«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un mauvais chef

Un gouvernement qui va mal

Laissons Pierre Paradis à ses soucis. Pour le moment, on en connaît bien peu sur les gestes qui lui sont reprochés et son état de santé semble inquiétant. Pour ses proches et pour lui-même, souhaitons-lui un prompt rétablissement.

Il y a toutefois quelqu’un dont on sait que la conduite n’a pas été irréprochable. Il s’agit du chef de son parti, le premier ministre Philippe Couillard.

Tous les spécialistes le disent, mais les politiciens ne l’appliquent que trop rarement : gérer une crise, c’est comme retirer un sparadrap. Vaut mieux tout révéler ce que l’on sait sans attendre, afin d’éviter le supplice des poils que l’on arrache un à un.

Des trous

Il y a des trous dans la chronologie du premier ministre, qui a avoué que ses services avaient laissé circuler l’information selon laquelle le congé de M. Paradis s’expliquait par une chute à cheval. Celle-ci est bien survenue, mais sa suspension était plutôt une conséquence de l’enquête dont il fait l’objet.

Le premier ministre et son entourage ont été avisés jeudi le 19 par les autorités policières, c’est admis. Or, le communiqué émis par son bureau le 26 affirme noir sur blanc que Philippe Couillard n’aurait été mis au courant qu’en début de soirée, le jour même, qu’une enquête était en cours.

On ne sait toujours pas non plus quel élément d’information est survenu entre le mercredi 25 et le jeudi 26 pour que le remplacement de M. Paradis par Laurent Lessard passe de temporaire à définitif.

Transparence

Ajoutons à cela que le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux avait affirmé en octobre dernier que jamais de telles communications ne devaient survenir entre institutions policières et politiques, au nom de la séparation des pouvoirs. On apprenait finalement hier qu’un protocole existe bel et bien.

Tout ça venant d’un gouvernement dont le chef avait promis lors de son assermentation qu’il serait le plus transparent de l’histoire.

Comme dans l’affaire RONA, on a l’impression que la communication est mauvaise autour de Philippe Couillard. C’est non seulement difficile de connaître l’information, on n’arrive pas davantage à comprendre qui sait quoi.

Hécatombe

Quelle mouche a piqué ce gouvernement ? Yves Bolduc est parti pour grossière incompétence. Gilles Ouimet, Marguerite Blais et Robert Dutil sont partis parce qu’ils n’étaient pas ministres. Lise Thériault, Luc Fortin et Pierre Moreau ont pris une pause à cause de problèmes de santé.

Sam Hamad et Jacques Daoust ont été retirés du jeu pour des questions d’intégrité et on a la perception que Robert Poëti a été démis parce qu’il en avait trop. Gerry Sklavounos et maintenant Paradis sont suspendus parce qu’ils font l’objet d’une enquête.

En connaissez-vous beaucoup des entreprises et des organisations où les gens vont aussi mal ? C’est assez rare, en effet.

À un moment donné, Philippe Couillard devrait peut-être se demander si c’est vraiment son entourage politique qui est la cause du problème.


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Gouvernement Couillard
De la trahison à la soumission

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