«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le tsar s’amuse

Snowden : Russie, terre d’asile !

Un ancien membre des services secrets qui, écœuré des multiples atteintes aux libertés fondamentales dont son gouvernement est quotidiennement coupable, déserte et dénonce à la face du monde l’ampleur et les pratiques de l’immense réseau d’espionnage et de surveillance patiemment tissé par un État policier, incarnation du « Big Brother » dont George Orwell annonçait prophétiquement l’avènement dans son 1984…

Un courageux opposant qui n’a pas hésité à braver l’administration, la justice de son pays et la « force injuste » de ses lois, au prix de sa propre liberté et de sa vie même puisque, assimilé à un « traître », il est théoriquement passible de la peine capitale et risque au moins de disparaître pour de longues années dans l’enfer de quelque bagne secret… Bref, un « dissident » qui, connaissant les pratiques et redoutant les vengeances du système totalitaire dont il fut en son temps l’un des rouages, demande asile et protection à l’État sur le sol duquel il a trouvé provisoirement refuge…

Le scénario est bien connu et, de Kravtchenko à Soljenitsyne, on ne compte plus les transfuges et les « lanceurs d’alerte » qui, depuis la naissance de l’URSS, ont fui la terreur bolchevique pour trouver au sein du « monde libre » et le plus souvent sous l’égide de la grande démocratie nord-américaine liberté, sécurité, légalité. La nouveauté est que, cette fois, les choses se passent à fronts renversés.

C’est à la Russie et plus précisément à l’ancien policier du KGB qui dirige son pays d’une main de fer qu’Edward Snowden, détenteur d’une petite portion du gros tas de secrets de la CIA, a adressé sa supplique. Et c’est avec plaisir que le président de la Douma, Sergueï Narychkine, a fait droit à la requête du « courageux défenseur des droits de l’homme », tandis que le porte-parole du Kremlin subordonnait son acceptation – comme il est de règle entre puissances amies – à la cessation par celui qui est désormais son hôte de toute activité qui pourrait nuire à « nos partenaires américains ».

Il y a quelques mois, Vladimir Poutine, au nom de la culture et de l’amitié, adressait un magistral pied de nez à la fiscalité française en déroulant un tapis (rouge) sous les pieds de Gérard Depardieu. Aujourd’hui, c’est un vigoureux soufflet qu’il administre, au nom des droits de l’homme et du citoyen, à Barack Obama.

Le tsar s’amuse.


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