«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Au fil du temps, la « marque » péquiste s’est diluée jusqu’à en devenir méconnaissable

Un parti dur de comprenure

En plaçant la Coalition avenir Québec en première position et le Parti québécois en troisième, le sondage Mainstreet réalisé pour la Montreal Gazette appelle à la prudence. Attendons les prochains sondages avant d’y voir plus clair.

L’important est de savoir que, même avant le Mainstreet, l’inquiétude était déjà palpable au PQ. D’où son insistance à « converger » avec Québec solidaire. Incapable jusqu’ici de s’ériger seul en solution crédible de rechange aux libéraux, la CAQ le saigne à sa droite et QS, à sa gauche.

À dix-huit mois des élections et à quelques mois de leur grand congrès, les péquistes ne peuvent plus faire l’économie d’une réflexion en profondeur sur l’identité même de leur parti. Or, les hautes instances peinent encore à comprendre l’essentiel.

Le fond des choses

L’essentiel est qu’au fil du temps, la « marque » péquiste s’est diluée jusqu’à en devenir méconnaissable. En 2017, à part son désir de retourner au pouvoir, que veut le PQ ? Est-il à gauche, au centre, à droite ou partout en même temps ? Que fait-il de sa raison d’être, la souveraineté ?

La question est vitale parce qu’à force de mettre son option en veilleuse de crainte de faire peur au monde, le PQ a fini par en avoir peur lui-même. Ce faisant, il nourrit le discours de ses adversaires, dont la CAQ. Un discours caricatural voulant que la souveraineté ne soit plus qu’un épouvantail usé tout juste bon à exciter quelques vieux caribous enragés.

Comment le PQ pense-t-il convaincre du bien-fondé de son option s’il la voit lui-même comme un boulet électoral ? Pas étonnant qu’il ne fasse plus le plein du vote souverainiste depuis longtemps.

Concurrence

Ces derniers temps, une rare exception fut son « moment » PKP. Un an après sa défaite historique en 2014, l’élection de Pierre Karl Péladeau comme chef faisait grimper le PQ à 34 %. Selon Léger, ses appuis montaient à 41 % chez les francophones. Chez les 25-34 ans, le Oui atteignait les 55 %.

Plusieurs facteurs expliquaient un tel bond, mais le principal était l’absence de peur. Personne ne doutait de la volonté de PKP à replacer la souveraineté au centre de l’action politique du PQ. Pas même ses adversaires.

Le député péquiste Pascal Bérubé confessait hier qu’il serait « difficile » pour le PQ de remporter une victoire majoritaire à cause du « seuil incompressible de sièges » du PLQ. Ce seuil a pourtant toujours existé. La réalité est que QS gruge des votes au PQ, mais la vraie menace vient de la CAQ.

Quand le PQ et la CAQ se disputent l’électorat nationaliste en mettant l’indépendance de côté, la dispersion du vote souverainiste est écrite dans le ciel. Les géniteurs de la CAQ, François Legault et l’ex-recruteur libéral Charles Sirois, l’avaient bien compris.

Face à un PQ craintif de son option, leur objectif premier était de doubler un jour le PQ sur le même terrain nationaliste sans rupture avec le Canada. La question est de savoir si M. Legault réussira ou non à le faire.


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