«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

En attendant Marine...

Le grand basculement

Trump : Une menace existentielle pour le Canada

Le clivage souverainisme/mondialisme s’impose au fur et à mesure que le clivage droite/gauche perd de son sens et de sa pertinence

Editorial de Vigile
mercredi 25 janvier
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Les forces économiques, sociales, culturelles, et politiques à l’œuvre dans le monde depuis le début des années 1970 ont atteint leur paroxysme avec la crise financière de 2008.

Depuis lors, nous avons vécu en état d’équilibre précaire jusqu’à ce qu’il soit d’abord rompu en juin 2016 par le Brexit, un événement politique de première importance non pas seulement pour le Royaume-Uni, mais également pour toute la planète. Dans le cadre d’un référendum, la population britannique demandait à reprendre ses droits et exigeait de ses dirigeants qu’ils gouvernent dans son intérêt et non celui de l’establishment mondialiste.

Quelques mois plus tard, en novembre, l’outsider Donald Trump, parvenu à s’imposer comme candidat du Parti républicain contre l’establishment de celui-ci, causait surprise et consternation générales en remportant l’élection présidentielle aux États-Unis.

Quelques semaines plus tard, un autre référendum, en Italie cette-fois-ci, forçait la démission du premier ministre Renzi, proche de l’establishment mondialiste.

L’année qui s’ouvre verra la tenue de quatre scrutins importants aux Pays-Bas en mars (élections législatives), en France en mai (élection présidentielle), en Allemagne en septembre (élections législatives), et à une date encore indéterminée en Italie (élections législatives). Dans ces quatre cas, les indications disponibles pointent toutes vers une progression importante, sinon la victoire, des courants anti-establishment populistes.

Ces développements qui semblent surprendre tant de gens étaient pourtant prévisibles depuis déjà quelques années. En 1995, il y a maintenant plus de 20 ans, dans un ouvrage brillant par sa puissance d’anticipation, The Collapse of Globalism and the Reinvention of the World (L’effondrement du globalisme et la réinvention du monde, paru en français sous le titre très mal traduit La mort du globalisme) le canadien John Ralston Saul, un intellectuel de haut vol, époux de l’ancienne gouverneure-générale Adrienne Clarkson, annonçait ce que nous sommes en train de vivre en ce moment.

Voici une citation de l’auteur tirée de son texte de présentation :

« Il y a trente ans, la globalisation surgissait, balayant tout sur son passage. Ses apôtres, les néolibéraux, proclamaient que ce mouvement était inéluctable et que, pour leur plus grand bonheur, toutes les sociétés seraient désormais organisées autour d’un seul élément : l’économie. Ils nous demandaient de les croire ; nous les avons crus.

En vérité, la globalisation n’était pas une fatalité, mais une idéologie, une théorie expérimentale visant à remodeler simultanément les paysages économique, politique et social. Or, tout montre aujourd’hui que cette idéologie-là est en train de mourir. »

Le mot-clé est évidemment « idéologie ». Et comme toutes les idéologies, le mondialisme est un poison de l’esprit qui en vient à priver ses adeptes de tout sens critique et leur faire commettre les pires insanités en toute bonne conscience. Les nazis se sont illustrés par leur théorie de l’eugénisme et leur antisémitisme, les globalistes cherchent à nous imposer le multiculturalisme, le métissage des peuples, la théorie du genre, et la réingénierie sociale.

Entre la mort du globalisme annoncée par Saul et aujourd’hui, il s’est écoulé un peu plus de vingt ans. Il faut comprendre qu’un tel événement ne peut survenir qu’au terme d’une longue confrontation entre des forces puissantes dotées chacunes de leur inertie et de leur dynamique propres dans un environnement très complexe où le temps n’est qu’un facteur parmi d’autres.

Au cours des dernières années, certains événements ont pu nous laisser croire que l’heure était venue. Ainsi, la crise financière de 2008 semblait présenter au départ tous les attributs propres à déclencher la grande remise en question qui s’amorce aujourd’hui. Mais les forces du grand capital international parvinrent à reporter cette échéance de toute façon inéluctable à terme en mobilisant à leur service les grandes banques centrales qui, à coup d’injections massives de liquidités dans le système pudiquement qualifiées de mesures d’assouplissement quantitatif, ont réussi à maintenir le mort en vie quelques années.

Alors que de nombreux observateurs estimaient que le grand déclencheur serait économique, la dernière année nous a clairement fait comprendre que la pire menace au système mis en place par les globalistes est politique, à leur plus grand dam. Prenons-en pour preuve la stupéfaction et l’incrédulité des élites globalistes devant le Brexit et l’élection du Trump alors qu’elles étaient ferment convaincues d’être parvenues à neutraliser et soumettre les peuples par leur contrôle sur les institutions politiques, la narration privilégiée et les médias.

Le nouveau clivage souverainiste/globaliste

Ces élites n’étaient-elles pas parvenues à maintenir en vie bien après sa perte de toute pertinence la fiction de l’existence du clivage gauche/droite bien ancrée dans les esprits et les comportements depuis Karl Marx alors que la réalité nous démontrait qu’il s’était produit une inversion des polarités dans ce clivage ? En effet, lorsque les socialistes endossent la doxa néo-libérale, sont-ils encore de gauche, et lorsque les conservateurs prônent l’interventionnisme, sont-ils encore de droite ? Existe-t-il encore une gauche et une droite répondant aux critères des années 1960, les années de gloire du capitalisme, ou même 1990 qui a marqué l’effondrement du communisme ? Bien sûr que non. La gauche et la droite ne sont-elles pas capables d’évolution ? Certainement pas au point d’en perdre leur sens original.

D’où la confusion dans laquelle se trouve la classe politique française à la veille d’une élection présidentielle qui pourrait elle aussi se révéler pleine de surprises. Tant le Brexit que l’élection de Trump nous confirment le remplacement du clivage gauche/droite par un nouveau clivage souverainisme/globalisme comme clé d’analyse des situations politiques.

Si vous avez le moindre doute à ce sujet je vous suggère de prendre connaissance d’un projet de loi déposé au début du mois au Congrès américain intitulé H.R.193 - American Sovereignty Restoration Act of 2017 par le congressman républicain Mike D. Powers à l’instigation de la nouvelle administration. Ce projet de loi ne vise rien de moins, tenez-vous bien, qu’à permettre le retrait des États-Unis de l’ONU, et, à toutes fins pratiques, compte tenu de l’importance de la part américaine dans le financement de l’ONU et de la présence du siège de cette institution en sol américain, la disparition de l’ONU !. C’est Bernard Landry qui va être déçu, lui qui rêvait de voir un jour le drapeau québécois flotter fièrement au vent devant le siège de l’ONU à New York !

Par ailleurs, en annonçant hier le retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique et du traité qu’il soutient, Trump a clairement signifié le préjugé favorable de son administration pour les identités nationales sur le globalisme.

Trump va très loin. Il remet en question toute la structure de gouvernance mondiale et toutes les ententes multilatérales auxquelles les États-Unis sont partie. Il souhaite réduire de 40 % les contributions des États-Unis au financement des organismes internationaux.

Certains, et non des moindres, tiennent Trump responsable de la remise en question du globalisme. Ils se trompent. Trump n’a pu émerger qu’à cause de la faillite du système. Trump est la résultante de cet échec, et si ce n’était lui, il y aurait quelqu’un d’autre qui ferait exactement la même chose à la place, comme l’explique en des termes très simples cette jeune française qui vient de faire irruption sur la toile.

Pour en revenir aux présidentielles françaises, Marine Le Pen a parfaitement compris la nouvelle donne. Dans une entrevue récente sur les ondes de Radio classique, elle a déclaré « Il n’y a plus de droite et de gauche, cette fracture est artificielle. Le vrai clivage aujourd’hui, il est entre les patriotes et les mondialistes. »

Reste maintenant à voir si les Français la suivront dans cette analyse, mais l’ensemble des sondages indiquent que le Front national qu’elle dirige n’est plus le repoussoir qu’il était du temps où son père, à la tête du même parti, était parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle en 2002, et les Français n’envisagent plus sa victoire comme une éventuelle fin du monde.

Le Canada et le Québec

Au cours des dernières années j’ai commenté à plusieurs reprises l’effondrement imminent du globalisme dans des textes comme La solidarité nationale, seul rempart contre l’effondrement du système en avril 2011, Démondialiser, et vite ! Ça urge ! en janvier 2013, Le retour en force du nationalisme économique en mars 2014 qui a servi de base à une conférence prononcée à Gatineau à l’invitation d’un organisme local, et quelques autres. Je me permets de tirer de ces textes certains passages qui résument exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons et les défis auxquels nous sommes confrontés.

Il faut lire l’excellent essai de John Ralston Saul paru en 2005 sous le titre The Collapse of Globalism and the Reinvention of the World pour comprendre que la fin du dix-neuvième siècle et les tout débuts du vingtième avaient déjà été les témoins d’une importante vague de mondialisation qui avait fini par se briser sur les récifs acérés de la Première Guerre mondiale .

L’entre-deux guerres n’allait pas se révéler très propice à la reprise du courant de mondialisation, et il faudra attendre les années qui suivront la Deuxième Guerre mondiale pour que les efforts de reconstruction nécessaires en Europe et le leadership américain remettent cette idée à l’ordre du jour.

Le mouvement s’accélèrera dans les années 1960 et connaîtra une importante progression dans les années 1980 avec la réalisation par les pays développés que leur appareil industriel était de plus en plus empêtré dans un carcan législatif et réglementaire qui alourdissait leurs coûts et les exposait à la concurrence croissante de pays en voie de développement ou du tiers monde non assujettis à ces mêmes contraintes.

Celles-ci étaient principalement de deux ordres, environnemental et social.

Sur le plan environnemental, les entreprises étaient de plus en plus nombreuses à se retrouver en fin de cycle d’investissement et à devoir moderniser leurs équipements et installations au moment même où elles se trouvaient confrontées à la nécessité de nettoyer leurs sites - dont certains étaient en opération depuis des décennies - avec tout ce que cela suggère comme pollution accumulée à des époques où les préoccupations environnementales n’existaient tout simplement pas ou étaient beaucoup moins intenses.

Simultanément, elles devaient investir dans de nouvelles technologies beaucoup plus coûteuses pour répondre à des normes beaucoup plus rigoureuses et, chacune pour des raisons différentes, n’avaient tout simplement pas la capacité financière de poursuivre leurs activités. La tentation d’y mettre fin ou de les délocaliser vers des cieux plus cléments devenait très forte.

Sur le plan social, les entreprises devaient répondre à des demandes de plus en plus exigeantes sur le plan salarial tout en étant confrontées à une avalanche de nouvelles normes en matière de santé et sécurité au travail qui gonflaient leurs coûts. Encore là, la pression à la cessation des activités ou à la délocalisation devenait irrésistible.

Les entreprises qui choisissaient de délocaliser devaient d’abord s’assurer qu’elles ne perdraient pas l’accès aux marchés dans lesquels elles cessaient de produire. Elles déployaient donc une intense activité de lobbying auprès des États et des instances internationales chargées d’encadrer le commerce international pour que soient abaissées toutes les barrières tarifaires et non tarifaires qui pouvaient encore exister pour limiter leur accès aux marchés ou alourdir leur structure de coûts.

Les pays les plus touchés par ce phénomène d’exode s’étaient laissés convaincre par leurs élites économiques que leur dynamisme allait favoriser l’apparition de nouvelles activités qui remplaceraient éventuellement celles qu’ils perdaient, et le fait est que, pendant quelques années, surtout à partir du milieu des années 1980, l’essor fulgurant de l’industrie des services financiers allait faire illusion, au point que l’on constaterait au début des années 2000 un renversement presque symétrique de la proportion respective de la contribution des services financiers et du secteur manufacturier au PIB de ces pays.

Parallèlement à ce processus de financiarisation des économies, les effets de leur désindustrialisation commençaient à se manifester assez durement, notamment dans l’effondrement des classes moyennes qui avaient pu prendre leur envol à la faveur de l’industrialisation, et qui se retrouvaient maintenant victimes de la désindustrialisation.

Commençaient également à apparaître de plus en plus souvent des bulles spéculatives qui, en éclatant, provoquaient d’importants effets déstructurants. Ce fut tout d’abord le cas de la bulle des titres technologiques au début des années 2000, puis celle, beaucoup plus grave encore, de l’immobilier résidentiel aux États-Unis, exacerbée aussitôt par la crise de la titrisation des crédits hypothécaires à risque (subprimes), qui allait à son tour agir comme déclencheur de la crise financière de 2008.

Six ans plus tard, cette crise n’est toujours pas jugulée. La solution retenue pour en venir à bout, l’assouplissement monétaire quantitatif, un euphémisme qui décrit tout simplement le recours débridé à la planche à billets, ne fonctionne pas. L’injection massive de liquidités dans l’économie mondiale par les banques centrales ne parvient tout simplement pas à repartir le moteur de la croissance, et les États s’endettent de plus en plus.

Intimidées par le monstre qu’elles ont créé, les banques centrales tentent de se sortir sur la pointe des pieds du pétrin dans lequel elles se sont fourrées, jusqu’ici sans succès, pendant qu’apparaissent, à tous les niveaux et dans tous les domaines, des signes graves de dysfonctionnement que la peau de chagrin qui fait office de croissance ne parvient plus à masquer.

Le monde est entré dans une phase de désordres (politiques, économiques, sociaux et culturels) particulièrement aiguë qui constitue généralement le prélude à de grands bouleversements. Et comme si cela ne suffisait pas, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, se pose aussi la question du sort de la planète.

Les années qui viennent s’annoncent les plus turbulentes depuis plusieurs générations.

Une chose est cependant certaine, le projet de gouvernance mondiale élaboré par des élites non élues en différents endroits du monde n’y survivra pas car sa mise en place, à ce jour inachevée, est à l’origine de plusieurs des désordres auxquels la terre toute entière est désormais confrontée.

Et la précipitation qu’elles mettent actuellement, à coup d’ententes de libre-échange toujours plus ambitieuses et réductrices des pouvoirs nationaux, pour tenter de fixer leurs acquis pour le monde d’après, a quelque chose de franchement pathétique devant la puissance des forces qui s’apprêtent à se déchaîner.

Lorsque la poussière sera retombée, il faudra reconstruire, et les États Nations seront la seule base sur laquelle il sera possible de le faire, comme l’ont démontré les expériences précédentes évoquées dans l’ouvrage de John Ralston Saul cité au début de cet article.

Au fond, il s’agira pour ceux-ci de se réapproprier leur présent dans l’état qu’ils le retrouveront, et, sur des bases nécessairement démocratiques parce que ce seront les seules capables de favoriser la mobilisation de leurs populations et le développement des solidarités essentielles à la relance de leurs économies, de définir leur avenir à partir d’une vision largement partagée.

Et de mon texte sur la solidarité nationale, je tire ce court extrait :

Cela dit, l’instinct de survie nous dicte que dans une situation de l’ampleur de celle que nous allons vivre, le chacun pour soi n’est pas la solution à privilégier, et qu’au contraire, nous ne parviendrons à nous en sortir que par la solidarité. Or cette solidarité n’est pas mondiale. Les intérêts sont trop divergents. Elle n’est pas non plus continentale pour les mêmes raisons.

En fait, cette solidarité n’est possible qu’en se repliant sur la plus petite entité collective suffisamment homogène et disposant d’un territoire, de ressources et d’une identité commune par la langue et la culture, qui soit capable de rendre des arbitrages susceptibles d’avoir une certaine chance d’être acceptés. En effet, en temps de crise, on n’est pas solidaire avec n’importe qui. Les événements présentement en cours dans le monde en sont la meilleure illustration. Et plus les exigences de solidarité seront grandes, plus la cohésion devra être grande.

Cette solidarité ne peut donc être que nationale, n’en déplaise aux thuriféraires du fédéralisme, du multiculturalisme, du nouvel ordre mondial, de la « nouvelle » droite « lucide », ou de toute autre fadaise destinée à mystifier les honnêtes gens pour mieux les exploiter.

Le Canada

Dans un tel contexte, le Canada, ce pays qui a beaucoup trop de géographie et de gouvernements pour ce qu’il a de population, est également tiraillé entre un nombre relativement petit de très gros intérêts privés qui cherchent à exploiter ses ressources à leur profit, et l’obligation d’assurer des services à une population disparate que la diversité des besoins, les différences d’origine et de culture, les rancunes historiques, les méfiances réciproques, et l’éparpillement sur son vaste territoire rendent particulièrement difficile à identifier de manière consensuelle, et à satisfaire autrement qu’en en reportant le coût sur les générations futures.

Dans une conjoncture économique mondiale favorable, le Canada « pète le feu ». Lorsque ce n’est pas le cas, le Canada traîne la patte comme un canard blessé. Depuis quelques années, la croissance économique stagne, non seulement parce que le Canada a fait des mauvais choix, notamment en délaissant le secteur manufacturier pour miser plutôt sur l’exploitation pétrolière et le développement de son secteur financier.

Non seulement le coût du pétrole canadien est-il l’un des plus élevés de l’industrie, mais ce pétrole est-il en plus enclavé en Alberta et en Saskatchewan, et l’infrastructure de transport existante est incapable d’acheminer aux marchés toute sa production. D’où les projets de pipelines vers la côte ouest, le golfe du Mexique, et la côte atlantique à travers le Manitoba, l’Ontario et les Maritimes.

Face aux énormes dégâts environnementaux causés par son exploitation et aux risques environnementaux associés à son transport, l’industrie éprouve énormément de difficultés à obtenir l’acceptation sociale nécessaire à la réalisation de ses projets.

Si la décision de l’administration Trump de lever les objections du gouvernement des États-Unis à la construction du pipeline Keystone XL depuis l’Alberta jusqu’au Golfe du Mexique peut à priori sembler une bonne nouvelle, le Canada doit se garder de se réjouir trop tôt car il pourrait y avoir très loin de la coupe aux lèvres.

En effet l’annonce de cette décision a immédiatement déclenché un tollé de protestations aux États-Unis de la part des agriculteurs riverains susceptibles d’être affectés par cette construction, des peuples autochtones dont les territoires seront traversés, et des milieux environnementaux. Par ailleurs, on s’interrogera sûrement sur la pertinence et la rentabilité du projet Énergie-Est advenant la construction du pipeline Keystone XL.

Au cours des deux dernières années, l’industrie pétrolière a également été frappée par une très forte baisse des prix (près des deux tiers). Si la situation s’est légèrement améliorée ces derniers mois, nous sommes encore très loin des prix nécessaires à assurer la rentabilité de l’exploitation du pétrole bitumineux de l’Alberta ou du pétrole lourd de la Saskatchewan.

L’industrie pétrolière étant très gourmande en capitaux, ses problèmes se sont rapidement répercutés sur le sectaire bancaire canadien aux prises avec des prêts non performants. Les banques sont donc en train d’alléger leur structure de coûts pour leur permettre d’absorber leurs pertes en les étalant le plus possible dans le temps pour que leurs résultats trimestriels et leur cours boursier s’en ressentent le moins possible.

Le Canada est également dépendant des États-Unis pour son commerce extérieur. La décision de Trump de remettre en question l’ALENA aura des conséquences dont on peut déjà être certain qu’elles écorcheront le Canada dans une mesure plus ou moins grande. Les positions de Trump sur le rapatriement aux États-Unis des activités manufacturières liées au secteur de l’automobile ne sont pas une bonne nouvelle.

Il faut aussi se demander si, dans le nouveau contexte international et les difficultés politiques actuelles de l’Union Européenne, l’Accord économique global Canada/Europe pourra obtenir les ratifications requises pour survivre à sa mise en oeuvre partielle et provisoire prochaine.

À ces problèmes de conjoncture s’en rajoute un autre, structurel celui-là, le vieillissement de la population, qui se traduit dans l’économie par un fort accroissement du coût des services qui leur sont offerts, essentiellement la sécurité du revenu et les soins de santé. Le souque à la corde qui en résulte entre le gouvernement fédéral et les provinces risque d’autant plus de déboucher sur un affrontement majeur, et même une crise constitutionnelle, si la croissance demeure anémique alors que les coûts grimpent à une vitesse accélérée.

Enfin, sur le plan politique, il ne peut y avoir pour le Canada de plus grande menace qu’un président des États-Unis qui se déclare ouvertement souverainiste. Jamais la classe politique canadienne n’a pensé un seul instant qu’une telle situation puisse se présenter et il sera très intéressant de voir comment elle se positionnera, coincée qu’elle se retrouve entre le souci de ne pas s’aliéner son principal partenaire commercial et le besoin de justifier et réaffirmer sa vision politique pour le pays. Comme cadeau du 150e de la part de son seul voisin et plus grand partenaire d’affaires, c’est réussi !

La situation du Canada n’est donc pas bonne, et, en cette année où ce pays fête le 150e anniversaire de son régime fédéral, il est ironique de voir à quel point il repose sur des bases fragiles.

Le Québec

Reste le cas du Québec. Je reviens d’abord avec un extrait d’un texte cité plus haut qui date de 2014 :

Un simple survol de sa situation nous permet déjà de voir à quel point [le Québec] est avantagé en partant.

En effet, il s’agit d’un pays à l’histoire encore relativement récente et à la population assez homogène malgré les efforts de certains pour la métisser, qui possède un territoire immense encore largement sous-développé. Traversé d’ouest en est par le Saint-Laurent qui constitue le déversoir des Grands Lacs du Midwest états-unien, il occupe de ce fait une position stratégique de première importance sur le continent nord-américain.

Il est particulièrement avantagé sur le plan des ressources, à commencer par la plus essentielle, l’eau. L’eau, l’or bleu, fait tellement partie du quotidien des Québécois qu’ils ont tendance à oublier que le Québec renferme à lui seul plus de 3 % des réserves mondiales d’eau douce alors que sa population ne représente qu’environ 0,15 % de la population du globe. C’est sa plus grande richesse, et celle-ci va exciter des convoitises de plus en plus grandes au fur et à mesure que ses voisins vont épuiser leurs propres réserves, un processus déjà largement amorcé.

L’eau, c’est évidemment l’hydro-électricité dans la production de laquelle le Québec est un leader mondial, mais c’est aussi la source la plus commune d’hydrogène, utilisé à l’heure actuelle comme carburant pour propulser les fusées, et appelé à remplacer dans l’avenir les carburants de source fossile, avec l’électricité.

De plus, la liste des ressources du sol et du sous-sol québécois est l’une des plus impressionnantes qui soit sous nos latitudes, et le fait qu’elles soient renouvelables ou encore largement inexploitées confère au Québec d’importants avantages stratégiques dans l’orchestration de son développement, pour peu qu’il en soit le maître.

Alors que bien des pays sont confrontés à des défis qui mettent en cause leur capacité de survivre sur le plan économique, celui du Québec est de se développer. Il n’est donc guère surprenant que ses ressources excitent tant de convoitises et que de gros intérêts cherchent par tous les moyens, et notamment des moyens occultes, à l’en déposséder, comme je l’ai démontré dans mes trois derniers ouvrages.

Dans le contexte mondial actuel, le Québec est également favorisé par certaines de ses expériences encore récentes en termes historiques. En effet, peu de pays ont eu la chance de se développer comme le Québec l’a fait en utilisant au maximum le potentiel d’instruments collectifs comme le coopératisme à travers le Mouvement Desjardins pour s’en tenir au plus important.

Il faut aussi regarder comment le Québec, en nationalisant l’hydro-électricité à la faveur de la Révolution tranquille et en en confiant la gestion à Hydro-Québec, est parvenu à se doter d’un instrument puissant de développement que l’ancien premier ministre René Lévesque, l’un des principaux artisans de cette révolution, n’hésitait pas à qualifier de navire amiral de l’économie québécoise.

En créant un géant financier entièrement sous contrôle québécois, la collectivisation, à la même époque, de la gestion des fonds de retraite du secteur public sous le parapluie de la Caisse de dépôt et de placement a également permis de canaliser une partie de cette épargne dans le développement et le rayonnement de l’économie québécoise.

Si certaines des initiatives lancées dans la foulée de la Révolution tranquille n’ont pas toutes connues le même succès ou ont même connu certains déboires comme SIDBEC, ou carrément l’échec comme la Société nationale de l’amiante, d’autres comme la SGF, SOQUEM, SOQUIA, SOQUIP, la SAQ, REXFOR ou la SAAQ, sont associées à nos plus belles réussites sur le plan économique, et à l’émergence d’une classe d’entrepreneurs et de gestionnaires authentiquement québécois et francophones de calibre mondial.

Il y a donc eu quelque chose de consternant et d’incompréhensible dans l’acharnement du gouvernement Charest au cours de son mandat à démanteler ou affaiblir un appareil qui a si bien servi les intérêts du Québec et des Québécois au fil des cinquante dernières années, à moins de conclure qu’il agissait au bénéfice d’intérêts autres que ceux qu’il avait mandat de servir.

Quoi qu’il en soit, les défis qui confrontent aujourd’hui le Québec dans le contexte de la crise financière mondiale - qui perdure et qui menace de prendre de l’ampleur - vont l’obliger à se doter d’un nouveau coffre à outils comme celui de la Révolution tranquille, dans le même esprit.

À cet égard, il était intéressant d’entendre, au moment de la publication des résultats de la Caisse de dépôt pour l’exercice 2013, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain suggérer que la Caisse revienne à un mode un peu plus interventionniste. Les gens d’affaires - les bâtisseurs, pas les prédateurs - ont senti le vent tourner et ils savent bien qu’ils ne parviendront pas à survivre sans l’appui de l’État québécois. Et quand on a besoin de l’aide de l’État, il faut qu’il soit en mesure d’agir avec toute l’envergure dont il est capable.

Pour sa part, sans avoir pleinement intégré la nouvelle réalité politico-économique, la population québécoise sent bien que les choses ne sont plus tout à fait les mêmes et que les prétendues « solutions » des dernières années ont fait long feu.

Mais depuis l’avènement du gouvernement Couillard, le Québec vit à l’heure du néolibéralisme, le pilier économique sur lequel repose l’idéologie globaliste. La déconstruction qui en résulte dans tous les secteurs est affligeante. Mais la pire sans doute est celle de la conscience nationale qui seule est capable de garantir notre survie comme peuple francophone d’Amérique maître de son destin et dynamique.

Philippe Couillard n’est pas un Québécois, c’est un Canadien-français. Il ne se voit pas en chef d’État, il est très heureux de son statut de premier ministre provincial. Pour lui, le Québec est une province comme les autres, et s’il n’en tenait qu’à lui, il signerait la Constitution de 1982 demain matin.

Son réveil va être brutal car tous les principes auxquels il croit vont être remis en question dans les années qui viennent. Le premier à l’interpeller durement est le nouveau président des États-Unis, Donald Trump. Personne ne peut être plus aux antipodes de Philippe Couillard que Donald Trump. Couillard est un homme de réseau, Trump est un loup solitaire. Couillard est globaliste à l’extrême, Trump est nationaliste avec la même intensité. Couillard croit aux vertus du laissez-faire, Trump est farouchement et même férocement interventionniste, et ainsi de suite.

L’irruption de Trump sur la scène politique mondiale à la tête d’un pays aussi important pour le Canada que les États-Unis avec son agenda et ses positions nationalistes brouille complètement le jeu de Couillard comme de tous les larbins du globalisme à la remorque des États-Unis. Le roc sur lequel ils croyaient reposer vient de s’évanouir sous leurs pieds. La légitimité qu’ils en tiraient aussi.

Psycho-rigide, Couillard va avoir énormément de difficulté à retrouver ses marques et va tout miser sur un départ rapide de Trump, ce qui lui évitera de remettre en question ses propres positions. Déjà sur la défensive pour sa gestion, il va maintenant se retrouver sur la défensive pour ses principes, à condition bien sûr qu’on lui en souligne les failles, ce qui n’est pas assuré compte tenu des positions exprimées par Jean-François Lisée, le nouveau chef du Parti Québécois, sur les bienfaits de la mondialisation et les mérites d’Hillary Clinton dans la course présidentielle que Trump a remportée.

Il ne reste plus qu’à attendre le résultat des présidentielles en France pour découvrir comment la classe politique québécoise s’orientera. Il est cependant très clair qu’une victoire de Marine Le Pen, désormais possible, la forcerait à de profonds ajustements, et que le discours souverainiste retrouverait une actualité et une résonance qu’il a perdu au cours des vingt dernières années.

J’ai déjà écrit que le Québec ne pourrait devenir indépendant que si la conjoncture était favorable, interne comme externe. La conjoncture externe est désormais favorable, ce qui n’était le cas ni en 1980, ni en 1995.alors que la conjoncture interne était seule à être favorable. Aujourd’hui, c’est sur la conjoncture interne qu’il faut s’interroger.

Commentaires

  • Yves Legault, 4 février 13h21

    Enfin !
    Une synthèse for compète et détaillée des tendances applicable à l’échelle planétaire, qui explique bien des événements depuis au moins 40 ans.

    J’ai tendance à penser que Ronald Reagan et Margaret Tatcher furent les premiers dirigeants à supporter activement la financiarisation du monde.

    Si on compare les quantités d’argent brassé par l’activité financière et par l’activité manufacturière, on constate que, en 1998, la finance est 100 fois plus grosse que la manufacture... Dois-je faire un dessin à quelqu’un pour qu’il arrive à figurer qui dirige le monde maintenant ?

    Or...

    D’où nous vient 100% de ce que nous avons besoin pour vivre ?
    De la manufacture !
    Nourriture, vêtements, maison, essence, livres, hôpitaux, etc.

    D’où nous vient presque 100% de tous les maux de la société ?
    Du monde de la finance !
    Guerres, rationnement, pollution, désinformation, esclavage, maladie, pauvreté, etc.

    Nous vivons maintenant dans un monde ou la finance décide !
    Pourquoi, alors, quelqu’un parle t-il encore de démocratie ?
    La finance qui décide, c’est une ploutocratie oligarchique, un cancer qui, s’il n’est pas maîtrisé, va détruire le monde entier.

  • Pierre Bourassa, 4 février 09h24

    TRUMP CONTRE LES GLOBALISTES
    http://www.entrefilets.com/

    ’’ La panique est totale, l’angoisse cosmique. Trump va-t-il faire exploser la planète ? Provoquer la disparition des espèces ? Celle de notre galaxie dans un immense trou noir ? Va-t-il détruire l’univers ? Pire ! Rendre accidentellement sa liberté à l’Europe ? Toute la vertueuse élite globaliste, ses merdias et son internationale progressiste sont littéralement saisis d’effroi devant le gouffre d’incertitudes qui vient de s’ouvrir. Alors on gronde, s’offusque, on appelle même à l’assassinat de l’importun et, dans l’intervalle, on manifeste bruyamment son secret désir de revenir en arrière, de rétablir la caste certes génocidaire mais ô combien rassurante d’avant : des Clinton, des Bush ou même de l’inénarrable Obama qui, en embuscade, semble attendre son heure à la manière d’un président légitime qui aurait été renversé par on ne sait quel coup d’Etat. Bref, le monde entier est au diapason : Trump le déplorable doit disparaitre pour que la cash-machine de l’oligarchie planétaire des globalistes puisse continuer à fonctionner. ’’
    La suite...
    http://www.entrefilets.com/

  • Hostie, 30 janvier 12h03

    si je dis à nos amis québécois qu’on dirait parfois que le québec est à l’acadie ce que la belgique est à la France, et qu’abandonner l’immensité canadienne à environ la province d’ottawa c’est manquer d’ambition ils me répondent quoi ?

  • Olivier MONTULET, 30 janvier 10h56

    On oppose les globalistes aux souverainistes.
    Je pense que plutôt, pour la plus par des anti-mondialisation, on devrait y voir une autre opposition. Celle entre, d’une part, la mondialisation néolibérale par la dérégulation du commerce, des services et de la finance et, d’autre part, une ouverture au monde qui admet une régulation garantissant la protection des peuples, cultures et environnement mais aussi une redistribution égalitaire des richesses et un contrôle démocratique local de cette régulation loin de tout individualisme et de la toute puissance administrative.
    Je ne suis pas convaincu que les dits souverainistes souhaitent le replis sur soi.
    Cette dénonciation du replis sur soit (contenu dans le terme même de souverainiste) n’est qu’une tentative, de plus, de discréditer ceux qui refusent le dogme de l’establishment.

  • JBL1960, 30 janvier 09h31

    « Quand nous disons aux colons : ‘rendez-le’, voulons-nous dire que nous voulons qu’ils nous rendent le pays et qu’ils s’en aillent ? Non. Ceci n’est pas la vision de nos peuples. Lorsque nous disons ‘rendez-le’, nous parlons de ce que les colons établis montrent du respect pour ce que nous partageons, la terre et ses ressources et corrigent les torts en nous offrant la dignité et la liberté qui nous sont dues et nous rendent notre pouvoir et suffisamment de terre pour que nous soyons totalement auto-suffisant en tant que nations… […] La restitution est purification. […] Il est impossible de soit transformer la société coloniale de l’intérieur de ses institutions ou de parvenir à la justice et à une coexistence pacifique sans transformer fondamentalement les institutions de la société coloniale elles-mêmes. Simplement, les entreprises impérialistes opérant sous le déguisement d’états démocratiques libéraux (NdT : USA, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Mexique, tous les pays d’Amériques centrale et du sud…) sont par construction et culture, incapables de relations justes et pacifiques avec les peuples autochtones. Le changement ne se produira que lorsque les colons seront forcés à reconnaître ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont hérité ; alors seulement ils ne pourront plus fonctionner comme des coloniaux et commenceront à respecter les autres personnes et à les considérer comme des êtres humains… »

     Taiaiake Alfred, professeur de science politique, université de Victoria, CB, Canada, nation Mohawk, 2009

    Vous oubliez là, les Natifs, les Indigènes, les Autochtones qui existent bel et bien et qui ne vous ont jamais cédé leurs terres. Quand vous vous tournerez vers eux pour enclenchez un nouveau paradigme débarrassé de toute idéologie coloniale, on vous prendra au sérieux ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/01/28/ni-conquis-ni-subjugues/
    JBL1960

  • Jean-Louis Pérez-Martel, 26 janvier 20h13

    Donald Trump face à la perfide Albion et au Front commun des mondialistes

    La nouvelle première ministre du Brexit et les lobbyistes-cientifiques de l’ apocalypse qui ne veulent pas se décrocher de ce monde de mensonges, de saccages organisés des fonds publics, de Dettes illégales, gouvernements traîtres, antipatriotes, imposteurs et de régimes théocratiques financiers du terrorisme islamiste, sont résolument déterminés à vouloir préserver leurs privilèges des castes dans la fonction publique ou dans le secteur privé subventionné au détriment du bien-être des classes moyennes :

    Theresa May met en garde l’Amérique contre Poutine
    http://www.lapresse.ca/international/europe/201701/26/01-5063457-theresa-may-met-en-garde-lamerique-contre-poutine.php
    *
    L’horloge de l’apocalypse avancée plus près de minuit
    http://www.lapresse.ca/sciences/201701/26/01-5063340-lhorloge-de-lapocalypse-avancee-plus-pres-de-minuit.php

    ***

    JLPM

  • Jean-Louis Pérez-Martel, 26 janvier 17h32

    Quel manque d’information historique sur les visées géopolitiques de Napoléon

    « Napoléon a commis l’erreur de croire que l’avenir du monde ne se jouait qu’en Europe… » Gilles Verrier

    Cet extrait de mon article intitulé L’Histoire écrite par les vaincus* pourra aider à mieux faire comprendre pourquoi le Bas Canada (Québec) ne fut pas abandonné à son sort ni libéré par la France. Et tout particulièrement par Napoléon Bonaparte en raison du Front commun des monarchies absolutistes qui étaient contre son plan d’en finir avec ces monarchies féodales :

    *. De ces vaincus il y a ceux qui composent la famille des Martel, dont je suis l’un d’eux (l’auteur de cet article), descendant de la lignée de ma grand-mère qui fut la petite-fille du jeune brigadier Jean-Louis Martel venu en Espagne en 1813 pour libérer les espagnols de l’oppression absolutiste des Bourbon lors de la Guerre d’Indépendance (1807-1813). Ce valeureux soldat faisait partie des troupes napoléoniennes qui ont envahi le territoire de la péninsule Ibérique pour défendre la première Constitution libérale du monde qui fut votée par les Cortes de Cadix (Andalousie) en 1812 par les constituants réunis à Saint Philippe Néri (dénommée La Pepa , cette Constitution établissait le suffrage universel, la liberté de presse, abolissait l’Inquisition, accordait la répartition des terres et la liberté d’exercer le commerce et l’industrie, entre autres dispositions socio-économiques et politiques). Cette Guerre d’Indépendance fut aussi entreprise en conséquence de la terrible défaite franco-espagnole de Trafalgar en 1805, dans le golfe de Cadix dominé par les Anglais à partir de la forteresse du Rocher de Gibraltar. Napoléon, confronté à l’armée britannique en Espagne, commandée par le général Irlandais Arthur W. Wellington défendant la monarchie absolutiste de Charles IV d’Espagne, voulait chasser les troupes britanniques d’Espagne pour s’emparer de Gibraltar et par la suite en finir avec la tutelle (sorte de protectorat) que les Anglais exerçaient sur le Portugal, afin de pouvoir à son tour dominer l’océan Atlantique, ce qui donnerait le contrôle et la défense des colonies d’outre-mer. Dans ce contexte de rivalités entre des pouvoirs absolutistes et des mouvements pour les abolir, comme ceux prônés par ladite Constitution, Ferdinand VII a détrôné son père Charles IV, forçant celui-ci à abdiquer. De plus, il fit appel aux monarchies européennes pour qu’elles organisent des hordes de mercenaires qui composeraient le corps expéditionnaire dénommé les Cent Mil Fils de Saint-Louis , hordes commandées par le duc d’Angoulême, fils de Charles X de France, nommé commandant en chef de l’armée des Pyrénées (dénommée Sainte-Alliance et formée par la Russie, la Prusse, l’Autriche et la France, pour restaurer l’absolutisme en Espagne)(8). Cette Sainte-Alliance composée de mercenaires Suisses, Basques, Navarrais, Russes, Français…, est venue en 1823 à la rescousse du parjure et félon roi Ferdinand VII d’Espagne qui n’avait pas respecté l’allégeance faite à la Constitution de Cadix, laquelle il révoqua en 1814. Par ces faits cet autre Bourbon devint un autre traître de la liberté démocratique des espagnols et qui, en remportant cette bataille contre la souveraineté politique de tout un peuple, mit par la suite des méthodes expéditives telles les crimes d’État, des prélèvements d’impôts illégaux et le rétablissement de l’Inquisition (1814) entre tant d’autres moyens d’extermination… Cette période fut dénommée la Décennie Abominable (1823-1833).

    ***

    JLPM


    Note. Pour en savoir davantage sur cette période des conflits armés visant la domination du Monde, veuillez consulter http://vigile.quebec/L-Histoire-ecrite-par-les-vaincus

  • Mario Goyette, 26 janvier 16h17

    Les américains vont payé chèrement un jour les fâcheuses conséquences d’un excès de confiance de leur président, additionné d’une grave sous-estimation des capacités de nuire de l’adversaire.

  • Gilles Verrier, 26 janvier 14h21

    Une erreur géographique commune s’est glissée, tant répétée qu’elle nous fait peut-être voir un monde un peu déformé.

    « Comme cadeau du 150e de la part de son seul voisin et plus grand partenaire d’affaires, c’est réussi ! »

    Or, le Canada a deux voisins d’importance : Les États-Unis et la Fédération de Russie. À l’heure des communications satellites, de l’internet, de la navigation circumpolaire, de l’exploitation des ressources arctiques, il ne faudrait pas oublier qu’une ligne imaginaire tracée à quelque part à travers le Canada se trouverait à égale distance entre les États-Unis et la Russie. Pour agir correctement dans le monde, c’est peut-être avec cette image inhabituelle mais plus réelle qu’il faut penser la géopolitique.

    D’ailleurs, le Canada ne manque pas de « mal se penser » lui-même. Quand les patrons de l’OTAN lui demandent d’envoyer des troupes aux frontières de la Russie, c’est en déplaçant ses forces latéralement, d’ouest en est, qu’il y répond : il pense Ukraine et pays baltes, laissant dégarnie sa paisible frontière nord. Comme la « menace russe » a toutes les apparences d’être plus de l’ordre médiatique et politique que réelle, la frontière nordique du Canada peut bien restée ignorée et sans défense sans que personne ne s’énerve.

    Napoléon a commis l’erreur de croire que l’avenir du monde ne se jouait qu’en Europe ; il ne faudrait pas croire, à notre tour, que l’avenir ne se trouve qu’au Sud, même s’il s’agit de notre plus important partenaire commercial.

  • Jean-Louis Pérez-Martel, 26 janvier 12h31

    Pourquoi il faut stopper définitivement l’immigration musulmane afin de faire face à la mouvance islamiste en Occident :

    Vaste coup de filet en Autriche, 14 djihadistes arrêtés
    http://www.lapresse.ca/international/europe/201701/26/01-5063321-vaste-coup-de-filet-en-autriche-14-djihadistes-arretes.php

    ***

    JLPM

  • Lise Reid, 26 janvier 11h50

    Les québécois-ses- surtout les politiques, devraient vous lire pour comprendre le phénomène - Trump - ,au lieu de beugler comme des échotiers.

  • P.BouchFournier, 26 janvier 00h31

    Le climat international est plus favorable à l’indépendance nationale des peuples par l’effet du Brexit, de l’administration Trump qui s’engage sur la prospérité américaine plutôt que sur la liberté complète de circulation des personnes, des capitaux et des entreprises.

    Ici au Québec, nous savons par Richard Lehir, Mathieu Bock Côté et quelques autres que le sentiment souverainiste intérieur est affaibli grandement. Que tout comme dans les années 50, il faut attendre le changement qui se met en place aux É.U et en Europe pour que cette influence extérieure ait son mot à dire sur la majorité des Québécois.

    Dans les années 50, le Québec urbain catholique était en décalage contre l’Europe et une Amérique résolument tournés vers le progrès politique et économique dans le contexte de l’après guerre mondiale.

    Aujourd’hui, le Québec a une conscience nationale affaiblie davantage encore qu’à l’époque de l’autonomisme conservateur de Duplessis qui a ses réussites dont l’imposition à Québec et de nous redonner le drapeau fleur de lysée ; le Québec actuel se voudrait chez ses jeunes en majorité une vitrine de la culture de la différence, des individus sans point d’encrage pendant qu’un patriotisme souverainiste plus ou moins conservateur surgit en France comme en Europe de l’Ouest face à un multiculturalisme qui donne du souffle au pire des conservatismes réactionnaires : l’islam à empreinte salafiste fondamentaliste. Tout comme le néo-souverainisme en Europe se confronte à la chape de plomb fédéraliste que l’Union européenne impose à force de référendums trahis, de traités pour oligarchie, de partis politiques majoritairement livrés aux grandes banques et au capital financier apatride.

    Le Québec un peu éloigné des grands mouvements du monde par sa situation de dépendance périphérique à Ottawa qui continue l’ancien colonialisme britannique depuis 1763. Le Québec comme précédemment dans l’histoire doit voir pendant un certain temps les nouvelles tendances, les acteurs politiques du changement afin de se faire convaincre que le changement est possible.
    Chez un Jean François Lisée, un François Legault lui on s’y attend un peu plus, il ne faut hélas surtout pas changer les conceptions classiques qui déterminent le débat politique.

    L’immigration est un des premiers tabous, y toucher serait une atteinte aux droits humains comme à l’économie parce qu’à tort on la voit comme un simple renouvellement de la population comme si le peuple d’origine était une matière plastique facile à modeler ou à défaire.

    La grande compétition des marchés et la liberté d’échange totale sur la surface de toute la planète sont devenus des dogmes quasi religieux qu’il ne faut pas toucher non plus et que ni Lisée ni Legault n’ont envie d’y toucher pendant que Trump président fera ces expérimentations qui sont celles de l’intérêt national et que le PQ devrait saisir.

    JFL pense a inciter à l’achat de produits du Québec, sa stricte réponse positive mais en stricte réciprocité mécanique aux intentions protectionnistes de Trump.

    Le PQ de Lisée doit comprendre qu’avec Trump, il reçoit et recevra si l’administration Trump garde le cap, une leçon de SOUVERAINETÉ NATIONALE qui consiste à l’acceptation qu’une centaine de gouvernements nationaux et plus travaillent à l’intérêt national de leurs peuples et que ce ne sont pas le FMI, l’OMC, Amnesty international, l’ONU et autres organismes ou ONG qui s’occuperont du bonheur des peuples en se rappelant en plus comment des milliardaires comme G.Soros peuvent prendre le contrôle total ou partiel de ces organismes, voire organismes de tout type afin d’imposer le projet ultime d’une gouvernance par un seul centre de décision et hyper favorable aux grandes entreprises. Ces choses se comprennent de plus en plus en France malgré la puissance des médias globalistes à Paris comme partout.

    Au Québec, on commence seulement à comprendre ce qui est en arrière du vote pour le Brexit et ce qui arrive avec le président Trump pendant que nos partis, nos médias davantage encore jouent le jeu de diaboliser ce qui arrive en Occident depuis 16 mois.
    Radio Canada et même TVA en première diffusion télévisuelle de masse ne pouvant qu’exécrer ce qui ne serait pas compatible avec l’ordre globaliste et son modèle fédéraliste. Ce dernier étant l’un des chevaux de Troie de l’ordre libéral, noyau et sphère de développement du globalisme et d’un ultralibéralisme. Le fédéralisme étant illusion de l’autonomie de ses parties ramené à un gouvernement fédéral central qui organise les marchés et la distribution minoritaire de ses privilèges.

    Le Canada fédéral de 1867 de façon plus marquée sur le plan systémique ou constitutionnel qu’après la création de l’Amérique fédérale de la nouvelle république américaine de 1776 et 1783 doit être vu comme un laboratoire du libéralisme politique autoritaire reléguant ses minorités autochtones dans des réserves territoriales et sa plus grande minorité francophone ou canadienne française dans la province québécoise ou des coins de provinces comme pour les nationalités acadiennes et franco-ontarienne diminuées par l’effet de l’assimilation. Si la fédération américaine connaît sa voie autoritaire ou de génocide par l’esclavage des noirs, sa ségrégation de ceux ci, son extermination des autochtones avec ce qui en reste pour des réserves.

    Le Canada fédéral lui nie la réalité des Québécois, une nation complète de plusieurs millions d’individus dont seul un seuil de bilinguisme fédéral partiel reconnaîtrait l’existence par l’usage de sa langue française. Ce qui est presque rien.

    Le fédéralisme est probablement un premier essai géopolitique et territorial de forte étendue du libéralisme politique à forte charge économique dont la démocratie politique comme composante positive a toujours été miné par sa dimension de libéralisme économique. Un libéralisme économique compatible avec des objectifs colonialistes connu en Europe pour l’Asie et en Afrique et ce au moment de la fondation du Canada fédéral. En ajoutant que les fédérations canadienne et américaine se sont constituées effectivement par un biais colonisateur. Par le biais britannique au Canada et directement dans le sein des décisions de la nouvelle république fédérale américaine à Washington.

    La globalisation a trouvé un de ses laboratoires dans le premier fédéralisme libéral qui devait s’avérer une influence pour l’invention de l’Union européenne. Cette dernière n’a pas voulu anéantir directement les parlements nationaux pour instaurer un régime présidentiel européen. L’U.E a procédé autrement en superposant des structures centralisées à Bruxelles autour de l’amincissement des parlements à force de traités faisant croire à une entité confédérale à la suisse qui est fausse.

    Quoi de plus fort que la colonisation multiforme ou classique ! Le monde étant sous la dépendance de zones d’influences par des puissances ou maintenant des organisations internationales. Résister à la colonisation demande des ressources et de la combativité d’autant que maintenant la colonisation est plus insidieuse, elle se pare des principes et de valeurs démocratiques ou prétendues comme exemple le multiculturalisme.

    C’est pourquoi qu’inconsciemment et consciemment, les nations et leurs citoyens ne savent plus où se donner de la tête face à des partis et des politiciens en grande majorité qui ne veulent plus croire à la pleine souveraineté de leurs parlements et qui sacrifient aux organisations ou organismes internationaux, à la gouvernance juridique du politique par les juges comme en fait la démonstration Mathieu Bock Côté.

    La souveraineté du Québec est rabaissée au Québec suite de 1995 mais aussi suite à l’explosion hégémonique du globalisme depuis 23 ans, malgré la crise de 2008 et qui a nourri le multiculturalisme canadien déjà fort à l’interne à Ottawa, multiculturalisme devenu très menaçant en France et en Europe.

    Suite au Brexit qui a aidé à la victoire de Trump et qu’on y trouve à cette condition, des réussites du côté britannique comme du côté de Trump.
    Le Québec de 2017 sera alors amené au changement comme celui de 1959 a cru qu’il fallait rompre contre son excès de conservatisme institutionnel et catholique d’alors par impression et réflexion en s’inspirant d’ailleurs sans savoir trop où se rendre d’abord. le Québec s’est transformé bel et bien dans une direction en 1960 à partir de l’élection de Jean Lesage jusqu’en 1980.

    L’histoire est là pour donner une idée de l’avenir. Et on espère chez J.F.Lisée, la capacité de voir clair au lieu de répéter l’orthodoxie fausse d’un globalisme qui serait à visage souriant. L’illumination viendra telle chez le chef du PQ qui a été élu contre Alexandre Cloutier pour ne pas répéter , les mirages de la globalisation heureuse d’André Boisclair ?

  • David Messier, 25 janvier 23h09

    Beau travail M. Richard Le Hir.

  • Gaston Carmichael, 25 janvier 20h25

    En France, je prédis une grande finale Macron - Le Pen.

    Tous les conservateurs, et tout ceux qui veulent du changement, sans que rien ne change, vont se garrocher vers Macron. Le Pen devra attendre la prochaine fois. Mais la prochaine fois sera sans doute la bonne.

    La politique française est pas mal plus intéressante que ce que l’on nous sert ici.

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