celle sur le taux de change et celle sur le taux de financement.

J’ajoute un témoignage privé sur l’incompétence de la main-d’oeuvre terre-neuvienne. Feu mon ami André Fournier, plombier haute-pression, a travaillé à Churchill Falls et a constaté que la majorité des travailleurs de métiers n’étaient pas terre-neuviens pour cause de rareté. Ils étaient québécois. Au moment de la construction de la centrale entre 1967 et 1972, 1ère mise en service d’une turbine en 1971, Terre-Neuve est un caillou peu peuplé habité par des pêcheurs.

3. Hydro-Québec = fierté nationale. Mes parents ont fait des sacrifices immenses pour payer l’instruction de leurs sept enfants. Des millions de parents québécois ont fait de même. Ces sacrifices ont formé un peuple depuis les début de la Nouvelle-France. Ce peuple forme nation et État selon les critères du XXIième siècle.

Je fais un bon aux années soixante où le Québec s’est déployé dans la modernité et a pris le virage d’une social-démocratie imprégnée d’un partage de la richesse collective avec équité, moment historique et politique nommé "Révolution tranquille". Cette révolution tranquille a été possible par le courage, la fraternité et un sens d’entraide venant d’un pays plus grand que nature. Il faut ajouter aussi que la religion catholique et la très forte natalité ont marqué les valeurs des Québécois. Le courage, la fraternité et l’entraide sont encore des valeurs actives au Québec.

Les succès d’Hydro-Québec cristallisés dans le contrat d’énergie de mai 1969 concernant l’achat de l’hydroélectricité de l’immense centrale Churchill Falls de plus de 5400 mégawatts (MW) s’expliquent par la géographie physique du territoire du Québec, généreusement avantagé comme pas un en voies d’eau douce et par le travail et le génie des Québécois qui ont peuplé ce territoire.

4. Socialement parlant, les efforts politiques affirmés dans la 2e nationalisation des compagnies d’électricité du Québec par le gouvernement de Jean Lesage en 1963 et animé par René Lévesque alors ministre dans le gouvernement Lesage ont consolidé la fierté des Québécois jusqu’à aujourd’hui. Le nouveau PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, doit être très conscient de l’importance d’Hydro-Québec dans le paysage des Québécois.

Tous les lecteurs peuvent expérimenté autant qu’ils le veulent la fierté à laquelle je fais référence. Tout simplement, il faut lire sur le site wikipedia ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydro-Qu%C3%A9bec ) des dizaines de pages témoignant du succès d’Hydro-Québec. Combien de sociétés privées dans le monde aimeraient pouvoir aligner autant de succès comme peut le faire Hydro-Québec ? Combien de sociétés d’État dans le monde aimeraient présenter une telle feuille de route ? Évidemment, tous les accomplissements d’Hydro-Québec ne doivent pas porter ses employés(ES), dirigeants inclus, à abuser de leur emploi avantageux.

Les réussites d’Hydro-Québec peuvent attirer des vautours qui osent parler de privatisation. Hydro One d’Ontario est en voie de privatisation et des Ontariens font valoir que "privatisation = augmentation des profits = augmentation des tarifs". Il ne faut pas être un gestionnaire de génie pour faire l’équation "privatisation = augmentation des tarifs".

En passant, vous vous demandez pourquoi l’Ontario procède à une privatisation partielle (jusqu’à hauteur de 60%) d’Hydro One ? Pour obtenir des liquidités pour investir dans des infrastructures. C’est une stratégie de désespoir que la Grèce aussi applique.

Il faut savoir aussi qu’Hydro One n’est pas Hydro-Québec. Pour une population de 12 M en Ontario contre 8 M au Québec, la structure de l’industrie de l’électricité est beaucoup plus morcelée en Ontario qu’au Québec. Du côté abonnements, H.-Q. compte près de 4 millions d’abonnés. Hydro One en compte environ 1 million, les 5 autres millions sont desservis par des dizaines de distributeurs souvent propriétés des grandes villes comme Ottawa. Hydro One produit 50% de l’électricité alors que l’autre 50% est produit par Ontario Power Generation avec ses 16 réacteurs nucléaires et quelques centrales thermiques. Hydro-Québec produit 99% de l’électricité au Québec. Du côté des revenus, en 2013, H.-Q. a récolté 13 G$ et Hydro One a récolté 5 G$. Il faut aussi savoir que annuellement, l’Ontario consomme 25% moins d’électricité que le Québec même si sa population est 50% plus élevé. La raison : les résidences à 75% se chauffent au gaz naturel importé de l’ouest.

Quand on s’y arrête, il est impressionnant à quel point les Québécois vivent de façon différente du reste du Canada et cela se reflète partout.

Toujours concernant la pente douce de la privatisation, la recette des gestionnaires affamés comprend aussi des mises à pied importantes pour diminuer les frais d’opération et augmenter "rapidement" les bénéfices et les dividendes. Ces recettes faciles de management ne sont pas à l’avantage de la société en général mais à l’avantage des actionnaires. En passant, qui sont les actionnaires "minoritaires et silencieux" d’Hydro-Québec ? Ce sont les 8 millions de Québécois qui bénéficient de bas tarifs à comparer à l’Ontario et du dividende versé annuellement par H.-Q. au Gouvernement du Québec.

Sachons qu’Hydro-Québec est déjà privatisée à près de 40% en considérant ses achats et locations de biens et services réalisés au Québec. Le rapport annuel de 2015 précise le montant de 2 827 M$ sur des charges totales de 8 158 M$ soit 35% en 2015.

Le présent message de fierté en plus de s’adresser au PDG Éric Martel, s’adresse aussi au plus haut point au PM du Québec nommé Philippe Couillard. Si Philippe Couillard veut ré-ouvrir le contrat de mai 1969, à titre de PM du Québec, il a une belle occasion de demander en contre-partie une renégociation de l’arbitraire décision du Conseil privé de Londres de 1927 en regard des frontières du Labrador entre Québec et Terre-Neuve.

Les Terre-Neuviens sont-ils intéressés de s’engager dans une telle négociation ? Réaliseront-ils alors que les dizaines de milliards de profits réalisés par le Québec avec "leur hydroélectricité" ne sont pas aussi importants que leurs politiciens leur font accroire. Cela s’avèrera d’autant plus vrai en comparant ces profits avec la valeur que les Terre-Neuviens accordent à "notre territoire subtilisé en 1927".

5. En conclusion qui est aussi un hors-d’oeuvre : un autre chapitre devra être écrit à l’adresse des dirigeants d’Hydro-Québec pour poser des questions sur des décisions de gestion douteuses parce que portant sur des projets non rentables ou mal ficelés

On pense ici à la reconduction de contrats avec des producteurs privés dans l’éolien, comme la reconduction du contrat d’énergie de 2026 à 2036 avec l’usine de cogénération de TransCanada Energy à Bécancour, comme le transfert au privé en "recouvrement" des 50 000 dossiers de mauvaises créances, comme dans l’échec de l’implantation des 3,5 M de compteurs intelligents où les clients ont été ignorés, comme dans la nomination par Philippe Couillard du Président du Conseil d’administration inconnu du public, et ignorant de nos lois comme le Code civil du Québec n’étant pas membre du Barreau du Québec, n’ayant jamais pratiqué le droit au Québec et dont la compétence se résume à diriger une entreprise de confection de bas et collants dans des usines délocalisées dans le monde, entreprise 130 fois plus petite qu’Hydro-Québec, entreprise si petite que ses quelques dirigeants n’ont pas besoin d’un Conseil d’administration. Et j’ai nommé Michael D. Penner.

Cette nomination est une honte qui ne peut pas continuer. Le journal anglais de Montréal The Gazette a reconnu publiquement ce fait, je cite :

«  Montreal businessman Michael Penner, head of apparel company Richelieu Group and a Liberal supporter who backed Premier Philippe Couillard for the party leadership, has been named a director and chairman of the board of Hydro-Québec, succeeding Parti Québécois leadership hopeful Pierre Karl Péladeau. » ( The Gazette, 10 octobre 2014 ) Ce retour d’ascenseur est une offense faite à tous les Québécois par Philippe Couillard qui démontre son absence de sensibilité et de fierté en tant que Québécois.

Comme disait les conteurs dans les soirées québécoises, "excusez-la !".

Commentaires

  • François A. Lachapelle, 1er août 2016 22h34

    @ Jean-Claude Pomerleau

    Merci pour cette information qui éclaire notre dossier sous un angle juridique.

    Je retiens ce passage de votre commentaire, je cite : «  L’avantage dégagé par Hydro-Québec, ajoute le tribunal, résulte de changements survenus dans le marché de l’électricité. »

    Le mot "changements" est écrit au pluriel avec raison et ces changements sont intervenus APRÈS la signature du contrat réalisé en mai 1969. Ces changements ne pouvaient pas être connus des signataires AVANT leurs avènements.

    Un de ces changements a été la 1ère crise du pétrole en 1973 où les prix du baril de pétrole ont décuplé, X 10 en quelques mois. Ce fait est intervenu 4 ans après la signature de mai 1969.

  • Jean Claude Pomerleau, 1er août 2016 17h54

    Dernière heure, une décision de la cour sur le litige entre Terre Neuve et Hydro Québec sur Churchill Fallls, qui confirme l’argumentaire du présent texte de M Lachapelle :

    (...)

    Or, les cinq juges de la Cour d’appel sont d’avis que Nalcor Energy tente de « redéfinir l’équilibre initial » conclu entre les parties.
    « La preuve non contredite a établi que les parties savaient que la valeur de l’énergie hydroélectrique était susceptible de fluctuer et qu’elles ont volontairement convenu de prix fixes pour l’énergie », peut-on lire dans la décision de 61 pages.

    La Cour d’appel estime que le principe général de « bonne foi » du Code civil n’est « d’aucun secours » à Churchill Falls, précisant que le contrat demeurait « rentable » pour la province.

    L’avantage dégagé par Hydro-Québec, ajoute le tribunal, résulte de changements survenus dans le marché de l’électricité.

    Selon les cinq juges, accepter la thèse de Nalcor Energy dans le contexte actuel en l’absence de difficultés financières excessives « serait admettre qu’un redressement judiciaire s’impose parce que son contrat avec (Hydro-Québec) est lésionnaire en raison d’un avantage excessif ».

    En 2010, la province de l’Atlantique estimait que cette entente lui avait permis d’empocher seulement 1 milliard $, comparativement à 22 milliards $ pour l’État québécois.

    (....)

    http://www.lapresse.ca/actualites/national/201608/01/01-5006374-churchill-falls-la-cour-dappel-tranche-en-faveur-dhydro.php

  • François A. Lachapelle, 1er août 2016 16h44

    @ Marcel HACHÉ

    J’aurais dû commencé ma 1ère réponse à votre commentaire par un " merci de me lire ".

    Parmi tous les sujets que vous abordez dans votre 2e commentaire, je me limiterai au duo " indépendance du Québec & capitalisme ".

    Vous écrivez, je cite : « Le capitalisme, même porteur d’une pulsion de mort, comme vous le soumettez par association, est fort bien capable s’accommoder de l’Indépendance et de la liberté d’une nation de plusse dans le monde… »

    Votre chemin vers l’indépendance du Québec exclut une remise en question du "capitalisme" si je vous comprends bien.

    Pour moi au contraire, l’indépendance du Québec s’inscrit dans une monde à révolutionner pour nous sortir de tout ce qui s’appelle pollutionS ( avec un grand S ) de notre environnement, pollutionS des esprits par le matérialisme issu du capitalisme néolibéral et mondialiste.

    Le capitalisme fait la preuve par 4 chaque semaine de ses vices. La Chine incarne la mondialisation tout en maltraitant ses populations et tout en créant du chômage dans des centaines de pays. La politique du plus bas soumissionnaire qui exploite des esclaves est inéquitable.

    Le capitalisme actuel avec les bonzes des FMI, BCE, BANQUE MONDIALE et le dieu de la croissance stigmatisé dans une hypocrisie comme le PIB qui est incapable de mesurer le niveau de bonheur de vivre dans une société en particulier font la démonstration à répétition de la faillite de tout ce qui s’associe aux principes économiques et de gestion nommés "croissance" et " productivité ".

    Pour le peu qu’on veuille s’ouvrir les yeux, vous savez comme moi que les tueries constantes aux États-Unis et les attentats contre des civils dans le monde entier sont le produit du " c a p i t a l i s m e " qui entretient la lutte des classes. À l’évidence, il faut cesser de s’abreuver à ce poison mortel. Et le capitalisme est irréformable !

    Hors-d’oeuvre : dites-moi pourquoi un monsieur du nom de Donald TRUMP, un croyant protestant et milliardaire, est incapable de douter de ses méthodes qu’il associe égoïstement au " succès " ? Malheureusement, pour des millions de gens, Monsieur Trump illustre avec brio le duo " capitalisme & pulsionS de mort ".

  • Marcel Haché, 1er août 2016 12h02

    @ M. Lachapelle.

    Vous persistez à casser du sucre sur le dos de la main d’œuvre et de l’entreprenariat des terre-neuviens. Bien libre à vous. Peut-être avez-vous raison, mais cela est sans intérêt.

    Quant à vos références à Gilles Dostaler et B.Maris, d’où peut bien vous provenir cette idée que le capitalisme, même à supposer qu’il soit porteur d’une pulsion de mort, (ce dont je ne doute pas beaucoup vous savez), d’où vous provient cette prétention qu’il faudrait le combattre aussi, sinon c’est lui qui combattrait le noble Combat de l’Indépendance du Québec ?

    L’Argent, le Pouvoir et l’Indépendance forment un trio naturel et nécessaire à l’Émancipation. Il n’y a rien de « naturel » dans notre situation de provinciaux. Il n’y a rien de « suranné » non plus dans la constitution d’un état-nation. Un état, voyez-vous, c’est toutes sortes de choses évidemment, mais c’est aussi cela : une base d’accumulation $ fournie à ceux qui le financent (les libéraux et les spoliateurs l’ont parfaitement compris). Un état-nation, ce n’est pas seulement cela, mais c’est aussi un super état, et aussi une super base d’accumulation fournie…

    Il me semble, au contraire, (pas vous ?) que le capitalisme le plus saccageur et le plus meurtrier s’arrange à merveille avec la multiplication des état-nations. Je n’ai pas tout lu, évidemment, mais je n’ai lu nulle part que la mondialisation et le capitalisme abattaient les état-nations les uns après les autres par pure idéologie. L’Empire le fait. Mais il le fait par intérêt. Pas pareil ! L’indépendance du Québec, comme toutes les indépendances d’ailleurs, c’est simplement la création d’un état-nation, rien de plus. Mais celui-là pour Nous seuls ! Je ne vous apprends rien.

    Pourquoi insinuer alors, soumettre par la bande que le noble projet d’Indépendance serait aussi un « projet de société » (gauchiste, gauchiste et provincialiste, braqué évidemment contre le capitalisme merdeux, cela augmente inutilement le degré de difficulté de notre Cause), « projet » qui par ailleurs n’intéresse personne, hormis quelques excités de gauche ? Le capitalisme, même porteur d’une pulsion de mort, comme vous le soumettez par association, est fort bien capable s’accommoder de l’Indépendance et de la liberté d’une nation de plusse dans le monde… C’est pas « ça » qui le dérangerait vraiment, pas davantage que ses « contradictions internes » ne l’ont jamais dérangé.

    Voyez-vous encore, M. Lachapelle, notre liberté à Nous dérangerait seulement les mêmes tdc, tous ceux-là dont la position dominante ( sur la « dominance » vous auriez intérêt à lire ou relire Marcuse) fait qu’ils peuvent squatter tout à fait légalement l’état canadien et l’état québécois (comme Power et Bombardier par exemple, champion dans leur catégorie), et l’état terre-neuvien itou, toute une bande en somme qui, comme ceux de l’U.Q.A.M. ou de McGill, prospèrent à même les bases d’accumulation fournies non pas par « le Québec » mais par la « province de Québec » et l’état fédéral, au final la même et unique base d’accumulation. Et c’est cela, hélas, que vous souhaiteriez que le faiblard Couillard défende, au moyen d’une « frontière » plus faiblarde, elle Nous provenant des neiges d’antan ?

    Peut-être estimez-vous en gros plusse… que le P.Q. devrait défendre itou la même frontière ? Mais hélas pour vous et toute une génération d’admirateurs d’Hydro-Québec, partant du passé sur lequel on ne peut pas revenir autrement qu’en étant au Pouvoir, cela confinerait le P.Q. à la défense de la même base unique canado-québécoise d’accumulation fournie à tous les maudits squatteurs qui triomphent, et dont les squatteurs fédéralistes sont évidemment les plus grands gagnants, et dont Hydro-Québec est partie prenante… ce serait tabler dans la réalité sur une « frontière » imaginaire, insensée, pour qu’ils triomphent encore dans l’avenir. Cette fausse « frontière » provinciale que vous saluez comme un rempart infranchissable à l’occasion de négociations avec Terre-Neuve, est de fait, dans la vraie réalité, une ouverture qui s’offre au P.Q. pour autant qu’il soit prêt à en payer le prix, le juste prix…pour la juste Cause de l’Indépendance si c’était lui et non la gang à Couillard qui était au Pouvoir.

    Mépriser l’Argent comme vous le faites avec une telle condescendance, M. Lachapelle, c’est sous-estimer le Pouvoir. Et sous-estimer le Pouvoir, c’est pas très loin de mésestimer l’Indépendance elle-même… Chacun sa fierté : la mienne proviendrait que les indépendantistes jouent un jour les bonnes cartes… qu’ils aient le nerf des lions, plutôt que juste la mémoire des perroquets.

    La frontière du Labrador ? Pfit…Toute une nation, elle bien moins colonisée et enchaînée, comme vous le prétendez, que simplement divisée par le référendum, comme je le prétends, toute une nation s’en c… de cette frontière sans bon sens du Labrador. Et elle a bien raison si on y pense un peu.

  • François A. Lachapelle, 30 juillet 2016 23h06

    @ Marcel Haché

    Il est faux d’affirmer que la poussière recouvre les frontières du Labrador entre le Québec et Terre-Neuve même si une décision biaisée remonte à près de 90 ans en arrière. Les oeuvres d’art spoliées par les nazis il y a plus de 70 ans reviennent à leurs propriétaires par des lois nationales et internationales.

    Quoiqu’il arrive de l’avenir politique du Québec, le dossier des frontières du Québec est toujours d’actualité parce que c’est un problème dualiste. Les idées de partition du Québec concernent les frontières du Québec.

    Je vous donne raison pour dire que trop de Québécois sont indifférents ce qui fait le bonheur des empiètements de nos voisins et des fédéralistes qui n’ont pas rempli leurs devoirs de fiduciaires des frontières internes du Canada entre certaines provinces.

    Il n’y a pas de contrat maudit entre le Québec et Terre-Neuve et le Québec n’a pas joué « serré » avec Terre-Neuve pour deux raisons principales :

    a) les négociations ont duré durant dix ans. Les négociateurs des deux côtés connaissaient très bien les conditions en jeu de chaque côté.

    b) Hydro-Québec possédait tous les avantages et Brinco et non Terre-Neuve était dans une situation financière proche de la faillite.

    Les nouvelles dans l’actualité de juin et juillet 2016 en provenance du chantier de construction de la nouvelle centrale de Muskrat Falls au Labrador, entièrement commanditée et planifiée et dirigée par la société d’État NALCOR de Terre-Neuve est un échec global. C’est le nouveau PDG de Nalcor, Stan Marshall, qui le reconnaît publiquement.

    Question : comment expliquer qu’Hydro-Québec a sauvé la mise avec la centrale Churchill Falls avec le contrat de mai 1969 alors qu’en 2016, NALCOR de Terre-Neuve est confrontée à un échec global avec la nouvelle centrale Muskrat Falls ?

    Certains se font une spécialité de casser du sucre sur le dos des Québécois comme d’anciens PM de Terre-Neuve dont Brian Pekford et Danny Williams.

    J’aime bien l’évaluation psychologique de l’auteur Marc Labelle au sujet de certains Québécois, savoir : « Il s’agit de l’autodévalorisation compensatrice de l’impuissance du colonisé. » Il est difficile de se libérer de ses chaînes.

    Votre conclusion est surranée, savoir : « L’Argent, le Pouvoir et l’Indépendance vont ensemble le plus naturellement qui soit. » Vous auriez avantage de lire le livre "Capitalisme et pulsion de mort" par les économistes Gilles Dostaler et Bernard Maris, ed Albin Michel 2009.

  • Marcel Haché, 30 juillet 2016 07h30

    « Si Philippe Couillard veut ré-ouvrir le contrat de mai 1969, à titre de PM du Québec, il a une belle occasion de demander en contre-partie une renégociation de l’arbitraire décision du Conseil privé de Londres de 1927 en regard des frontières du Labrador entre Québec et Terre-Neuve. » François A.Lachapelle.

    Qu’aurait donc à gagner un gouvernement péquiste, ou n’importe lequel gouvernement québécois, à vouloir soulever la poussière qui s’est accumulée depuis si longtemps sur la frontière du Labrador ? Pas grand-chose à vrai dire.

    Mais au contraire…c’est en mettant sur la table, non pas une misérable frontière mais les fameux « prix compensatoires » eux-mêmes, ce prix qui irrite tellement l’électorat de Terre-Neuve, à ce point que le contrat des chutes Churchill est qualifié par « eux » de « contrat maudit », c’est alors qu’un immense pas dans la Bonne Direction de l’Indépendance pourrait être fait… C’est ainsi et de cette façon qu’un gouvernement indépendantiste, encore provincial, certes, mais plus encore décidé, pourrait dé-serrer un peu la camisole de force qui étreint tous les gouvernements provinciaux issus des élections provinciales du Québec.

    La « province », M. Lachapelle, ce n’est pas tout à fait « le Québec ». C’est même beaucoup moins que « le Québec ». Pas pareil !

    C’était l’intérêt et le devoir de la « province de Québec » de jouer serré avec Terre- Neuve, lors de la construction des barrages à Churchill, et lui faire payer sur le long (jusqu’en l’an 2042) le Labrador perdu. Si, par ailleurs, le Labrador avait eu l’importance politique que vous semblez lui prêter encore, la « province de Québec » aurait pu exiger, du moins aurait pu faire savoir qu’elle voulait le retour de ses frontières à l’occasion de la rentrée de Terre-Neuve dans la Confédération canadienne. Cette entrée de Terre-Neuve dans la Confédération fut une occasion en or offerte à la province de Québec, qui l’a tout bêtement ratée, de faire valoir ses récriminations sur une vielle frontière tracée par Londres. Politiquement parlant, sur ce seul plan-là, le plan « politique », n’est-ce pas un peu, et beaucoup, et à cela aussi, qu’ont servi les « prix compensatoires » sur Churchill : faire payer à Terre-Neuve sa position géographique vulnérable et se rembourser d’une décision injuste des anglais à notre égard ?

    Estimer qu’il n’y aurait plus de millage politique à faire avec le contrat des chutes Churchill, pour mieux s’imaginer qu’il y en aurait à faire avec une frontière qui n’a aucun sens et n’en a jamais eu par rapport à la Nouvelle-France que Nous avons colonisée, c’est rien de moins que s’abandonner à la légende. Il y aurait là, au contraire, précisément avec ces « prix compensatoires », un immense millage politique à faire par un gouvernement péquiste décidé et animé par un idéal, plutôt qu’agité par le mauvais Rêve de tenir un référendum.

    Au contraire des provinciaux et des « provinchiaux », et dont le P.Q. a bien « plusse » plus que sa bonne part, un gouvernement indépendantiste qui se serait enfin sorti du funeste Déni (Déni qui n’en finit plus de survivre, à ce point qu’il finira à lui seul par faire mourir notre Cause), un gouvernement péquiste enfin adepte de la realpolitik plutôt que de cette pure légende d’un « Grand Québec », comme d’une « Grande Serbie » ou d’un « Grand Israel », un gouvernement qui, plutôt que revisiter scrupuleusement chaque mètre de ses frontières, engagerait plutôt ses intérêts financiers à d’abord se faire des amis de ceux qui resteraient, de toutes les façons qu’on regarde la géographie, se faire des amis de ses voisins les plus immédiats, ces voisins-là tout particulièrement qui resteront ses voisins incontournables, peut importe par ailleurs que « le Québec » devienne ou non un état-nation. Mais à plus forte raison s’il le devient… ou qu’il y travaille s’il s’agit d’un gouvernement péquiste le moindrement dédié, lui-même sorti du Rêve et de la torpeur instillée. (eh oui, instillée par les mêmes, encore et toujours… ses référendeux)

    M. Lachapelle, si l’Indépendance passe par l’État, ce que je crois depuis très longtemps, elle passe donc bien davantage par Hydro-Québec que par des chartes de ceci et de cela, qui relèvent le plus souvent des sondages et de l’astuce politicienne des paresseux… Ne le dit-on pas souvent d’ailleurs : Hydro-Québec, c’est l’état dans l’État. Et pourquoi donc dit-on cela ? Parce que c’est là qu’est l’Argent. Politiquement parlant, il n’y a que de la poussière ou de la neige sur la frontière du Labrador.

    L’Argent, le Pouvoir et l’Indépendance vont ensemble le plus naturellement qui soit. C’est ce trio-là qui pourra Nous libérer de la province et de notre statut de « provinciaux ». Ce trio-là est un trio sérieux… C’est la « province » qui manque de sérieux depuis toujours à notre égard. Ne conseillez donc pas Philippe Couillard. C’est peine perdue. Par manque de cœur et de talent, Philippe Couillard ne veut pas et ne pourra jamais jouer sur ce trio-là. On jase. S’cusez-la.

  • Marc Labelle, 26 juillet 2016 21h53

    Ce texte est éclairant par ses aspects historique, comparatif et géopolitique. À sa lecture, on saisit bien l’enjeu politique actuel de l’hydroélectricité. Celle-ci doit être la source de notre fierté — et de notre action collective. Merci.

  • Richard Dancause, 26 juillet 2016 21h32

    Merci M. Lachapelle,

    Il est indispensable que les faits soient remémorés. Cela nous permet de reconnaître nos succès, nos expertises, nos avancés et notre potentiel de développement.
    Nous avons la chance d’avoir un bon président en la personne de M. Martel.
    M. Martel propose un nouveau plan stratégique avec une perspective de doubler les profits de la société sans pour autant faire perdre aux Québécois l’avantage d’un des meilleurs tarifs au monde.
    Espérons qu’il sera appuyé par son CA et le Gouvernement.

  • Jean Claude Pomerleau, 26 juillet 2016 15h31

    Merci pour se texte monsieur Lachapelle

    Depuis 2003, le régime libéral a privatisé les filières énergétiques d’HQ (éolienne, mini-centrale, centrale au gaz) , des milliards transférés aux amis du régime :

    http://dossierplq.com/hydro_quebec-2.html

    Et, cela dans l’indifférence générale.

    JCPomerleau

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