«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Après le 40e anniversaire de… la sécurité illusoire

Sortir de l’abîme linguistique

Tribune libre de Vigile
lundi 28 août
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Dans son autobiographie (Attendez que je me rappelle…, Éditions Québec Amérique, 1987), René Lévesque se demandait si le succès de l’adoption de la Charte de la langue française par son gouvernement n’avait pas contribué à créer un sentiment de fausse sécurité, qui aurait eu pour effet de réduire l’appui à la souveraineté lors du référendum perdu de 1980.

La Cour suprême du Canada s’est appliquée depuis quatre décennies — surtout après l’importation unilatérale de la Constitution canadienne en 1982 dont elle fut un acteur invisible majeur — à « george-browniser » sournoisement la CLF « en lui coupant les griffes et en lui arrachant les dents », une à une. Sans aucune riposte sérieuse du gouvernement du Québec pour reprendre l’offensive afin d’étendre le français.

Le résultat de l’asservissement continu au régime fédéral : le pourcentage des Québécois de langue maternelle française a diminué en mode accéléré. Il est donc passé sous la barre des 80 % ; selon des projections de Statistique Canada, il pourrait même s’écrouler à moins de 70 % en 2036.

C’est impératif : le déclin doit être vigoureusement contré. Avec une stratégie tous azimuts.

Lorsqu’un gouvernement patriote sera au pouvoir, il créera une Cour suprême du Québec détenant la primauté sur tout autre tribunal, spécialement concernant la politique linguistique. Dignité oblige.

Cela signifie que la Cour suprême du Canada, dont la majorité des juges sont anglophones — et certains même unilingues — ne pourra plus avoir l’arrogante prétention de désavouer la légitimité des mesures de protection de la langue française contre les empiètements et la domination colonialistes de la langue anglaise. L’humiliation a trop duré.

Pour consacrer son geste fondateur, le gouvernement patriote adoptera une Constitution du Québec déclarant sa primauté linguistique. Cela aboutira à un conflit politique nécessaire à notre émancipation collective. Le pouvoir fédéral affichera une posture légaliste, comme d’habitude. Toutefois, en vertu du droit naturel de disposer de lui-même, le peuple québécois tranchera en faveur de sa langue par consultation référendaire ou électorale. Puisque la légitimité prime la légalité, cette dernière devant procéder de la première.

En appui à cette démarche, un faisceau de mesures d’affranchissement sera adopté :

> Obligation pour l’État du Québec de communiquer avec ses citoyens exclusivement en français. (Fini le press nine des boîtes vocales, qui signifie en réalité : « Évacuons le français ! ») Après 40 ans, il est inexcusable que des anglophones ignorent encore le français.

> Obligation pour toutes les municipalités de communiquer en français, tant à l’externe qu’à l’interne.

> Application de la CLF au niveau des cégeps.

> Mise sous tutelle des universités et des cégeps de langue française coupables d’anglicisation ou de bilinguisation des programmes ou des cours.

> Instauration d’un vaste programme de réparation historique du sous-financement des universités et des hôpitaux de langue française afin de récupérer les étudiants et les patients francophones ainsi que ceux en voie de francisation.

> Rétablissement de la clause Québec concernant la langue d’enseignement.

> Imposition du français à l’ensemble des entreprises et des organisations — y compris l’Administration fédérale avant même son intégration dans l’Administration québécoise — qui œuvrent sur le territoire physique ou virtuel du Québec, afin de respecter le droit de tout Québécois de travailler en français.

> Rétablissement de l’affichage unilingue français.

> Rétablissement du français comme seule langue d’usage devant les tribunaux et à l’Assemblée nationale.

> Exigence de la connaissance du français par les immigrants réguliers avant leur départ du pays d’origine ; les réfugiés authentiques devront en faire l’apprentissage au cours de l’année qui suit leur arrivée.

Ces mesures, qui s’appliquent à l’État et ses organismes, à l’éducation et au milieu de travail, sont toutes vitales pour éviter l’effondrement de l’écosystème linguistique français du Québec. Tout retapage de la politique linguistique qui viserait la conformité avec le cadre du régime politique canadien vouerait la CLF à un échec différé mais inéluctable.

La participation des forces vives au puissant combat requis en faveur du français deviendra ainsi le levier par excellence de l’adhésion du peuple du Québec à son indépendance.

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