«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le moment est venu de riposter au bluff du Canada

Le défi de Mario Beaulieu

Une autre façon de représenter le Québec et les Québécois à Ottawa

Si le Québec peut facilement survivre sans le Canada, le Canada ne peut pas politiquement survivre sans le Québec

Chronique de Richard Le Hir
vendredi 4 juillet 2014
5 450 visites 22 messages

Ceux qui pouvaient encore avoir un doute sur le lancement de la campagne électorale fédérale il y a une dizaine de jours avec l’annonce du feu vert au projet d’oléoduc Northern Gateway, auront vite compris en voyant apparaître Stephen Harper aux bulletins de nouvelles de Radio-Canada la semaine dernière que le grand racolage est commencé.

Et il n’y va pas de mainmorte ! Figurez-vous qu’il va même jusqu’à s’attribuer « un certain mérite dans la chute de l’appui à la cause souverainiste au Québec et [croire] que les élections d’avril dernier montrent que les Québécois sont prêts à des changements majeurs », bien évidemment dans le sens du message des Conservateurs.

Lorsqu’ils ont porté le PLQ au pouvoir le 7 avril dernier, les Québécois se doutaient-ils un seul instant de la façon dont Stephen Harper allait interpréter leur geste ? C’est pourtant le risque qu’ils prenaient en élisant à Québec le gouvernement le plus à-plat-ventriste de toute leur histoire.

Avaient-ils compris que l’un des effets de leur vote serait de remettre leur avenir collectif entre les mains du gouvernement Harper, comme je le soulignais dans ma dernière chronique, avec le risque qu’il en profite à ses fins électorales ? Certainement pas s’il faut accorder le moindre crédit aux sondages qui témoignent depuis déjà plusieurs années de leur froideur pour la vision des Conservateurs.

Lorsqu’ils prendront conscience de la précarité de la situation dans laquelle ils se trouvent et du danger qui les guette, ils constateront que leurs options sont très limitées.

Ni le PLC ni le NPD ne sont en mesure de leur offrir la moindre garantie quant à la protection et à la défense de leurs intérêts collectifs, le PLC parce que son histoire en est une de trahison constante à ce chapitre et que son chef n’est tout simplement pas à la hauteur du défi que représente pour lui un adversaire aussi coriace que Stephen Harper, et le NPD parce que, malgré son balayage au Québec lors de la dernière élection générale, il n’y est pas suffisamment enraciné et dédié à la protection de ses intérêts pour qu’ils puissent mettre en lui toute leur confiance.

Le Bloc Québécois a beau être dans une situation précaire, si son nouveau chef Mario Beaulieu parvient rapidement à trouver le ton juste et démontrer qu’il a une bonne compréhension des grands enjeux sur lesquels vont s’affronter les intérêts du Québec et du Canada dans les années qui viennent, et notamment les enjeux énergétiques et environnementaux, il risque de retrouver du crédit auprès des Québécois qui préfèreront rester en marge plutôt que de s’engager dans une aventure sur laquelle ils n’ont aucune prise.

Quant aux indépendantistes, ils devront comprendre non seulement que l’indépendance ne se fera pas à Ottawa, mais que le mieux que le Bloc pourra y faire sera de se substituer au gouvernement Couillard pour défendre l’État du Québec et l’intérêt supérieur du Québec et des Québécois contre les visées réductrices d’Ottawa, de l’establishment anglo-canadien, et de nos élites francophones encore davantage attachées au Canada qu’au Québec.

Dans le cas de ces dernières, il faut comprendre que l’État du Québec est apparu dans les années soixante d’abord à leur insu, et ensuite à leur corps défendant, et qu’elles n’ont jamais digéré de se faire placer dans la position d’avoir à choisir entre le Québec et le Canada, d’où la haine viscérale qu’elles ont pour les indépendantistes qui les poussent à faire un choix qu’elles jugent non seulement contraire à leurs intérêts, mais qui les expose à passer pour traîtres aux yeux des uns ou des autres selon leur choix et surtout d’en subir les répercussions dans leur vie quotidienne et leurs affaires.

Le référendum, c’est eux qui n’en veulent pas, et le contrôle qu’ils exercent sur les médias leur donne les moyens d’imposer leur vision à l’ensemble de la société québécoise. Comme nous l’avons vu lors de la dernière campagne électorale au Québec, ils ne ratent aucune occasion pour marteler ce thème ad nauseam. Pour sa plus grande perte, le mouvement indépendantiste n’a jamais développé de stratégie ciblée pour contrer leur action, et à chaque fois, il se fait prendre « les culottes à terre ».

Les convictions farouchement indépendantistes de Mario Beaulieu serviront donc essentiellement d’assurance que, sous sa direction, le Bloc ne tombera pas dans le piège de la continuité du système fédéral et le jeu de la « loyale opposition » de Sa Majesté, ni dans celui du « plusse meilleur pays du monde » comme on découvrait ces jours derniers dans sa chronique du Journal de Montréal que c’était le cas pour Gilles Duceppe !

Il serait grand temps que les Québécois comprennent que le Canada est autre chose qu’une partie du continent nord-américain qui s’étend, pour le moment, de l’Atlantique au Pacifique. Au-delà de ce que nous présentent les cartes géographiques, il y a des réalités historiques, politiques, sociales, économiques et culturelles extrêmement rudes, voire même brutales, qui sont loin de lui faire honneur.

Ce sont justement ces réalités-là qui alimentent les tensions entre les provinces et entre le Québec et le reste du Canada.

Tensions interprovinciales et fédérales-provinciales

Terre-Neuve

Ainsi, la très grande majorité des Québécois ignorent qu’en 2007, l’ancien premier ministre de Terre-Neuve, Danny William, a fait descendre les drapeaux du Canada dans sa province pour bien marquer son rapport de force avec Ottawa dans une chicane où les intérêts de sa province étaient en cause. Dans une entrevue au Globe and Mail il se définissait comme un patriote et un nationaliste en précisant qu’il aurait voté pour l’indépendance au référendum de 1948 :

« Williams hadn’t been born when Newfoundland joined Canada in 1949. But during an interview in his office overlooking St. John’s, the Premier announces out of the blue that he would not have been a Confederate if he had been old enough to vote in the 1948 referendums. His ballot would have been for an independent Newfoundland, a country not tied to a government in distant Ottawa.

So his identification of Newfoundland with Quebec is not frivolous. Quebec is another country tied to Ottawa, sometimes grudgingly, and if Quebec seems to be set in a constant struggle to keep its distance, it’s also the nature of the game in a federal state : "I’ve watched Quebec at the table and they use their distinct society and their uniqueness to get their way. More power to them. But don’t begrudge it to other sectors of this nation."

Williams even borrows the famous Quiet Revolution slogan of "Masters in our own house,"

Alberta et Saskatchewan

C’est ce même thème de « Maîtres chez nous » qui animait deux premiers ministres provinciaux, Ed Stelmach et Brad Wall, respectivement de l’Alberta et de la Saskatchewan, lorsqu’ils n’hésitèrent pas à déclarer conjointement en 2008, en pleine campagne électorale fédérale, que l’unité du pays pourrait être en jeu si les partis politiques fédéraux tentaient de réaliser des gains électoraux sur le dos des provinces :

« Alberta Premier Ed Stelmach even warned that national unity could become an issue if any federal political parties try to make electoral gains at the “expense” of certain regions. (…) Both Mr. Stelmach and Saskatchewan Premier Brad Wall are worried that the Liberals’ proposed environmental policies, including a carbon tax, would kill off foreign investment in the energy sector and raise production costs. »

Ils dénonçaient alors le « Plan Vert », la pièce maîtresse du programme des Libéraux alors sous la direction de Stéphane Dion. Devant cette réaction très radicale, Stéphane Dion avait piteusement battu en retraite. Il expliquera plus tard qu’il avait eu un débat avec ses stratèges à ce sujet, mais qu’il avait préféré ne pas répliquer pour ne pas nuire à la « cohésion nationale » ! (Voir à ce sujet l’excellent article de Jean-Claude Pomerleau paru sur Vigile en 2013).

En d’autres termes, pour les Libéraux fédéraux, quand c’est l’Ouest qui menace de se séparer, on file doux, et quand c’est le Québec, on joue les matamores. Bien entendu, ni La Presse ni Radio-Canada n’ont commenté cet étrange « deux poids, deux mesures ».

Colombie-Britannique

En octobre 2012, c’était au tour de la première ministre Christie Clarke de la Colombie-Britannique de tenir des propos « radicaux », et elle n’y allait pas par quatre chemins, annonçant une crise politique nationale à deux reprises dans une même entrevue et menaçant carrément dans une autre de couper l’électricité aux entreprises impliquées dans la construction du pipeline Northern Gateway si le projet était lancé sans que ses cinq conditions ne soient respectées :

« Any move by Ottawa to green-light the Northern Gateway pipeline over British Columbia’s objections would ignite a national political crisis, says Premier Christy Clark.

Putting its foot down on a provincial matter would fan the flames on both sides of the debate and run afoul of political reality : the pipeline will only get built if it has the “social licence” to proceed, Ms. Clark said. […]

The federal government has indicated a need for Canada to diversify its energy customer base and that Asia represents a lucrative opportunity to do just that. Ms. Clark said even if the federal government believes the pipeline to be in the national interest, she can’t see Ottawa using its powers to push it through.

“I don’t see any appetite for it,” the Premier said. “Heaven forbid, it would be a national political crisis. Whether or not people supported the pipeline, they would band together to fight the federal government if they decided to intrude into British Columbia without our consent.”

The Premier’s stand on the project has increasingly put her at odds with Ottawa and Ms. Redford. The B.C. government has laid out five conditions that must be met in order for the pipeline to go ahead. Those demands include provisions around the environment, first nations involvement and money. »

« British Columbia Premier Christy Clark has issued a veiled threat to withhold electricity needed to operate controversial oil sands pipelines if the projects do not meet her demands.

Ms. Clark, when asked Tuesday what steps her province could take to block projects like Enbridge Inc.’s Northern Gateway, went beyond pointing to the 60 regulatory permits B.C. could deny.

“British Columbia’s power would be required to power up the pipeline, from B.C. Hydro – a Crown corporation,” she said while speaking to students from University of Calgary’s School of Public Policy. “There are a whole number of different things the British Columbia government could do.” »

Or, comme je le soulignais dans ma dernière chronique, nous sommes en juillet 2014, et Ottawa vient justement de donner son feu vert à la construction du pipeline Northern Gateway. Il se trouve en plus que Christie Clarke est toujours première ministre de Colombie-Britannique, étant parvenue à se faire réélire, malgré, ou peut-être grâce à, sa rhétorique anti-fédérale virulente.

Nous sommes donc en pleine crise politique nationale, mais personne n’en parle, sauf Vigile. Et au Québec, on fait passer des Daniel Breton, Pierre-Karl Péladeau et Mario Beaulieu pour « fanatiques » ou « hargneux » tout simplement parce qu’ils se dressent, comme quatre premiers ministres canadiens, à la défense des intérêts du Québec ! Il n’y a jamais rien de radical à défendre ses intérêts. Ce qui est radical, en revanche, c’est de ne pas le faire !

Cherchez l’erreur !

Il serait temps pour les Québécois de comprendre la nature exacte des enjeux. Toute revendication d’indépendance par le Québec fait peser sur le Canada une menace existentielle. Le Québec peut très bien survivre sans le Canada, sur quelque plan que ce soit, politique, économique, social, culturel ou identitaire. Or il n’en va pas de même pour le Canada sans le Québec. Sans le Québec, le Canada se retrouve séparé en deux, de la même façon que le Pakistan au moment du démantèlement de l’Empire britannique à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

À l’époque, le Pakistan s’est retrouvé coupé par l’Inde en son milieu. Il y avait donc un Pakistan occidental et un Pakistan oriental. Le premier a survécu sous son nom d’origine, et le second a fait sécession en 1971 pour devenir le Bangladesh (voir la carte géographique sous Pakistan dans Wikipédia)

Coupé en deux dans son milieu, et amputé d’’une grande partie de la substance qui le distingue des États-Unis, le Canada subirait éventuellement le même sort que le Pakistan, et les élites canadiennes en sont tellement conscientes qu’elles sont prêtes à employer tous les moyens pour éviter que cela ne se produise. Souvenez-vous de ces mots de l’ancien maire de Québec et chef de cabinet de Jean Chrétien pour justifier les écarts de conduites du gouvernement fédéral au référendum de 1995 : « Dans la guerre, on ne se demande pas si les munitions sont payées, on les tire. »

Or le Canada n’a pas désarmé depuis 1995 et il est toujours sur un pied de guerre. Le plus grand signe de sa faiblesse, c’est que la même menace existentielle pèse toujours sur lui, même s’il cherche à la minimiser, et même à la nier. Pour leur part, les Québécois, effrayés par leur audace de 1995, et intimidés par les moyens et les méthodes de l’ennemi, se terrent, en refusant de regarder en face les conséquences de leur défection : la mort lente, l’attrition, l’assimilation, la Louisianisation, la réalisation du plan de Durham, l’extinction.

Trahis par des élites serviles et frileuses, les Québécois n’ont jamais vu que le rapport de force les avantageait. Ils n’ont rien à perdre et tout à gagner, alors que le reste du Canada a tout à perdre et rien à gagner. C’est le secret le mieux gardé au pays. Acculé au pied du mur, c’est le Canada qui plierait. Devant une décision des Québécois de quitter la fédération, il multiplierait les offres pour les retenir.

S’il ne l’a pas déjà fait, c’est qu’il ne considérait pas la menace comme suffisamment réelle. Pourquoi lâcher du lest avant que cela ne soit absolument nécessaire ? La « realpolitik », c’est ça. Le danger qu’il courre, c’est que les Québécois ne soient plus intéressés aux compromis lorsqu’il sera prêt à en faire. Un poker digne de Guy Laliberté ! Il est temps pour les Québécois de riposter au bluff du Canada, et Ottawa constitue la meilleure tribune pour le faire.

S’il existe pour les indépendantistes une autre façon de gouverner le Québec, il doit exister pour eux une autre façon de s’opposer lorsqu’ils se font élire à Ottawa pour y défendre les intérêts du Québec et des Québécois . Une façon avec laquelle les Québécois pourront facilement s’identifier et qu’ils jugeront très pertinente dans la conjoncture du moment. Le Bloc Québécois n’a aucune raison d’être, autrement.

Parce qu’il ne participe pas à la logique de l’alternance du pouvoir canadien, il est condamné à se démarquer nettement et continuellement par sa pertinence pour les Québécois ou à disparaître, tant que le Québec n’est pas indépendant.

C’est le défi de Mario Beaulieu, le nouveau chef du Bloc Québécois.

Commentaires

  • gv, 14 juillet 2014 20h53

    Il est question dans cet article d’une autre façon de représenter les Québécois à Ottawa. S’il convient de le faire en contestant les politiques économiques, les « vraies affaires » selon le credo libéral, il n’est pas moins convenable de contester l’omniprésence de la monarchie dans une communauté nationale qui, dès les années 1830 luttait pour la république. Toute une épopée ! L’un et l’autre se fait ou se font, comme de mâcher de la gomme en marchant.

  • Guy Pruneau, 8 juillet 2014 01h06

    Cela me désespère de constater que, alors que M. Le Hir et d’autres comme M. Nantel (de même que M. Stéphane Gobeil via son livre analysant les comptes publics fédéraux) tentent d’attirer l’attention sur les enjeux géopolitiques et économiques de l’indépendance, certains préfèrent encore s’enfarger dans les fleurs du tapis avec le serment à la Reine. Pour ma part, je ne me réveille pas la nuit en m’inquiétant de la chose, pas plus que je ne me préoccupe que nous soyons reconnus comme société distincte. (On appelle les Amérindiens "Premières Nations", avec des majuscules, ça leur fait une belle jambe dans la vie de tous les jours.)

    J’ai un message pour ceux préoccupés par ce genre de symboles : peut-être que le refus de prêter serment à la Reine générerait beaucoup de visibilité, mais il ne ferait aucun converti. À moins qu’il ne convertisse plutôt au fédéralisme les gens ouverts à l’indépendance mais qui n’ont pas de temps à perdre avec ce genre de détail (pour ne pas employer un mot plus péjoratif). Alors pour ce qui est de causer un tremblement de terre, je présume plutôt que l’effet du refus de prêter serment à la Reine aurait le même effet net que la saga de la présence du drapeau canadien à l’Assemblée nationale. Avez-vous vu l’appui à l’indépendance augmenter lorsque les députés péquistes ont refusé la présence du drapeau canadien ? Et concernant O’Gara, c’est la première fois que j’en entends parler, et je serais prêt à parier qu’il en va de même pour 99% de la population. Voilà pour le tremblement de terre, le tsunami, la tempête et la pub gratuite.

    Puisqu’on parle de symboles, nos anglos savent très bien, eux, quelle importance y attacher. Une preuve parmi tant d’autres : tandis que le poste essentiellement symbolique de gouverneur général est attribué en alternance à un francophone et à un anglophone, le gouverneur de la Banque du Canada (un poste de "vraies affaires", pour parler comme les libéraux), lui, est anglophone depuis que cette institution existe.

    L’élection de Mario Beaulieu me rassure en ce sens : M. Beaulieu, en plus d’avoir beaucoup de liens avec les jeunes et les communautés culturelles, veut ramener le débat sur l’essentiel, et il a mentionné vouloir beaucoup parler d’économie dans son argumentation. J’espère que le PQ et son prochain leader sauront, eux aussi, ramener le focus sur les "vraies affaires". En attendant, je remercie M. Le Hir d’attirer l’attention sur ces enjeux importants et trop souvent occultés plutôt que de perdre son temps sur des questions d’importance stratégique nulle et qui permettent surtout aux fédéralistes de ramener l’image de l’indépendantiste pelleteux de nuages.

  • GV, 7 juillet 2014 15h14

    PS écrit : « juste de se tenir debout ! » Effectivement ! Ce ne doit pas être d’abord motivé par le coup de pub ou la provocation. Juste se tenir debout : redonner la place d’honneur à la droiture et aux principes forts en politique. Seul moyen de sortir de notre enlisement dans la politicaillerie ambiante. Ce dont le Québec a besoin ce sont des hommes et des femmes qui façonnent l’histoire par leur refus de jouer le rôle qu’on leur a assigné dans un scénario qui leur est étranger. Ici et maintenant. A-t-on besoin d’un référendum pour agir soi-même en homme libre ?

  • Pierre Schneider, 7 juillet 2014 07h55

    Malheureusement, ce que beaucoup d’indépendantistes ne veulent pas comprendre, c’est que le geste d’un seul député qui refuse de prêter serment de d’allégeance et de "vraie fidélité" à la reine d’Angleterre et chef de religion, provoquerait plus qu’une tempête, mais un tsunami politique et apporterait à notre cause des millions et des millions de pub gratuites.

    Ceux qui persistent à penser et à agir "by the book" semblent s’accommoder du statut intellectuel de satisfaits qui n’osent jamais bousculer ce qu’on nous impose.

    Ils ignorent , consciemment ou non, la puissance titanesque des symboles dans l’inconscient collectif.

    Leur soumission tranquille nous conduit tout droit à l’auto-destruction.

    Réveillez-vous ! On ne parle par de prendre les armes, mais juste de se tenir debout !

  • Gaston Carmichael, 6 juillet 2014 09h31

    @Mme Fortin

    Vous aimez bien répéter que l’indépendance ne se fera pas à Ottawa. Maintenant, vous précisez qu’elle se fera plutôt à Buckingham et Paris. Peut-être que Moscou pourrait aussi être intéressé à nous appuyer. Pourquoi pas !

    Votre héro, O’Gara, a effectivement fait noircir beaucoup de papier. Il en a possiblement retiré une satisfaction personnelle. Mais, est-ce que la Reine en a fait de l’insomnie ou des cauchemars ? Est-ce que le vrai pouvoir à Londres a en été le moindrement ébranlé ? Est-ce que le statut constitutionnel de l’Irlande a bougé ne serait-ce que d’un iota ?

    Nous avons trois organisations bien structuré, bien organisé et bien financé, qui travaillent (parfois bien maladroitement) à l’indépendance. Vous, vous tentez de convaincre les Vigiliens qu’il est temps de faire table rase de tout cela. Mais, qu’est-ce que vous proposez de concret qui peut prendre le relais, et nous mener à la terre promise ?

    Vous faites une obsession avec le serment d’allégeance. Supposons que l’on retiennent tous notre souffle jusqu’à ce qu’Ottawa abolisse cette clause de la constitution. Supposons qu’Ottawa accepte gracieusement de nous accommoder. Serons-nous alors plus près de l’indépendance ? Le vrai pouvoir est ailleurs (dans le parlement à Ottawa), et comme vous le dites vous même, la royauté n’est qu’un symbole parfaitement inoffensif. Vous avez enfourché le cheval de Don Quichotte et remplacé ses moulins à vent par le serment d’allégeance.

    Quand on vous parle de financement, vous jouez à la vierge offensée. Pourquoi se préoccuper de choses si futiles, n’est-ce pas ?

    Était-ce Jean Charest ou Jean Chrétien qui disait que les séparatistes sont des pelleteux de nuages ? Parfois, j’ai bien envie de leur donner raison.

    Je suis bien conscient que rien de ce que je peux écrire vous fera changer d’idée. Je vous laisse donc le dernier mot. Parce que pour moi, cette discussion est terminée.

  • GV, 5 juillet 2014 12h16

    « Cela nous ramène au tout premier choix que nous avons eu à faire dans notre démarche : Est-ce qu’on procède de façon violente (révolution armée), ou pacifique (on accepte de jouer selon les règles du jeu). »

    On s’entend tous que de poser la question de la révolution armée est la voie suicidaire, pour ne pas dire d’une absolue stupidité. C’est pourtant ce faux choix (repris ici par GC) qui continue d’émaner du BQ, choix devant lequel me plaçait encore Richard Nadeau (ex-député du Bloc), rencontré récemment dans l’Outaouais pour s’opposer à Mario Beaulieu. Le Bloc s’emploie à décourager toute forme de résistance en brandissant ce faux dilemne cornélien : Suivre les règles ou faire la lutte armée. Rien entre les deux. Avoir élu tant de députés du Bloc pendant tant d’années pour en arriver à ce degré zéro de la pensée et de la lutte politique est tout de même assez incroyable. Le BQ a fait la fortune d’une nouvelle classe de notables dont le rôle est d’endiguer toute forme de résistance.

  • Sallinger, 5 juillet 2014 10h26

    M. Le Hir,

    Une autre façon de représenter les Québécois à Ottawa serait que le Bloc présente des candidats partout au Canada. Ça ne coûte pas plus chère et ça nous permet de prétendre au pouvoir. L’élection fédérale nous offre un terrain de jeu que le Bloc n’occupe pas au complet. C’est de l’impuissance volontaire.

    Des milliers de québécois habitent hors-Québec et plusieurs Canadians souhaitent le pays du Québec pour des diverses raisons.

    Pourquoi ne pas envoyer le message que le Bloc veut la création d’un pays québécois et que son élection à Ottawa permettra une transition harmonieuse et respectueuse ? La fin des débats stériles et le début d’une relation égalitaire entre deux nations.

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre, 5 juillet 2014 09h33

    Ici, sur Vigile, nous sommes majoritairement des seniors... (J’ai récemment provoqué la parole des jeunes en leur suggérant l’annexion aux É.U., mais ils ont brillé par leur absence)

    Nous, nous avons milité pour des partis de protestation (bargaining power). Mais ces partis nous ont leurrés en refusant la résistance. Ils prenaient le lunch avec les représentants du pays qui hait notre langue et notre culture et qui le manifeste. Les Écossais sont-ils aussi mous ? Ces partis nous ont menés au cul-de-sac.

    L’avenir appartient aux plus jeunes (Mario Beaulieu, D. Fortin, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Léo, Mathieu...). Nous devons leur laisser la parole. Qu’ils expriment quel pays ils veulent, comment ils pensent influencer leurs congénères. À quel rythme ils espèrent avancer. Sachons les reconnaître, éviter de mépriser leurs démarches, qui ne peuvent "échouer mieux" que les nôtres.

    "... ne redonnera pas la crédibilité perdue à ces partis si ils veulent parler d’indépendance, à moins qu’ils incarnent par des gestes conséquents le rejet de l’ordre colonial." (G.V.)

  • Danièle Fortin, 5 juillet 2014 01h00

    _

    M. Gaston Carmichael, vous écrivez vers la fin de votre commentaire :
    Cela nous ramène au tout premier choix que nous avons eu à faire dans notre démarche : Est-ce qu’on procède de façon violente (révolution armée), ou pacifique (on accepte de jouer selon les règles du jeu).

    _
    D’abord, je ne vois pas ce qu’il y aurait de violent à refuser de porter le serment de soumission à la couronne étrangère. Comment pouvez-vous faire cet amalgame ?! Quiconque faisant preuve d’un peu d’imagination et de vision sait que le jour même, ce type d’événement, jusque-là inédit chez-nous et même dans le Commonwealth depuis sa création, enclencherait un tremblement de terre au Québec, bien évidemment, au Canada jusqu’à Buckingham, en passant par Paris. Sans compter les Unes des journaux dans le monde.
    Pour vous donner une idée de l’ampleur de ce geste sans précédent, rappelons-nous du joueur de rugby irlandais, Ronan O’Gara, star de son équipe qui, en août 2012, refusa ostensiblement de répondre à la main tendue de sa gracieuse majesté Elizabeth II, en conservant ses mains dans ses poches. La photo de cet épisode avait fait le tour de la planète et nous en parlons encore !
    Toutes les luttes de libération ont commencé par des geste de transgression. Certaines violentes, par les armes, et d’autres par des gestes symboliques, pensons à la « Marche du sel » de Gandhi.
    Pour ce qui est du financement de l’opération, j’ignore quels en seront les coûts mais voyez-vous, poser une telle question est très "péquiste".
    Comme l’absence de ruse justement est aussi foncièrement "péquiste".
    Le péquiste est toujours sur la défensive, guette chaque mouvement, chaque parole d’un représentant de l’autorité adverse. Le péquiste, par ses chefs depuis René Lévesque jusqu’à Marois en passant par Gilles Duceppe, n’a développé aucune idéologie, sa vision du pays à venir n’est soutenue par aucun concept.
    On parle d’élections, de congrès, de course à la chefferie, de commémoration, de marches pour l’indépendance, la dernière pour la république, mais celle-ci demeure désespérément étouffée par les chefs du Pq, du Bloc et d’On. Ces leaders et leurs militants les plus volontaires sont à l’affut du moindre faux-pas des Harper, Couillard, Trudeau, Mulcair, Coderre et cie. Comme si les prendre en défaut nous rapprocherait de notre objectif ultime.
    Alors que ces sempiternelles polémiques ne font partie que des règles du jeu dressés par le camp ennemi.
    L’électoralisme fait marcher LEUR système, LEUR régime et le consentement à ce faire « bon joueur » se traduit justement par le serment d’allégeance à la couronne d’occupation, le premier geste officiel d’un candidat élu... par les citoyens de son comté.
    Ne serait-ce pas plutôt vous, M. Carmichael, l’idéaliste ?

    Bien sûr, Monsieur Verrier, attendons la suite avec Mario Beaulieu. L’ennui c’est que nous nous comportons avec les chefs de parti et les députés comme s’ils étaient eux-mêmes des monarques. Il ne faut surtout pas les bousculer et encore moins les confronter sur leurs propres contradictions.

    _

  • GV, 4 juillet 2014 21h24

    L’auteur relève correctement plusieurs différends au sein de la classe dirigeante canadienne, lesquels s’expriment effectivement par la défense souvent colorée des intérêts provinciaux ou régionaux à l’encontre du centralisme d’Ottawa. Ces divisions qui traversent l’histoire du Canada n’ont jamais conduit à la rupture. Encore aujourd’hui, ces divisions s’expriment le plus souvent par des coups de gueules politiciens sans suite qui ne mènent pas à la création de mouvements sécessionnistes sérieux. Contrairement à l’auteur, je ne parierais pas sur la rupture du Canada à partir des forces centrifuges qui l’agitent car ces forces restent contenues et risquent peu de prendre une tournure séparatiste.
    J’inclus le Québec dans ce portrait car le souverainisme québécois est devenu un phénomène « canadianisé », bien domestiqué et intégré au pouvoir fédéral. Si le succès du BQ a fait le bonheur de nombreux députés il n’a pas fait le bonheur de la cause souverainiste-indépendantiste. Et ça continue avec le refus massif des délégués au dernier congrès de remettre en cause le serment d’allégeance à la Reine et chef de l’Église anglicane. Une « petite » concession au statu quo colonial qui en dit long, plus long que bien des discours. Le renouvellement du Bloc de Mario Beaulieu (ou du PQ avec un nouveau chef !) ne redonnera pas la crédibilité perdue à ces partis si ils veulent parler d’indépendance, à moins qu’ils incarnent par des gestes conséquents le rejet de l’ordre colonial. Avouons que ce n’est pas trop dans l’air du temps... Mais attendons la suite avec Mario Beaulieu.

  • Gaston Carmichael, 4 juillet 2014 17h32

    @M. Schneider :

    « La question du serment à une reine étrangère est importante et il est impérieux qu’on fasse un vrai débat populaire à ce sujet. »

    Cela serait en fait un débat sur la constitution. Parce que l’on parle d’abolir une clause de la constitution qui ne fait pas notre affaire.

    Il y a une autre clause de la constitution qui dicte que l’on doit nous soumettre aux jugements d’une Cour Suprême dont les membres sont nommés par le grand chef fédéraliste, à Ottawa. Dans ce cas, vous semblez être disposé à vous y soumettre :

    « En tout cas, cette insoumission provoquerait la remise en question de tout le régime qui nous régit et ferait la promotion de notre pays pendant des années...jusqu’à la Cour suprême. Toute une aubaine pour la pédagogie de la République ! »

    Excellente idée. Toutefois, j’espère que vous ne vous faites pas d’idées sur la décision de la Cour Suprême.

    Mais, comment allez-vous financé les frais légaux encourus pour la cour de première instance, la cour d’appel, puis de la cour suprême, pendant toutes ces années ?

    Parce que tout le temps que durera la contestation judiciaire, vos députés ne pourront siéger, poser des questions en chambre, ni de recevoir de rémunération. Par contre, en tant que sans-abris, vous auriez le droit de manifester devant le parlement à Ottawa, sous haute surveillance de la GRC, évidemment.

    Ce maudit serment m’enrage tout autant que vous, Ouhgo et Mme Fortin. Il faut toutefois garder le focus sur l’objectif principal : Réaliser l’indépendance. Cela nous ramène au tout premier choix que nous avons eu à faire dans notre démarche : Est-ce qu’on procède de façon violente (révolution armée), ou pacifique (on accepte de jouer selon les règles du jeu).

    À partie du moment où l’on choisi la voie pacifique, il est évident que des compromis difficiles s’imposeront. La meilleure arme à notre disposition est la ruse. C’est de cette ruse qu’est né le parti québécois. En présentant un parti n’opérant que dans une seule province, on a exploité une faille de la constitution canadienne (qui aurait dû exiger un minimum de représentation).

    Il suffit de lire les blogues anglophones pour voir comment la présence de députés séparatistes à Ottawa peut les faire enrager. En contre parti, ils nous font suer royalement avec leur Reine.

    En bout de ligne, on fait ce qu’on peut, avec les moyens à notre disposition. Peut-être que je suis trop pragmatiste, ou pas assez idéaliste.

  • Laurent Desbois, 4 juillet 2014 12h37

    Pour ceux qui songent à voter NDP aux prochaines élections. On pourrait appeler ceci, l’effet Thomas Mulcair
    Richard Nadeau : Un militant du NPD fédéral se fait refuser sa nomination pour devenir candidat en C.-B. La raison en serait qu’il dénonce l’occupation israélienne de la Palestine.
    Serait-ce que le NPD de Mulcair et le Parti conservateur de Harper se ressemble plus que l’on de le pense ?

    Israel and Palestine is an issue my parents are focused on, it has not been a focus for me except for the week when my father was seized illegally in international waters and held incommunicado in an Israel prison.

    Not your NDP Candidate
    http://us8.campaign-archive2.com/?u=29e03b47f577476c86f682cfc&id=aaa06bff97&e=bbac5042fc

  • Pierre Schneider, 4 juillet 2014 11h36

    La question du serment à une reine étrangère est importante et il est impérieux qu’on fasse un vrai débat populaire à ce sujet.

    On verrait alors que les Québécois respecteraient davantage leurs élus indépendantistes si ces derniers, se proclamant de la République, refusaient de plier l’échine devant une constitution que nous ne reconnaissons pas.

    Et puis, même en vertu de cette étrangère constitution, qui pourrait les empêcher de siéger s’ils invoquaient devant les tribunaux leur droit, selon la Charte des droits et libertés, à leur liberté de conscience ?

    En effet, je crois qu’un député d’allégeance républicaine peut dans ce contexte refuser de prêter serment à la chef de l’Église d’Angleterre et avoir droit de siéger.

    En tout cas, cette insoumission provoquerait la remise en question de tout le régime qui nous régit et ferait la promotion de notre pays pendant des années...jusqu’à la Cour suprême.

    Toute une aubaine pour la pédagogie de la République !

  • Gaston Carmichael, 4 juillet 2014 11h32

    @Ouhgo & Mme Fortin,

    J’étais au congrès du BQ à Rimouski en mai dernier. La « proposition suivante a été amené sur le plancher :

    « Le Bloc Québécois et ses représentants ne prêtent allégeance
    qu’à la nation québécoise et rejettent toute forme soumission à la
    monarchie qu’ils considèrent comme étant une forme d’oppression
    de la nation.
     »

    Elle fut clairement rejeté par les congressistes.

    Certains pensent que le refus du serment est la clé vers l’indépendance. D’autres croient plutôt que cette bataille ne conduirait que dans un cul de sac. À chacun de choisir ses batailles.

    Il y a des centaines de propositions présentées à un congrès. J’en perd, et j’en gagne. Mais, en bout de ligne, je me rallie à la majorité parce que je considère qu’un BQ/PQ imparfait est encore mieux que pas de BQ/PQ du tout.

    Il y a des questions de principe, qui à ses yeux, sont une question de vie ou de mort. Manifestement, pour vous, le serment d’allégeance est d’une telle importance. Je peux donc comprendre, que malgré vos convictions indépendantistes, vous décidiez de quitter ou de ne pas militer pour le BQ ou le BQ sur cette question.

    Ce qui me désole c’est que vous alliez plus loin. Vous dites essentiellement que sans le refus du serment, ces partis ne méritent pas d’exister et devraient disparaître. Même que vous ne ratez aucune occasion pour exprimer ainsi votre dissidence.

    Votre attitude réjouit sûrement tous ceux qui pensent comme vous, mais pas seulement eux. J’en connais plusieurs à Ottawa qui s’en frottent les main, la bave aux lèvres...

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre, 4 juillet 2014 10h17

    @ G.C.,

    "Ce débat sur le serment a été fait et refait mille fois depuis 50 ans."

    ...or, Mme Fortin démontre ici que ce débat n’a jamais été mené à terme : "Qu’arrive-t-il si les députés ne jurent pas à la reine ?..."

    Eh bien on apprend ici ce qu’est la vraie résistance.

    "Dans une lutte de libération nationale, les règles, surtout symboliques, sont faites pour être transgressées ! Les candidats indépendantistes, ÉLUS PAR LE PEUPLE, doivent boycotter ce serment proclamant leur servitude et, dès lors, s’enclencherait ENFIN un débat national sur la légitimité d’une puissance ..."

    Merci D.F.

  • Jacques H. Grenier, 3 juillet 2014 22h36

    C’était après le referendum 1995.
    "Durant la guerre, on ne demande pas qui paie les munitions"

  • Danièle Fortin, 2 juillet 2014 23h18

    _

    M. Gaston Carmichael,

    Vous écrivez : [A]ccepter le serment pour mieux infiltrer l’armée ennemi.

    Ou bien collaborer comme le Bloc québécois l’a fait alors qu’est venu le temps d’appuyer une motion consistant à modifier la Loi constitutionnelle de 1867 afin de changer le nom de « Terre-Neuve » en « Terre-Neuve-et-Labrador » un certain mois d’octobre 2001.
    Même le Gouvernement Landry, à l’époque, ne croyait pas nécessaire de s’objecter à cette modification prétendument "symbolique".
    http://www.saic.gouv.qc.ca/centre_de_presse/communiques/2001/saic_com20011031.htm
    _
    Bien oui, les candidats élus sont obligés de se soumettre à l’odieux serment, à Québec comme à Ottawa. Il ne vous est jamais venu à l’esprit qu’il s’agissait d’une règle dictée par l’adversaire et sans trop se poser de question, ceux qui prétendent défendre les intérêts du Québec, s’y prêtent comme si cela allait de soi !
    Que penseront nos descendants de ces centaines de péquistes, bloquistes et autres solidaristes qui se sont écrasés devant les règles, les symboles et les institutions de cette couronne étrangère et coloniale ?!
    Dans une lutte de libération nationale, les règles, surtout symboliques, sont faites pour être transgressées ! Les candidats indépendantistes, ÉLUS PAR LE PEUPLE, doivent boycotter ce serment proclamant leur servitude et, dès lors, s’enclencherait ENFIN un débat national sur la légitimité d’une puissance étrangère, d’un autre continent ( même si insulaire ), d’une autre langue, gouverneur d’une autre religion, comme autorité suprême régnant sur le territoire du Québec et sur ses sujets québécois ! Ces héros devraient alors siéger au bureau de leur comté et faire comme les Irlandais au début du siècle dernier avec le Dáil Éireann, se réunir dans un immeuble tout aussi symbolique. Leur élection serait annulée ?! Qu’ils se représentent à nouveau ! Ils seront réélus.
    À ce moment-là, le MONDE, les peuples des autres nations prendraient connaissance et conscience qu’au Québec il n’y a pas de démocratie, que même si les Québécois élisent un candidat, si celui-ci refuse de se prêter à une mascarade coloniale, il sera déchu de sa fonction !

    Et si tant est que les élus péquistes tiennent à défendre les intérêts supérieurs des Québécois, lorsque est venu le temps d’ajouter un nouveau serment d’allégeance en 1999, celui-là au peuple du Québec et à sa constitution ( sic ) pourquoi n’en ont-ils pas profité pour INVERSER les deux serments : celui au peuple en premier et à la couronne étrangère en second ? Je pose la question à tous les députés péquistes avocats, juristes et constitutionnalistes ! Ils savent fort bien, ces péquisto-bloquistes, que le premier serment prévaut toujours sur le second. D’autant que ce premier serment s’oppose au premier : la reine c. le peuple.
    Non, M. Carmichael, tant que le mensonge et l’imposture péquisto-bloquistes perdureront, je ne passerai jamais à "autre chose".

    Cordialement,
    _

  • Lise Pelletier, 2 juillet 2014 22h58

    Monsieur Le Hir,

    Aujourd’hui où l’on apprend le décès de M. Garon, un homme que j’ai peu connu et pourtant respecté car il était direct et franc. Le politique au fil des années où l’éducation de la population en général s’est approfondie nous a donné en gouvernance des gens qui nous mentent ou qui nous abreuve de leurs discours sans fin pour finalement rien dire.

    Dernièrement suite à sa comparution devant la CEIC Nathalie Normandeau dans sa tournée médiatique, dont celle à 24/60 où elle a tenue tête à Anne-M Dussault, laissez-moi vous dire que je lui ai levé mon chapeau. Combien de fois j’ai souhaité que les députés ou ministres du Parti Québécois en fassent autant ou du moins après lui avoir signalé son impolitesse (et je suis polie ici) se lèvent et partent. Bien sûr que ça aurait fait le tour des médias parlés et écrits, ce geste, ET ALORS, peut-être que pour une fois les Québécois se lèveraient avec eux pour se révolter de toute la magouille de ceux qui s’occupent "des vraies affaires".

    Cette apathie, j’en ai plus qu’assez, qui a riposté depuis que le PLQ et leurs scribouilleurs ont répandus que le PQ était tout aussi magouilleurs qu’eux, qu’attendent-ils pour sortir la liste de tous ceux qui ont passé devant la CEIC, soit 95% des libéraux. Et ça se répète dans plusieurs dossiers, personne se lève. Pierre-Carl est le seul qui a parlé pour Radio-Canada.

    La raison principale pour laquelle on a perdu les élections vient en grande partie de ce manque d’audace et de répartie.

  • Gaston Carmichael, 2 juillet 2014 17h51

    « ...comme on découvrait ces jours derniers dans sa chronique du Journal de Montréal que c’était le cas pour Gilles Duceppe ! »

    C’est un peu injuste ce commentaire, M. Le Hir.

    M. Duceppe a essayé de faire dans l’ironie.

    C’était peut-être un peu malhabile parce trop de personnes se limitent à ne lire que le grand titre. Toutefois, à la toute fin de son texte, on apprend que depuis 35 ans, il fête l’anniversaire de son fils, né un 1er Juillet. Je le cite :

    «  Je n’ai donc aucune raison politique de fêter le 1er juillet et pourtant depuis trente-cinq ans j’ai en ce jour le cœur à la fête. Je prépare fébrilement cette journée. J’invite la famille et les amis à fêter avec moi.

    Le 1er juillet, c’est l’anniversaire de mon fils que j’aime profondément.

    Bonne fête Alexis ! »

    Parlant d’Alexis, le National Post nous apprend que celui-ci milite pour ON plutôt qu’au PQ. Intéressant !

  • Gaston Carmichael, 2 juillet 2014 17h24

    @Mme Fortin,

    Extrait des règles du jeu au Parlement du Canada :

    «  Au Canada, il est absolument impossible de siéger au Parlement fédéral ou dans une assemblée provinciale et d’y voter, si on n’a pas d’abord prêté le serment d’allégeance. Pour changer cela, il faudrait modifier la Constitution canadienne...

    Le député qui ne prête pas serment ne s’expose à aucune sanction, hormis la privation du droit de siéger, de voter et de toucher de rémunération. La Chambre des communes pourrait vraisemblablement expulser quelqu’un qui refuserait systématiquement de prêter serment, ou même déclarer son siège vacant.  »

    Le choix est donc de refuser le serment et de se disqualifier soi-même du Parlement fédéral, ou d’accepter le serment pour mieux infiltrer l’armée ennemi.

    Est-ce que vous avez la même exigence envers les députés du PQ, parce qu’eux aussi se plient à cette obligation du serment ?

    Ce débat sur le serment a été fait et refait mille fois depuis 50 ans. La solution la moins pire a été choisie et ré-affirmée mille fois également.

    Alors, on peux-tu passer à autre chose ?

  • Mario Du Paul, 2 juillet 2014 12h26

    M. Le Hir j’aime vos écrits. Serait il possible de commencer a parler d’un parti fédéral qui sous une coalition d’indépendantistes de chaque provinces. Le but est que dès leurs premier mandat et le seul de leurs histoire ce parti devrait commencer des discutions pour abolir le Canada et le changer en plusieurs pays qui auraient négocier leurs séparations. Je crois que la bataille doit être transférer a Ottawa et de cette façon il n’est plus nécessaire d’avoir un référendum gagnant. Il y a ma connaissance 3 provinces qui auraient intérêts dans ce projets Québec Alberta et Colombie Britannique. Même si ce parti ne prend pas le pouvoir a sa première prestation il enverrait un message claire et sans équivoque, Un texte sur ce sujet jamais étudié serait bénéfique pour nous les Québécois. Le Bolc a le temps de modifier sa charte pour 2015 et quel coup d’éclat si seulement un député hors Québec était élu. Quand un moyen ne fonctionne pas on change la stratégie. L’ennemi de mon ennemi est mon allier

  • Danièle Fortin, 2 juillet 2014 08h19

    _

    M. Le Hir,

    Peu importe les stratégies que vous suggérez Mario Beaulieu, en 2014, si celui-ci porte l’infâme serment de soumission à la couronne étrangère, toute autre posture sera nulle et non avenue. Mario Beaulieu aura juré de défendre un chef d’état étranger et ses institutions. Dès lors que vaudra ses bons sentiments à l’égard du peuple québécois ?

    « [J]amais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c’est alors seulement qu’il paraît vouloir ce qui est mal. »

    Jean-Jacques Rousseau
    _

Écrire un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document
Ajouter un document

Éviter les réponses à un autre commentaire, les commentaires s'appliquent au texte seulement.

Pas d'attaques personnelles ni de propos injurieux ou discriminatoires.

Vigile se réserve le droit de refuser tout commentaire sans avoir à justifier sa décision éditoriale.

Veuillez lire attentivement les consignes détaillées avant de soumettre votre premier commentaire.

Consignes détaillées

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
10 905$  18%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 16/06 Richard Carrier: 50$
  • 16/06 Marc Labelle: 50 $
  • 16/06 Les Amis de Vigile : 350$
  • 16/06 Jacques Bergeron: 100$
  • 16/06 PeeWee Troodeau: 100$
  • 15/06 Réal Coutu : 50$
  • 15/06 Serge Labossiere: 100$
  • 12/06 Michel Pauzé: 25$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités