«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Lettre à Paul Piché

Une erreur à rectifier

mardi 4 septembre 2012

Cher Paul, comme, pour mon plus grand plaisir, nous nous connaissons, je me permets de te tutoyer.

D’abord, le texte publié dans Le Devoir le 31 août dernier comporte une erreur majeure. Tu écris : « Ces deux partis veulent remplacer le référendum par un processus plus compliqué, qu’ils prétendent plus inclusif. Ils veulent faire élire des membres d’une assemblée qui va rédiger une constitution. Ils espèrent que l’assemblée va naturellement conclure de ses discussions que le Québec doit être souverain, de gauche et écologique. Ils vont ensuite soumettre cette constitution à un référendum. Ils ne peuvent pas ignorer qu’il existe au Québec un nombre considérable de gens qui sont contre la souveraineté. À l’élection des membres de cette assemblée constituante, ces gens voteraient pour des fédéralistes qui, à leur tour, empêcheraient tout consensus pour la souveraineté. »

La démarche de constituante que tu décris est celle de Québec solidaire — et je souscris à la critique que tu en fais —, mais non pas celle d’Option nationale (ON) !!! Que ce soit bien clair : ON propose la création d’une constitution d’État souverain, et cette dernière caractéristique est essentielle et assurée.

Cela est écrit dans les premières lignes du programme d’ON ; j’en déduis donc que tu ne l’as pas lu, ou alors trop brièvement.

Quant à ta critique sur l’opportunité de faire voter à la fois une constitution et l’indépendance, je l’accueille avec intérêt, sauf que tu oublies les avantages de cette démarche : un OUI viendrait clore un processus transparent, plutôt qu’enclencher une négociation dont on ne sait pas où et quand elle aboutirait.

Mais, de toute façon, il reste un problème fondamental à ton plaidoyer : tu échafaudes toute ta comparaison sur un référendum… que le Parti québécois ne s’engage pas à faire !

Ce que le PQ propose, c’est d’aller réclamer des pouvoirs de province à Ottawa et, parallèlement, de faire du nationalisme provincial à travers diverses mesures. Cela n’est pas du souverainisme. Ou alors la plupart des gouvernements du Québec depuis au moins Duplessis ont été souverainistes. Puis, dans un deuxième temps, il y a ce qui n’est qu’une hypothèse de référendum « au moment jugé opportun », un jour, peut-être.

Comme tu le sais aussi bien que moi, le PQ a déjà voulu créer ce « moment opportun » en gouvernant, et il n’a abouti à rien. C’est que le pouvoir use, et il corrompt en peu de temps la capacité ou la volonté de faire des référendums. De plus, un bon gouvernement de province tend à démontrer que la souveraineté n’est pas nécessaire, ce qui n’est pas de nature à favoriser les fameuses « conditions gagnantes ».

C’est pour cela que, au cas où le passé serait garant de l’avenir, nous avons choisi de fonder un parti voué à proposer et à défendre l’indépendance du Québec sans faux-fuyant, de façon enthousiaste et assumée. Nous pensons que cette grande idée mérite un tel véhicule.

Si tu veux nous convaincre, Jean-Martin Aussant, moi-même, les cinq mille membres d’ON et tous ceux qui nous appuient, de nous rallier à un parti qui ne s’engage à rien à ce sujet, même en faisant mieux tes devoirs, tu n’auras probablement que peu de succès.

***

Nic Payne - Candidat d’Option nationale dans Mercier


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