«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un Québécois se définit par son immersion dans l’environnement culturel d’ici

Un billet d’avion pour Montréal fait-il de n’importe qui un Québécois ?

Il y a donc 7 milliards de Québécois sur la Terre, pas 8 millions

Tribune libre de Vigile
vendredi 4 avril 2014
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Un billet d’avion pour Montréal fait-il de n’importe qui un Québécois ? Il y aurait donc 7 milliards de Québécois sur la Terre, pas 7 millions.

On n’a pas de peine à comprendre qu’une telle logique poussée ad absurdum (ah, je savais que mon cours classique me servirait un jour) dénature la définition même d’être de quelque part et de nulle part ailleurs.

Un enraciné de la 10è génération comme la majorité d’entre nous le sommes, incluant votre humble serviteur, aime à penser qu’une nation possède de nombreuses caractéristiques qui la démarquent de toutes les autres et que ce n’est pas tout le monde qui peut revendiquer d’en faire partie. Jamais je ne me prendrai pour un Écossais, jamais je ne me prendrai pour un Tahitien, jamais je ne me prendrai pour un Japonais, jamais je n’aurais de telles prétentions.

Parmi les centaines d’éléments qui forment notre identité collective, on pense généralement aux origines européennes de la grande majorité d’entre nous, à l’ascendance canadienne-française couvrant plusieurs générations, à la langue française qui nous relie et nous soude, à la grande tradition catholique unificatrice face aux anglophones protestants, au partage d’une culture et d’un mode de vie qui nous reflètent, à l’attachement profond à la terre de nos aïeux, à notre homogénéité de ressemblance, à une histoire riche et digne d’inspiration, à la conviction de faire partie d’une nation tout à fait distincte du Canada, au sentiment partagé de la précarité de notre nation, à la volonté de durer malgré le désir des oppresseurs de nous voir disparaître à petit feu sans qu’on s’en rende trop compte suite aux sournoises tentatives d’assimilation dont nous sommes la cible.

Quant à ceux venus d’ailleurs mais faisant preuve d’une bonne volonté réelle de s’intégrer parfaitement à notre peuple et notre mode de vie, il leur est loisible de démontrer concrètement leur intention en adhérant volontairement, activement et pleinement à l’environnement culturel qui forme le cadre de vie quotidienne qui nous entoure.

Mais cette immersion enthousiaste, cette participation quotidienne à la vie d’ici devient par contre totalement impossible lorsque le candidat ne vient ici que dans le but de s’adonner au multiculturalisme qui par définition détruit l’identité nationale, pour la remplacer par un ramassis cosmopolite insipide d’étrangers n’ayant rien d’autre en commun que le qualificatif de citoyen anonyme désincarné.

Car si l’immigrant vient ici uniquement dans le but de retrouver d’autres membres de sa communauté pour y vivre en groupe fermé (le phénomène de l’autogetthoïsation), il grossit les rangs de ceux qui mettent en péril la survie même de la nation majoritaire en l’asphyxiant par leur refus d’y prendre part. Une société vivante doit pouvoir respirer, être alimentée par toute la population si elle désire continuer à se maintenir, à fructifier, à s’épanouir. Son mode de vie doit remporter l’adhésion de tous et prévaloir, dans le respect de ce qu’elle est.

Un Québécois se définit d’abord et avant tout par son immersion dans l’environnement culturel d’ici, pas par un passeport, un bail ou quoi que ce soit d’autre qui s’obtient et qui n’est que paperasse. Nul ne peut passer outre au devoir d’intégration à la nation d’accueil.

Être québécois, c’est vivre à la québécoise. Aussi simple que ça.

En complément de lecture : les 1001 éléments qui forment notre identité culturelle : http://vigile.net/qui-sommes-nous-en-tant-que

Commentaires

  • ML, 5 avril 2014 12h18

    Le multiculturalisme canadien contribue à créer une génération de dociles consommateurs apatrides. En effet, les Samir Khular (sugar samy) de ce monde, quoi qu’ils en disent, ne sont et ne se sentent pas tout à fait indiens, ni tout à fait canadiens. Ils sont, selon eux des "citoyens du monde". Étrange, car je serais prêt à parier que la jeunesse des années 60 a plus voyagé que celle des 18-35 d’aujourd’hui (La Foride,Acapulco et les plages aseptisées de Cuba ne comptent pas bien sûr).

    Cela étant, cette génération d’apatrides que d’autres appellent "les enfants de la loi 101" n’est pas exclusive au Québec. L’occident au complet est confronté à ce phénomène et ce n’est fort probablement pas étranger à la remontée d’une droite décomplexée en Europe.

    L’enfant qui nait ici dans une famille issue de l’étranger est tiraillé entre les valeurs de ses parents et celles du pays d’accueil. Dans de telles conditions il est difficile de ressentir naturellement un sentiment nationaliste proprement québécois. Certains y arrivent par l’étude de notre histoire et parce que notre cause est noble. Nous les saluons et ils peuvent être fiers d’être québécois. Le problème c’est que le Québec n’est pas un pays comme les autres. Il est un territoire annexé et inféodé.

    Si l’on se fie aux sondages, les 18-34 sont majoritairement libéraux. Une forte proportion de ses jeunes sont Montréalais et enfants de la loi 101. Bien sûr ils parlent français et sont même classés par les sondeurs comme étant francophones. Or cette génération complète de citoyen ne sont et ne se sentent pas enracinés dans ce coin de pays. Ils refusent d’appartenir à cette collectivité historique. Ils se disent canadiens, mais qu’est ce que cela veut dire puisque l’on peine à définir la "culture canadienne". La bouffe ?L’art, le cinéma ?La musique ? Sans le Québec le Canada n’est qu’un appendice des É-U. Un 51e état sans saveur, sans couleur, sans odeur, mais avec les OGM de Monsanto. Un gros Wyoming.

    Un fait demeure, cette génération s’allie avec les Anglos pour systématiquement voter contre les intérêts de la majorité francophone. Aux dernières élections fédérales, les conservateurs ont prouvé que désormais, le Québec n’est pas essentiel pour former un gouvernement majoritaire. Quand les Québécois réaliseront que les régions du Québec ne sont plus nécessaires pour faire élire un gouvernement majoritaire, il sera trop tard.

    Quoiqu’il arrive, le PQ devra faire un examen de conscience sur ses 19 de silence sur la pédagogie de l’indépendance. Une génération au complet est perdue à cause de l’inaction péquiste.

  • Fernand, 4 avril 2014 23h21

    En plus, il semble n’y avoir que les chrétiens qui acceptent la laicité de l’état.

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