«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un Conseil du statut de l’homme

Tribune libre de Vigile
lundi 26 décembre 2016
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On a appris récemment que les garçons québécois sont maintenant, à l’école secondaire, en arrière des filles dans absolument toutes les matières, incluant les mathématiques. On savait déjà qu’ils décrochent bien davantage que les filles, et qu’ils sont très minoritaires au cégep et à l’université.

Si cette situation était celle des filles, les féministes crieraient à l’unisson « Au feu ! », dénonceraient la société patriarcale québécoise comme étant macho, sexiste, discriminatrice, etc. Mais, comme c’est l’inverse, ce ne sont pas les femmes du Conseil du statut de la femme ni du Secrétariat à la condition féminine qui vont se plaindre et déchirer leur soutien-gorge sur la place publique pour cela.

Les Québécoises disposent aujourd’hui au total de presque autant d’argent que les hommes, mais elles vont en gagner certainement bien davantage dans le futur car elles auront en très grande majorité tous les diplômes scolaires de leur côté. Par exemple, les professions libérales comme médecin, avocat, notaire, etc. vont très principalement être occupées par des femmes.

Malgré cela, les féministes ou les deux organismes susmentionnés continuent comme si de rien n’était à pourchasser les hommes québécois jusque dans leurs derniers « retranchements », comme, par exemple, la construction. Elles ne s’arrêteront visiblement jamais, même si les femmes finissaient dans le futur par obtenir l’avantage dans tous les domaines sans exception de notre société.

On s’aperçoit bien ainsi à quel point les féministes québécoises sont carrément hypocrites et totalitaires quand elles réclament toujours plus d’égalité hommes-femmes au Québec en parlant uniquement des domaines où les femmes n’ont pas (encore) l’avantage sur les hommes, et passant sous silence tous les autres domaines où elles les écrasent maintenant ainsi que les garçons. Leur égalité ou leur sens de la justice est à sens unique et constamment en leur faveur.

Mais, au fond, c’est tout à fait normal que les féministes travaillent pour avantager les femmes et les filles. Comme elles le disent elles-mêmes quand on leur parle des problèmes des hommes et des garçons, si les hommes ne se prennent pas en main, tant pis pour eux et les garçons, qu’ils s’arrangent avec leurs problèmes, elles n’ont pas à faire ce travail à leur place et à diminuer leurs avantages pour eux. Elles font donc tout simplement comme si les problèmes des hommes et des garçons n’existaient pas, comme si elles ne les voyaient pas, et ne chercheront jamais autre chose qu’à améliorer constamment encore et toujours leur situation et celle des filles sans égard aucun ou à peu près aux problèmes des hommes et des garçons.

Les femmes ont réussi en moins d’un demi-siècle à faire leur rattrapage séculaire (ou millénaire) jusqu’à réussir à imposer au Québec une société matriarcale qui apparaît nettement, à la lumière des injustices contre les garçons et les hommes comme celles dont nous venons de parler, oppressive contre ces derniers.

Les hommes québécois ont accepté de financer certainement plus de la moitié de tous les fonds publics utilisés par le mouvement féministe depuis les années 70, et continuent encore à le financer aujourd’hui alors que ce sont eux qui ont maintenant le plus besoin d’aide. A priori, ça doit être des centaines de millions de dollars de fonds publics dont ont bénéficié les féministes jusqu’à maintenant.

Le Conseil du statut de la femme a été créé en 1973 ; et le Secrétariat à la condition féminine ainsi que le poste de ministre déléguée à la Condition féminine ont été créés en 1979. Le C.S.F. et le Secrétariat relèvent tous deux de la ministre déléguée à la Condition féminine. Le budget annuel du C.S.F. et celui du Secrétariat sont actuellement d’environ 3,4 M$ et 7,7 M$ respectivement, soit au total 11,1 M$. Ils avaient avant 2015 monté jusqu’à environ 4,5 M$ et 11 M$ respectivement, soit 15,5 M$. Donc, sur une période d’une quarantaine d’années, soit de 1973 ou 1979 à aujourd’hui, ce sont certainement des centaines de millions $ de fonds publics qui ont ainsi été accordés au féminisme par les Québécois : une dizaine de millions multipliés par une quarantaine d’années donnent 400 millions ou près d’un demi-milliard $.

Si on s’attarde ici sur le montant de fonds publics accordés au féminisme québécois, ce n’est pas pour enlever aux femmes ces organismes susmentionnés, mais pour bien marquer que les hommes ont maintenant le droit d’avoir à leur tour des organismes à eux avec un financement approprié, car le rattrapage à faire est maintenant de leur côté. Il faudra quand même évidemment se battre pour cela tellement la mainmise féministe sur notre société est maintenant des plus solides. Quand on voit la force des féministes québécoises avec la ministre déléguée à la Condition féminine, le Secrétariat à la condition féminine et le Conseil du statut de la femme, on s’aperçoit à quel point les hommes n’ont à côté d’elles absolument rien pour défendre leurs droits et ceux des garçons.

Jacques Parizeau a essayé en vain de sonner l’alarme il y a déjà dix ans dans le domaine de l’éducation :
« Dans certaines facultés, il y a deux femmes pour un homme ! Et personne n’en parle ! » L’ancien premier ministre québécois Jacques Parizeau s’enflammait ainsi sur cette délicate question au cours d’un entretien accordé l’an dernier aux responsables de l’Annuaire du Québec. Loin de dénigrer le succès des femmes dans cette sphère scolaire, l’homme politique pointait toutefois la nécessité de poser la question : pourquoi ce décrochage ? « À 60 % de femmes pour 40 % d’hommes, c’était acceptable. Mais lorsqu’on est dans une proportion de deux femmes pour un homme, il faut s’alarmer. Il y a clairement quelque chose qui ne va pas avec nos garçons. » (1)
Dix ans plus tard, rien ne s’est fait contre ce problème et on n’en parle même pas davantage.

Le fait est que ce n’est pas « politiquement correct » au Québec de remettre en question quoi que ce soit du féminisme. Les hommes québécois ont ainsi peur de s’avancer sur ce terrain même si la situation l’exige. Il s’agit carrément là d’une censure dans notre société québécoise qui illustre toute la force de l’emprise féministe aujourd’hui, et qui montre que la société matriarcale dans laquelle nous sommes maintenant plongés au Québec n’est pas plus égalitaire que la société patriarcale précédente. Cette société matriarcale enserre toujours davantage les garçons et les hommes dans une camisole de force ou un corset jusqu’à les étouffer progressivement. On ne doit pas accepter que dans un futur très rapproché toutes les professions seront très majoritairement occupées par des femmes alors que les hommes seront principalement confinés à des métiers, des entrepôts et du chômage. Si les hommes étaient jadis capables d’être médecins, notaires, etc., comment se fait-il qu’ils en sont de moins en moins capables aujourd’hui et qu’ils n’en seront presque plus du tout capables demain ?

Les femmes ont aujourd’hui presque atteint l’égalité avec les hommes, et même, en fait, elles les dépassent déjà dans les nouvelles générations. Voici deux exemples frappants parmi tant d’autres de l’avantage des jeunes femmes sur les jeunes hommes déjà aujourd’hui : les trois quarts des médecins omnipraticiens âgés de moins de 35 ans sont déjà des femmes, et les deux tiers des avocats ayant moins de quinze ans de pratique sont déjà des femmes. Les femmes vont certainement sous peu, dans un avenir très rapproché, dépasser les hommes dans presque tous les domaines. Les filles n’ont aujourd’hui absolument plus aucun rattrapage à faire par rapport aux garçons, alors que ces derniers ont maintenant un immense retard sur elles. Le plus gros rattrapage à faire dans notre société est ainsi maintenant à coup sûr du côté des garçons, qui vont demain être des citoyens de deuxième ordre dans une société presque entièrement dominée par les femmes.

Une véritable égalité des sexes, et non une hypocrite égalité à sens unique en faveur des femmes, exige aujourd’hui que les hommes aient tout comme les femmes un ministre délégué à la Condition masculine, un Secrétariat à la condition masculine et un Conseil du statut de l’homme avec autant de fonds publics qu’elles pour étudier, analyser et améliorer leur situation et défendre leurs droits ainsi que ceux des garçons. Les femmes ont ces organismes depuis presque un demi-siècle ; les hommes y ont maintenant droit eux aussi.


1. Marie-Andrée Chouinard, « Cégeps et universités. Où sont passés les garçons ? », le Devoir, 29 avril 2006, p. A1.

Commentaires

  • André Lafrenaie, 25 janvier 20h27

    M. Jean Brilland

    Si les féministes ne sont pas heureuses de voir les filles écraser les garçons
    à l’école, elles ne font en tout cas, tout comme le ministère de l’Éducation du Québec, rien du tout pour rééquilibrer les choses. Elles défendent et promeuvent d’abord et avant tout la nation des femmes et des filles, et non la nation québécoise qui contient "malheureusement" des hommes et des garçons. C’est pourquoi on a absolument besoin d’un Conseil du statut de l’homme qui donnerait enfin aux hommes et aux garçons québécois une voix qu’ils n’ont jamais, mais au grand jamais, eue depuis que le féminisme existe, soit près d’un demi-siècle.

    P.-S. : Votre positivisme est absolument remarquable !

  • Jean brilland, 14 janvier 15h18

    "Les féministes sont heureuses de voir les filles écraser les garçons à l’école."

    André Lafrenaie

    Notre perception nous joue souvent des tours, monsieur Lafrenaie.

    Certes, des corrections structurelles doivent être apportées à notre système pour qu’ une véritable égalité entre hommes et femmes ainsi qu’entre humains puisse être atteinte.

    La solution aux injustices subies par les hommes ne se trouve dans le pointage de doigts. Dois-je vous rappeler que cette approche, outre nous donner un soulagement temporaire, ne sert qu’à diviser davantage les hommes des femmes et les femmes des hommes ?

    L’amour de la patrie, c’est ce que Perrault communique dans ce film Le règne du jour, où la famille et la communauté œuvrent encore ensemble.

    C’est ce que nos fils et nos filles manquent actuellement dans l’ère du virtuel. C’est aussi ce que vos confrères et consœurs de travail manquent cruellement dans cet air de la consommation où le veau d’or est nourri au point d’éclatement...

    La solution pour nos fils, c’est la création d’un contexte où ils peuvent affirmer et concrétiser leur désir de révéler le meilleur qui les habite.

    En parvenant à créer ce contexte, nous nous approchons des conditions d’indépendance véritable. Je vous assure, l’autre moitié du Québec s’en inspirera. :)

    Si vous persistez à vous contracter... que contractions vous attirerez, dit l’adage. Nourrir la polarité sert un temps, mais qu’un temps seulement....

    ... fort heureusement.

    C’est bien par l’intérieur que les choses se transforment... et cela n’a rien à voir avec l’idéalisme.

    Les guerres de ce monde sont le fruit de cette polarité.

    Les séparations (diabolos : http://www.cairn.info/resume_p.php?ID_ARTICLE=ERES_MISSO_2005_01_0021) sont sciemment nourries par les médias et la machine à consommer pour que nous soyons enchaînes à un système, qui en retour, se dit là pour nous protéger (rassurer)...le reste n’est que formalité pour que nous entre-tuons à une échelle globale.

    Commençons ici, avec les femmes auprès de nous. Aimons les. Vraiment. Celles qui ne savent pas encore aimer, l’apprendront par notre exemple.

    Regardez en arrière et autour de vous :

    Bolchevisme, capitalisme, communisme, christianisme, judaïsme, Islamisme, féminisme, masculinisme... ouep... ça rime avec schisme... et idéalisme :)

  • André Lafrenaie, 10 janvier 23h07

    M. Jean Brilland

    Votre citation de Renart Léveillé est malheureusement très déconnectée de la réalité. Le féminisme et la société matriarcale québécoise actuelle ne sont pas plus égalitaires que la société patriarcale précédente, et absolument rien ne nous donne à penser qu’ils vont le devenir davantage dans le futur. Les féministes sont heureuses de voir les filles écraser les garçons à l’école. Elles sont heureuses de voir que demain les professions libérales seront occupées dans une proportion écrasante par des femmes. Etc.

    Au sujet du film de Pierre Perrault dont vous parlez, j’encouragerais certes nos jeunes à le regarder. Je noterai quand même, au risque de décevoir encore votre si bel idéalisme, que les féministes trouveraient sans doute ou sûrement le moyen de le considérer plutôt sous l’angle d’un objet d’étude de la société patriarcale québécoise que comme un repère quelconque apte à "soulever l’âme" de leur "identité québécoise".

    André Lafrenaie

  • JB, 9 janvier 22h53

    C’est bien Perrault et non Perreault ...bien qu’il était un amoureux de l’eau...comme en témoigne sa poésie : https://www.erudit.org/culture/nb1073421/nb1082812/20184ac.pdf

  • Jean Brilland, 9 janvier 12h53

    Monsieur Lafrenaie,

    "Là où est notre coeur est notre trésors", dit-on.

    Le lien au film ( https://www.onf.ca/film/regne_du_jour/ ) de Pierre Perreault pointait en direction de nos racines.

    Les jeunes ont égarés leurs repères.

    Et en tant qu’hommes, c’est notre job de communiquer à nos fils les moyens de découvrir ces lumineuses racines. Elles sont vivifiantes pour l’esprit.

    La victoire se trouve là. Ensuite, hommes et femmes s’unissent pour une véritable égalité. Celle qui passe par le coeur.


    "Il faut continuer de réactualiser cette idée que le féminisme est un humanisme, jusqu’à ce qu’il ne reste que l’humanisme parce que le féminisme aura complété sa mission égalitaire."


    Renart Léveillé

    Source : http://www.renartleveille.com/feminisme-politiquement-correct-versus-denonciation/

  • André Lafrenaie, 8 janvier 01h33

    M. Jean Brilland

    "Je choisis la voie ou l’on apprend à s’écouter et s’entendre(...)."

    Soit. Mais ça fait cinquante ans que les hommes québécois sont ouverts aux féministes et écoutent leurs demandes qu’ils acceptent toujours sans rechigner. Aujourd’hui, c’est aux hommes de demander de l’aide et on espère que les femmes vont de même écouter et accepter avec la même ouverture.

    "Le féminisme se cherche, se définit... et nous, les hommes, faisons partie de la solution."

    Soit. On espère ou aimerait seulement que cette solution n’implique pas que les hommes québécois doivent, pour que le féminisme, disons, s’"accomplisse pleinement" et complète "sa mission égalitaire", accepter de devenir toujours davantage des citoyens de deuxième ordre.

    Le film "Le règne du jour" que vous évoquez est touchant. Mais il ne peut guère aider les hommes et les garçons québécois d’aujourd’hui et de demain.

    André Lafrenaie

  • Jean Brilland, 4 janvier 13h55

    Monsieur Lafrenaie,

    Le Québec a mal à son âme actuellement.

    Les hommes du Québec aussi, et peut-être même en particulier.

    « Le système est dysfonctionnel et l’on s’en prend aux symptômes. » (Francois Ricard). Le féminisme déconnecté est l’un de ces symptômes.

    De fait, le féminisme et le masculinisme sont deux côtés d’une même médaille, monsieur Lafrenaie, "l’autre" et "soi", comme si nous étions séparés l’un de l’autre.

    C’est là, le grand piège, un système nous faisant croire que, nous sommes séparés l’un de l’autre, et que la pauvreté matérielle et spirituelle sont inévitables.

    Cette société cherche et nourrit cette dichotomie partout où elle peut, communisme, capitalisme, fédéralisme, nationalisme, féminisme, masculinisme... des schismes partout...

    Notre monde s’est nourri de cette dualité depuis des lunes, pour donner les résultats qu’on connaît : encore plus de division.

    Mais voilà, il y a péril en la demeure, et il comme y a des femmes et des hommes qui vivent dedans, nous avons deux choix : soit de s’entredéchirer ou encore, de s’entraider à éteindre les feux et faire le ménage...

    Je choisis la voie où l’on apprend à s’écouter et s’entendre, pas celle de l’accusation (même si c’est souvent tentant).

    Le féminisme se cherche, se définit... et nous, les hommes, faisons partie de la solution.

    L’homme québécois, voire l’humain égare actuellement ses repères par tant de distractions à l’essentiel.

    Donnons-nous le droit de retrouver et promouvoir ces repères.

    Investir le mouvement par l’ouverture et non la contraction, c’est l’une de notre heureuse porte de salut dans et pour le Québec-pays qui se prépare...

    Je vous invite à partager le lien ci-après auprès des fils du Québec.
    Vous y entendrez un cœur qui bat au règne du jour...

    https://www.onf.ca/film/regne_du_jour/


    Les statistiques (santé mentale et physique) pour les jeunes Québécois (http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/index.html ) nous pointent vers les résultats de cette dysfonctionnalité du système : consommation massive de sucre, d’Internet/TV/Jeux, réduction des heures de pratiques sportives, etc.
    http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/index.html


    PS : Sur la rectitude politique

    Le politiquement correct : un système de censure par la honte


    « Comment cela fonctionne, c’est que la réalité du déficit égalitaire pour les femmes s’est muée, de sujet important, en sujet intouchable, voire même sacré (l’importance qu’a pris les technologies de la communication dans le débat social actuel n’y est pas étranger). En regard de cette évolution, tout ce qui n’est pas en phase avec une vision de l’égalité idéalisée est pointé fortement du doigt... »

    "Il faut continuer de réactualiser cette idée que le féminisme est un humanisme, jusqu’à ce qu’il ne reste que l’humanisme parce que le féminisme aura complété sa mission égalitaire. Cela ne relève pas du politiquement correct.

    Renart Léveillé

    Source : http://www.renartleveille.com/feminisme-politiquement-correct-versus-denonciation/

  • Gilles Verrier, 2 janvier 18h38

    M. Lafrenaie,

    Nous sommes sur la même longueur d’onde pour reconnaître le problème. Le ministère de l’éducation devrait prendre ses responsabilités, nous sommes d’accord qu’il ne le fera pas. J’ai des réserves sur la solution que vous préconisez. Mais comme il s’agit d’un vrai problème, il reviendra forcément sur l’à-propos d’en parler...

  • André Lafrenaie, 1er janvier 16h33

    M. Gilles Verrier

    Vous avez décrit les structures publiques spéciales crées par l’État tels les organismes féministes (le Conseil du statut de la femme, etc.) comme des "parasites", une "grave dérive du sens de l’État", etc. En tout cas, ils ont eu un succès fulgurant pour les femmes.

    Vous écrivez aussi que le "retard des garçons à l’école relève du ministère de l’Éducation". Mais comment se fier à ce ministère qui a laissé aller les choses pendant des décennies jusqu’au désastre actuel ? Les garçons sont maintenant bien en arrière des filles dans les résultats scolaires ; on prescrit du Ritalin à beaucoup plus de garçons que de filles ; beaucoup plus de garçons que de filles décrochent ; se suicident ; etc. Ajoutons que ce ministère ne cesse de produire des réformes scolaires dont chacune est plus "douteuse" (euphémisme) que la précédente.

    Vous donnez comme piste de réflexion pour le retard des garçons sur les filles le début de la mixité des filles et des garçons à l’école. Je me souviens d’un article lu il y a assez longtemps dans lequel une féministe refusait catégoriquement que l’on revienne à des écoles séparant les garçons et les filles parce qu’elle était certaine que cela favoriserait trop les garçons. Ce sujet est très "discuté", mais évidemment personne ne bouge. On est donc devant un désastre qui s’est échelonné sur des décennies et on en est encore et toujours à des "pistes de réflexion", ce qui signifie clairement que rien ne changera pour les garçons. Notons que les féministes ont un poids énorme sinon décisif dans notre société actuelle pour bloquer tout changement qui ne fait pas leur affaire.

    Un Conseil du statut de l’homme aurait le mandat et les ressources nécessaires pour étudier les problèmes reliés à la condition masculine au Québec, entre autres évidemment les problèmes des garçons dans leur ensemble, ce qui signifie non seulement en rapport avec l’école mais aussi avec les parents, les médias, le féminisme, etc. Ni vous ni moi ne pouvons faire ce travail.

    J’ai regardé la vidéo sur le livre que vous citez (mais pas lu le livre), et je ne vois vraiment pas ce qui pourrait concrètement être utile là-dedans aux garçons et aux hommes québécois. J’en profite quand même pour parler un peu de la "virilité". C’est très documenté dans le réseau social que les hommes en besoin, en difficulté, dans la misère ou en détresse consultent beaucoup moins que les femmes dans la même situation, utilisent beaucoup moins les ressources disponibles pour essayer de se sortir de leur impasse. Il faudrait absolument trouver le moyen de modifier cette mentalité même si vous qualifiez cette approche de "féminine". Vous (et l’auteur que vous citez) raisonnez de la même façon aussi au niveau de l’ensemble des hommes : ils ne doivent pas avoir d’organismes voués à leur défense parce que c’est là une approche trop "féminine". Les garçons vont donc s’enliser toujours davantage car ils ne peuvent s’en sortir seuls.

    J’ajouterai quand même, au sujet de cette approche "virile" ou de "clan" du livre dont vous parlez, que c’est vrai que faire du sport aide les hommes et les garçons à reprendre confiance en eux ; mais, justement, le ministère de l’Éducation du Québec a comme "bizarrement" fait exprès de réduire les activités sportives à l’école, ce qui a évidemment eu pour effet de démoraliser bien davantage les garçons que les filles, les amener davantage au Ritalin, à décrocher, etc., comme quoi encore on ne peut en rien se fier sur notre ministère de l’Éducation pour aider les garçons, au contraire même...

    André Lafrenaie

  • Gilles Verrier, 31 décembre 2016 12h14

    Monsieur Lafrenaie, L’État n’est pas un magasin de bonbons qui doit créer de nouvelles sinécures à chaque fois que des déséquilibres sont constatés. L’exemple que vous donnez du retard des garçons à l’école relève du ministère de l’Éducation. Pour pointer une piste de réflexion, je crois que l’on peut faire une corrélation entre le début de la mixité des filles et des garçons à l’école et le recul académique des garçons.

    Je ne sais pas si vous êtes de ceux qui trouvez que les taxes sont trop élevées pour ce que la société en retire, beaucoup le pensent en tout cas. Ce que vous proposez revient à rajouter une autre couche de fonctionnaires par-dessus celle dont l’utilité est déjà douteuse. Je suis loin d’avoir votre confiance dans la capacité de l’état bureaucrate pour « guérir » les injustices que vous évoquez, même en drainant vers lui encore plus de nos ressources.

    Les hommes doivent retrouver la voie de leur virilité et la solution de s’en remettre à l’état pour y arriver est à mon sens une approche que je suis tenté de qualifier de « féminine ». Je maintiens que l’État s’est déjà trop compromis dans les enjeux « sociétaux » pour des bénéfices très discutables sur le plan du bien commun. J’ai vu cette vidéo qui vient d’être produite sur « La voie virile ». Je soumets à votre réflexion cette approche différente du sujet :
    http://www.lebonnetdespatriotes.net/lbdp/index.php/video/item/9629-la-voie-virile---comment-redevenir-des-hommes

  • André Lafrenaie, 31 décembre 2016 08h06

    M. Gilles Verrier

    Je pense que c’était une bonne chose que le gouvernement québécois crée dans les années 70 des organismes féministes à même les fonds publics. Si une partie de la population est en difficulté, c’est correct de l’aider à faire un rattrapage. L’État est là pour ça. Sans cette aide, c’est très difficile sinon impossible que change substantiellement la situation d’un groupe défavorisé. La société civile ne peut seule arbitrer les choses de façon à assurer la plus grande justice pour tous.

    Également, je ne demande pas que le lobby féministe au sein de l’État, c’est-à-dire les organismes féministes financés par le gouvernement comme le Conseil du statut de la femme, le Secrétariat à la condition féminine, etc. soient abolis même si les femmes en sont aujourd’hui rendues à écraser les hommes dans plein de domaines. Mais il faut obligatoirement accorder les mêmes organismes aux hommes et aux garçons car ils ont maintenant encore plus besoin d’aide qu’elles. Ils sont aujourd’hui dans la même situation qu’elles il y a cinquante ans. L’État doit ainsi absolument donner aux hommes et aux garçons la même aide que les femmes et les filles ont reçue dans les années 70 et qu’elles ont toujours continué de recevoir. Si le gouvernement enlevait aujourd’hui les organismes féministes qu’il finance depuis presque cinquante ans et laissait aller les choses, je pense que les hommes et les garçons ne seraient pas capables de faire le rattrapage qui s’impose tellement est maintenant grand leur retard et tellement est maintenant forte l’empreinte féministe dans notre société.

    Ces structures publiques polarisent (pour reprendre une expression de M. Jean Brilland) certes notre société en deux clans, les femmes et les hommes, mais c’est maintenant impossible de faire autrement. Les féministes ont déjà créé une sorte de nation des femmes, un bloc extrêmement solide et homogène, et ça ne changera plus. Alors, si les hommes ne font pas comme elles, ils sont foutus, et on en a déjà la preuve irréfutable aujourd’hui même avec l’écrasement des garçons par les filles dans tout le système d’éducation québécois. Ces garçons non seulement ne sont presque plus capables de faire des études universitaires, mais ils ont toutes les difficultés du monde à faire des études secondaires. Ils n’occuperont donc pratiquement pas du tout les sphères dites intellectuelles de la société qui produisent presque automatiquement et exclusivement les dirigeants politiques, économiques, etc. de tout État. Ils sont condamnés à être des citoyens de deuxième ordre dans une société matriarcale.

    On doit se battre contre ce désastre, cette injustice flagrante, et pour cela on a absolument besoin que l’État crée des organismes voués à la défense des hommes et des garçons comme il en a donné aux femmes et aux filles depuis presque un demi-siècle. Répétons que ça n’a aucun sens de dire que ça polarise trop notre société car elle l’est déjà du côté des femmes qui forment un bloc homogène, pratiquement une nation. Si les hommes ne se constituent pas au plus vite de leur côté en un bloc aussi solide, ils vont toujours davantage se faire fouler dans la boue par elles comme c’est malheureusement déjà si bien commencé.

    M. Jacques Pierre

    Ce serait évidemment dans le mandat d’un Conseil du statut de l’homme et dans celui d’un Secrétariat à la condition masculine d’étudier ce dont vous parlez et tout autre point touchant la condition masculine au Québec, et de faire au gouvernement les recommandations qu’ils jugent appropriées. Sans de tels organismes pour les hommes, on peut être sûr à cent pour cent que rien ne changera jamais substantiellement dans notre société qui est maintenant solidement féministe et sous contrôle matriarcal pour corriger les injustices subies par les hommes et les garçons.

    M. Pierre-Yves Dubreuil

    Les hommes québécois se laissent toujours davantage écraser par les féministes : est-ce que ce ne serait pas encore la même chose au sein d’un "ministère des genres" ? Je pense que les hommes seraient sûrement perdants à essayer de trouver de nouveaux chemins, à faire des explorations, des essais. Les féministes seraient aisément capables de tourner n’importe quoi à leur avantage, et elles gagneraient encore et encore du temps pour nous faire reculer toujours davantage et irrémédiablement. Les hommes québécois sont maintenant acculés au pied du mur et n’ont plus de temps à perdre. Ils vont demain matin vivre à peu près l’équivalent de ce que les femmes vivaient avant les années 70 : ils vont vivre dans une société presque aussi entièrement contrôlée par les femmes qu’elle l’était jadis par les hommes. Or, une société qui se veut égalitaire n’a pas plus à être matriarcale que patriarcale. On est passé d’un extrême à l’autre. Notre seule porte de sortie est d’utiliser la voie choisie par le gouvernement et les féministes dans les années 70. Cette formule a été gagnante à merveille pour les femmes ; et les hommes n’ont absolument rien à gagner à chercher une autre solution, un autre chemin, que cette formule gagnante. Personne n’a jamais intérêt à changer une formule gagnante.

    D’autre part, il n’y a présentement au Québec absolument aucun affrontement que ce soit contre les féministes amorcé par les hommes québécois qui se laissent constamment écraser sans réagir. Un Conseil du statut de l’homme leur donnerait enfin une voix qu’ils n’ont jamais eu depuis que le féminisme existe. Les constats et propositions de ce Conseil seraient mis sur la place publique, ce qui permettrait enfin à la population de sainement et sereinement comparer les deux côtés de la médaille au lieu d’entendre toujours uniquement le son de cloche féministe forcément biaisé en faveur des femmes.

    André Lafrenaie

  • pierre-yves dubreuil, 30 décembre 2016 15h36

    Est-ce que ça ne mènerait pas ENCORE PLUS à l’affrontement et à l’atomisation de la société ?

    à la place d’un ’’conseil du droit de l’homme’’, pourquoi ne pas simplement créer un ’’ministère des genres’’, où l’on discuterait de la place de chacun...?

  • Jacques Pierre , 30 décembre 2016 11h04

    Moi ce qui m’indispose,c’est la capacité donnée aux femmes de jeter les hommes dans la rue hors de leur propre maison. Au Québec, une femme n’a qu’à faire appel à la police pour qu’un homme se retrouve dans la rue . Alors l’homme devient un petit toutou devant la femme, une sorte de carpette sur laquelle sa conjointe peut marcher et s’essuyer les pieds. Curieux que personne ne prend des dispositions pour que cela cesse.

    Jacques Pierre

  • Gilles Verrier, 29 décembre 2016 12h03

    Vous écrivez :

    « Une véritable égalité des sexes, et non une hypocrite égalité à sens unique en faveur des femmes, exige aujourd’hui que les hommes aient tout comme les femmes un ministre délégué à la Condition masculine, un Secrétariat à la condition masculine et un Conseil du statut de l’homme avec autant de fonds... »

    Bien au contraire, je crois que l’État doit se désengager du lobbying sexuel. La responsabilité de l’État est de garantir que les droits objectifs sont les mêmes pour tous : droit de vote, droit au travail, droit à l’éducation, etc. Ce qui est chose acquise au Québec.

    En allant plus loin, création de structures publiques spéciales destinées à la promotion d’un sexe (race, minorité, etc), l’État outrepasse sa mission et s’investit dans l’ingénierie sociale. Il sort de son rôle d’agent universel pour devenir l’agent d’une minorité ou d’un groupe particulier. Ainsi, les fonds publics sont utilisés pour peser sur les mentalités et changer les comportements de manière à encourager une vision particulière de la société, présentée sous la forme d’une idée intransigeante de ce que constitue « le progrès ». Or l’état ne peut jouer aux apprentis sorciers de la sorte. Il doit faire preuve de retenue, ce qui veut dire qu’il doit laisser à la société civile la liberté de trouver ses arbitrages et d’évoluer dans la continuité culturelle de ses traditions et de ses référents.

    La situation des droits étant réglée, le reste n’appartient plus à l’état. Ces institutions parasites qu’il a créées, productrices de lobbies et de bureaucraties entretenus à nos frais n’ont tout simplement pas leur place.

    Le ridicule promu par les lobbies étatiques en est rendu à exiger la parité numérique partout, niant le caractère de complémentarité naturelle de l’homme et de la femme pour les remplacer par une illusoire égalité absolue dans la forme.

    L’État qui se met au service des causes « sociétales » minoritaires et/ou particulières représente une grave dérive du sens de l’État, une descente dans la petite politique et dans le jeu des lobbies, ce qui correspond à l’effondrement de la politique pour ce qui concerne les grands enjeux du bien commun, dont l’indépendance politique, économique et sécuritaire du Québec, pour citer un exemple que tout le monde peut comprendre. C’est ce que d’aucuns appellent la féminisation de la politique.

  • André Lafrenaie, 28 décembre 2016 22h32

    M. Jean Brilland

    Je vous remercie de votre commentaire. J’aimerais réagir sur certaines idées qui s’y trouvent.

    1. Ce sont les féministes qui ont créé la plus extrême polarisation, différenciation hommes-femmes au Québec. Elles ont exclu les hommes de leurs organisations et créé comme une sorte de nation des femmes. Conjuguée à la passivité ou la bonne volonté des hommes québécois, cette stratégie a été efficace comme une machine de guerre des mieux huilées, avec le résultat qu’aujourd’hui les garçons québécois sont écrasés par les filles dans tout notre système d’éducation. Ou bien on reste comme vous dans le "politiquement correct" et on considère la société matriarcale qui a produit ce désastre pour nos garçons comme la panacée de l’histoire, ou bien, pour se défendre comme on peut, on polarise comme l’ont fait les féministes. Je choisis la seconde option car je considère qu’on n’a plus le choix devant l’évidente descente aux enfers pour les hommes québécois causée par ce féminisme et cette société matriarcale.

    2. Trouvez-vous vraiment positif que dans le futur à court terme les femmes détiennent presque tous les diplômes et que les hommes soient largement confinés à des emplois manuels ? N’y a-t-il pas là une " dégénérescence" des hommes québécois qui étaient pourtant jadis capables d’être des professionnels ?

    3. Après presque un demi-siècle de féminisme, on devrait pourtant voir un peu, il me semble, cette "solution d’égalité véritable" que vous attendez. Mais, ce que l’on constate plutôt, c’est que les garçons et les hommes québécois deviennent des citoyens de deuxième ordre dans cette société féministe et matriarcale que vous idolâtrez.

    J’aimerais bien voir comme vous la vie en rose, mais j’en suis incapable et en fait je m’y refuse. La politique de l’autruche n’est guère viable.

    Sans rancune, j’espère...

    André Lafrenaie

  • Jean Brilland, 28 décembre 2016 12h42

    Monsieur,

    J’ai fais la lecture du début de votre texte et sauté rapidement au dernier paragraphe où vous écrivez :

    "Une véritable égalité des sexes, et non une hypocrite égalité à sens unique en faveur des femmes, exige aujourd’hui que les hommes aient tout comme les femmes un ministre délégué à la Condition masculine, un Secrétariat à la condition masculine et un Conseil du statut de l’homme avec autant de fonds publics qu’elles pour étudier, analyser et améliorer leur situation et défendre leurs droits ainsi que ceux des garçons. Les femmes ont ces organismes depuis presque un demi-siècle ; les hommes y ont maintenant droit eux aussi."

    Votre texte très polarisé (femme versus homme) ne favorise pas l’émergence d’ une solution d’égalité véritable pour l’ensemble de la population (homme-femme-enfant).

    Rien de durable ne se battit dans cette polarité.

    Pour le reste, je vous invite à explorer les voies vous permettant d’investir positivement le mouvement féministe québécois, prometteur d’ailleurs, de grands changements positifs pour le Québec.

    A suivre...

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