«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Parlons stratégie

Trop tôt pour penser à « Continuer autrement »

La conjoncture est bien meilleure qu’en 1980, et bien meilleure encore qu’en 1995

Tribune libre de Vigile
mercredi 20 octobre 2010
585 visites 9 messages

La conjoncture est bien meilleure qu’en 1980, et bien meilleure encore qu’en 1995

J’ai toujours beaucoup apprécié lire ce que Claude Morin avait à dire sur les options constitutionnelles du Québec. Ses connaissances, son expérience et sa maîtrise des enjeux en ont toujours fait pour moi une référence obligée. Au cours des dernières semaines, nous avons échangé quelques messages, suite aux félicitations que je lui avais adressées pour son refus de se joindre à la commémoration du cinquantième anniversaire de la révolution tranquille à l’invitation de la ministre Saint-Pierre.

Il m’avait donc informé de son intention de diffuser sur Vigile (il est lui aussi un de ces dangereux révolutionnaires qui s’ignorent, mais que La Presse et Charest ont reconnus) ses réflexions sur la nécessité de « Continuer autrement » « si, à court et moyen terme, un référendum gagnant sur la souveraineté n’était pas possible ».

Avant même qu’il ne rende son texte public, je lui avais signalé, m’appuyant sur un commentaire qu’il m’avait fait, que je le trouvais bien pessimiste quant à la possibilité de tenir un référendum dans un avenir proche (pour moi, cinq ans c’est proche). À la lecture de son texte, je comprends mieux son pessimisme, mais je sais aussi pourquoi je ne peux pas le partager.

En effet, toute l’analyse de Claude Morin repose sur le postulat qu’un référendum gagnant sur l’indépendance du Québec n’est pas possible à court et moyen terme, et les voies qu’il explore ne peuvent avoir de pertinence que dans ce cas. Les quelques éléments de mise en situation qu’il fournit mettent davantage en relief les raisons qu’auraient les Québécois de ne pas faire l’indépendance, plutôt que celles qu’ils auraient de la faire.

***

Je précise tout de suite que je ne doute ni de la bonne foi, ni de la sincérité de Claude Morin. Je crois seulement que la réflexion qu’il mène à ce sujet depuis plus d’un an, comme il le dit lui-même, ne lui a pas permis de se pencher suffisamment sur les nouveaux éléments de conjoncture, tant interne qu’externe, qui sont apparus au cours des deux dernières années, et qui ont ouvert un nouveau créneau pour la réalisation de l’indépendance du Québec.

Sur le plan externe tout d’abord, nous sommes entrés depuis deux ans dans un cycle économique dépressif de longue durée (fort probablement une dizaine d’années selon les plus grands analystes internationaux) qui va affaiblir considérablement les États-Unis sur tous les plans, et par voie de conséquence le Canada vu le degré d’intégration des économies de ces deux pays), en plus de remettre en question l’ouverture des marchés et la tendance à la globalisation.

Il s’ensuit pour les Québécois que non seulement le modèle américain va perdre tout son attrait, mais que la capacité d’intervention du gouvernement fédéral dans l’économie canadienne et dans les affaires du Québec va s’en trouver singulièrement réduite, de même que sa capacité à corriger par la péréquation les écarts dans la capacité des provinces à créer de la richesse.
Comme chacun sait, l’argent du fédéral est le ciment de l’unité canadienne. Plus d’argent, plus de ciment. Plus de ciment, moins d’unité. Il est vrai que le Canada était parvenu à traverser la Grande crise des années 1930 sans que son unité ne soit remise en question. Mais le Canada en était encore à se défaire tranquillement de l’emprise britannique, et n’existaient alors ni les transferts sociaux ni la péréquation qui en sont venus depuis le début des années 1970 à incarner le fédéralisme canadien.

L’économie n’est pas le seul facteur en cause

À partir du moment où le modèle américain est mort et où le fédéralisme canadien n’est plus rentable, l’attachement des Québécois à l’un et à l’autre ne tient plus très fort et ne peut plus les retenir dans l’exploration des perspectives que pourrait leur offrir l’indépendance. D’autant plus que l’économie n’est pas le seul facteur en cause. En effet, les Québécois ne sont guère rassurés par la dérive américaine vers des valeurs de droite, et leur attachement au Canada est en train de fondre comme neige au soleil avec le rejet par le gouvernement canadien du protocole de Kyoto auquel ils étaient attachés, avec les nouvelles orientations militaristes du pays, avec sa perte de prestige sur le plan international.

Pour tout dire, le Canada n’est plus, pour une grande majorité des Québécois « le plus meilleur pays du monde » que vantait tant Jean Chrétien lors du référendum de 1995, et la beauté des Rocheuses s’éclipse désormais devant les effluves nauséabondes et les émanations toxiques des sables bitumineux.

En fait, les Québécois, y compris les plus fédéralistes d’entre eux, commencent à avoir honte du Canada, et de se dire Canadiens.

Sur le plan interne, minoritaires en Amérique du Nord, menacés dans leur culture, les Québécois ont été les premiers à s’inquiéter des méfaits du multiculturalisme et à s’alarmer de l’érosion de leur identité qui en résultait. Depuis hier, ils savent aussi que tout le régime de protection qu’ils croyaient avoir mis en place avec la Loi 101 ne vaut rien et ne les protège de rien, gracieuseté d’une rencontre entre le zèle chartiste de la Cour suprême du Canada et la servilité complaisante d’une clique de « p’tits » politiciens véreux à la solde d’intérêts autres que ceux des Québécois.

Je considère pour ma part, et je le dis déjà plusieurs mois (voir les textes que j’ai écrits à ce sujet depuis février), que jamais la conjoncture n’a été meilleure. Bien meilleure qu’en 1980, et bien meilleure encore qu’en 1995. Pour que les conditions gagnantes soient réunies, il ne manque plus qu’une équipe capable de nous mener à bon port sans vaciller. Peut-être qu’elle est là. Si c’est le cas, j’ai hâte en maudit qu’elle se manifeste !

C’est pourquoi je ne peux d’aucune façon me rallier aux conclusions de Claude Morin. Non pas que j’en conteste la valeur. Je les considère nettement prématurées et je redoute l’effet démobilisateur qu’elles pourraient avoir sur ceux d’entre les Québécois qui suivent moins l’actualité et qui voient moins la nouvelle donne se dessiner.

S’il fallait que nous rations encore notre coup à l’occasion d’un nouveau référendum, il serait alors temps de penser à « Continuer autrement ».

Commentaires

  • Tétraèdre, 21 octobre 2010 17h07

    La crise nécessaire pour convaincre de la nécessité de l’indépendance du Québec est là, Charest l’a fabriqué depuis 2003 .
    Les fédéralistes voleurs du référendum de 1995 ont eu leur chance de respecter la Nation Québecoise mais au lieu de celà il accumulent les mépris les magouilles les exactions et les organisations mafieuses de collecteurs de fonds et d,élections bidons .
    À nous de dire NON aux Canadians et OUI à notre pays francophone

  • oscar fortin, 20 octobre 2010 16h30

    Je partage pleinement le point de vue de M. Le Hir et de ceux qui s’expriment en ce sens dans les commentaires précédents. Je crois que les conditions de mobiliser le Québec et de gagner un prochain référendum n’ont jamais été aussi grandes. Je continue à penser que le Fédéral en est bien conscient et qu’il alimente de son mieux tout ce qui peut en retarder la tenue. Lorsque Trudeau et Chrétien étaient à la tête de la résistance fédéraliste, il y avait une certaine confiance. Maintenant la situation est toute autre. Ce n’est ni Harper, ni Ignatief qui vont convaincre le peuple Québécois des bienfaits du fédéralisme et des dangers de l’indépendance. Comme M. Le Hir j’attends que se lèvent ceux et celles qui pourront mener à terme cette opération nationale.

  • jacques noel, 20 octobre 2010 16h15

    Attention, le ciment prend l’eau, M. LeHir

    La péréquation est une légende urbaine, inventée par les Feds, pour nous faire accroire que, sans le Canada, le pauvre Québec crèverait de faim. La seule chose qui est vraie c’est que le Québec reçoit 8 milliards de péréquation sur un budget de 280 milliards. Tout le reste, c’est une légende urbaine.

    L’argent ne vient pas de l’Alberta, des riches sables bitumineux comme on nous casse sans cesse les oreilles. L’argent vient d’Ottawa. Edmonton n’envoie pas une cenne noire à Québec. D’ailleurs, si ça n’était que d’eux, ils aboliraient le programme.

    Deux, le Québec reçoit 8 des 14 milliards du programme de péréquation, mais ne reçoit que 3 des 19 milliards qui vont à la Défense. Québec ne recoit que 9% du budget des affaires indiennes, 11% des Pêcheries et 11% de l’Agriculture (dixit l’extraordinaire Rapport Legault, mais si mal vendu....)

    En argent réel,
    .Québec a envoyé 42,859 milliards à Ottawa et n’a reçu que 40,485G en 2006
    .En 2005, Québec a envoyé 42,486G et a reçu 38,952G
    .En 2004, Québec a envoyé 41,249G et a reçu 34,322G
    .En 2003, Québec a envoyé 39,709G et a reçu 34,762G

    Voilà pour le mythe de la péréquation. Évidemment les Feds vont vous dire que ca ne comprend pas notre part de la dette nationale. Sauf que la part de cette dette est discutable et, présentement, ce que l’on paie pour, pour notre apparenance au Canada, ne nous rapporte strictement rien. Sans notre appartenance au Canada et sans sa grosse dette, on aurait les surplus indiqués dans les chiffres ci-haut.
    http://www.statcan.gc.ca/pub/13-018-x/2009002/t/tab0724-fra.htm

  • Marcel Haché, 20 octobre 2010 16h03

    Je ne me souviens pas de conditions plus favorables au projet souverainiste ou même carrément indépendantiste.

    Le R.O.C., le Canada multiculturel—le multiculturalisme-faiblard-des-sociétés y est plus avancé là qu’ici—pourrait être bousculé plus facilement qu’à toute autre époque. Le temps joue en faveur de notre option. Je le crois avec vous, M. Le Hir.

    Les U.S.A par exemple sont devenus un véritable tigre de papier en comparaison du tigre qu’ils furent déjà.

    Les conditions internes et externes, comme vous dites, ne seront cependant pas toujours au rendez-vous. (Démographie et immigration). Le temps presse, en effet. Il presse aussi qu’une équipe saisisse l’occasion, et se crache dans les mains pour faire un grand chantier. Les conditions sont là. Maintenant. Pour un horizon de quelques années à peine.

    Sous prétexte de « réalisme », mais un réalisme alambiqué, M. Morin Nous propose plutôt que demain soit comme hier : quelque chose comme continuer « autrement » le référendisme, mais sans la contrainte fatale d’un calendrier ! Aussi bien dire le référendisme à perpétuité.
    C’est Nous, alors, qui serions sans lendemain.

  • 20 octobre 2010 14h49

    @ monsieur Pomerleau.

    Monsieur Pomerleau, vos propos me rassurent, car ils vont exactement dans le sens de ma pensée et du constat que j’ai fini par faire en voyant de quelle façon madame Marois et son équipe se sont comportés depuis deux ans.

    Même s’il m’est arrivé de me braquer parce que mon impulsivité me poussait à réagir avec une certaine véhémence, un plus juste examen des faits et une vision objective de la "réelle réalité", celle qui se révèle lorsque tombent les réactions émotives et l’amplification des sentiments de frustration qui en découlent, m’ont amené à voir et à comprendre les choses autrement.

    Lorsque vous écrivez :

    [...Le Plan Marois qui écarte la fixation référendaire est le bon. Il prend la mesure du contexte et de la situation et ramène le projet dans le champ du réel : Il fait de l’État le déterminant de la politique. Enfin. [...C’est en donnant de la consistance à l’État du Québec que l’on va bâtir le rapport de force favorable qui seul garanti le changement de statut. [...Maintenant la question qui se pose ne porte pas sur la pertinence stratégique du Plan Marois. Le questionnement porte sur la direction politique du plan. [...La réussite du Plan Marois tient à la volonté, la détermination et l’intelligence de la direction politique (relationnel)...]” vous mettez de l’avant ce qui est le plus important.

    Par ailleurs, le "Continuer autrement" de Claude Morin ne m’a pas du tout impressionné et m’a laissé sur mon appétit. Je n’y ai vu ou lu qu’une tentative ultime de défense de ses marottes étapistes et référendaires, assortie des seuls arguments qui les puissent soutenir. Son approche manque cruellement d’objectivité et ne saurait résister à l’analyse des faits. Comme l’exprime très justement monsieur Le Hir :

    “[...la réflexion qu’il mène à ce sujet depuis plus d’un an, comme il le dit lui-même, ne lui a pas permis de se pencher suffisamment sur les nouveaux éléments de conjoncture, tant interne qu’externe, qui sont apparus au cours des deux dernières années, et qui ont ouvert un nouveau créneau pour la réalisation de l’indépendance du Québec. [...Pour que les conditions gagnantes soient réunies, il ne manque plus qu’une équipe capable de nous mener à bon port sans vaciller.”

    Pour ma part je crois, contrairement à monsieur Le Hir, qu’une équipe capable de nous mener à bon port sans vaciller réunit effectivement les conditions gagnantes. Voilà pourquoi j’écrivais cette semaine sur Vigile :

    ”[...Vivement que nous unissions nos forces citoyennes et mettions au pouvoir et en pouvoir un gouvernement indépendantiste qui mette au monde ce pays qui est le nôtre et que nous avons hérité de nos ancêtres.

    Cessons de chercher et constatons que nous nous sommes donné un parti politique qui ne demande qu’à faire ce pays.

    Laissons-le lui savoir haut et fort et permettons au Parti Québécois d’aller au bout de son programme.

    Il n’y a plus de temps à perdre.

    Pauline Marois est la chef de ce parti et mérite notre confiance. Je lui accorde la mienne et à son équipe.”

    Merci pour votre commentaire.

    Claude G. Thompson

  • Roger Kemp, 20 octobre 2010 14h41

    Bonjour monsieur Le Hir
    C’est la première fois que je réponds à un de vos nombreux articles. Celui-ci m’a particulièrement interpelé car je pense exactement comme vous. J’ai souvent exprimé des opinions sur vigile.net et toujours j’ai tenté de maintenir la flamme souverainiste allumée car comme vous le dites dans votre article, le ciment du fédéralisme est atteint d’une maladie qui cause son effrittement rapide.
    Nous pourrons stratégiquement en étant au pouvoir à Québec faire plus facilement la démonstration de l’ingérence outrancière des programmes fédéraux dans les champs de compétence provinciale. C’est à partir de ces gestes démocratiques que les conditions gagnantes vont graduellement s’installeret fort rapidement. Comme beaucoup de militant péquiste, j’ai hésité à m’impliquer politiquement mais depuis plus d’un an, je pense que le moment est venue. Ensemble et c’est l’unique façon de faire, nous pourrons nous donner un pays. Je comprends qu’il y ait des personnes qui ne sont plus capables d’attendre. Moi je dis à ces personnes de grâce ne venez pas démolir une ascension si minime soit-elle. Notre pays est proche.
    Merci monsieur, vous avez exprimé très bien ce qui nous attends pour les prochains mois. Au plaisir de vous lire.
    Souverainement vôtre
    Roger Kemp
    Trois-Rivières

  • 20 octobre 2010 13h42

    ERRATUM :

    À la fin de mon texte, aurait dû lire loi 115 au lieu de loi 101. Merci.

    André Gignac patriote

  • 20 octobre 2010 13h33

    Monsieur Le Hir

    L’étapisme de Claude Morin, je n’y ai jamais cru. L’indépendance, tu la fais ou tu restes dans le statu quo actuel assimilateur qui nous minorise de plus en plus. Je n’ai jamais cru aux demi-mesures qui ne sont que du colmatage en attendant je ne sais quoi...Si le PQ a du coffre, c’est le temps de le démontrer suite à l’adoption de la loi 115 par les libéraux que je considère des traîtres et des judas envers notre nation. Que Marois le sorte son fameux plan dont on entend parler occasionnellement ici sur le site Vigile mais dont personne ne connaît
    encore les grandes lignes.

    Il est plus que temps de passer à l’action, il me semble ! Le gros problème avec la question de l’indépendance, c’est qu’elle n’a jamais été expliquée clairement aux Québécois par le PQ, ce qui dénote assez bien que ce parti n’a jamais voulu réellement la faire. Ce qu’on souhaite au PQ, c’est un statu quo amélioré dans le cadre actuel malgré le fait qu’aprés 2 référendums perdus ( un volé d’accord !), le gouvernement fédéral n’a pas bougé d’une virgule et il jamais rien proposé de neuf pour changer quoi que ce soit. À Ottawa, ils vont bouger seulement lorsqu’ils auront le couteau à la gorge pas avant. Leur politique envers le Québec, c’est de gagner du temps pour nous faire disparaître en douce selon le plan bien suivi de Lord Durham.

    Depuis que Marois est la chef de l’opposition officielle, elle ne monte jamais aux barricades pour vendre l’indépendance. L’autre jour, elle prononçait un p’tit discours devant les manifestants contre la loi 101. Elle l’a fini en leur disant : " Ne lâchez pas !!!" Depuis qu’elle est chef de l’opposition qu’elle nous a lâché. Qu’elle cesse de rire du monde ! Il y a quand même des limites à respecter ! Il m’a fait plaisir

    André Gignac patriote

  • JCPomelreau, 20 octobre 2010 13h01

    Le défi du mouvement souverainiste est de changer de paradigme.

    Oublier l’idée qu’il suffit de coaliser les forces pour faire le nombre et jouer notre va tout en espérant avoir rendez vous avec le Grand Soir ; cela en ignorant totalement les forces qui s’y opposent. Cette majorité démocratiquement exprimée ne mène pas nécessairement au changement de statut. La seule chose qui y mène c’est un rapport de force favorable entre deux État au moment de passé à l’acte. La souveraineté se réalise de facto avant d’être formaliser de jure.

    Il faut donc bâtir ce rapport de force entre l’État du Québec et l’État canadien (et au passage s’assurer du contrôle effectif de notre territoire pour la suite des choses ; je peux démontrer que le processus de partition de notre territoire est déjà engagé au Nord, sans que personne ni prête attention).

    Le Plan Marois qui écarte la fixation référendaire est le bon. Il prend la mesure du contexte et de la situation et ramène le projet dans le champs du réel : Il fait de l’État le déterminant de la politique. Enfin.

    C’est en donnant de la consistance à l’État du Québec que l’on va bâtir le rapport de force favorable qui seul garantie le changement de statut. À cet égard il n’est pas statique comme on veut le prétendre.

    Ce plan est pro-actif et offre les perspectives d’une deuxième Révolution tranquille. La première transformé la plus part les acteurs politiques de fédéralistes à souverainistes, qui a mené à la création d’un mouvement souverainiste de masse ; a changé l’identité d’un peuple, de canadien français à québécois, en adéquation avec le territoire de l’État du Québec, au augmenter la potentialité de notre État, etc...

    Bref l’État agit avec envergure, c’est pourquoi il est le déterminant de la politique..

    Donc une deuxième Révolution tranquille est la seule voie réaliste qui nous mène à la rupture. Le reste c’est de la littérature platonicienne avec les contortions, les affects, la démoralisation qui vient avec .

    Maintenant la question qui se pose ne porte pas sur la pertinence stratégique du Plan Marois. Le questionnement porte sur la direction politique du plan. Et là on a intérêt à être attentif pour comprendre la game.

    Le choix stratégique de la gouvernance souverainiste étant arrêter (ce plan est loin d’être statique) ; tout ce jouera donc sur la démarche tactique : Une multitude de batailles devront êtres engagées avec le fédéral ; il s’agira de bien les choisir pour " faire bouger les lignes" (Larose). Bref on braque le statu quo (le point faible des fédéralistes) et on enclenche la dynamique avec des gains réels qui ne dépendent que de NOUS (Madame sait ou, mais ne le dira pas avant le fait accompli)

    La réussite du Plan Marois tient à la volonté,la détermination et l’intelligence de la direction politique (relationnel).

    J’ai longtemps été profondément sceptique vis à vis Mme Marois, mais depuis qu’elle a imposé le salutaire changement de paradigme en écartant la fixation référendaire sans faire de vague dans le parti, je dois lui reconnaître une certaine maîtrise de la politique. Pour le moment elle mène le jeu avec assurance sans émotivité et cache bien ses cartes pour la suite des choses. Autant de signes qui me réconfortent.

    Elle est dans le relationnel. Il serait temps d’abandonner le rationnel et la rejoindre du coté du relationnel

    ..........

    JCPomerleau

    P.s Le Plan Marois découle du Plan Larose, que j’ai commenté dans la page Opinion du Le Devoir en 2007 (une lecture géopolitique 101) :

    http://www.vigile.net/Pauline-l-important-c-est-Larose

Écrire un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document
Ajouter un document

Éviter les réponses à un autre commentaire, les commentaires s'appliquent au texte seulement.

Pas d'attaques personnelles ni de propos injurieux ou discriminatoires.

Vigile se réserve le droit de refuser tout commentaire sans avoir à justifier sa décision éditoriale.

Veuillez lire attentivement les consignes détaillées avant de soumettre votre premier commentaire.

Consignes détaillées

PQ - XVIe congrès avril 2011

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
10 905$  18%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 16/06 Richard Carrier: 50$
  • 16/06 Marc Labelle: 50 $
  • 16/06 Les Amis de Vigile : 350$
  • 16/06 Jacques Bergeron: 100$
  • 16/06 PeeWee Troodeau: 100$
  • 15/06 Réal Coutu : 50$
  • 15/06 Serge Labossiere: 100$
  • 12/06 Michel Pauzé: 25$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités