«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les Américains jouent leur va-tout contre Poutine

Ultimatum des USA : Vladimir Poutine a 180 jours pour quitter le Kremlin

lundi 21 août

Nous vous présentons une intéressante interprétation du politologue Alexandre Roussine de la loi S722 « Pour contrer l’agression des gouvernements iranien et Russe ». Les termes utilisés sont ceux de l’auteur. Notre commentaire en fin d’article.

Dans la loi S722, le Congrès des Etats-Unis donne un délai de 180 jours à l’administration américaine pour « identifier les oligarques russes les plus influents et ceux qui participent activement à des activités de politique étrangère. Évaluer leur capital, les signes de corruption, les sources de revenus et leurs biens, y compris ceux des membres de leur famille. Analyser les structures étatiques privées, identifier les entreprises étrangères qui leur sont affiliées. » [Document en anglais et Russe, extrait de la loi S722]

La section suivante de la loi indique que le président américain devrait exiger que la Russie retire ses troupes du territoire de la Géorgie (Ossétie du Sud et Abkhazie), d’Ukraine (Novorossya et Crimée) et de Moldavie (Transnistria) – et transfèrent le contrôle des frontières aux autorités de ces pays.

Il semble évident que les informations que le Congrès demande de réunir dans les 180 jours sont en fait déjà collectées depuis longtemps ; par ailleurs il est impensable que Vladimir Poutine ordonne le retrait des troupes Russes de maintien de la paix en Ossetie, Abkhazie et Transnitrie ; en Novorossya la Russie n’a pas de troupes, et la Crimee est un territoire Russe. Toutes ces demandes cachent donc autre chose.

Selon Alexandre Roussine, cela signifie en fait que Washington donne à l’élite russe 180 jours pour prendre ses distances avec Vladimir Poutine, et donne à Poutine lui-même et à l’élite dirigeante 180 jours, pour quitter le Kremlin. Ce délai correspond à la période de la prochaine élection présidentielle en Russie.

Pour les rédacteurs de la loi S722, le Kremlin a maintenant 3 options :

1- Accepter les conditions américaines, ce à quoi ils ne croient pas eux-mêmes : Abandonner la Crimée et le soutien à la Novorossya serait considéré comme une trahison par le peuple Russe.

2- Poutine et son entourage ont la possibilité d’envoyer paître les américains, mais pour les rédacteurs de la loi S722 ce serait un acte de suicide : Lorsque l’élite commencera à perdre ses avoirs, Poutine ne restera pas longtemps à sa place. Les oligarques pourront décider de fermer les banques et les magasins qui leur appartiennent, indiquant dans leurs communiqués aux media que Vladimir Poutine en est en fait responsable. Ceci déclenchera d’énormes mouvements de rue, non pas d’activistes révolutionnaires mais de citoyens Russes ordinaires auquels les forces de l’ordre se joindraient. Vladimir Poutine ne pourra alors que se retirer.

Il reste donc la 3-ème option : Quitter le pouvoir en utilisant le délai de 180 jours pour récuperer leurs avoirs financiers.

Washington a donc mis le Kremlin devant un choix clair : Soit Poutine, son entourage et l’élite économique perdent tout – à la fois le pouvoir et leurs avoirs, soit ils abandonnent volontairement le pouvoir en sauvant leurs avoirs, dans les 180 jours.

Pourquoi Washington a-t-il donné au Kremlin un tel choix ?

Washington aurait pû décider, pour se débarasser de Vladimir Poutine, de bloquer les avoirs de toutes personnes et sociétes Russes « liées » au gouvernement, frappant ainsi l’élite Russe et la poussant à un coup d’état au Kremlin. Washington pourrait faire ceci sans difficultés d’ici janvier-février pour avoir suffisamment de temps pour promouvoir ensuite leur candidat à la présidence de la Russie.

Mais pour Washington, cette option est trop risquée, les réactions Russes seraient alors trop dangereuses en cas de blocage complet de leurs avoirs. Dans un tel cas de figure, même si l’elite écartait Vladimir Poutine, elle mettrait à sa place non pas un « Kassyanov » pro-occidental mais quelqu’un de beaucoup plus agressif et dangereux pour les pays occidentaux.

C’est pourquoi l’option « douce » a été sélectionnée, sous laquelle l’élite russe et l’élite dirigeante reçoivent un avertissement et 180 jours pour que Poutine et son entourage fassent leurs valises et quittent le Kremlin. Ceci pourrait aussi permettre à certains responsables Russes de prendre parti pour les américains qui leur donneraient ainsi l’opportunité de poursuivre leurs affaires en échange de bienveillance avec les sociétés americaines (Note de Rusreinfo : Se souvenir de l’ère Eltsine où le pays a été bradé aux sociétés américaines…). Ce délai permet donc à l’élite russe de se débarrasser de Poutine et de son entourage, dans un mode planifié, et non en d’urgence, ce qui peut prendre un caractère incontrôlable et finir par une révolution.

Les mois qui viennent devraient montrer le « moment de vérité » : Soit l’élite Russe se rassemble autour de Vladimir Poutine, soit elle le fera contre lui et pour les États-Unis. La boule est lancée, la roulette tourne avec des conséquences qui pourront secouer le monde entier.

Alexandre Roussine
https://publizist.ru/blogs/110401/19881/18

Commentaire de RusRéinfo : Nous ne partageons pas l’analyse de l’auteur : D’une part le soutien populaire massif dont jouit Vladimir Poutine préviendra tout soulèvement contre lui. D’autre part Vladimir Poutine a montré déjà lors de son entrée en fonction et dans les années qui ont suivi, sa capacité à mater les « oligarques » quand ils deviennent une menace pour la Russie.
Nous pensons que la Russie ne réagira tout simplement pas à cet ultimatum. Mais qu’un blocage total de ses avoirs à l’étranger sera considéré comme une déclaration de guerre et entrainera alors les réactions adéquates dans ce genre de situation.

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