«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Dufresne a servi de fusible, mais le véritable responsable est Couillard

Un départ pour éviter une fronde

« On est discipliné au Parti libéral, mais il y a des limites ! » confie un élu, confirmant le soulagement général

mercredi 13 septembre

Le départ de Jean-Louis Dufresne, chef de cabinet du premier ministre, évitera qu’une fronde n’éclate contre le chef du gouvernement au caucus libéral de Val-d’Or, qui commence jeudi.

Après le cafouillage dans Louis-Hébert, un geste était nécessaire pour faire baisser la pression. « On est discipliné au Parti libéral, mais il y a des limites ! [Dufresne] manquait totalement de respect envers le caucus ! » a confié un élu.

Le soupir de soulagement semble généralisé. « C’est unanime là. Il n’y a personne qui dira : “On regrette amèrement son départ” », a confié un des nombreux élus libéraux que le Bureau d’enquête a joints hier.

M. Dufresne était reconnu pour son style « très direct » et son ton cassant : « Son type de gestion, c’était : “Prends ton trou et on t’appellera si on a besoin de toi” ! » soutient un élu.

« Déjà que le premier ministre Philippe Couillard est un homme plutôt froid, Jean-Louis rajoutait une couche de glace », a illustré un ancien membre du personnel politique.

Départ subit

Des sources font remarquer que le départ de M. Dufresne semble un geste subit puisqu’il y a sept jours à peine, il avait redistribué les tâches des membres du cabinet du premier ministre. « Il n’avait pas du tout le comportement d’un homme sur son départ, bien au contraire », insiste une source.

Sa rivale au cabinet, Johanne Whittom, avait été mutée au protocole au ministère des Relations internationales.

De plus, dans cette réorganisation, le porte-parole du premier ministre Harold Fortin héritait, comme on l’a appris mardi, du dossier des relations internationales.

Un autre ami et collaborateur proche du premier ministre, le secrétaire général Roberto Iglesias, doit revenir de congé de maladie la semaine prochaine. « Les trois forment un trio. Le trio aurait été réuni », fait-on remarquer.

La goutte

Pour plusieurs, le choix d’Éric Tétrault comme candidat dans Louis-Hébert a été l’élément de trop qui a conduit à sa démission.

« Jean-Louis avait mis sa tête sur le billot pour la candidature de Tétrault », dit un ancien employé d’un cabinet.

D’autres sont moins certains : « Je n’ai pas d’indication en ce sens [...] J’entends “la goutte qui fait déborder le vase”... mais le vase était déjà plein ! Ce ne sont pas les raisons qui manquaient ! »

Chose certaine, dès le départ, l’accueil pour la candidature de M. Tétrault a été difficile au parti. Elle « a tourné à la catastrophe et ça brassait beaucoup au sein du Parti. Il fallait qu’il retire sa candidature. Et M. Dufresne a payé ».

— Avec la collaboration d’Antoine Robitaille


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