«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La politique des « bouts de chemin » est toujours aussi électoralement rentable

Toutes les routes mènent aux élections

Annoncer la construction d’une route pour remporter une élection, le truc semble vieux comme notre démocratie.

On en devient cynique. L’autoroute 30 sur la rive sud de Montréal a servi de chair à promesse électorale pendant quatre décennies, raconte-t-on.

Mais il faut croire que le truc fonctionne toujours, car il est repris encore et encore.

Cette année préélectorale ne fait pas exception, même en cette ère où il faudrait envisager autrement la mobilité.

La 138 encore

La semaine dernière, Philippe Couillard, en tournée à Sept-Îles, a annoncé l’ajout de deux nouveaux tronçons à la route 138 en Basse-Côte-Nord.

Ce prolongement, c’est en partie une resucée d’un vieux projet de l’ère Charest qui s’était soldé par un fiasco et du gaspillage éhonté. Tout cela avait été exposé en 2015 dans un reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada au titre éloquent : La route qui ne mène nulle part.

Aujourd’hui, pour obtenir les plans et devis qui avaient déjà été effectués, Québec a dû cracher 2 autres millions de dollars au syndic responsable de la faillite de Pakatan Meskanau, OBNL qui devait initialement la construire.

Ce qui revenait à payer une deuxième fois, car Québec était la « principale source de financement » de l’OBNL.

Coûts astronomiques

En 2006, après l’effondrement du pont de la Concorde, le gouvernement Charest avait promis de limiter le plus possible le prolongement du réseau routier afin de se concentrer désormais sur son entretien.

Cette ère semble révolue. À Québec lundi, le ministre François Blais, le maire Régis Labeaume et le ministre Jean-Yves Duclos, du fédéral, annonçaient l’élargissement de l’autoroute Henri IV.

Les coûts semblent tout simplement astronomiques : de 400 à 500 millions de dollars, considérant que les travaux ne touchent que deux kilomètres. Certes, il faut refaire toutes sortes de structures, dont des ponts d’étagement.

Il reste que la capitale est vraiment choyée quant aux autoroutes. Les bonzes du MTQ y habitent. De plus, elle ne vote pas toujours du même bord et cela force les politiciens à vouloir la charmer par toutes sortes de moyens.

Élargir les autoroutes en est un. Les promesses de prolongements aussi, peu importe les leçons de 2006, peu importe les risques de la « Los Angelisation » (terme de l’ancien DG de Québec Serge Viau pour désigner le réflexe d’ajouter toujours plus de voies aux autoroutes). M. Blais a laissé entendre hier qu’en campagne électorale, il pourrait promettre aussi le prolongement de l’Autoroute de la capitale vers l’ouest.

Rendez-vous en 2018

Le Parti libéral est au pouvoir de manière presque ininterrompue depuis 2003. Sa vision des transports pour la capitale ? « Dans un an, on va arriver avec une vision assez globale des besoins d’infrastructures routières pour la région de Québec, si possible pour les 30 prochaines années », a répondu le ministre Blais hier.

Bref, on élargit et on prolonge d’abord. La vision, ça viendra après. En 2018. En septembre. À quelques semaines des élections.


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Le commencement de la fin

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