«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Spéculation et démocratie : le cas de Pétrolia Inc.

L’exemple de Pétrolia nous révèle un état de fait qui, espérons-le, continuera de stimuler la mobilisation citoyenne

Tribune libre de Vigile
lundi 10 octobre 2011
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Contempler un paysage, c’est se laisser dissoudre dans une nature imaginaire, une nature que l’on se représente être porteuse de simplicité et de bonté. Mais contempler un paysage de cette façon peut souvent nous induire en erreur. Le paysage bidimensionnel est une nature dans laquelle on ne rentre jamais, c’est un tableau de la nature duquel nous demeurons de simples et passifs spectateurs. Pendant que certains se plaisent à regarder la nature, d’autres entretiennent des liens plus actifs avec elle. Ce n’est que lorsqu’on réussit à se surélever que l’on constate ce qui se cache derrière le paysage ; on découvre alors la santé précaire de cette majestueuse bête dont le pelage semble troué de ponctions forestières virales. Comme habitant d’une terre-patrie1, cela peut laisser perplexe. On en vient naturellement à se demander comment cet état de fait est apparu.

Les compagnies privées qui de tous temps sont venues en Gaspésie pour y profiter de l’abondance naturelle, nous sont-elles aujourd’hui plus redevables qu’avant ? Y avons-nous accès autrement que par l’emploi et la consommation ? Sont-elles des structures démocratiques capables de refléter l’esprit populaire, ou sont-elles plus vraisemblablement des structures autoritaires, redevables uniquement à leurs principaux actionnaires ? Je propose de prendre le cas démangeant de Pétrolia en exemple puisqu’il semble illustrer parfaitement les dangers que nous courrons lorsque la relation entre la terre-matière et la société est gérée par de richissimes spéculateurs et leurs chiens de garde gestionnaires.

Qui est Pétrolia ?

Loin d’être la compagnie québécoise autoproclamée que l’on pourrait croire, Pétrolia est, comme toute bonne entreprise cotée en bourse, la propriété de quiconque en possède des parts. Habituellement, tout actionnaire qui possède une portion considérable des parts d’une compagnie a le droit de siéger à son conseil d’administration. Les actionnaires principaux de Pétrolia, outre M. André Proulx son fondateur, sont : Pilatus Energy, Investcan et plus récemment, CD Capital (CD Private Equity Natural Resources Fund). Allons-y dans l’ordre.

Pilatus Energy est une compagnie d’investissement qui se spécialise dans l’exploitation des hydrocarbures. Elle possède des investissements partout dans le monde, notamment en Afrique de l’Ouest où elle profite de régulations environnementales et ouvrières très laxistes. Le siège social de Pilatus se trouve en Suisse proche du Mont Pilatus duquel la compagnie a tiré son nom2. On mentionne généralement dans la presse québécoise que la compagnie ne possède qu’un seul actionnaire et président, Al Yousef Abbas Ibrahim Yousef, un riche entrepreneur des Émirats Arabes Unis. On mentionne moins souvent le fait que la Suisse, fière de ses politiques fiscales accommodantes, permet la pratique des bearer shares3. Les bearer shares sont une ancienne méthode d’achat d’actions déclarée illégale dans bien des pays. Contrairement aux actions normales, l’acheteur de bearer shares ne voit son
nom apparaître sur aucun registre officiel. À l’achat des actions, le spéculateur se voit remettre un document officiel qu’il pourra par la suite utiliser comme preuve de propriété. Pilatus est officiellement reconnue comme une compagnie émettant des bearer shares4, ce qui garde ses réels actionnaires dans l’anonymat. M. Al Yousef Abbas Ibrahim Yousef n’est donc pas le seul propriétaire de la compagnie, mais plutôt le seul dont le nom est dévoilé publiquement. En bref, on ne sait pas qui possède Pilatus et cela est un fait qui devrait nous déranger, surtout lorsqu’on sait qui l’a créée.
Au milieu des années 90 débutait en France un vaste procès impliquant la compagnie pétrolière Elf-Aquitaine. Poursuivi par le gouvernement français pour une panoplie de chefs d’accusation, allant de la fraude aux pots-de-vins, le président d’Elf-Aquitaine, M. Loïk Le Floch-Prigent fut incarcéré de manière intermittente jusqu’en 20045. Il fut à ce moment relâché pour des raisons de santé. En 2005, il fondait Pilatus qui allait reprendre plusieurs des contrats qu’avait manigancés Le Floch-Prigent lors de sa présidence d’Elf-Aquitaine, notamment dans l’Ouest africain. Il est donc juste d’affirmer que Pilatus, un actionnaire principal siégeant au conseil d’administration de Pétrolia, fut la création d’un criminel fraudeur reconnu par la justice française. Le fait que Pilatus fut créée par le Floch-Prigent fraichement sorti de prison semble indiquer de sa part une certaine absence de scrupules ou du moins de remords6.

Investcan energy « est une filiale à 100 pourcent de SCDM Energie, elle-même filiale à 100 pourcent de SCDM, société française privée et fermée, basée à Paris, dont les deux actionnaires sont Martin et Olivier Bouygues »8, deux richissimes frères Français. Les frères Bouygues investissent dans plusieurs compagnies et trusts à travers le monde9. Le Groupe Bouygues est notamment reconnu pour l’installation de plates-formes de forage pétrolier en mer, ou off-shore. Comme toute grande dynastie, les Bouygues entretiennent des liens de camaraderie avec plusieurs hauts placés politiques. On peut ici parler du cas de Saparmourad Niazov, l’ancien dictateur à vie du Turkménistan et auteur du livre de propagande Ruhnama - Le Livre de l’âme - qui est toujours utilisé dans la majorité des écoles turkmènes pour enseigner l’histoire et la moralité. Étant un proche des Bouygues, à sa mort, la compagnie Bouygues Construction érigea le mausolée où fut enterré l’ancien autocrate turkmène10. Rappelons aussi que le Turkménistan serait supposément assis sur une des plus grosses réserves mondiales de gaz naturel11, ce qui incite plusieurs membres de l’oligarchie pétrolière et gazière à vouloir se rapprocher de personnages à la moralité aussi peu reluisante.

Le dernier actionnaire à s’être joint à Pétrolia est CD Private Equity Natural Resources Fund, une propriété de CD Capital. Cette transaction s’est effectuée à la fin du mois de juillet 2011 et faisait en sorte que CD Private Equity Natural Resources Fund possède à l’heure actuelle un peu moins de 20% des actions de Pétrolia12. CD Capital est ce que l’on appelle un hedge fund13. Souvent accusés d’avoir volontairement contribué à la crise économique mondiale ayant débutée aux États-Unis en 2008 et se poursuivant toujours à l’heure actuelle, les hedge funds sont des fonds d’investissement qui se spécialisent dans de nouvelles formes de spéculation. Ce sont les hedge funds qui ont développés, entre autres, les derivatives14 et le short-selling15. Carmele Daniele, présidente de CD Capital, a même qualifié la crise économique de 2008 – une crise qui a laissé des millions d’individus sans emploi et sans logis – de « crise fantastique »16. Pour elle, comme pour d’autres hedge funds, les moments de crise économique représentent des merveilleuses opportunités d’enrichissement.
Dans la littérature des cercles de spéculateurs – le magazine Hedge Fund Review par exemple – Carmele Daniele est souvent citée pour sa théorie voulant que les prix des commodités vont aller en augmentant pour au moins les 20 prochaines années17. Ce qui serait donc une calamité pour la majorité d’entre nous qui allons voir nos dépenses en alimentation et en énergie augmenter continuellement, serait une mine de richesses pour d’autres. Les riches spéculateurs, avec cette prédiction de Carmele Daniele, espèrent pouvoir, en toute sécurité, investir dans les matières premières en s’assurant une profitabilité croissante pour au moins les 20 prochaines années de crise.

Un hedge fund gère et investit l’argent de ses contribuables dont l’identité est parfois dure à déceler, surtout lorsque le hedge fund est enregistré dans un paradis fiscal – les Îles Caïmans – comme c’est le cas pour CD Capital. On sait cependant qu’un des plus importants dépositaires de capitaux est M. Lukas Lundin, de Lundin Mining Corporation, une compagnie canadienne qui investit dans pas moins de 35 pays à travers le monde, dans des projets d’extraction et d’exploration minière et pétrolière18.

Loin d’être une compagnie exclusivement québécoise de laquelle on pourrait s’attendre qu’elle oeuvre dans les intérêts du peuple québécois, Pétrolia s’avère en fait être la propriété de spéculateurs internationaux. Pétrolia appartient à des membres de l’oligarchie pétrolière mondiale et est vouée à agir dans l’intérêt de cette dernière. Ces spéculateurs investissent en Gaspésie comme ils investissent partout ailleurs, ayant bien loin dans leur arrière-pensée la volonté d’encourager un développement régional conscient de l’environnement et de la communauté. Pour ceux et celles qui voient le monde toujours « d’en haut », étalé sur une carte où les reliefs des paysages s’aplatissent en une uniformité globale, toutes les nuances qui forment habituellement la réalité des localités s’affadissent et les territoires ne deviennent que des contenants de capital.

S’il existe réellement un avantage à encourager un capitalisme nationaliste et patriotique, il doit certainement se trouver dans l’accès facilité aux propriétaires et aux décideurs. Une entreprise enracinée dans son territoire devrait naturellement avoir tendance à être plus soucieuse et de son environnement et de ses concitoyens. Ou du moins si elle ne l’est pas, les citoyens ont plus d’outils et de tribunes pour faire valoir leur désaccord. Cependant, lorsqu’une compagnie comme Pétrolia est possédée majoritairement non seulement par des capitaux étrangers, mais par des cliques de spéculateurs au pedigree peu glorieux, on est en droit de douter de la bonne gestion de nos ressources collectives et de notre capacité d’intervention.

Mais où est passé notre vaillant État protecteur ?

Si ces compagnies privées, ces trusts et ces hedge funds nous sont inaccessibles et que leur curriculum est loin d’être réconfortant, alors sûrement nous pouvons au moins miser sur notre État de droit et son armée d’employés ; nos concitoyens qui travaillent à promouvoir le bien collectif…Après tout, nous avons nationalisé l’hydro-électricité il n’y a pas si longtemps de cela, n’est-il pas concevable de le faire pour le pétrole et le gaz ?

En fait, nous avions déjà nationalisé les hydrocarbures il y a plus de 40 ans de cela. L’avance récente des compagnies privées dans le domaine des hydrocarbures québécois est la conséquence de la privatisation des hydrocarbures. La Société québécoise d’initiatives pétrolières (SOQUIP) était l’institution d’État chargée de faire l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz sur le territoire québécois. Créée en 1969, la SOQUIP a mené plusieurs travaux de prospection et de cueillette de données, et a aussi acquis des parts dans des compagnies gazières (Noverco, Gaz Métro). En 1997, Hydro-Québec et son nouveau président M. André Caillé s’approprient les compagnies gazières gérées par la SOQUIP et en 1998, le gouvernement de Lucien Bouchard met la SOQUIP sous la tutelle de la Société Générale de Financement (SGF). En 1999, la SOQUIP ne figure plus sur les organigrammes de la SGF et étant privée de capitaux, elle se vide de ses employés restant. On assistera ensuite à la vente des permis d’exploration et d’exploitation par l’État aux compagnies privées – les claims. On assiste à ce moment à la fin de quatre décennies de gestion publique des ressources pétrolières et gazières au Québec19.

Il est intéressant de constater le parcours professionnel des acteurs qui furent au volant de cette privatisation20. Le président d’Hydro-Québec à l’époque où la SOQUIP fut liquidée, M. André Caillé, est à l’heure actuelle conseiller sénior chez Junex, compagnie pétrolière oeuvrant au Québec. Cette même compagnie a également embauché un ancien pdg de la SOQUIP comme président : M. Jacques Aubert. Elle a aussi embauché Jean-Yves Lavoie, ancien ingénieur pour la SOQUIP, qui deviendra à son tour président de la compagnie suite au départ de M. Aubert21. Gastem, une autre compagnie pétrolière, a quant à elle embauché M. Jean Guérin, un ancien président d’Hydro-Québec Pétrole et Gaz. Quant à Pétrolia, elle a engagé comme géologue en chef Bernard Granger de 2006 à 201022, qui travaillait aussi à Hydro-Québec Pétrole et Gaz. Finalement, mentionnons le cas de M. Lucien Bouchard, premier ministre du Québec au moment de la liquidation de la SOQUIP, et aussi ancien ministre de l’environnement sous le gouvernement fédéral conservateur de Brian Mulroney. M. Bouchard est aujourd’hui président de l’Association Pétrolière et Gazière du Québec, un groupe de lobbyistes qui vise à, disons, lubrifier les relations entre le gouvernement du Québec et l’oligarchie pétrolière mondiale23. Sans vouloir tisser des liens potentiellement diffamatoires trop rapidement, il est néanmoins clair que certains acteurs clés de la liquidation de la SOQUIP ont bénéficié monétairement de leurs politiques. À titre d’exemple, le salaire de M. Lucien Bouchard lui est versé par la pétrolière albertaine Talisman, et selon un article de Jean-François Cloutier, il serait fixé entre 600 et 700$ de l’heure !24

Soit, nous avons perdu une institution publique au profit du capital privé, mais passons, car après tout, Hydro-Québec, bien qu’elle soit toujours une entreprise d’État, ne se gêne pas moins pour mettre sur son conseil d’administration des membres du secteur privé, notamment Michel Plessis-Bélair de Power Corporation25. La nationalisation peut parfois paraître comme un geste socialiste, mais bien souvent elle est aussi une façon très efficace pour les classes dominantes de garder le pouvoir centralisé et même de s’alléger de certaines dépenses gênantes26.

Dans le récent tollé des gaz de schiste, il fut souligné à plusieurs reprises que la Loi sur les mines du Québec27 est mal adaptée pour réglementer l’exploitation des hydrocarbures. Mentionnons quelques points importants qui sont ressortis de cette critique.

Il serait légitime de penser que le Québec est doté d’un cadre légal précis pour réglementer l’industrie des hydrocarbures... Cependant, il n’existe aucun texte de loi traitant spécifiquement de l’exploitation des hydrocarbures au Québec. Le gouvernement use donc de la Loi sur les Mines comme loi parapluie pour encadrer autant l’exploitation pétrolière que l’exploitation, disons, de l’uranium, du cuivre, etc. Ceci cause un problème lorsqu’on remarque que la Loi sur les mines ne contient aucune mention des mots « gaz de schiste », « fracturation hydraulique », etc. Elle s’avère ainsi être très pratique pour les investisseurs puisqu’elle laisse une ouverture légale confortable et accommodante pour les nouvelles formes d’exploitation pétrolière et gazière.

Au Québec, pour obtenir le droit légal d’exploiter des hydrocarbures, une compagnie privée doit d’abord obtenir un « claim ». On pourrait ici espérer que le gouvernement puisse peut-être refuser d’allouer un claim à une compagnie qui possède parmi ses actionnaires principaux des compagnies et des individus au passé troublant. Or il n’en est rien. Selon le mémoire remis par l’organisme Écojustice à la Commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), « l’obtention d’un claim est extrêmement aisée, puisqu’à partir du moment où le formulaire de désignation est rempli correctement et où aucun autre titre minier n’existe sur le terrain convoité, le
claim est acquis »28. Une fois un gisement découvert, une compagnie peut avoir accès à un bail d’exploitation d’une durée de 20 ans. Pour obtenir le bail, la compagnie n’a qu’à démontrer la rentabilité du gisement. Aucun engagement en matière de décontamination ultérieure des sols n’est exigé29.
Outre le fait que la Loi sur les mines présente un cadre législatif très général qui s’applique mal à l’exploitation des hydrocarbures, particulièrement en ce qui concerne les nouvelles technologies d’exploitation de l’industrie pétrolière et gazière, il est important également de clarifier ce que la Loi permet en termes d’expropriation. Selon l’article 26 de la Loi sur les Mines :

Nul ne peut interdire de rendre difficile l’accès d’un terrain contenant des substances minérales qui font partie du domaine de l’État à celui qui a le droit de le prospecter ou de le jalonner en vertu de la présente section, si ce dernier s’identifie sur demande et, dans le cas du titulaire de permis, s’il exhibe son permis30.

Si une personne refuse l’accès à un terrain, « le détenteur d’un claim peut avoir recours à l’expropriation en vertu de l’article 36 de la Loi sur l’expropriation31 » :

Toute expropriation doit être décidée ou, suivant le cas, autorisée préalablement par le gouvernement aux conditions qu’il détermine. Nulle autre autorisation n’est requise, nonobstant toute loi. Il n’est pas non plus nécessaire de remplir les conditions préalables à l’expropriation qui sont prévues par d’autres lois. Le présent article ne s’applique pas à une municipalité, à une communauté métropolitaine, à une régie intermunicipale ou à une commission scolaire32.

Nationalisation, privatisation et démocratisation

L’exemple de Pétrolia nous révèle un état de fait qui, espérons-le, continuera de stimuler la mobilisation citoyenne. Le Québec est maintenant séparé en zones d’exploration et d’exploitation, les permis ayant été attribués au grand complet à différentes compagnies pétrolières et gazières. Ces dernières sont entre les mains d’individus et de groupes d’investissement qui nous semblent très éloignés, peu accessibles et très peu enclins à considérer l’aspect socio-environnemental de leurs projets. L’exemple de Pilatus Energy devrait nous suffire pour que l’on envisage très sérieusement une démocratisation des secteurs industriels. J’utilise volontairement ce mot – démocratisation – pour éviter le débat binaire nationalisation vs privatisation, public vs privé, gauche vs droite. Car l’on peut croire à la nationalisation et tout de même admettre qu’il en existe plusieurs formes. Notre désir essentiel n’étant pas de centraliser la gestion des ressources et de renchérir dans l’hyper-bureaucratisation de la société, nous préférons le terme démocratisation qui reflète mieux notre réelle intention et qui implique une critique à la fois de la privatisation et de la nationalisation dans ce qu’ils ont communément d’anti-démocratique.

La fin justifiera les moyens, mais gardons bien en tête quelle est cette fin : une appropriation citoyenne et ouvrière des moyens de gestion et de production des ressources collectives – hors des mains des spéculateurs et de leurs gestionnaires d’État, et dans les mains du génie citoyen. Si le secteur privé excelle par sa technologie et son expertise, si le secteur public excelle par ses structures régulatrices et légales, alors c’est que ce sera au secteur citoyen d’exceller par sa conscience.

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A l e x a n d r e S h e l d o n

Gaspé, août-septembre 2011

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NOTES

1 L’expression est empruntée au sociologue français Edgar Morin.

2 Le Mont Pilatus prend son nom d’une ancienne légende. On disait qu’il y errait le fantôme de Ponce Pilate, le général romain qui a ordonné la crucifixion de Jésus Christ. Pendant longtemps, la montagne était considérée maudite et rares étaient ceux qui osaient s’y aventurer.
3 « Actions au porteur », Pour en savoir plus, consulter :
UNDERSTANDING SWISS TRUST COMPANIES. « Understanding Bearer Shares »,
http://www.swisstrustcompany.net/2010/10/04/understanding-bearer-shares, consulté le 5 août 2011.

4 MÉTÉO POLITIQUE. « Énergie Pilatus Canada Inc », http://meteopolitique.com/Plan/Fiches/environnement/gaz/gazieres/pilatus.htm, consulté le 5 août 2011.

5 ASSOCIATED PRESS. « Les principales dates de l’Affaire Elf », disponible sur http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/eh/f/ethique/lectures/l’affaire_elf.htm, consulté le 5 août 2011.

6 Voir cette entrevue avec Loïk le Floch-Prigent au sujet des gaz de schiste :
Il semblerait que les activités illégales de Pilatus se sont renouvelées dernièrement, mais aux États-Unis cette fois. La compagnie pétrolière américaine VAALCO est actuellement en litige avec Pilatus. VAALCO accuse Pilatus, ainsi que sa compagnie soeur Nanes Delorme, d’avoir tenté de prendre le contrôle de la compagnie américaine par des moyens illicites. VAALCO, tout comme Pilatus, convoite les réserves d’hydrocarbures de l’Ouest africain : ils sont donc des compétiteurs. Pour éliminer sa compétition, Pilatus aurait acheté plusieurs actions de VAALCO par l’entremise de Nanes Delorme, une compagnie créée spécifiquement pour l’occasion. Étant devenu un actionnaire principal, Nanes Delorme aurait par la suite envoyé des lettres à plusieurs actionnaires de la pétrolière américaine les incitant à élire de nouveaux membres à leur conseil d’administration, tous sélectionnés par Nanes Delorme et Pilatus. Ces lettres accusaient également le présent conseil d’administration de VAALCO d’incompétence. Pilatus espérait ainsi faire élire ses propres candidats au C.A. de leur compétiteur. Ceci leur aurait permis ou bien de diriger VAALCO dans leurs intérêts ou même de la vendre et d’empocher7.

GAZ DE SCHISTE PROVENCE. « Loïk le Floch-Prigent : ‘Il faut changer la loi pétrolière en France’ », https://gazdeschistesprovence.wordpress.com/2011/05/16/loik-le-, consulté le 5 août 2011.

Voir aussi :
LE HIR, Richard. « Anticosti : les traces de Power Corp sont partout », Vigile, http://www.vigile.net/Anticosti-les-traces-de-Power-Corp 2011-, paru le 15 février 2011 et consulté le 29 juillet 2011.

7 Pour en savoir plus, consulter la plainte officielle de VAALCO disponible ici :
http://www.wikinvest.com/stock/VAALCO_ENERGY_(EGY)/Filing/DEFA1
Voir aussi :

GAGNÉ, Jean-Paul. « Du pétrole à l’Île d’Anticosti ? De grâce calmons-nous ! », Les Affaires, 26 février 2011.

PR NEWSWIRE. « VAALCO Energy Mails Letter to Stockholders », http://meteopolitique.com/aj/01/01-03.htm, 8 mai 2008.

8 CLOUTIER, Jean-François. « Pétrolia explose en bourse après s‘être alliée à Bouygues », Démocratie & Entreprises, http://www.demetentreprises.wordpress.com/2010/07/22/petrolia-explose-en-bourse-apres-setre-alliee-a-bouygues, 22 juillet 2010.

9 GÉLINAS, Geneviève. « Pétrolia s’associe à des Français », Le Soleil, 23 juillet 2010.

10 LE MONDE. « Le président tukmène, Saparmourad Niazov, est mort », Le Monde.fr, http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2006/12/21/le-president-turkmene-saparmourad-niazov-est-mort_847921_3216.html, consulté le 1er septembre 2011.

11 ROUSSELOT, Hélène. « La bataille pour le gaz turkmène ne fait que commencer », Géopolitique de l’Asie Centrale sur diploweb, http://www.diploweb.com/forum/gazasiecentrale07105.htm, consulté le 1er septembre.

12 CD CAPITAL (UK) LTD. http://www.newswire.ca/en/releases/archive/July2011/29/c8369.html,
publié le 29 juillet 2011.

MARKETWIRE. « Acquisition de 15% du capital-actions de Pétrolia par CD Capital du Royaume-Uni », 3 août 2011.

13 Fond d’investissement alternatif

14 Les derivatives sont des promesses d’achats d’actions. C’est-à-dire que quelqu’un peut acheter ou vendre des promesses de transaction. Ceci peut être avantageux quand, à titre d’illustration, un spéculateur (A) achète une promesse d’achat au spéculateur (B) en établissant que l’achat réel de, disons 100 actions, s’effectuera dans précisément un mois. Le spéculateur (A) espérera donc que d’ici ce temps, la valeur de l’action aura augmenté. Également, le spéculateur (A) peut entre temps lui-même vendre ses promesses d’achats à un autre spéculateur.

15 Le short-selling est une technique audacieuse tout autant qu’elle peut être crapuleuse aux yeux de certains. Le short-selling fait en sorte qu’un spéculateur peut faire des profits par la perte de valeur d’une action. Ceci renverse la logique habituelle de marché boursier. Pour comprendre comment cela fonctionne, utilisons une autre illustration. Spéculateur (A) emprunte 100 actions valant 10$ chacune au spéculateur (B), lui promettant de lui remettre exactement 100 actions plus tard. Ceci équivaut donc à une valeur de 1000$. Spéculateur (A) commence ensuite à vendre les actions qu’on lui a prêtées. Avec un volume d’action assez important, l’affluence d’action en vente sur le marché entraîne une dévaluation de l’action (selon la loi de l’offre et la demande). Les actions, après que le Spéculateur (A) les ait toutes vendues, valent maintenant 8$ chacune. En vendant toutes les 100 actions à 10$, Spéculateur (A) a obtenu 1000$. Il rachète ainsi pour 1000$ de la même action qui vaut maintenant 8$. Avec 1000$, il peut en acheter 125. Il redonne alors les 100 actions empruntées au Spéculateur (B) et s’en tire avec 25 actions de profit, n’ayant rien eu à dépenser.

16 THE ENERGY REPORT. « Carmele Daniele : This Fantastic Crisis », The Energy Report 08/20/2009, disponible sur http://seekingalpha.com/instablog/398596-the-energy-report/23773-carmel-daniele-this-fantastic-crisis, consulté le 1er septembre 2011.

17 HEDGE FUNDS REVIEW. « Unearthing Value early », www.hedgefundsreview.com, juin 2007.
Stella HARRINGTON et David WALKER. « An investor’s insight », Commodity Risk, 06/09/07.

18 HEDGECO.NET. « Launch of CD Private Equity Natural Resources Fund », www.hedgeco.net, 18 septembre 2006.

HEDGEWEEK. « CD Capital and PCE Investors launch CD Private Equity Natural Resources fund », disponible sur http://www.hedgeweek.com/2006/09/20/cd-capital-and-pce-investors-launch-cd-private-equity-natural-resources-fund, consulté le 1er septembre 2011.

LUNDINGROUP. « Vision, experience, results ». Document promotionnel de la compagnie disponible sur http://www.lundinmining.com/i/pdf/LundinGroup.pdf, consulté le 1er septembre 2011.

19 GÉLINAS, Jacques B. « Les demi-vérités de Lucien Bouchard et de Junex », SCFP, http://scfp1751.org/index.php?p=nouvelles&idn=196, paru le 14 juin 2011 et consulté le 5 août 2011.

GÉLINAS, Jacques B., « SOQUIP : Triste histoire d’une société d’état dissoute dans l’idéologie corrosive du néolibéralisme », Presse-toi à gauche, http://www.macst-hyacinthe.qc.ca/schiste_nouvelle.php?nouvelle=1303&ts=1293858000, paru le 30 novembre 2010 et consulté le 5 août 2011.

20 Voir à ce sujet l’article de Bertrand Schepper :
« Qui profite des gaz de schiste ? », À bâbord ! – Revue Sociale et Politique, avril/mai 2011.

21 Ibid.

22 SHIELDS, Alexandre. « Anticosti : Hydro-Québec aurait cédé un trésor », Le Devoir, 14 février 2011.

23 COUTIER, Jean-François. « Lucien Bouchard : de négociateur à lobbyiste », Argent Canoe,
http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2011/01/201, consulté le 6 août 2011.

24 CLOUTIER, Jean-François. « Lucien Bouchard : 600 à 700$ par heure », Agence QMI, disponible sur http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2011/01/20110125-210657.html, consulté le 1er septembre 2011.

25 « Administrateurs d’Hydro-Québec », disponible sur http://www.hydroquebec.com/publications/fr/organigramme/administrateurs_hq.pdf, consulté le 1er septembre 2011.

26 Il est intéressant de constater comment l’électrification des foyers lors du vingtième siècle – cheval de bataille de René Lévesque au Québec et de Lénine en URSS – autant qu’elle a été bienvenue par les classes populaires, fut aussi un excellent moyen pour la classe des grands propriétaires de consolider une base de consommateurs pour l’achat de plusieurs commodités nécessitant l’électricité (radio, télévision, réfrigérateurs, laveuses, sécheuses, etc.). Selon la logique du « nationaliser les coûts et privatiser les profits », l’électrification des domiciles devrait nous servir de questionnement quant à la valeur sociale réelle de la nationalisation de type centralisatrice.

27 L.R.Q., chapitre M-13.1. Le texte intégral est disponible en ligne.

28 William AMOS, Estelle HJERTAAS et Matthew LÉTOURNEAU. « Mémoire d’Écojustice : l’industrie des gaz de schiste au Québec », Clinique de droit environnemental de l’Université d’Ottawa, 11 novembre 2010, p. 11.

29 Mentionnons au passage que la compagnie Pétrolia possède des claims dans toute la région du grand Gaspé ; non seulement à Haldimand, mais aussi à York, à Corté-Réal, à Murdochville, jusqu’à l’entrée du Parc National de la Gaspésie, et plus encore. Si on se fie aux documents promotionnels préparés par Pétrolia pour leurs actionnaires présents et potentiels, la compagnie compte bel et bien exploiter tous les gisements disponibles dans la région. Sur le site internet de Pétrolia, toutes les régions du Grand Gaspé sont fichées ; on voit sur les fiches d’information la quantité prévue de pétrole que l’on pense y puiser, la formation géologique du sol, la superficie du claim, etc. Si cette entreprise ne s’avère pas être uniquement une bulle spéculative (voir l’histoire de Bre-X), on n’en serait donc qu’au début.

30 L.R.Q., chapitre M-13.1, article 26.

31 L.R.Q., chapitre E-24

32 L.R.Q., chapitre E-24, article 36.

Commentaires

  • Alexandre Sheldon, 3 novembre 2011 10h37

    Je pense que par rapport a la question de qui est le pire entre le PLQ et le PQ au niveau de la gestion des ressources naturelles, il faut comprendre que les deux partis ont participe, jalon par jalon, a la creation d’un contexte favorable a la privatisation des ressources. Personne ne veut porter seul le fardeau de la responsabilite. Les politiciens savent user de subtilite. Il leur est donc plus commode de ne poser qu’un petit geste, qui sera complete plus tard par un autre.

  • jcpomerleau, 12 octobre 2011 17h38

    Bill Facture

    Je m’excuse si je vois ais brusqué.

    Sur Bouchard vous avez 100% raison. En fait, il a trahi l’intérêt national.

    C’est lui qui a scrappé le plan de développement des énergies (1996) qui faisait l’objet d’un large consensus (sous Parizeau), ce qui a mené en réaction à la création du Parti Vert du Québec. Il a ensuite fait entrer à Caillé et la filière du gaz à l’Hydro Qc.Une décision désastreuse pour la suite des choses.

    Suite au départ du Messie, Landry a agit de bonne foi mais le temps lui a manqué.

    Merci de votre commentaire qui me rassure. Et je m’excuse pour Cyberpresse.

    JCPomerleau

  • Bill Facture, 11 octobre 2011 23h02

    @ JCPomerleau,

    Je vous remercie pour votre intervention visant à m’éclairer.

    De l’exposé écrit par monsieur Sheldon, je me suis arrêté d’abord à ceci :
    "En 1997, Hydro-Québec et son nouveau président M. André Caillé s’approprient les compagnies gazières gérées par la SOQUIP et en 1998, le gouvernement de Lucien Bouchard met la SOQUIP sous la tutelle de la Société Générale de Financement (SGF). En 1999, la SOQUIP ne figure plus sur les organigrammes de la SGF et étant privée de capitaux, elle se vide de ses employés restant. On assistera ensuite à la vente des permis d’exploration et d’exploitation par l’État aux compagnies privées – les claims." Ai-je bien lu ? Il me semble que Lucien a alors été frappé par un de ses premiers éclairs de lucidité quant à sa façon de jongler avec notre richesse collective pour la diriger vers l’entreprise privée.

    J’avoue que je me suis particulièrement arrêté à ce passage parce que je méprise ce Bouchard qui a agi à l’encontre de principes moraux universels et du droit commun en trompant toute la population du Québec dans l’affaire du lynchage de monsieur Michaud. Quelle petitesse ! L’affaire Michaud est une sordide histoire se rapportant aux agissements de Bouchard, mais qui nous rappelle ce qui le caractérise encore aujourd’hui dans ses nouvelles fonctions professionnelles : la perfidie.

    Il me semble que Bouchard a contribué activement au bradage de nos ressources. (Sinon, je vous prie de m’aider à comprendre.) Bien sûr, sous Charest, il s’agit du "pillage systématique de notre État" (selon votre expression très juste : http://www.vigile.net/Le-vrai-noeud-du-debat-les-affects). Néanmoins, voici une question difficile : Croyez-vous sincèrement que sous le PQ-Marois, le Québec pourrait reprendre le contrôle de ses immenses richesses ?

    Monsieur Pomerleau, quant forum de Cyberpresse, cette cyberpropagande censurée ne m’intéresse pas du tout. De loin, je préfère m’instruire en lisant de passionnantes envolées (dont les vôtres) ici-même sur Vigile.

  • jcpomerleau, 11 octobre 2011 08h07

    M Bill Facture,

    Sous le gouvernement de M B. Landry. les droits d’exploration sur Anticosti appartenaientt à Hydro Québec, division pétrole et gaz. Un stratégie pour évaluer et mettre en valeur les ressources a été définit en 2002. Elle s.apparentait à celle de la Norvège (la plus performante en termes d’enrichissement collectif).

    Charest va prendre le pouvoir et commence le bradage de nos ressources : Les droits sur Anticosti seront bradés à Petrolia en 2007 et à Junex (ex ministre libéral) en 2008.

    En 2008,en pleine campagne électorale j’avais conclu que les libéraux avaient fait mains basses sur notre pétrole et notre gaz :

    http://www.vigile.net/Les-Liberaux-font-mains-basses-sur

    Depuis Charest nous a concocté le Plan Nord et l’Accord Canada Europe comme complément stratégique visant la dépossession systématique de nos richesses collectives.

    Nous ne sommes pas ici sur le forum de Cyberpresse. Renseignez vous avant d’écrire n’importe quoi.

    JCPomerleau

    P.s Pour compl

  • Bill Facture, 10 octobre 2011 22h28

    Monsieur Sheldon,

    Je vous remercie pour votre exposé révélateur.

    Vous expliquez bien que sous le PQ-Bouchard, les pertes du contrôle de nos richesses furent colossales. Croyez-vous sincèrement que sous le PQ-Marois, le Québec reprendrait le contrôle de ces immenses richesses ?

  • Serge SAVOIE, 10 octobre 2011 20h01

    Voici un texte qui met très bien en évidence le danger auquel notre société fait face avec des individus qui n’ont que leurs profits personnels à cœur. J’ajouterais aux interrogations légitimes de M. Sheldon concernant le rôle des dirigeants actuels de Junex sur le démantèlement de SOQUIP la possibilité (je dis bien POSSIBILITÉ) de délits d’initiés. Les circonstances et les coïncidences sont suffisamment troublantes pour justifier une enquête publique et l’implication de la CVMQ.

    Si nous ajoutons à ce portrait un peu trouble la perte de souveraineté qui pourrait résulter de l’Accord de libre-échange Canada-Europe sur nos ressources naturelles, je crois que le temps est venu pour que nous adoptions une attitude radicale.

    Le gouvernement Canadien et Jean Charest n’ont obtenu aucun mandat du peuple du Québec pour dilapider nos richesses et pour abandonner notre souveraineté aux mains de l’Oligarchie. C’est notre démocratie qui est en jeu. Je demande donc que l’Accord de libre-échange Canada-Europe soit soumis à un référendum avant qu’elle ne soit entérinée par les deux parlements. Les ressources naturelles et l’environnement sont de juridiction provinciale et ti-pit Charest ne possède aucune, je dis bien AUCUNE légitimité pour agir ou ne pas agir comme il le fait au niveau de tout Accord commercial aussi bien que de nos ressources naturelles.

  • jcpomerleau, 10 octobre 2011 10h00

    Merci pour se texte très bien documenté et qui laisse voir que derrière Petrolia il y a les oil-igarques qui ont fait main bases sur nos ressources sans que l’on ne s’en rendre compte.

    Le Gouvernement Charest prétends qu’il a céder les droits en ne sachant pas le potentiel (40 milliards de barils). J’ai publié ce petit texte pour démontrer le contraire :

    http://www.vigile.net/Anticosti-La-question-qui-tue

    Le gouvernement a trahi l’intérêt national dans ce dossier comme dans bien d’autres. Il est temps de le sortir du pouvoir de toute urgence, pour reprendre le contrôle de nos richesses.

    Ensuite le débat que vous proposé sur la démocratisation sera des plus intéressant à faire.

    Merci pour votre texte qui a demandé beaucoup de recherche afin de nous renseigner sur cette enjeu majeur pour le Québec.

    JCPomerleau

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