«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’invitation à la résilience est une exhortation à la soumission

Sans complaisance : Honnie soit la résilience

mercredi 20 novembre 2013

Je relève d’une maladie qui m’a laissée pendant plusieurs jours sans aucune énergie, privée de toute puissance de penser et d’agir.

J’arrivais toutefois à lire les journaux et à écouter les informations. Toutes plus catastrophiques les unes que les autres, en ce qui concerne l’état du monde. Toutes plus négatives les unes que les autres, quand elles étaient consacrées à notre existence nationale, à ses débats et combats. Lien passif avec le monde, mais qui m’a sauvée de la morbidité de l’apathie. À la lecture et à l’écoute des malheurs réels des individus et des peuples ou trafiqués par les médias, je retrouvais mon aptitude vitale à l’indignation et à la révolte, enragée par la perspective de devoir quitter ce monde sans avoir réussi à lui donner le coup de pied au cul assez puissant pour lui changer la face ; angoissée par la crainte de trépasser en terre assujettie, mon peuple stagnant dans sa séculaire soumission à la loi du conquérant et de ses suivants, servilité qu’il qualifie de résilience, ayant élevé cette indignité au rang d’un art de vivre dans la bonne entente.

Et je me suis mise à honnir la résilience : le concept et son utilisation par les psychologues et psychanalystes, par tous ces déjantés de l’histoire qui invitent les individus et les collectivités à s’adapter aux causes et effets de leurs situations traumatisantes plutôt qu’à les combattre.

Car, il s’agit bien de cela. Sous le couvert d’un éloge de la capacité humaine de rebondir, l’invitation à la résilience est une exhortation à la soumission.

L’ordre établi ne s’y est pas trompé, qui appelle constamment la nation québécoise à se dépasser sans se libérer du poids de ses dépendances à des intérêts et des pouvoirs qui lui sont non seulement étrangers mais contraires à ses besoins et aspirations.

Toute affaiblie que j’étais par la maladie, cette prise de conscience des séculaires effets néfastes de notre résilience m’a fait retrouver ma fougue révolutionnaire, m’a rappelé que la lutte est le seul le chemin qui mène à la liberté.


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