«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un compromis acceptable

Tribune libre de Vigile
jeudi 2 juin 2016
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Un compromis acceptable

Il n’y a qu’une seule façon de faire avancer le Québec et de battre les libéraux à la prochaine élection, promettre de tenir, dans un premier mandat, un référendum sur le rapatriement de tous les pouvoirs liés à l’identité québécoise, c’est-à-dire : les pouvoirs sur la langue, la culture et particulièrement l’immigration. Les avantages d’une telle stratégie sont très nombreux :

• La clarté : le moment et le contenu sont connus ;
• Les Québécois pourront se réconcilier avec le mot référendum qui actuellement fait peur à bien du monde. Ils comprendront qu’on peut utiliser un tel instrument pour demander autre chose que la souveraineté complète du Québec ;
• La sortie de ce statu quo politique dans lequel le Québec s’enlise depuis 1995, statu quo inacceptable pour une majorité de Québécois ;
• Le rapprochement entre les souverainistes et les nationalistes de tous les partis politiques, ce qui assurera l’élection de celui qui proposera la tenue d’un tel référendum. En effet, ce qui unit tous les nationalistes québécois, c’est leur désir que la langue française et la culture québécoise soient protégées une fois pour toutes d’où l’importance pour le Québec de gérer seul son immigration ;
• Un référendum sera gagnant. Pour la première fois, le OUI vaincra, ce qui donnera à l’ensemble des Québécois une fierté et une assurance qui ont fait souvent défaut dans l’histoire ;
• À part les libéraux, tous les partis politiques québécois y trouveront leur compte. La CAQ propose déjà dans son programme un tel rapatriement de pouvoirs et les partis souverainistes comme le PQ, QS et ON seront galvanisés par cette victoire. Par la suite, ils auront encore plus de temps pour essayer de convaincre les Québécois des avantages de détenir tous les pouvoirs d’un pays ;
• On ne demanderait pas au gouvernement fédéral de faire des propositions de renouvellement de la constitution canadienne sur lesquelles on pourrait voter lors d’un référendum, les Québécois décideraient eux-mêmes de ce qu’ils veulent rapatrier comme pouvoirs, de ce qui est acceptable pour eux, pour le moment.

Je ne crois pas que la convergence des forces souverainistes se réalise assez tôt pour assurer une victoire aux élections de 2018. Les nationalistes et les souverainistes ont le devoir de nous libérer des libéraux et de faire avancer le Québec, et cette proposition de référendum sur le rapatriement de tous les pouvoirs liés à l’identité québécoise me paraît la seule capable actuellement d’y parvenir. Je pense aussi qu’elle sera vue chez les souverainistes comme un bon compromis entre ceux qui veulent un référendum à tout prix dans un premier mandat et ceux qui préfèrent le reporter à plus tard parce qu’ils ont peur de le perdre.

Commentaires

  • Normand Paiement, 3 juin 2016 04h30

    Monsieur Bachand,

    Je crois que M. Cloutier, avec son humour grinçant, a bien résumé en quoi votre proposition pose problème : elle est trop minimaliste !

    Le parti (PQ ? QS ? ON ?) qui proposerait à la population québécoise de faire un tel référendum ferait inévitablement rire de lui. Ses adversaires (PLQ et CAQ) auraient beau jeu de dénoncer cette proposition en disant qu’il n’est pas nécessaire de faire un référendum puisque le Québec possède déjà le pouvoir de légiférer sur la langue, la culture et l’immigration.

    Je sais, le dernier mot sur ces questions revient à Ottawa ou à la Cour suprême, mais vouloir organiser une consultation populaire dans l’espoir d’arracher quelques miettes supplémentaires au fédéral, voilà qui risque d’engendrer des dépenses bien inutiles en temps, en énergies et en argent. Contrairement à ce que vous escomptez, il y a dès lors de fortes chances pour que la population sanctionne sévèrement le parti qui promettrait, en 2018, de lancer tout le Québec dans une aventure aussi peu exaltante que celle-là.

    Rappelez-vous ce proverbe : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »...

  • Pierre Cloutier, 2 juin 2016 21h46

    Si je comprends bien votre raisonnement, le "méchant" référendum est acceptable pour tout ce qui ne concerne pas l’indépendance de la patrie ?

    On pourrait peut-être promettre de faire un référendum pour décider si on peut faire un référendum.

    La question serait :"Donnez-vous le pouvoir au gouvernement du Québec de tenir un référendum sur une question qui sera décidée par référendum à la suite d’une consultation populaire précédée d’un référendum permettant au gouvernement de tenir cette consultation ?".

    Qu’en pensez-vous ? Comme cela, on aurait une ceinture, des bretelles, des jarretières pour tenir nos bas et des couches au cas où certains feraient dans leur culotte. Allons z’enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé !

  • Claude Bachand, 2 juin 2016 13h04

    Monsieur Paiement,

    Je ne l’ai pas écrit, mais il me semble évident que si jamais le fédéral ou la Cour suprême rejetaient les demandes, entérinées démocratiquement dans un référendum, de la majorité des Québécois, le gouvernement élu aurait toute légitimité pour tenir un autre référendum cette fois, sur la souveraineté du Québec. Je pense alors que les Québécois réagiraient comme après l’échec de Meech, qu’ils seraient choqués et que nous aurions alors un référendum gagnant.

    Si ces demandes de rapatriement des pouvoirs reliés à l’identité québécoise étaient acceptées par le fédéral, je suis certain, comme le dit monsieur Ricard, que les Québécois ne s’arrêteraient pas là. Et les souverainistes auraient amplement de temps pour préparer la suite. Aujourd’hui, l’important c’est de mettre fin au statu quo, de rallier les souverainistes et les nationalistes et de protéger pour toujours ce qui fait l’identité du Québec, c’est-à-dire la langue française et la culture québécoise.

    Claude Bachand, Laval

  • Normand Paiement, 2 juin 2016 10h11

    Monsieur Bachand,

    Ça me semble un peu mince comme proposition. Ne pourriez-vous la bonifier pour la rendre « acceptable », comme vous dites, par une forte majorité de Québécois francophones ?

    À supposer qu’une telle stratégie donne les résultats escomptés, que se passera-t-il le jour où la Cour suprême du Canada viendra nous mettre des bâtons dans les roues ? Ne risque-t-on pas de se retrouver à la case départ après avoir gaspillé beaucoup de temps et d’énergies inutilement ?

    Cordialement,
    Normand Paiement

  • François Ricard, 2 juin 2016 10h00

    Quelques petites victoires pour donner à la population un goût nouveau : le goût, justement, de la victoire. Ne dit-on pas que la faim vient en mangeant ?

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