«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Oui, mais vers quoi ?

Tourner la page

Le rapport « Oser repenser le PQ » de l’ex-candidat à la chefferie Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) ne fait pas dans la dentelle. Par son analyse franche, il étonne et détonne. Le réduire à son diag­nostic brutal d’un Parti québécois « figé, conservateur et vieillissant » ne lui rend pas justice.

Énième rapport du PQ à s’auto-auscul­ter ses pires bobos, il est néanmoins le premier à disséquer les séquel­les de la « charte des valeurs ». C’est pourquoi, sans le dire aussi crûment, il appelle en fait à tourner la page sur l’ère Marois.

Sur le fond, les consultations menées par PSPP confirment le « manque de constance » du PQ dans l’« incarnation » de ses valeurs progressistes. Sous Pauline Marois, les principaux symptômes en furent l’instrumentalisation politique du débat sur les signes religieux et son parti-pris propétrole.

Sous Lucien Bouchard, l’inconstance s’était traduite par la mise en veilleuse de la souveraineté, le refus de renforcer la loi 101 et l’obsession du déficit zéro.

Véritable socle

Sur les moins de 40 ans, dont l’appui échappe de plus en plus au PQ, le rapport est éclairant. Souhaitant un parti plus cohérent et progressiste, ils demandent aussi un argumentaire souverainiste « positif ».

Rien d’étonnant, toutefois, à ce qu’ils se disent peu politisés sur la question nationale. Après tout, ils sont les enfants du long silence du PQ sur sa propre option depuis le référendum de 1995.

Sur la question identitaire, le rapport dresse un portrait nouveau. Avec raison, les jeunes consultés par PSPP dissocient l’identité québécoise du débat sur la laïcité et les signes religieux.

Au temps de la charte des valeurs, Jacques Parizeau et plusieurs autres souverainistes en arrivaient d’ailleurs à la même conclusion. Comme quoi, la fracture sur cette question n’est pas aussi « générationnelle » qu’on le pense.

Loin de se désintéresser de la question identitaire, ces jeunes de plus en plus nombreux à maîtriser plusieurs langues veulent qu’elle soit « plutôt fondée » sur la culture et la langue française – son véritable socle. Ils appellent le PQ à présenter « un plan convaincant en ce sens » et réclament même des cours d’histoire plus « inspirants ».

Chapitre suivant

Bref, sans le savoir, ces jeunes ramènent le PQ à ses principes fondateurs : souveraineté, français, diversité, constance et social-démocratie. Qui l’eût cru ?

Sur le plan politique, le message est clair. L’aile plus conservatrice pour qui le débat sur les signes religieux relève de l’identité québécoise a certes sa place au PQ. Le problème est que, sous Mme Marois, son influence avait atteint des proportions nuisibles. Nuisibles pour le parti, son option et ses rapports déjà fragiles avec la diversité québécoise.

La question qui tue : maintenant qu’il est chef, Jean-François Lisée saura-t-il détricoter ce qu’il a lui-même contribué à tricoter sous les ères Bouchard et Marois comme conseiller, puis comme minis­tre ?

Le rapport sans complaisance de PSPP montre que le nouveau chef du Parti québécois songe tout au moins à passer au chapitre suivant.


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