«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Québec Solidaire... des Libéraux !

IDÉES

Une alliance PQ-QS promet des lendemains douloureux

vendredi 19 mai

Cette société qui nous est imposée changera. Elle changera quand la population du Québec décidera qu’elle en a assez. Assez de la corruption, assez des faux-semblants identitaires pour gagner des votes, et rien, alors rien ne pourra l’arrêter. Ce qui lui manque c’est la confiance, la confiance qu’elle peut gagner, qu’elle doit gagner. C’est de cette inspiration qu’est née la mobilisation de 2012, et c’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui.

 

Ce dont la population du Québec a besoin, c’est d’un parti qui rassemble ceux et celles qui luttent isolément, les groupes qui perdent leurs espoirs parce qu’ils luttent en ordre dispersé, les communautés qui se sentent exclues. Elle n’a pas besoin qu’on leur offre de s’allier ou de voter pour un parti qui les a menés à la défaite et qui a trahi les aspirations de ceux et celles qui lui avaient fait confiance.

 

Sans l’aide de personne, le PQ a implosé par lui-même, à un an de l’élection de 2012 où il était pressenti comme gagnant, quatre députées et députés influents ont quitté le navire devant une décision qui leur apparaissait scandaleuse et purement électoraliste, celle de parrainer le projet de loi 204 concernant le financement du nouveau centre Vidéotron de Québec qui visait à protéger les contrats de toutes contestations judiciaires.

 

En 2012, après neuf ans de règne libéral et d’austérité, il a été incapable de représenter l’espoir porté par la population et par la plus grande mobilisation sociale que le Québec ait jamais connue. Il a devancé les libéraux par moins de 1 %. Au lieu de tirer profit de son élection pour mobiliser la population derrière des politiques rassembleuses comme l’opposition à Énergie Est, le changement de la loi archaïque sur les mines pour la réappropriation de nos ressources, qui auraient permis de renflouer les coffres de l’État et de mieux financer nos écoles et nos services de santé, ce gouvernement a continué d’appliquer une politique néolibérale. Il a appuyé Énergie Est, nous a harnachés à Pétrolia dans un contrat secret d’exploitation pétrolière de l’île Anticosti, a conservé leurs privilèges aux compagnies minières et coupé dans les services publics et l’aide sociale.

 

Pire, la seule véritable campagne de mobilisation qu’il a faite a porté sur le nationalisme identitaire avec la charte des valeurs. Il s’en est pris aux minorités, aux communautés issues de l’immigration afin de raffermir le « Nous » québécois. C’est la seule leçon qu’il a tirée pour gagner l’élection, raffermir le « Nous » en entretenant les préjugés. Il a appliqué une politique odieuse qui a fracturé le Québec, conforté ou même envoyé les communautés culturelles dans les bras des libéraux, et s’est ainsi disqualifié de toute possibilité de gagner un référendum. Au final, il a perdu l’élection qu’il avait lui-même déclenchée en contradiction avec sa propre Loi électorale et avec le taux d’appui le plus bas de son histoire.

 

Le discrédit du PQ

 

Malgré tout ça, certaines personnes pensent qu’il faut encore faire la preuve du discrédit du PQ. Les politiques d’alliances représenteraient ainsi une posture pour obliger le PQ à accepter nos revendications ou à rompre les discussions. D’autres pensent qu’il est possible de troquer des circonscriptions avec le PQ, en les convainquant que nous avons plus de chances qu’eux dans un nombre restreint de circonscriptions, de défaire les libéraux. En échange, on leur laisserait le champ libre dans un grand nombre de circonscriptions.

 

Mais la politique ne sait souffrir d’analyses microscopiques. C’est d’ailleurs l’a b c de la sociologie. À force de regarder la politique par le petit bout de la lorgnette, on finit par perdre de vue la vision globale. L’impact de telles alliances ne peut être considéré isolément pour chaque circonscription sans voir la conséquence globale que cela entraîne. Au final, on est en train de dire à l’électorat que le PQ représente une option valable. Et c’est ça qui est déterminant. Pour le reste, croire que le PQ va accepter de se retirer dans des circonscriptions où il est loin devant nous, c’est de la pensée magique. Même en ajoutant 100 % des votes solidaires dans les circonscriptions libérales prenables, le PQ n’arrive pas à un nombre suffisant de circonscriptions pour prendre le pouvoir. Il lui faut absolument celles de la CAQ.

 

La réforme du mode du scrutin est certainement le dernier argument servi par les défenseurs des alliances qui incluent dans ce cas la CAQ. Il va sans dire que le PQ et la CAQ ont comme priorité absolue de prendre le pouvoir et sont en compétition entre eux. La question identitaire risque de devenir le terrain qui fera monter les enchères, et à la table du nationalisme identitaire, la démocratie sera certainement la dernière invitée. Alors une alliance pour la réforme du scrutin est certainement la dernière de leurs préoccupations. Ils ont d’ailleurs déjà décliné l’offre.

 

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