«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Débandade chez les opposants à Bachar Al-Assad

Syrie : fin de la partie pour Riyad

lundi 7 août

Les "rebelles syriens" avaient tout misé sur Riyad, croyant à la lettre les officiels saoudiens quand ils disaient vouloir "mettre à la porte" Bachar Assad, de gré ou de force.

Les voilà tomber des nues depuis qu’Adel al-Jubeir leur a affirmé qu’ils n’avaient plus de choix et qu’il leur faudrait se faire à l’idée d’une présidence Assad.

Au lendemain de cette annonce, Riyad a choisi la voie du déni, affirmant que les propos de Jubeir avaient été tirés de leur contexte. Mais le mal était fait. Le journal Raï al-Youm revient dans son éditorial sur ce coup de tonnerre provoqué par le ministre saoudien des AE et écrit : "Ce fut avec une extrême férocité que le chef de la diplomatie saoudienne a annoncé au chef de la délégation de l’opposition anti-Assad, venue à Riyad évoquer la crise, ceci : Bachar Assad restera président de la Syrie. Il vous faut une approche nouvelle de la crise sinon nous allons trouver une solution à la crise sans la participation de l’opposition !" 

L’onde de choc provoqué par ce message au sein de l’opposition syrienne fut énorme. Cependant on s’y attendait puisque la donne a bien changé sur le champ de bataille en faveur de l’État syrien. En effet, il n’appartient plus aux grandes puissances de décider du sort du président syrien vu que son armée avance sur tous les fronts et gagne du terrain perdu. Mais l’opposition syrienne a eu tort d’avoir fondé tout espoir en Arabie saoudite. D’ailleurs, elle aurait dû sentir le vent tourner quand Trump a décidé sous le conseil du chef de la CIA, Mark Pomepo, de cesser d’envoyer les armes aux rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL). C’était là une décision qui ne pouvait que renforcer Assad dans sa fonction de président, et c’est vrai que le président syrien est plus fort qu’en 2011. 

Mais quel sort est-il réservé aux rebelles syriens ? Tout au plus celui que les Américains ont réservé aux Contras : après l’arrivée à la présidence de Ronald Reagan, en 1981, les États-Unis coupent l’aide économique au Nicaragua et commencent à financer les Contras, des opposants au régime sandiniste. Cette politique a entraîné une guerre civile qui a duré 10 ans et qui a fait plus de 30 000 morts, mais les miliciens ont fini par rendre des armes.

Or, c’est cette connaissance historique qui semble manquer à l’opposition syrienne : en réalité, ce qu’a fait Riyad n’a rien de surprenant puisque ce n’est pas lui, le décideur. Les Saoudiens n’ont ni l’autorité ni la capacité de décider de leurs moindres agissements sans concerter au préalable les Américains. 

Jubeir ne l’a pas annoncé publiquement mais tout le monde le sait : en Syrie, les États-Unis ont abandonné la partie au profit de la Russie qui s’occupe désormais de tout en compagnie de ses alliés que sont l’Iran, le Hezbollah et l’armée syrienne.

C’est cette alliance Syrie/Russie/Iran qui a militairement le vent en poupe et qui cumule les succès militaires : la prise d’al-Soukhnah, ultime bastion de Daech à Homs, constitue d’ailleurs son dernier gain, laquelle lui permet de faire marche sur Deir ez-Zor, cette province stratégique qui se trouve dans l’est et le sud de Raqqa. 

On ignore quelle est l’approche que Jubeir propose à l’opposition anti-Assad. Mais une chose est sûre : Riyad veut que les "rebelles" négocient avec le président syrien dans le cadre d’une trêve généralisée. Quiconque refuserait de voir cette réalité en face, ferait du tort à lui-même. La Syrie de 2017 n’est pas celle de 2011. Tout comme l’Arabie saoudite qui n’est plus le royaume qu’elle était il y a six ans. 

Avec Perspective monde

 


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