«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Derrière les élections clés-en-mains

Soupçons d’élections avec retour d’ascenseur

Les firmes de communication qui sont sur le radar de l’UPAC n’ont pas seulement été impliquées dans les élections à Montréal et Terrebonne, mais aussi dans une vingtaine de villes de la région.
 
Longueuil, Saint-Jérôme, Boisbriand et Saint-Sauveur, entre autres, font partie des villes où ces firmes ont œuvré lors d’élections.
 
Ces boîtes de communication étaient ciblées depuis l’année 2000 par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) dans le cadre d’une enquête, intitulée Élections municipales « clef en main ».
 
Témoignages troublants
 
Le DGEQ s’est intéressé notamment à de possibles retours d’ascenseur. C’est-à-dire des contrats qu’auraient pu obtenir les firmes qui avaient participé à l’élection d’un candidat, une fois que ce candidat avait été porté au pouvoir.
 
Les témoignages et preuves recueillis à cette époque (dont nous vous présentons des extraits ci-contre) s’étendent sur 552 pages. Ils démontrent que les stratagèmes qui font présentement l’objet d’enquêtes de l’UPAC sont loin d’être nouveaux.
 
Dans ces documents fortement caviardés, il est impossible de voir si les enquêteurs concluent que des actes répréhensibles ont été commis ou non.
 
Certains témoignages recueillis par le DGEQ étaient incriminants pour des firmes de communication et des municipalités, alors que d’autres les blanchissaient.
 
Voici ce qu’un témoin avait à dire à propos de Saint-Jérôme : 
 
« II poursuit en disant que la contribution de [...] au bénéfice du [...] a été très profitable, puisque Communications Jean Battah inc. a eu un “retour d’ascenseur”, en obtenant la réalisation et la conception du journal de la municipalité à savoir St-Jérôme vous informe. »
  • Mardi, Le Journal révélait que les perquisitions menées en juillet 2015 par l’UPAC chez Morrow Communications concernent une facture controversée de 75 000 $ dans le cadre des élections municipales 2005, dont on a entendu parler à la commission Charbonneau.
  • Et puis hier, Le Journal révélait que la Ville de Terrebonne avait octroyé 241 contrats (la grande majorité sans appel d’offres) à la firme de communication qui a aidé à faire élire l’actuelle administration du maire Jean-Marc Robitaille.
Un nom qui revient
 
L’UPAC s’intéresse aussi depuis 2013 à la firme Octane, dirigée au moment de l’enquête par Battah, Louis Aucoin et Pierre Guillot-Hurtubise, pour une affaire de financement électoral au profit d’Union Montréal.
 
Octane, via son appellation précédente (Communications CJB), ainsi qu’une autre firme de son fondateur Jean Battah (Groupe Cible), sont abondamment citées dans les rapports du DGEQ. Elles n’ont toutefois jamais écopé de constats d’infraction ou fait l’objet d’accusations en justice.
 
Ce sont ces firmes qui ont obtenu 241 des contrats de Terrebonne, de 2002 à 2012, après s’être impliquées pour faire élire Jean-Marc Robitaille à la mairie.
 

Ce que disaient déjà des témoins au DGEQ en 2000

« II s’agit de porter attention à ceux ayant des contrats avec les municipalités. Ce sont toujours les mêmes, donc un “retour d’ascenseur”, puisqu’ils ont contribué subtilement à la caisse occulte du parti politique. »

« Il renchérit en disant qu’il était au téléphone avec cette dernière discutant de la fameuse maison au coût de 125 000 $ que le maire [...] voulait obtenir gratuitement. »

« Il m’a remis une lettre adressée au Directeur général des élections, à mon intention, dans laquelle il explique que des soumissions sont accordées par Ville [...] à des contracteurs qui feraient collusion pour obtenir des contrats et même, selon ses soupçons et ce qu’il mentionne dans sa lettre, [ces contracteurs] offriraient des cadeaux pour 80 000 $ à certaines personnes. »

« Il est bien au courant que les dénommés [...] sont connus des partis politiques municipaux et provinciaux comme organisateurs politiques et offrent leurs services “clef en main”, moyennant un versement comptant de 100 000 $. II appert que [...] a une très bonne moyenne, car, lorsqu’il s’implique pour faire élire un candidat au provincial ou un parti politique municipal, normalement, il est élu. »


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