«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

S’unir enfin, mais les yeux grands ouverts

Tribune libre de Vigile
lundi 25 avril 2016
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Dans un texte publié récemment sous le titre de ‘’ Une nouvelle route à défricher ‘’ Véronique Hivon et Pierre Karl Péladeau proposent au nom du Parti Québécois aux forces indépendantistes et progressistes de se donner dans la diversité des points de vue une feuille de route commune qui pourrait mener au pays, et pourquoi pas dans un premier temps au rendez-vous électoral de 2018 pour battre le gouvernement libéral et paver la voie à l’indépendance du Québec. Je ne puis personnellement que souscrire à une telle initiative qui arrive à point nommé avec le printemps.

Il y a déjà trop longtemps que nous tolérons la décapitation de l’état québécois au profit du privé et la banalisation de l’identité québécoise devant l’offensive d’Ottawa dans tous les domaines, par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Il y a déjà trop longtemps qui nous tolérons au pouvoir une gouvernement dont une douzaine de ministres ont fait partie du gouvernement Charest dont la réputation de corruption est partagée par une grande partie de la population suite à la Commission Charbonneau et que son ancienne vice premier-ministre Nathalie Normandeau doit faire face à la justice. Il y a trop longtemps que nous tolérons au pouvoir un gouvernement qui massacre les services publics en éducation, en santé, dans l’aide sociale et dans tous les autres domaines et s’attaque aux plus vulnérables. Il y a trop longtemps que nous tolérons au pouvoir un gouvernement qui défend les seuls intérêts des milieux d’affaires et de ses amis. Il y a trop longtemps que nous tolérons au pouvoir un parti qui n’a été appuyé que par 40% des électeurs qui ont voté aux dernières élections et que des centaines de milliers de Québécois n’ont tout simplement pas voté. Chaque jour que ce gouvernement est au pouvoir est un jour de trop.

Syndicalistes, écologistes, autochtones, parents d’écoles et de CPE, gens des régions, groupes communautaires, indépendantistes ou simples citoyens avons pu constater au cours des deux dernières années et en particulier au cours des derniers mois que d’aller au front de façon isolée et à tour de rôle ne nous permet pas d’aller bien loin et de gagner grand-chose sauf sur le plan de l’environnement et encore. Le moment de s’unir est venu.

Certains diront que PKP est un anti-syndicaliste et cela est vrai. Certains diront que nous ne pouvons nous fier au Parti Québécois parce qu’il nous a souvent trahi dans le passé et cela est vrai. D’autres vont dire qu’ils ne font aucune confiance aux partis politiques et on les comprend. D’autres encore que le véritable pouvoir citoyen est dans la rue et non à l’Assemblée Nationale, et cela est aussi à considérer. Malgré toutes ces réserves justifiées on ne peut rester les bras croisés devant l’appel du PQ et continuer à bouder dans notre coin en attendant le Grand Soir ou un Printemps érable 2. Une perche nous est tendue et
saisissons là.

Prenons le risque comme le font les Catalans ou les Ecossais de nous unir dans un objectif commun noble porteur d’espoir et rassembleur, c’est à dire faire le projet de pays. Le PQ propose un pays progressiste, n’est-ce pas ce que nous voulons. Et nous le voulons également vert, égalitaire entre les femmes et les hommes, et laïc. Le train lancé il sera alors difficile à arrêter ou à faire dérailler. Invitons également nos concitoyens anglophones et allophones à embarquer parce qu’il y aura aussi une place pour eux. Faisons preuve d’ouverture, de confiance, et de respect mutuel tout en gardant les yeux bien ouverts. La discussion est ouverte.

Yves Chartrand,
Membre de Québec Solidaire, syndicaliste ,et citoyen impliqué

Commentaires

  • Robert Lachance, 30 avril 2016 06h19

    Mme Massé soulève une bonne question quand elle se demande s’il faut comprendre qu’il n’y a plus de droite et de gauche. C’est un axe qui date de siècles et de siècles. Arrivons au 21e. François Ricard en commentaire à Guy Roy, Courage politique, parle de deux axes, gestion provinciale et indépendance. De mon bord, j’opte pour un axe intergénérationel et un axe plurinational.

    Je retiens d’Amir Khadir qu’ « il faut repenser l’indépendance dans le cadre d’un projet de société menant à l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre. » Fort bien !

    Quant à son idée de « primaire sociale » au cours d’une éventuelle partielle dans un comté détenu par le PLQ, laissons-nous y réfléchir à l’examen de mes tableaux que vous trouverez là, Les nécessaires alliances et plus bas.

  • Robert Lachance, 30 avril 2016 05h46

    « Québec solidaire [QS] veut se développer, rester dans le paysage politique, faire élire davantage de députés. »

    - Mme David, j’ai quelque chose pour vous.

    Les nécessaires alliances Y voir aussi le tableau 4, plus bas. Qu’espérer mieux que faire 4 en 2018 sans scrutin proportionnel grâce à quoi vous feriez 7, ON 1, Autre 1, la CAQ 34, le PLQ 38 et le PQ 44 pour 125 ? J’imagine que le Lieutenant-gouverneur sans conseil inviterait le PQ à former le gouvernement. Allions-nous autour d’un changement de mode de scrutin.

    Dans son livre à elle, « on ne peut pas être premier ministre et être actionnaire principal de la plus grande entreprise de presse du Québec. » Fort bien ! Les membres en congrès peuvent en décider autrement, j’en doute ; PKP peut vendre au bon moment d’ici 2018. Un négociateur expérimenté révélera le fond de sa pensée à flux tendu (pour ne pas écrire just in time).

    QS a raison d’exister, ce parti est représentatif de gens du pays et ses électeurs partie prenante à sa régénération. Avec un nombre de députés proportionnel à son pourcentage d’électeur, 10 %, il pourrait détenir un poids substantiel dans la balance de la charge, ce que d’autres appellent la balance du pouvoir. De là, espérer la charge quand munit d’un nombre suffisant de députés expérimentés sous un régime politique à la Suisse, disons, il n’y aura qu’un pas.

  • Robert Lachance, 30 avril 2016 05h18

    Merci Gaston Carmichael pour les trois liens. Ça mérite un trio de commentaires. Voici le premier.

    S’unir enfin, les yeux grands ouverts. J’ajouterais les oreilles tendues et la bouche parlante à nos proches, le politique et la politique étant communication. Coeur, cervelle, bouche, pour autrement dire réaction : affection/émotion, raison, action. Question ?

    - Question ? action ! commanderait le Capitaine Charles Patenaude.

    La campagne électorale 2018 est encore jeune, surtout menée par ON depuis février.

    Vous savez mieux que moi M. Chartrand ce que sont les négociations. J’ai quand même vécu trois fronts communs, les premiers.

  • Gaston Carmichael, 27 avril 2016 08h31

    Aux revendications des Massé/Khadir/David, le couple Péladeau/Hivon répond : "On est ouvert à tout cela. Venez vous asseoir à la table qu’on en discute"

    On est même ouvert la nébuleuse proposition de primaires sociales d’Amir. Allez, venez. On paye la café, et même un muffin au carottes.

    Gageons qu’ils auront besoin d’un congrès national afin d’obtenir l’autorisation d’aller s’asseoir à une même table que le PQ. Quand on est démocrate, on l’est jusqu’au bout des ongles.

  • D. Drouin, 27 avril 2016 05h23

    P.S.

    PKP était anti-syndicaliste lorsqu’il était chef d’entreprise aux prises avec une grève sauvage. Ça ne veut pas dire qu’il est contre les syndicats comme chef de parti politique.

    Quand un QS dit que le PQ "nous a souvent trahi", on sait que ça veut dire qu’il n’a pas gouverné qu’à la gauche, c’est-à-dire la gauche radicale à la QS. Fort heureusement !

  • D. Drouin, 27 avril 2016 05h13

    Quand Françoise David a parmi ses nombreux griefs le fait que PKP soit le chef du PQ, quand elle déclare qu’il est impensable que quelqu’un qui a le contrôle d’une entreprise devienne PM (Khadir n’en pense pas moins) qu’y a-t-il à espérer ? Et Khadir qui vient de déclarer qu’il y a des choses plus importantes qu’une alliance avec le PQ, comme l’environnement, la corruption, etc. Le problème c’est que les leaders de QS détestent et méprisent le PQ et PKP et que ses leaders ne sont pas indépendantistes, comme la moitié des membres QS, d’ailleurs.

    Bien triste à constater mais QS agit en ennemi du PQ au même titre que le PLQ. QS ne pense qu’à son parti et à son programme socialiste d’extrême gauche. Je pense que c’est assez évident.

    S’il existe à QS de véritables indépendantistes, ceux pour qui faire du Québec un Pays est une priorité, ils savent ce qu’ils ont à faire.

    Bien sûr, ce serait merveilleux si on pouvait unir tous les indépendantistes. Pour cela, il faudrait que l’indépendance soit une priorité pour tous.

  • Adrien Forgues, 26 avril 2016 13h20

    Quoi comprendre du comportement des élus gauchistes de QS ?

    Dans l’agenda de l’électeur un rendez-vous est prévu en octobre 2018 et les récentes déclarations des députés de QS relatives à l’ouverture des péquistes pour unir des citoyens favorables au pays du Québec m’oblige à penser qu’avec des amis comme ceux-là, le nouveau pays en devenir est déjà devant un ennemie très, très puissant, pourquoi en ajouter un Autre encore plus sournois, celui-là ?

    D’actifs militants chez le PQ et QS claironnent qu’un regroupement des forces indépendantistes est capital pour espérer remplacer le gouvernement actuel. Et, qui nous dit que demain les fédéralistes provinciaux (PLQ, CAQ) n’échafauderont pas une convergence pour bloquer la gauche momentanément ?

    À mon humble avis, LA CAUSE aurait dû, doit et devra rassembler les idées, les discours et les actions afin que les souliers suivent les babines.

    Donc tout, oui tout ce qui n’est pas pertinent à LA CAUSE doit impérativement être classé dans l’autre filière. Maintenant, union, réunions et actions.

    Dehors les moumounes…

  • Gaston Carmichael, 26 avril 2016 08h12

    Voici la réponse de Françoise David à la lettre de PKP

    Voici la réponse de Manon Massé à la lettre de PKP

    Voici la réponse d’Amir Khadir à la lettre de PKP

    Disons que l’on ne perçoit pas trop d’enthousiasme.

    Pendant que certains veulent avoir les deux mains sur le volant, d’autres semblent préféré avec les deux pieds sur le frein.

  • CArmen Potvin, 25 avril 2016 19h34

    Qu’est-ce qu’on attend ? On bouge ou on continue de dormir au gaz ?

  • Pierre Grandchamp, 25 avril 2016 17h00

    Bravo pour votre ouverture ! Il vous faudra travailler fort pour convaincre vos membres.

    Cependant Françoise David ne semble pas très ouverte de même que Manon Massé.

    Denise Bombardier écrit aujourd’hui, dans le Journal de Montréal, que le tiers des membres de QS voteraient NON advenant un éventuel référendum.

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