«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Tenir le fort en attendant un nouveau chef

Un ordre du jour chargé attend le Bloc

samedi 25 janvier 2014

L’absence de chef au Bloc québécois ne devrait pas empêcher la petite formation politique souverainiste de tenir tête au gouvernement conservateur, estime le député bloquiste Louis Plamondon.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne en prévision de la reprise des travaux parlementaires à Ottawa, lundi, M. Plamondon affirme que le budget et le temps d’intervention limités du parti ne comptant plus que quatre députés ne devraient pas empêcher celui-ci d’essayer de défendre les intérêts de la province.

Au dire du député, les efforts du Bloc seront majoritairement consacrés au dossier de la réforme des programmes de formation de la main-d’oeuvre, un domaine « sacré » au Québec.

Entre autres dossiers auxquels s’intéressera le Bloc, on compte également le registre des armes d’épaule, toujours devant la Cour suprême. Cour suprême qui, précise M. Plamondon, doit aussi juger la cause de la nomination du juge Marc Nadon. Le plus haut tribunal du pays devrait par ailleurs se pencher sur la réforme du Sénat, le droit de mourir dans la dignité ; tous des sujets touchant le Québec de près ou de loin.

L’année 2014 sera également celle de la poursuite des démarches pour la reconstruction du pont Champlain, pomme de discorde entre les administrations montréalaise, québécoise et fédérale.

« Ce ne sont pas les dossiers québécois qui manquent », lance M. Plamondon au bout du fil, en admettant qu’il « n’aura pas le temps de s’ennuyer ».

« Il y a toujours l’accord de libre-échange Canada-Europe, avec la compensation pour les agriculteurs... Il y a donc des dossiers qui touchent directement le Québec. Nous aurons de quoi parler, mais nous sommes malheureusement limités dans le temps, et quand certains cas ont un impact particulier au Québec, les trois partis fédéralistes s’entendent pour oublier ces dossiers. »

Pas question, non plus, de se laisser démonter par les propos d’Yves Michaud à propos de la « non-pertinence du Bloc ». « Si on additionne les membres du Parti québécois à ceux du Bloc, on parvient à environ 100 000 membres. Sur ceux-là, un seul a dit ça. Tout le monde s’entend pour dire que le Bloc a été d’une importance exceptionnelle au cours de ses 20 années d’existence », avant d’ajouter que le parti fédéral avait son rôle à jouer pour défendre les intérêts du Québec et favoriser la cause souverainiste.

Place aux jeunes

Quant à la course à la chefferie, qui pourrait se conclure au printemps, M. Plamondon croit qu’il faut laisser la place aux jeunes.

« On ne peut pas revigorer le Bloc avec des anciens du parti ; on peut parler de M. Bernard Landry... c’est un très bon monsieur, mais à 76 ans, il ferait l’élection à 78 ans. M. Duceppe a fermé la porte complètement. Donc, on arrive avec des personnages nouveaux, y compris à l’intérieur de la députation. »

M. Plamondon ferme pour sa part la porte à une course à la tête du parti, même s’il a tenu temporairement les rênes après la défaite de mai 2011.

« Ma décision est prise, je serai présent aux prochaines élections, mais il faut des gens nouveaux à là chefferie », dit le député élu pour la première fois en 1993.

Les prochaines élections générales pourraient d’ailleurs être devancées, croit ce dernier, puisqu’à l’automne 2015, date prévue du déclenchement du scrutin selon la loi sur les élections à date fixe, six provinces et territoires mèneront leurs propres élections.

« Je pense que Stephen Harper veut remporter une nouvelle majorité électorale avant de penser à quitter la politique, puisque cela fera déjà 10 ans qu’il est au pouvoir. Il pourrait laisser sa place au début d’un nouveau mandat pour que le premier ministre suivant puisse préparer la place en vue des élections suivantes. »

« Ce serait maladroit de quitter le navire avant un scrutin en 2015. »

Au Québec par ailleurs, les prochaines élections fédérales seront « une lutte à trois », confie M. Plamondon, en parlant entre autres de la remontée probable des troupes libérales dirigées par Justin Trudeau.

Il ne faut pas non plus négliger l’impact potentiel d’un retour du Parti québécois en territoire majoritaire, poursuit le député. Ainsi, l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire aurait un effet positif sur les chances du Bloc à l’échelle nationale, dit-il.


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