«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les municipalités devraient avoir accès aux fonds publics dans de telles situations

Ristigouche manque de fonds pour se défendre contre Gastem

vendredi 7 juillet

À deux mois du début du procès qui l’opposera à l’entreprise Gastem, la petite municipalité de Ristigouche Sud-Est n’a toujours pas les moyens de se défendre contre la poursuite intentée en raison l’adoption d’un règlement sur la protection de l’eau potable qui a bloqué les projets de la pétrolière. Et le gouvernement Couillard refuse de s’impliquer dans le dossier.

 

« Notre municipalité n’a pas les moyens de faire face à cette poursuite, encore moins de verser les 1,5 million de dollars réclamés par la compagnie pétrolière. Nous sommes 157 citoyens répartis dans 84 résidences, avec un budget annuel d’opération de 281 000 $ », résume François Boulay, maire de la municipalité de Ristigouche Sud-Est.

 

Qui plus est, « les frais prévus initialement pour la défense de la municipalité montent en flèche », selon M. Boulay. Ristigouche, qui évalue que l’ensemble des procédures pourraient lui coûter plus de 330 000 $, a recueilli jusqu’à présent un peu plus de 180 000 $ en trois ans dans le cadre d’une campagne de « solidarité ». Mais ce montant ne représente que 55 % de la somme nécessaire, alors que le procès doit débuter le 5 septembre.

 

Règlement

 

Dirigée par l’ancien ministre libéral Raymond Savoie, la junior Gastem a intenté cette poursuite en 2013, après l’adoption d’un règlement sur la protection de l’eau potable. Ce règlement a eu pour effet de bloquer les projets d’exploration de Gastem.

 

L’entreprise d’exploration pétrolière et gazière juge que ce règlement outrepasse les pouvoirs de la municipalités « en créant de toutes pièces une nuisance par la prohibition d’une activité d’exploration ne présentant aucun inconvénient sérieux et n’étant aucunement susceptible de porter atteinte de quelque manière que ce soit à la santé publique ou au bien-être de la communauté ».

 

Gastem réclame donc 1,5 million de dollars en guise de remboursement des investissements qu’elle dit avoir effectués en vue d’un projet de forage. Elle ne souhaite toutefois pas poursuivre les travaux dans ce secteur. C’est maintenant Pétrolia qui détient les permis d’exploration dans cette région, d’ailleurs identifiée comme un « projet » par Pétrolia.

 

Silence à Québec

 

Pour le maire François Boulay, il ne fait toutefois aucun doute que Ristigouche était en droit d’adopter des mesures pour protéger ses ressources en eau. « La poursuite de Gastem s’attaque à la capacité des municipalités de protéger leurs sources d’eau potable, déplore-t-il. Cet enjeu est une question d’autonomie et de compétences municipales à garantir à nos citoyens un milieu de vie sain. Ces compétences font partie des pouvoirs raisonnables que devrait posséder un gouvernement de proximité qu’est une municipalité. »

 

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