«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le seul racisme systémique au Québec, celui du Canada anglais envers nous depuis 250 ans

Sitôt annoncée, la consultation sur la discrimination systémique est déjà décriée

Des organisations qui attendaient cette initiative depuis plus d’un an restent sur leur faim

vendredi 21 juillet

Le gouvernement Couillard a finalement annoncé jeudi la tenue de consultations sur la discrimination systémique et le racisme, réclamées depuis plus d’un an, au courant de l’automne. Mais la forme que prendra ce processus ne fait pas que des heureux.

 

Cette annonce du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) faite à Montréal survient alors que divers actes haineux contre la communauté musulmane du Québec se sont produits cette semaine, dans la foulée du référendum pour un projet de cimetière musulman tenu à Saint-Apollinaire dimanche.

 

« Tous ces gestes haineux sont inacceptables dans une société. C’est blessant, ça me touche profondément. […] C’est une problématique importante qu’il faut aborder, c’est ce qu’on fait aujourd’hui », a déclaré la ministre, Mme Kathleen Weil.

 

Ces consultations seront tenues par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Sa présidente, Mme Tamara Thermitus, a cité quelques statistiques en conférence de presse : les personnes non racisées ont 60 % plus de chance que les personnes racisées d’être convoquées en entretien d’embauche au Québec et le taux de chômage est de deux à trois fois plus élevé chez les personnes racisées, peu importe leur parcours scolaire.

 

« Tout ça a un effet sur leurs conditions sociales », a-t-elle affirmé.

 

Un plan d’action en 2018

 

La ministre Weil a lancé jeudi un appel de propositions aux organismes à but non lucratif (OBNL) aux quatre coins du Québec. La CDPDJ sélectionnera entre 15 et 20 de ces organismes pour mener des consultations aux mois de septembre et octobre, afin de recueillir des témoignages de victimes de discrimination systémique ou de racisme.

 

Afin de mobiliser le plus grand nombre de citoyens, tous ceux qui le désirent pourront remplir un questionnaire ou déposer un mémoire sur un site Web qui sera mis en ligne en septembre. « Vos voix comptent et nous voulons les faire entendre », a déclaré Mme Thermitus.

 

Parallèlement à ces démarches consultatives, quatre groupes de travail seront constitués pour se pencher sur autant d’enjeux liés à la discrimination, soit l’emploi et le travail ; l’éducation, la santé, les services sociaux et le logement ; la justice et la sécurité publique ; la culture et les médias.

 

Toutes les informations recueillies seront mises en commun à l’occasion d’un forum public en novembre. Un état de la situation sera alors dressé, ce qui permettra à la CDPDJ de formuler des recommandations, auxquelles le gouvernement donnera suite dans un plan d’action devant être déposé au printemps prochain.

 

Le ministère estime le coût de l’ensemble de ce processus à 500 000 $.

 

Entendre les voix sur le terrain

 

Des organismes et membres de la société civile rassemblés sous la bannière de la Coalition pour l’égalité et contre le racisme systémique demandaient la tenue d’une commission depuis mai 2016. Une pétition ayant recueilli plus de 2600 signatures avait été déposée à l’Assemblée nationale en septembre dernier.

 

Le cofondateur de Montréal-Nord Républik, Will Prosper, est membre de la Coalition ainsi que d’un comité-conseil qui a été mis en place au printemps dernier afin d’orienter les thèmes et objectifs des consultations. Il déplore que la suite des choses soit entièrement placée entre les mains de la CDPDJ.

 

« J’aurais aimé qu’il y ait encore des personnes en lien avec le comité-conseil ou de la Coalition impliquées dans le processus. Ce sont des gens du terrain, il ne faut pas cette démarche soit déconnectée de la réalité », prévient le documentariste.

 

« On a des experts qui sont évacués dans la forme que la consultation semble prendre. Qu’est-ce qu’on fait pour rendre ces gens plus présents au sein de cette consultation ? Présentement, on a l’impression que le gouvernement parle directement avec la CDPDJ et que les autres sont évacués de cette discussion », poursuit M. Prosper.

 

La présidente de Québec inclusif, Émilie Nicolas, salue l’initiative du MIDI, mais émet des inquiétudes quant à la protection de ceux qui témoigneront.

 

« La façon dont on va procéder doit donner une place aux citoyens qui ont vécu [du racisme ou de la discrimination systémique]. Il faut que les gens se sentent à l’aise et en sécurité de témoigner. Ce qu’ils ont à dire peut les mettre dans une situation difficile, par exemple avec leur employeur. Il va falloir s’assurer qu’ils sont protégés », avertit-elle.

 

La présidente et fondatrice de l’organisme COR (Communication pour l’ouverture et le rapprochement interculturel), Samira Laouni, s’est quant à elle dite rassurée que ces consultations ne prennent pas la forme « d’une autre commission à la Bouchard-Taylor ». Cependant, elle se questionne sur la suite des choses.

 

« Il reste à savoir exactement comment ça va se dérouler et comment ça va aboutir », dit-elle.

 

Des actions réclamées

 

Le gouvernement aurait dû mettre en place des « moyens concrets pour lutter contre le racisme et la discrimination » au lieu de lancer une autre consultation, déplore la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et de communautés culturelles, Carole Poirier.

 

« Il y a une manoeuvre électoraliste de la part du gouvernement », a dénoncé la députée de Hochelaga-Maisonneuve au Devoir. Le plan d’action de Québec doit être déposé quelques mois avant la tenue de la prochaine élection provinciale.

 

Mme Poirier souligne que le Parti québécois avait déposé 20 propositions pour lutter contre le racisme et la discrimination systémique en février qui sont restées lettre morte. Le PQ suggérait notamment de créer des ententes avec certains pays, comme la France, le Maroc et l’Algérie, afin de favoriser la reconnaissance des diplômes, ainsi que de recruter les employés de l’État au moyen de CV anonymes.

 

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