«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le douteux sens des priorités de Pee-Wee Trudeau

Une pof dans la face des provinces

Justin Trudeau a tenu parole : la marijuana sera légalisée. Personnellement, j’aurais préféré qu’il tienne parole à garder le déficit modeste et qu’il mette la pédale douce sur le pot, mais c’est lui qui gouverne. Vous sentez Philippe Couillard et les membres de son gouvernement irrités ? C’est le cas.

Ils sont plus qu’irrités, mais les mots décrivant leur humeur dans le dossier du cannabis ne s’écrivent pas dans Le Journal. À la base, peu de gens dans l’équipe Couillard partagent l’enthousiasme de Justin Trudeau quant à la légalisation du point de vue de leurs convictions personnelles.

Leur malaise actuel dépasse cependant ces simples préférences personnelles. Politiquement, il s’agit d’un terrible piège, à 18 mois des élections au Québec. Le gouvernement du Québec ramasse sur sa table de travail une foule de considérations compliquées. Il fait face à des risques de dérapage ainsi qu’à des occasions de se faire des ennemis.

Tout pour Justin

En contrepartie, le gouvernement Couillard est assuré de recueillir un gros zéro crédit politique. Ceux qui souhaitent la légalisation de la marijuana vont toujours donner 100 % du mérite à Justin Trudeau. C’est lui qui l’a promise, c’est lui qui a défendu l’idée publiquement, c’est lui le héros incontesté de la légalisation.

Même si Philippe Couillard et son équipe faisaient un travail sans faute et sans bavure dans la mise en œuvre de cette politique (ce qui n’arrive presque jamais dans l’implantation d’une nouvelle politique), ils ne ramasseront aucun crédit. Au mieux du mieux, ils n’y perdront pas de plumes.

Le débat sur la légalisation se fait sur le grand principe. Justin Trudeau a gagné la bataille de l’opinion publique là-dessus. Or les provinces ont la tâche vraiment complexe de la mise en œuvre de cette nouvelle politique, c’est-à-dire les règles entourant la distribution et la vente du précieux produit.

Nous avons vu mille fois, dans l’histoire, des gouvernements partir d’un beau principe et se casser la gueule dans l’exécution. Justin Trudeau a le beau rôle puisque le sale boulot est transféré aux provinces, dans le fonctionnement du Canada.

Mille écueils

Vous voulez des complications pour les provinces ? Elles sont responsables des vraies affaires. La sécurité, la santé, les écoles, les hôpitaux. C’est là que les mauvais côtés vont rebondir. La conduite avec les facultés affaiblies par la drogue pourrait causer des morts. Des partys de muffins au pot qui vont mal tourner finiront à l’urgence de l’hôpital. Tout ça, c’est dans la cour des provinces.

Québec doit aussi choisir le réseau de vente. La SAQ ? Un nouvel organisme à qui on donne un monopole d’État ? Des boutiques privées à qui on délivrerait un permis ? Quel que soit le choix, il y aura un flot d’insatisfaits.

Le Québec s’associe à l’Ontario dans la mise en place d’une approche commune en matière de cannabis. Habile. Monsieur Couillard pourrait utiliser cette alliance comme point de départ pour un front commun des provinces afin de ralentir Justin Trudeau.

Les occasions de mal paraître avant l’élection d’octobre 2018 sont nombreuses et Philippe Couillard le sait.


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