«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Se réjouir du Brexit ?

Que penser des Écossais, des Irlandais, des jeunes ?

Pannes de transmission et d’ancrage

Tribune libre de Vigile
dimanche 26 juin 2016
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C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu le plus récent éditorial de Richard Le Hir, proposé le 24 juin 2016, dans les pages de Vigile.

Le Hir parle du cadeau des Britanniques, lesquels auraient choisi « la liberté, la démocratie, l’indépendance, l’autodétermination et la souveraineté ».

Il y a du vrai dans les propos de Richard Le Hir. Mais cela me laisse sceptique, dans une assez large mesure. Les Écossais, les Irlandais et les jeunes ne semblent pas aussi convaincus que Le Hir.

"L’establishment mondialiste" a mangé une claque magistrale (et peut-être bénéfique), cela j’en conviens. Mais pour une pléthore de raisons, les jeunes Britanniques, en majorité, ont l’impression d’avoir été giflés et d’avoir été rejetés dans un passé insulaire, isolé, étriqué, rigide, fermé, et passéiste.

Le problème actuel, dans le Royaume dit uni, tout comme dans le Québec dont nous rêvons, c’est que les jeunes, se veulent, pour le meilleur et pour le pire, planétairement plus ouverts que les vieux. Le cosmopolitisme les fascine, les envoûte. Ils se considèrent, souvent, trop souvent, comme étant transcontinentaux, tout en oubliant le nécessaire ancrage des êtres humains dans des racines, souvent glorieuses, parfois piteuses. Ils sont nombreux à ne pas comprendre que le multiculturalisme, aussi appelé communautarisme, ce n’est pas souhaitable, du moins dans le sens britannique et « canadian ». S’il y a une cohabitation de cultures dans un territoire donné, cela est formidable, si ça ne débouche pas sur une "mosaïque tachiste". Il ne s’agit pas de vivre les uns à côté des autres ou, pire, les uns contre les autres. S’il n’y a pas, à la base, ce que Fernand Dumont appelait « l’imposition » d’une « convergence culturelle », nos sociétés se dirigent vers la désintégration et la guerre. La vision dite "interculturaliste" ne peut devenir acceptable que si, d’abord et avant tout, une convergence minimale est « imposée ». Il doit y avoir des règles et valeurs qui constituent le socle de la société. Si les règles fondamentales sont acceptées, le dialogue entre cultures devient, éventuellement, formidable et enrichissant.

En sociologie et en anthropologie, le concept de transmission est essentiel. Les "vieux" se doivent de transmettre certaines traditions, certaines valeurs, certains éléments du passé. Les jeunes doivent apprendre d’où ils viennent, et savoir où ils veulent aller.

Ayant enseigné au niveau collégial entre 1966 et 2003, j’ai vu s’éteindre, petit à petit, mais sûrement, la connaissance du passé, des racines, des traditions, des origines. Quand j’ai commencé à enseigner la sociologie dans un collège classique, la connaissance des racines était convenable. Puis, sont arrivés les cégeps qui, peu à peu, ont trahi la « noble mission » que leur avaient proposée les commissaires de la Comission Parent. J’avais suivi de formidables cours de Guy Rocher, entre 1963 et 1966. Il nous parlait profusément, et avec un enthousiasme communicatif, du rêve d’un système scolaire modifié, démocratique, et de grande qualité. Je sais que Rocher est, maintenant, déçu, et peut-être amer. Moi aussi.

La sempiternelle querelle sur l’enseignement de l’histoire a été toxique, délétère et culturellement destructrice.

Dans Le Devoir du samedi 25 juin 2016, il y a le sociologue Mathieu Pelletier qui présente la pensée du sociologue Michel Freitag.

Pelletier écrit : « La déconstruction de la tradition et des normes au nom des multiples discriminations qu’elles engendreraient aux diverses minorités doit elle aussi se soumettre à la critique. En d’autres termes, le progrès humain ne doit pas se faire seulement en critiquant les normes issues de l’héritage de la tradition. Il doit se faire aussi en réhabilitant certains aspects de cette dernière qui ne sont pas seulement purement arbitraires, mais qui recoupent aussi une certaine sagesse pratique rendant le monde humain habitable. Sans quoi, la dynamique engendrée par les libertés et les droits concurrents risque bien de devenir une nouvelle lutte de tous contre tous, avec pour seule restriction qu’elle passe par des procédures judiciaires. » Mathieu Pelletier ajoute : « Qu’il soit clair qu’il n’y a pas de droits individuels possibles sans reconnaissance des devoirs liés à l’appartenance collective. »

Nous devons, me semble-t-il, nous sentir planétairement concernés. Cela est essentiel. Mais s’il n’y a aucun ancrage et aucun enracinement, nous ne sommes plus rien, nous devenons des futilités planétaires, des non-être, ou des morceaux "cosmopolites" de néant.

Entre l’ouverture vers les autres et la fermeture passéiste et dogmatique sur un soi-même trop borné, vaste est l’espace au sein duquel il est possible de vivre, de vivre en respectant ses origines, tout se sentant solidaire des autres humains. « Et les humains sont ma race », disait Gilles Vigneault.

Les lecteurs et les responsables de Vigile vont peut-être se sentir irrités, ou m’en vouloir. Mais je m’autorise, quand même, à dire que lorsqu’on parle de Marine Le Pen, il faut se garder une certaine gêne. Il faut être réservé, il faut bien y réfléchir et y penser. Je ne pense pas que Guy Rocher admire profondément le Front national. Si Fernand Dumont vivait encore, il serait réticent et critique. Dans un monde en mutation, dans un monde de mutants, il faut savoir conserver ses racines, tout en étant ouverts aux autres, avec clairvoyance, et sans sombrer dans une bien-pensance gnangnan.

Marine Le Pen, tout comme de nombreux souverainistes québécois, est consciente des torts sociétaux qui peuvent être provoqués par une immigration erratique et mal orchestrée. Elle énonce très bien les inquiétudes de nombreux citoyens français. Il y a du vrai dans ses propos. Il y avait, aussi, du vrai dans les propos nazis. L’important, en politique, c’est de toucher des cordes sensibles, comme, par exemple, la corde identitaire.

Que Madame Le Pen soit brillante et soit capable d’énoncer certaines vérités (trop souvent refusées, refusées sans réflexion et de manière bien-pensante), cela ne m’empêche pas de penser que l’ensemble du phénomène droitiste et démesurément « identitaire » peut nous entraîner dans l’horreur. Déjà le néolibéralisme généralisé et rentablement mondialiste nous dirige vers le pire.

Une dernière réflexion : si les souverainistes retrouvent la route du pouvoir, et peut-être, de la souveraineté, ils ne devront pas oublier de reconstruire notre société, détruite par les libéraux, depuis trop longtemps. Pour cela, il faudra mettre en place des mesures résolument sociales-démocrates. Un peuple fragile a besoin d’un État démocratique et progressiste.

Commentaires

  • Jean-Serge Baribeau, 2 juillet 2016 09h46

    Richard Le Hir, merci de me rappeler que j’avais surestimé le rêve des jeunes. J’en ai déjà pris bonne note.

    Je suis d’accord, dans une large mesure (disons 75%) avec la plupart de vos propos. Mais permettez-moi de vous dire, respectueusement et sans hargne, que vous et vous partisans inconditionnels, vous avez choisi l’autoroute du suicide souverainiste. Martine Ouellette est une personne brillante, dynamique et déterminée. J’ai été, pendant plus de 30 ans, le collègue de sa mère, une souverainiste convaincue. Mais Martine est trop pressée, et sa stratégie va entraîner un troisième échec, peut-être "terminal".

    Je vais, éventuellement, proposer un texte pondéré dans lequel je commenterai votre plus récent éditorial. Je pense que vous aller entraîner certains souverainistes pressés dans l’impasse suprême.

    En passant, je suis devenu "séparatiste" en 1961, après avoir lu le livre de Marcel Chaput : "Pourquoi je suis séparatiste". Ensuite, vivant dans l’Outaouais, j’ai rencontré Chaput à quelques reprises, grâce au grand frère d’un de mes amis.

    Je quitte immédiatement le sentier autobiographique, et probablement dénué d’intérêt.

    S’il vous plaît, dénoncez, selon vos convictions, les idées et stratégies de Jean-François Lisée. Mais évitez une excommunication inconditionnelle, laquelle pourrait diviser, en profondeur, le mouvement souverainiste.

    Au plaisir !

    JSB

  • Richard Le Hir, 2 juillet 2016 08h55

    Le Devoir, samedi le 2 juillet

    Christian Rioux : « Crise terminale ? » (en Europe)

    Combien de fois n’a-t-on pas entendu que la jeunesse britannique avait voté pour l’Europe ? C’est pourtant un mensonge éhonté !

    Les sondages montrent en effet que le parti de la jeunesse n’était ni celui du « Leave » ni celui du « Remain », mais celui de l’abstention. Environ 64 % des 18-24 ans n’ont pas daigné se présenter à un bureau de vote. Ce qui n’a pas empêché les plus européistes, comme l’ancien député européen Daniel Cohn-Bendit, d’affirmer que « le passé avait décidé de l’avenir ». Histoire probablement de porter aux nues une jeunesse… abstentionniste !

    Le jeunisme est pourtant un jeu dangereux. En France, le parti qui attire le plus de jeunes se nomme le Front national. Depuis quand l’âge est-il devenu un critère politique ? Au contraire, on peut penser que, malgré ses qualités, la jeunesse est plus susceptible d’être victime des idéologies.

  • Jean-Serge Baribeau, 29 juin 2016 07h45

    Encore une fois, je remercie les personnes qui ouvrent toutes grandes les portes de la réflexion et du débat.

    Dans le cours de mon existence "sociologique", j’ai été influencé par divers penseurs, notamment par Edgar Morin. La thèse fondamentale de Morin, c’est qu’on ne peut pas tenter de comprendre le monde si on n’accepte pas la nécessité d’une pensée prenant en compte la complexité. Ce qui est complexe n’est pas nécessairement ce qui est compliqué La complexité oblige l’observateur à tenir compte du fait qu’il y a plusieurs facettes dont il faut tenir compte, lorsqu’on étudie une situation ou un problème. Par exemple, dans le cas du BREXIT, il y a la question de l’impérialisme européen, lequel tend à fabriquer des apatrides. Il y a, aussi, pour certaines personnes le désir de s’ouvrir sur le monde, sans pour autant renier leurs racines.

    Je ne sais pas si Richard Le Hir et d’autres "vigilants" ont déjà écouté l’entrevue de l’ex-dissident soviétique Vladimir Boukowski. Il compare l’ancienne URSS à la volonté expansionniste de l’Europe. C’est bien réfléchi.

    Je propose donc ce lien : https://youtu.be/KHOuc12J4W4.

    Que le débat continue... JSB

  • Gilles Verrier, 28 juin 2016 23h04

    Le danger vient des projets répétés d’union supranationale de l’Europe : Napoléon, Hitler, UE (Monet- Schuman - agents US). Charlemagne aurait mieux réussi... sans durer.

    Marine Le Pen serait donc du coté des forces de la résistance aux heures les plus sombres. Naturellement, ce n’est pas l’empire qui lui donnera son titre.

    Il ne faut surtout pas s’affoler. Même si personne de notre très provinciale classe politique n’a voulu se montrer en sa compagnie, ça ne veut absolument rien dire. Une province suit et ne marque pas le pas.

  • Jean-Serge Baribeau, 28 juin 2016 07h06

    Richard Le Hir,

    Je vous sais gré de me communiquer cette information. Je vais l’analyser et y réfléchir. Mes idées sont rarement figées et indiscutables. Je pense, toutefois, que certains souverainistes québécois devraient porter un jugement moins "raide" et moins généralisant sur nos jeunes , lesquels n’appartiennent pas tous à la même variété, vide et narcissique. Pendant mes 37 années d’enseignement, les jeunes, pour la plupart, m’ont ravi et comblé, malgré des lacunes "scolaires" dont ils n’étaient pas les principaux responsables. Pendant un certain temps, j’ai aussi été le rédacteur en chef d’une revue appelée ÉDUCABEC, et j’ai travaillé avec des jeunes formidables. La déroute actuelle de nombreux jeunes me touche beaucoup.

    Au plaisir !

    Jean-Serge Baribeau

  • Richard Le Hir, 28 juin 2016 04h26

    Monsieur Baribeau,

    Les derniers résultats du Brexit nous révèlent une surprise sur le vote des jeunes :

    Un grand nombre des électeurs indignés du camp anti-Brexit sont des jeunes qui prétendent que les générations plus âgées, qui ont voté majoritairement pour cette sortie, ont décidé du référendum et « ruiné » leur avenir. Cependant, les derniers chiffres du référendum montrent que seulement 36 % des personnes âgées entre 18 et 24 ans ont participé au référendum de l’UE, tandis que 64 % ont choisi de rester à la maison. [Mes caractères gras]

  • Jean-Serge Baribeau, 27 juin 2016 10h00

    Je remercie respectueusement Richard Le Hir et tous ceux qui m’ont fait l’honneur de commenter ma contestable pensée.

    J’aimerais y aller de quelques remarques :

    1) Malgré mes propos, je pense que la victoire du Brexit a des côtés très réjouissants, plus glorieux que piteux. Les profiteurs transnationaux ont reçu une leçon historique, de grande ampleur. Ces personnes ignorent totalement les appartenances nationales, ethniques, tribales, ou autres. Leur tribu, c’est le fric, et rien d’autre. Leur désir, c’est de contrôler un univers désinfecté, dénué de toute appartenance autre que bancaire, financière et monétaire.

    2) Que le vote ait été fondamentalement démocratique, je n’en doute pas, malgré de titanesques tentatives de manipulation, venant surtout des profiteurs transnationaux. Au Québec, nous connaissons, depuis longtemps, les efforts déchaînés des forces de l’argent et du statu quo pour barricader l’aspiration souverainiste, et bien d’autres rêves. Jacques Parizeau avait bien identifié cet empire anglophone (et allophone) du fric.

    3) Lorsqu’il est question des jeunes, on se doit de nuancer, de ne pas tous les mettre dans la même assiette. Décevants sont les jeunes, branchés, à la mode et « dans le vent », qui correspondent aux idéaux gnangnan proposés par les Justin Trudeau et les Mélanie Joly. L’ère du "selfie" et du narcissisme influence de très nombreux jeunes.

    4) N’oublions jamais que, malgré tout, de nombreux jeunes sont curieux et sont disposés à s’ouvrir, si les adultes acceptent de remplir leur rôle, rôle qui doit être marquant et signifiant (plutôt qu’insignifiant). Ce rôle de transmission peut s’exercer de manière respectueuse, sans être borné, autoritaire ou dogmatique. Les bagarres "idéologiques" entre ceux qu’on aime appeler les aînés ont, depuis longtemps, empêché de nombreux jeunes d’être liés à leurs racines, à leurs appartenances historiques. Le système scolaire fabrique, dans une large mesure, de l’ignorance, de l’indifférence et des rêves narcissiques. Les libéraux ont toujours craint qu’un bon cours d’histoire du Québec entrouvre, éventuellement, les portes de l’aspiration souverainiste. Un cours d’histoire n’est pas obligé d’être totalement militant et propagandiste. Quand j’ai commencé à étudier la sociologie, en 1963, de grands professeurs comme Marcel Rioux et Guy Rocher nous parlaient de l’histoire et nous expliquaient que diverses lectures et interprétations s’opposaient et se confrontaient.

    5) Dans mon propos, je n’accuse pas les enseignants de tous les niveaux. Je m’attaque aux décideurs politiques qui défendent leurs intérêts et ceux de leurs maîtres. La connaissance est menaçante pour les maîtres du monde et leurs sbires, comme Philippe Couillard, et beaucoup d’autres.

    6) Actuellement, sur cette planète, il y a un formidable retour vers le local, malgré les velléités de nous vendre une mondialisation stupide et délétère. De nombreuses personnes retrouvent leurs racines, leurs sources, leurs souches, et le coin de terre qui les a vus naître.

    7) En ce qui concerne le débat autour de Marine Le Pen, je comprends que mes propos soient irritants. Mais dans une France en putréfaction avancée, rares sont les options alléchantes. Les vieux socialos sont ringards et médiocres. La droite de type "sarkozyste" ou "juppéiste" est nulle et non avenue. L’extrême gauche est isolée, impuissante et souvent bornée.

    8) Je revendique le droit de me méfier de Marine Le Pen et du Front national, même si je sais que certains aspects de leur rêve réclament un retour partiel vers des sources, trop oubliées.

    9) Même si je privilégie le local et les racines, j’accepte de vivre sur cette planète, en me solidarisant avec ceux et celles qui mènent des combats essentiels.

    10) Me sentir proche de mes racines ne m’empêche pas d’accepter, conditionnellement, l’arrivée de nouveaux venus qui peuvent nous enrichir, culturellement et intellectuellement. Je suis, toutefois, partisan de règles claires, en matière d’immigration.

    11) À Chrystian Lauzon qui m’accuse de véhiculer des tonnes de clichés, je répondrai, respectueusement, que, dans sa réponse, je n’ai détecté que des clichés éculés.

    12) Au risque de me répéter, je dirai que les souverainistes se doivent de proposer aux jeunes, pas tous abrutis, des horizons stimulants, débouchant sur un réenchantement du monde. La souveraineté est impossible sans l’appui de très nombreux jeunes.

    13) Les libéraux ont "désocialisé", déculturé et dépolitisé la société québécoise. Une vaste reconstruction s’impose.

    14) Un auteur, Simon Chritchley, dit que nos sociétés tendent à fabriquer des nihilistes passifs. Il écrit : « Plutôt que d’agir dans le monde et d’essayer de le transformer, le nihiliste passif se focalise simplement sur lui-même, ses plaisirs et projets particuliers (...) »

    15) Le risque du rêve souverainiste, c‘est le risque suicidaire. Pensons-y. Discutons, débattons, mais évitons de trop nous entredéchirer.

  • Richard Le Hir, 27 juin 2016 00h52

    M. Baribeau,

    Je n’aborderai pas le cas des jeunes, un autre ami de Vigile en ayant déjà disposé avant moi dans son commentaire.

    Quant aux Écossais, ils s’accrochent à l’Europe comme ces souverainistes québécois qui tiennent mordicus à une garantie d’association avec le Canada et qui nous ont valu les questions ampoulées des référendums de 1980 et de 1995. La souveraineté dans l’interdépendance ! Avec des questions de ce genre, les fédéralistes ont beau jeu de nous manipuler et ils ne se sont d’ailleurs pas gênés jusqu’ici pour le faire. Vous verrez que les Écossais subiront le même sort avec leur petit jeu du veto.

    Pour ce qui est des Irlandais, vous omettez de préciser qu’il s’agit des Irlandais du Nord. L’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni alors que la République d’Irlande qui occupe la plus grande partie de l’entité géographique « Irlande » a acquis son indépendance de l’Angleterre en 1937. La République d’Irlande (Eire) fait partie de l’Union Européenne à part entière et ne jouit pas du statut particulier du Royaume-Uni. Elle utilise l’Euro et est astreinte aux règles de l’espace Schengen.

    La problématique de l’Irlande du Nord est particulière vu son rattachement politique au Royaume-Uni et les liens familiaux d’un nombre important d’Irlandais du Nord catholiques avec des catholiques de la République d’Irlande. Ces liens leur permettent dans bien des cas d’avoir droit à la nationalité irlandaise et donc de bénéficier du droit d’accès à tous les pays appartenant à l’espace Schengen et d’y travailler sans restriction. Vous comprenez dès lors les tensions auxquelles les liens politiques entre le Royaume-Uni et l’Irlande du Nord vont être soumis, et les pressions qui ne manqueront pas de survenir rapidement pour un rattachement de l’Irlande du Nord à la République d’Irlande.

    Les problématiques des jeunes, de l’Écosse, et de l’Irlande du Nord, sont trop particulières pour minimiser l’ampleur du succès des tenants du Brexit. Dans des sociétés sophistiquées, une victoire de 51,8 % contre 48,2 % est claire, faisant apparaître un écart de 3,6% entre deux options.

    Quelque soit la sympathie qu’on puisse avoir pour les jeunes, les Écossais et les Irlandais, ils sont minoritaires, et en soulevant un doute sur la légitimité de la victoire des tenants du Brexit, vous soulevez un doute sur la démocratie et sur les droits de la majorité, comme le font les fédéralistes.

    Quant à Marine Le Pen, il se trouve qu’elle défend une position résolument souverainiste. Vous l’identifiez à l’extrême-droite et de vous découvrir cette proximité par souverainisme interposé vous rend inconfortable. Commençons d’abord par dire que le clivage droite/gauche est complètement dépassé et ne correspond plus à aucune réalité autre que celle de l’histoire. Aujourd’hui, le clivage droite/gauche a été remplacé par un clivage souverainiste/mondialiste. La souveraineté des États possédant des assises démocratiques dans les nations contre la gouvernance mondiale n’ayant aucune assise démocratique. Faites votre choix.

    Et puis si la proximité de Marine Le Pen vous indispose à ce point, rabattez-vous sur Philippe de Villiers et Jean-Pierre Chevènement, deux personnalités politiques françaises bien connues ayant pour l’un des assises à droite et pour l’autre à gauche, fortement identifiés au souverainisme. Comme ça, vous n’aurez pas le sentiment d’entretenir des mauvaises fréquentations.

  • Marcel Haché, 26 juin 2016 18h06

    @ Jean-Serge Baribeau

    Le succès du Front National lui vient qu’il est résolument souverainiste. Les vrais nazis et les vrais facistes sont maintenant en complet veston : ils disent qu’ils sont de gauche ou de droite et qu’ils craignent l’extrême-droite comme la peste. C’est cette pléthore de matamores antinationaux qui sont bien plus à craindre.

    Et ce n’est pas le F.N. qui a organisé ni en France ni au Québec cette entreprise d’oubli de qui Nous sommes.

  • Chrystian Lauzon, 26 juin 2016 16h41

    M. Baribeau,

    Je vous conseille une cure d’anti-clichéisme. Vous battez tellement un record sur ce plan, que les relever m’amènerait à copier-coller presque tout votre texte.
    Je vous donne quand même cette idée sur ce que vous dites de « l’ouverture » (pseudo selon moi) des jeunes qui pourrait s’appeler « technomanie iPod conditionnée » ou plus médiacrassiquement prédatorialisé pour fins de commerce bancaire mondialiste profitable : consumérisme et clientélisme global total et totalitaire. C’est ainsi que lorsque vous dites des jeunes « Le cosmopolitisme les fascine, les envoûte. Ils se considèrent, souvent, trop souvent, comme étant transcontinentaux… » je ne vois pas là une conscience de soi (ce que vous laissez entendre comme une brillance de leur part), mais plutôt une aliénation par l’Autre édifié en Dieu ghettoïste (le multicuturalisme guerre de religions) jusqu’à la culpabilisation de la peur du rejet de l’étranger, voire de l’étrange tout court.

    Au nomadisme migratoire forcé correspond une absence d’esprit généralisée, s’auto-admirant dans le flottement (selfies même chez petit pitte Trudeau créant en réaction de soumission automatique « èlle, yé ben l’fun le premier ministre ! » – absence d’esprit pas que chez les jeunes d’ailleurs, mais à tout âge.

    Ces clivages, automatisme de dichotomisation, me semblent inaptes à saisir les mutations de l’humain en cours et agressivement fomentés et provoqués par le 1% anarchisant du Haut.

    La reprise surannée "Marine Le Pen=nazisme", ça fait pas très très jeune, plutôt régressif et superficiel.

    Ce ne sont pas les catégorisations qui importent, mais la valeur profonde ou pas des idées entre elles qu’elles cherchent à limiter. Or la division (au pluriel, pas qu’entre jeunes-vieux) du vote Brexit reflète sans doute plus l’efficacité du système directeur globaliste (« Union » européhainisante) à pouvoir perturber et créer des conflits au sein des peuples et entre eux, potentiellement dangereux (l’assassinat d’une députée par exemple durant le référendum) voire l’anarchie par eux, que la liberté réellement exprimée des votants.

    Ça, c’est ce que votre texte, tout comme ceux qui nous détournent de l’essentiel malintentionnellement s’interdit d’aborder. Je n’achète pas du tout vos propos, désolé. L’indépendance de personne « s’universalisant » ou de nation, ne s’y trouve pas niée, mais sollicitée. Aucune cellule biochimique n’est fermée ou détachée des autres, ni par le temps, ni par l’espace, de celle qu’elle remplace ou qui la remplacera : «  We share the same biology, Regardless of ideology » (regardless of geology pourrait-on ajouter) » - Sting, un déjà très vieux chanteur-compositeur populaire, diriez-vous ?!

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