«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

À propos d’un Québec tout détricoté

Retour sur un texte de M. Le Hir

Tribune libre de Vigile
lundi 28 novembre 2016
1 165 visites 38 messages

M. Le Hir,

Dans vos pages vous avez publié il y a quelques temps une réflexion à propos de nos racines religieuses. Avec un certain bonheur, j’y ai trouvé le début d’une correspondance avec mon intime perspective des choses, mais également une timidité ainsi qu’une certaine distance quant à ce qui me paraît être le fond de la question. J’ai pensé partager avec vous mon humble point de vue, d’homme dans la quarantaine, fils d’immigrants chrétiens, ayant vu son père se réchauffer à la cause indépendantiste québécoise, puis s’attrister du destin de ce pays d’accueil généreux.

Permettez-moi de paraphraser votre propos ainsi : comment désirer l’indépendance de son peuple, tout en en méprisant une des racines principales ? Comment s’aimer assez pour affirmer ce qu’on est, tout en reniant ce qu’on a été ? Je crois bien qu’on retrouve ce thème jusque dans certains textes fameux de l’Antiquité...

De nos jours, on essaie de trouver refuge dans les "avantages économiques" de l’indépendance. Pourtant s’il fallait retenir un enseignement des grandes traditions humaines de sagesse (de Job par exemple ; ou du très humble pain quotidien espéré dans le Notre Père ; de la Gita ; voire ironiquement du Candide de Voltaire ; ou encore d’Anna Karénine, pour ne citer que quelques exemples), ne faudrait-il pas admettre que rien ne garantit que les avantages d’aujourd’hui ne puissent devenir les écueils de demain ? Ceux-ci ne constitueraient-ils pas un fondement bien fragile, pour édifier un pays qu’on souhaiterait durable ? De quoi aurions-nous l’air, s’il fallait regretter d’avoir acquis notre indépendance au seul nom d’avantages trop vite disparus ?

Si donc ce ne peut être uniquement en vue de bienfaits dont on ne saurait garantir la longévité, pourquoi souhaite-t-on ce pays ? Toute précieuse qu’elle soit, ne reste-t-il que la langue française à invoquer ? Sinon, quelle est la force qui anime profondément notre souhait ? À quelle partie de nous-mêmes fait-elle écho ? À quelles émotions, quelle fierté, quel attachement ? À quelle conception de l’existence ?

On peut trouver plus d’un paradoxe derrière ces questions :

  • La génération qui a le plus désiré l’indépendance du Québec avait trempé dans un héritage religieux qui valorisait l’enracinement et la transmission des valeurs ; on peut penser qu’elle aura bénéficié de l’élan que lui avait procuré ce système de valeurs, même si elle l’a rejeté.
  • Bien qu’ayant transmis à leurs enfants une grande ouverture au prochain (dans la culture populaire et jusque dans leurs programmes pour enfants, pensons au fameux "Passe-Partout"), ils ont cru nécessaire de se recroqueviller sur un énoncé de "charte des valeurs" incapable de reconnaître à la dimension religieuse une quelconque qualité positive digne de mention (les uns ayant été trop échaudés par un quasi-intégrisme religieux québécois d’antan, d’autres n’ayant jamais été exposés à un propos religieux structurant, d’autres encore ayant obstinément tourné la page).
  • Tout ça n’avait-il pas un peu commencé dans les années 60 par l’accueil à bras ouverts d’un raz de marée de culture populaire anglo-saxonne qui, à bien des égards, se moquait ouvertement de nos origines occidentales ? Pourtant il fut un temps pas si lointain où un nom comme celui de Nadia Boulanger évoquait un respect qui eût fait rougir n’importe quel musicien, même majeur, et même populaire... mais ce nom est déjà oublié.

On pourrait remonter encore plus loin, et bien au-delà de la seule histoire du Québec. On croiserait entre autres l’idée d’évolution (elle aussi née dans le monde industriel anglo-saxon), idée qui, contre son propre gré peut-être, autorise bien des gens n’ayant jamais lu un texte de Sophocle à croire que l’humain de l’an mille, ou de l’an moins mille, était nécessairement un arriéré fini.

Dans une telle perspective du monde, où tout nous invite à ignorer ou dédaigner les générations antérieures, où plus rien ne nous rattache à une cause première, ni à une fin dernière, où les destins de chacun sont sans conséquence durable, où tout l’héritage humain eût aussi bien pu ne jamais exister (ou alors disparaître du jour au lendemain), que ce n’eût infléchi d’aucune manière le sens et la valeur qu’on veut bien prêter aux choses... dans une telle perspective, qui gît au coeur de la culture et des croyances de notre époque, comment justifier un souhait profond d’enracinement, de filiation et de durée ?

Notre stagnation ne réside-t-elle pas là ?

C’est dans la nature des choses que les intérêts commerciaux oeuvrent à éliminer leurs obstacles, et on peut penser que la religion constituait jadis un contre-pouvoir bien embêtant, d’autant qu’il modérait les ardeurs du consommateur (en plus d’animer les syndicats - rappelons-nous seulement Michel Chartrand chez nous). On a beau parler de grand "retour du religieux" aujourd’hui, il reste que de manière effective au Québec et ailleurs, au regard de l’histoire, ce contre-pouvoir s’est surtout dissolu. Quant à nos gouvernements, ils se justifient souvent par des actions économiques qu’ils ne sont capables d’exercer que bien grossièrement : réformer tel programme scolaire, tel code du bâtiment, ou telles infrastructures, de façon à générer une activité économique de renouvellement (cette fameuse "création d’emploi"), sans toujours se préoccuper de la justesse ni de la nécessité de chacun de ces renouvellements, ni de la servilité aux puissances économiques que cette approche peut sous-entendre. On est bien loin de l’optique jésuite pluricentenaire d’un "Ratio Studiorum", que personne ne connaît plus de toute façon... Sans un gouvernail moral distinct, nous sommes livrés aux seuls impératifs de la logique marchande. Nos congés fériés étaient essentiellement signifiants... ils sont devenus essentiellement bancaires.

Quelles seraient la portée, l’utilité, la fierté, la justesse et la cohérence de souhaiter consolider un attachement à des racines dont on est désormais incapable de croire qu’elles nous connecteraient à quoi que ce soit de profondément valable, ni vrai ?

Commentaires

  • Max Windisch, 30 décembre 2016 16h32

    M. Cloutier,

    Vous dites que c’est plus simple, et que le Québec a tout pour devenir un pays... pourtant, ne lui manque-t-il pas de conviction ? Et d’où devrait émaner une telle conviction, dans le contexte d’une croyance populaire qui rejette toute notion de sens ?

    Vous opposez l’immanence à la transcendance, comme si elles étaient équivalentes, comme si toutes deux portaient la même quantité de sens à nos yeux d’humains... mais voilà le hic, qui est le sujet central de mon texte, c’est que sans transcendance, une fois que nous serons rayés de la carte, tout ce que nous aurons été n’aura eu aucune signification, puisque rien de conscient n’en aura été témoin. Nous n’aurons été rien, aux yeux de personne. Nous aurions tout aussi bien pu ne pas être, ça n’aurait rien changé à votre immanence. Alors dites-moi comment et pourquoi une personne intelligente se battrait pour un sens qu’elle désire mais qu’en fin de compte, elle croit d’emblée inexistant ?

  • Pierre Cloutier, 28 décembre 2016 11h37

    Message à Francis Turcot

    Les querelles enfantines entre catholiques et protestants, entre christianisme et judaïsme, entre judaïsme et islam. entre islam et hindouisme, entre chiites et sunnites ne m’intéressent pas du tout. Les religions finalement ne servent qu’à nous empoisonner la vie et à diviser les gens les uns contre les autres.

    Je le répète : les religions et le pouvoir temporel ont toujours fait bon ménage. On l’a vu, on le voit et on le verra. Si le spirituel était si éloigné du temporel, le Vatican ne baignerait pas dans la luxure comme il l’est. Bande d’hypocrites. L’Église catholique est riche à milliards$, son siège social bénéficie d’un statut injustifié d’État et de privilèges fiscaux inacceptables, dans la majorité des pays occidentaux.

    Ce que vous appelez la "spiritualité" n’est que la recherche de la transcendance et suppose l’existence de Dieu comme cause première du monde - une simple hypothèse non prouvée -. À la transcendance, j’oppose l’immanence, la vérité de ce qui est. Le réel et non la fiction, la pensée magique et les dogmes.

    La civilisation judéo-chrétienne est en pleine décadence et il faut en prendre acte. Et en ce qui me concerne, je ne verserai pas une larme. Et heureusement, je ne vivrai pas assez vieux pour voir la victoire d’une autre religion (de merde) l’islam.

  • Francis Turcot, 27 décembre 2016 18h19

    Cher monsieur Cloutier, si le forces du marché s’accommodent si bien du catholicisme pourquoi l’avoir autant attaqué ? Les Église dominantes aux États-Unis sont protestantes et non catholiques et il y a toujours eu une tendance chez nombre de protestants à valoriser l’argent et sa domination.

    Quant à la franc-maçonnerie elle a toujours été hostile à l’Église catholique, nous avons pu la voir à l’oeuvre lors de la Révolution française, de la révolution mexicaine et de la guerre civile espagnole. Des attaques inouïes contre les membres du clergé, les religieux et religieuses et les édifices religieux et aujourd’hui encore en Espagne l’Église est ciblée par le pouvoir laïcard.

    Vous dites qu’autrefois les gens se soumettaient à une figure paternelle. Il n’y a rien de différent de nos jours sauf que cette figure paternelle comme vous dites est personnifiée par l’argent et le matérialisme qui viennent combler le vide spirituel. Personnellement je ne vois aucun progrès dans les familles éclatées, le suicide si répandu, la banalisation du sexe, etc.

  • Pierre Cloutier, 27 décembre 2016 11h33

    Message à Francis Turcot

    - "Un monde sans Dieu et sans spiritualité est une proie facile pour les forces maléfiques du Capital et de la franc-maçonnerie".

    Réponse : Les forces "maléfiques" du "Capital", comme vous dites, s’accommodent très bien de la fiction de Dieu et sur tous les billets de banque américains on retrouve les mots : "In God We Thrust". Il n’y a pas peuple plus croyant que le peuple américain. On peut dire aussi la même chose des soldats allemands nazis qui portaient un ceinturon sur lesquels étaient inscrits les mots "Dieu est avec nous" (Gott ist mit uns). Voir ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Gott_mit_uns

    Quant aux francs-maçons, ce sont des croyants déistes qui "croient" que "Dieu" est le grand horloger du monde, comme l’affirmait aussi Voltaire, qui était très critique à l’endroit des religions et de l’église catholique. Voir ici : http://www.glrb.net/sa-demarche/dieu-grand-architecte-de-lunivers/

    - "Pour moi l’Église était une institution rétrograde, homophobe, sexiste et je me sentais opprimé à cause des mes préférences sexuelles. Mais quand je suis revenu à la foi, j’ai compris le véritable sens de l’enseignement de l’Église catholique, j’ai connu des prêtres merveilleux qui m’ont aidé à surmonter mes tourments et dont les conseils m’ont fait beaucoup de bien".

    Réponse - Que cela vous fasse plaisir ou pas, le Vatican est le seul État au monde où les femmes n’ont pas droit de vote et où elles sont traitées comme des subalternes, n’ayant pas accès à la prêtrise. Ce n’est pas demain la veille qu’on aura une papesse, n’est-ce pas ? L’Église catholique est aussi une institution qui baigne dans une richesse inouïe, dont on subventionne encore chez nous certaines écoles privées et qui bénéficient toujours de privilèges fiscaux, étant exemptés de taxes foncières, municipales et scolaires en plus du pouvoir d’émettre des reçus déductibles d’impôts pour fins dits de "charité". Quant à ce que vous appelez la "foi" c’est le résultat d’un formatage du cerveau qui s’effectue depuis la naissance alimentée jusqu’à très récemment par les pressions de la communauté des "fidèles", qu’on aime bien à genoux devant le pouvoir temporel. La religion et les puissants ont toujours fait bon ménage. On l’a vu, on le voir et on le verra.

    Ce que vous appelez la "foi’ c’est la soumission et l’obéissance servile à une figure d’autorité paternelle - Dieu est un homme n’est-ce pas ? - qui cultive la fiction, la pensée magique et les dogmes. Le contraire de la sagesse et de la raison. Et je le répète : pas besoin de croire en Dieu pour être moral ou avoir une solide éthique humaniste de respect de la vie et des êtres vivants. Les croyants n’ont surtout pas le monopole de la morale. Bien au contraire. On a tué, on tue et on tuera au nom de Dieu.

  • Francis Turcot, 26 décembre 2016 22h22

    Je suis plus en plus las d’entendre toujours la même rengaine au sujet de l’Église catholique qui aurait commis des atrocités. Bien sûr il y a des abus de pouvoir et de graves erreurs, mais aussi de grandes réalisations comme par exemple ces institutions de charité, ces hospices, ces hôpitaux, ces écoles et j’en passe.

    N’oubliez pas que la société canadienne-française était très dure pour de multiples raisons que l’espace manque pour décrire en profondeur. Dans les villages et à la campagne les gens avaient une forte tendance à se juger les uns les autres. Le clergé n’est pas seul en cause. Certains fidèles se comportaient de véritables pharisiens. Est-ce que nous devons réduire l’histoire de l’Église catholique au Québec à ces dérives et comportements déplorables. Bien sûr que non !

    Il est temps de faire la paix avec notre passé et de ne pas laisser le vide spirituel s’accentuer au Québec tout comme dans le reste de l’Occident. Un monde sans Dieu et sans spiritualité est une proie facile pour les forces maléfiques du Capital et de la franc-maçonnerie. J’ai connu des moments de révoltes contre la religion catholique quand j’étais au début de la vingtaine. Pour moi l’Église était une institution rétrograde, homophobe, sexiste et je me sentais opprimé à cause des mes préférences sexuelles. Mais quand je suis revenu à la foi, j’ai compris le véritable sens de l’enseignement de l’Église catholique, j’ai connu des prêtres merveilleux qui m’ont aidé à surmonter mes tourments et dont les conseils m’ont fait beaucoup de bien.

  • Mike Deschamps, 25 décembre 2016 15h23

    @Pierre Cloutier

    1. Cela est votre définition Mr Larousse. C’est nettement plus compliqué que cela. Vous comprenez et appréhendez la religion de votre point de vue matérialiste.

    2. C’est pourtant très clair : votre vision du monde athée et laïcisée fait le bonheur du Capital. Un monde sans frein à la marchandise. Cela vous fait un point en commun avec les mondialistes. La morale solide et l’éthique humaniste que vous défendez ont échoué. Le monde est dans la faillite économique, morale et éthique. Le constant est là : par qui sommes-nous dirigés aujourd’hui ? Par une église en ruine ? ou par ceux qui parlent constamment de liberté, d’égalité et de fraternité ? Qui finance ces partis politiques ? L’Eglise ou le monde financier ? Les religions n’ont peut-être pas le monopole de la morale et de l’éthique mais elles nous ont préservé de la dictature du marché et de la décadence qui vient avec pendant des siècles. (Quand on parle de religion, on ne parle pas d’individus imparfaits mais d’une vision du monde)

    4. Vous manquez d’humour Mr Cloutier. Détendez-vous !

    5. Ca c’est vous qui le dites. Maintenant si on va dans votre sens : quand est-ce que la secte des humanistes dans les divers associations : Mouvement Laïque, les “brights”, les libres penseurs athées, Coalition Laïcité Québec, Comité sur la laïcité de Québec Solidaire, Rassemblement pour la laïcité et autres cesseront de faire des pressions auprès du gouvernement du Québec pour imposer votre vision du monde au détriment des autres. Tout cela sans parler des francs-maçons qui discutent en loge de la manière dont la société doit évoluer. On ne vous entend pas parler “des frères la truelle” dont les temples sont en face des églises, qui oeuvrent à la destruction du catholicisme. Tout ce beau monde est discret ? Certainement pas ! Qui l’Etat représente aujourd’hui ? les religieux ou les laïcards ? Votre pensée est celle du système dominant. Vous ne ferez pleurer personne. Quand toutes ces sectes cesseront leurs pressions, je crois qu’il sera à ce moment-là juste de demander aux communautés religieuses de ne plus s’imposer dans l’espace publique.

    6. Complémentarité des sexes. Nos civilisations ont fonctionné là-dessus depuis des milliers d’années. L’égalité de droit est une foutaise inventée pour le Capital. Si vous n’avez pas encore compris cela, vous avez encore du chemin à faire. Quelle est d’après-vous la meilleure option pour la logique marchande ? Un monde de complémentarité des sexes (sachant par exemple que des femmes resteraient chez elles pour élever leurs enfants) ou un monde ou l’égalité des individus prône (où les femmes sont toujours et seront toujours moins payées que les hommes). Quel monde fait le plus obstruction à la logique marchande. Réfléchissez-y.

    7. Jacobins, girondins, les deux faces de la même pièce. C’est comme si vous me parliez de la gauche et de la droite. Un peu de respect pour les gens qui nous lisent Mr Cloutier. Nous ne sommes pas sur un site où on explique aux enfants ce qu’a été la Révolution Française. Ce site a pour but d’élever le niveau, pas de répéter l’histoire des manuels scolaires de Fernand Nathan.

    8. L’histoire ne s’arrête pas à mai 68. Elle se répète inlassablement. Les causes ont toujours les mêmes effets. C’est vous qui parliez d’avoir “la patrie dans le coeur et dans le sang” donc soyez cohérent. Je n’ai rien revendiqué de tel ici. Sachez également que je suis obligé d’écrire sous un pseudonyme pour ne pas mettre ma famille en danger. J’aurais pu choisir un pseudo moins anglicisé, certes mais cela passe mieux au Québec. Cela dit, la menace des religieux au Québec est de la petite bière comparée aux menaces du système dominant.

  • Pierre Cloutier, 24 décembre 2016 13h27

    Message à Max Windisch.

    Je reprends les dernières phrases de votre texte principal pour les commenter :

    - "Sans un gouvernail moral distinct, nous sommes livrés aux seuls impératifs de la logique marchande".

    De quel gouvernail moral distinct parlez-vous ? Celui de la croyance en Dieu ? Pas besoin de croire en Dieu pour avoir une solide morale et éthique humaniste. Je suis athée et je respecte l’autre, la vie et les êtres vivants. D’autre part, on peut être athée et pas nécessairement soumis à l’esclavage de seules valeurs marchandes. Enfin et surtout : les religions n’ont pas le monopole de la morale.Ni de l’éthique par ailleurs.

    - "Nos congés fériés étaient essentiellement signifiants... ils sont devenus essentiellement bancaires".

    Réponse : La plupart des fêtes chrétiennes sont des produits dérivés des fêtes païennes. Aujourd’hui on a "laïciser" ces fêtes, en profitant de ses repos et en faisant des cadeaux à Noël. Où est le problème ?

    - "Quelles seraient la portée, l’utilité, la fierté, la justesse et la cohérence de souhaiter consolider un attachement à des racines dont on est désormais incapable de croire qu’elles nous connecteraient à quoi que ce soit de profondément valable, ni vrai ?

    Réponse : C’est plus simple que cela. Nous sommes un peuple. Nous sommes une nation. Nous avons une langue et une culture commune, un territoire étendu et plein de richesses. Nous avons des institutions démocratiques modernes. Le Québec a donc tout pour devenir un pays membre de l’ONU. Et un pays modèle.

  • Pierre Cloutier, 24 décembre 2016 12h44

    Message à Mike Deschamps

    1 - Philosophie et religion sont deux mots qui s’opposent. La première renvoie à la raison et à la sagesse. La deuxième, à la pensée magique, à la fiction et aux dogmes.

    2 - Pouvez-vous reprendre votre phrase ?. Je n’ai absolument rien compris de ce que vous tentez de dire.

    3 - À bon entendeur, salut !

    4 - Ce n’est pas de M. Larousse. C’est de moi.

    5 - Les athées ne s’affichent pas généralement dans l’espace public comme le font les croyants avec leurs temples, leurs mosquées, leurs églises, leurs synagogues, leurs rites, leurs tenues vestimentaires, leurs fêtes et leurs interdits vestimentaires ou alimentaires. Ni dans l’espace civique. Je n’ai pas encore vu dans la fonction publique, dans le secteur de la santé ou de l’éducation, des athées se promenant avec des tee-shirts expliquant que "Dieu, Allah et Yahvé sont des crapules et des assassins". Les athées sont discrets et j’attends la même chose des croyants.

    6 - Complémentarité ? De quoi ? Égalité de droit. Pas égalité de faits. L’égalité de faits n’existe pas sur cette terre et dans le cosmos. Mais l’égalité de droit est une valeur fondamentale à respecter, y compris par les tenants du libéralisme.

    7 - Les massacres en Vendée sont le fait des jacobins. Pas des girondins. Il ne faut pas confondre république et jacobinisme. La République s’oppose à la monarchie. Souveraineté du peuple vs souveraineté de Dieu (et du Roi).

    8 - Encore le vieux logiciel marxiste de mai 68 qui fonctionne à plein régime. Vous semblez ne pas en être encore sorti. Fuck est un anglicisme courant dans le vocabulaire québécois autant "Mike" et que "shopping" "mail" ou "sponsor" en France. Ex : "Fuck" les religions de merde ! N’est-ce pas "Mike’ Deschamps ?

  • Max Windisch, 14 décembre 2016 01h36

    M. Cloutier,

    Vous dites : "Ce que vous me décrivez est une activité normale du cerveau humain. Un processus tout à fait matériel de l’activité des neurones du cerveau [...]". Oui bien sûr, mais encore...

    Pour ne prendre qu’un exemple bien concret, la constante gravitationnelle n’est pas une entité palpable, et elle était à l’oeuvre bien avant qu’un premier cerveau humain en exprime l’idée, ou on estime la valeur. Elle fait partie du "programme" invisible mais bien réel qui régit l’univers, et dont nous sommes les modestes observateurs. Elle n’a rien à voir avec une quelconque activité neuronale. Elle demeure néanmoins tout à fait invisible. De la même manière, les idées que nous échangeons ont une vie qui leur appartient, indépendemment de vos neurones ou des miens. Il en va de même de l’art.

    Je reviens à la charge une dernière fois, simplement pour souligner que la question de fond de mon texte interpelle directement une vision du monde (celle que vous défendez et qui domine notre culture contemporaine), en ce sens qu’elle la confronte à une contradiction avec les implications logiques d’un désir profond qui est pourtant le vôtre autant que le mien. Or la contradiction est un outil implacable de la logique et de la science. Éviter la question ne peut donc pas suffire à étoffer une résolution satisfaisante (et je note qu’aucune n’a encore été proposée, en réponse au texte que j’avais soumis).

  • Mike Deschamps, 11 décembre 2016 02h25

    1. Vous vous trompez une fois de plus. Je ne suis pas spécialement un croyant dans le sens ou vous l’entendez. Je crois plutôt en la philosophie religieuse. Votre athéisme est peut-être réfléchi mais vous parlez de “détester” la religion ici. Dans votre commentaire vous faites bien appel aux émotions, pas à la raison ou à une analyse quelconque. On sent en vous lisant un énervement. (votre mot de la fin dit tout)
    2. Je ne défends pas spécifiquement la religion mais je dénonce ce que vous prenez pour une vérité toute faite qui sert en réalité à une autre oppression : celle du Capital.
    3. J’avais bien compris.
    4. Merci Mr Larousse.
    5. Le droit à la liberté de conscience ? Vous êtes opprimé dans votre pays par des méchants religieux ? Vous n’avez pas le droit à la liberté de conscience ? Le droit à la liberté de conscience c’est le droit penser différemment (pas du système dominant) ? ou le droit de faire des pressions auprès du gouvernement pour faire valoir une vision matérialiste de la société ?
    6. Les religions parlent plus souvent de complémentarité. Je le répète l’égalité est une imposture pour servir le monde de la marchandise. Il en est de même pour le féminisme. (A sa création mouvement politique de bourgeoises pas d’ouvrières)
    7. Liberté, égalité, fraternité ou la mort qui au passage a coûté la vie à près de 150 000 vendéens (civils, femmes et enfants) qui refusaient les valeurs que vous prônez, celles de la République. Une indépendance de la patrie sans son histoire c’est une patrie morte.
    8. Beau spectacle en apparence qui au fond sert le Capital. Fuck ? Ce terme existe en français ? Rassurez-moi, dans votre patrie indépendante c’est en français que cela se passe ?

  • Pierre Cloutier, 10 décembre 2016 12h43

    [1] Votre 1er argument est l’argument classique des croyants face à l’athéisme. Il est impossible, dans leur esprit, que Dieu n’existe pas et il faut donc être fou pour nier cette existence. Ou évidemment avoir été tellement maltraité par le clergé au point de vouer à l’Église une haine viscérale. Stupide et enfantin. Mon athéisme est réfléchi, calme et serein et repose sur la raison et l’analyse. Pas de fiction, pas de pensée magique, pas de dogme.

    2 - Pour le reste, vous êtes un petit peu mêlé : vous dénoncez le matérialisme du capitalisme, vous défendez les religions, mais vous citez un auteur marxiste et vous vous abreuvez à ce dogme. Vous avez le cul sur la clôture. Faudrait vous brancher.

    3 - Libertaire dans le sens de post-anarchiste. Pacifiste et basé sur la coopération, la fédération, la mutualité, l’association. Une gauche pragmatique.Celle de la Commune de Paris, celle de Proudhon, celle du Front populaire français de 1936. Pas la gauche des barbelés ou du goulag. Ni celle de la gauche libérale du Parti socialiste français. Et ici chez nous celle des Chantiers de l’économie sociale, mais pas celle, idéologue, de Québec solidaire.

    4 - Hédoniste, dans le sens de rechercher le plaisir et fuir le déplaisir, mais aussi et surtout faire plaisir à l’autre. Jouir et faire jouir. Construire sa république. Réussir sa vie et non pas nécessairement réussir dans la vie.

    5 - Laïque, bien sûr. Droit à la religion, mais aussi droit à la liberté de conscience, soit celui de croire ou de ne pas croire. Droit de manifester ses convictions dans l’espace public, sauf le voile intégral, mais pas dans l’espace civique réservé aux institutions publiques de l’État. Pas de subventions aux écoles privées, surtout confessionnelles et pas de privilèges fiscaux aux corporations religieuses.

    6 - Féministe. Égalité de droit absolu entre les hommes et les femmes, ce qui implique, à ce niveau, la dénonciation de toutes les religions qui nient ce droit.

    7 - Liberté, égalité, fraternité, féminisme et laïcité. Indépendance de la patrie et démocratie citoyenne véritable (référendum d’initiative populaire et chambre citoyenne régionale tirée au sort).

    8 - Anti-libéral et anti-religion. Pas besoin de croire en Dieu pour avoir une solide éthique humaniste, respecter la vie et les êtres vivants. Et fuck le capitalisme et le marxisme.

  • Jean-Claude Michaud, 10 décembre 2016 12h13

    @ M. Mike Deschamps,

    Oui, je comprends ce que vous voulez dire ! J’ai lu le résumé sur wikipédia de ce qu’est spécifiquement le libéral libertaire selon ce monsieur sociologue marxiste.

  • Mike Deschamps, 8 décembre 2016 22h10

    Bonsoir Mr Michaud,

    Non je ne confonds pas ces deux termes. Je vous invite à lire Michel Clouscard "Néofascisme et idéologie du désir" pour comprendre ce qu’est le libéralisme libertaire et quel a été le rôle par exemple des libertaires dans les premières révolutions colorées comme Mai 1968 qui ont toujours cadré avec les objectifs du Capital.

  • Jean-Claude Michaud, 8 décembre 2016 12h18

    @ Monsieur Mike Deschamps,

    Juste pour votre information, je crois que vous confondez Libertaire et Libertarien car le libertaire est normalement anticapitaliste ou anti-propriété privée et souvent pour un socialisme autogéré et des petites unités autonomes de travailleurs qui coopèrent ensemble au sein d’une organisation démocratique et c’est une philosophie d’abord anti-autorité et anti-classe sociale.

    Le Libertarien est pour le moins d’état possible et pour un capitalisme de libre marché sans entrave de l’état, sans subvention et contre le corporatisme de connivence entre l’État et les grandes firmes privées, il est aussi anti-monopole, favorise la coopération volontaire entre les individus et veut la liberté individuelle. Ce n’est pas le même concept.

  • Mike Deschamps, 8 décembre 2016 00h52

    M.Cloutier,

    En vous lisant, on sent qu’il y a du vécu. Vous donnez l’impression d’avoir été une victime de l’Eglise, d’où votre approche très émotive.

    Cependant, l’humaniste que vous êtes semble ignorer les causes et effets de l’idéologie que vous défendez becs et ongles. Je vais tenter d’être bref (puisque nous avons produit plusieurs articles sur le sujet sur notre site Le Bonnet des Patriotes, je résumerai)

    Vous vous proclamez libertaire, féministe et laïc. Vous avez évidemment tout à fait le droit d’avoir vos croyances car ces 3 concepts sont 3 impostures au service du Capital dont vous faites la joie. Ce ne sont pas des vérités absolues. Ce sont vos vérités.

    Commençons par l’arnaque de l’aspect libertaire. En effet, il est inconcevable d’avoir la patrie dans le coeur et de se proclamer libertaire car dans le concept nationaliste, l’Etat auquel on se soumet est le garant de la Nation. Comment parler de libertaire sans parler de libéralisme libertaire qui s’est imposé en Occident à coups de déconstructions des moeurs et d’élimination du rôle social de l’Eglise dans nos sociétés ? La société du spectacle décrite par Debord et le fétichisme de la marchandise sont l’achèvement de la société libérale libertaire, bien sûr une fois débarrassée de l’Eglise catholique, frein à la marchandise. Une imposture donc qui vise à se défaire de la spiritualité plaçant l’Homme au centre de l’univers laissant ainsi place au matérialisme. C’est là qu’intervient votre hédonisme, sous forme de consommation de masse.

    Ensuite, le féminisme dont vous vous réclamez est une autre imposture. C’est à la base un mouvement politique de bourgeoises qui vise une forme d’égalité qui est bien plus intéressante pour le Capital que la complémentarité. Avec le féminisme et l’égalitarisme comme idéologies dominantes il n’y a plus d’excuses pour ne pas être soumis à la loi du marché. Tout le monde doit travailler, de la femme qui sacrifiera sa famille à l’handicapé qui devra aussi être rentable que n’importe qui.

    Enfin la laïcité, une autre imposture des loges maçonniques françaises. L’explication que vous tenez sur la laïcité est l’arbre qui cache la foret. Derrière ce concept trompeur, c’est surtout la séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’occasion parfaite pour renvoyer le rôle social de l’Eglise dans la sphère privée laissant ainsi les portes grandes ouvertes à l’usure et au fétichisme de la marchandise.

    Le monde que vous défendez ne tient sur aucune morale si ce n’est celle de la soumission aux lois du marché au lieu d’être soumis à Dieu. Comment croyez-vous que la déconstruction des moeurs puisse se faire avec une Eglise au coeur de la nation ? Impossible ! Pour laisser place à une société basée sur ces valeurs, il a fallu détruire l’Eglise. La société du spectacle empoisonne la vie des gens au quotidien au profit des ploutocrates de ce monde. C’est sûr, là, aucune division, seulement une conformité du monde face à la marchandise. C’est possiblement votre tasse de thé mais ce n’est pas la tasse de thé de tout le monde. La décadence de notre civilisation judéo-chrétienne dont vous parlez (plutôt helléno-chrétienne au passage) est la conséquence du monde que vous défendez. Remplacer le monde spirituel par le monde matérialiste mène à cela. La décadence est due à une perte de repères, pas autre chose.

    Point de nation sans retour à nos racines. Renan disait « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent [...] La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans la passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet ».

    Vous ne pouvez donc pas ignorer le passé pour construire le présent et le futur. Ce que vous appelez un “délire schizophrénique” a tenu des civilisations pendant des centaines d’années. Nous ne tiendrons pas plus longtemps sous le joug du libéralisme libertaire (conséquence de la philosophie que vous prônez) qui mène le monde occidental à son propre suicide.

    À vous lire, seule la religion semble violente. Pourtant, de nos jours, il n’y a pas plus violent en Occident que la loi du marché qui asservit la plupart des gens. Je vous rappelle aussi que la devise initiale que vous citez n’est pas complète “Liberté, égalité, fraternité” s’accompagne de “ou la mort”. Belle conception de gens qui prétendent à la liberté individuelle de chacun. Vous l’aurez donc compris, les concepts que vous invoquez sont plus que tendancieux. Au fond on a remplacé une forme d’oppression par une autre forme d’oppression sous couvert de liberté. La liberté de consommer.

  • Pîerre Bourassa, 4 décembre 2016 17h13

    Homélie du Père Henri Boulad Eglise des Jésuites Alexandrie

    Les limites du devoir d’hospitalité ...
    https://gloria.tv/video/qLKt32Xy8Pi446UzXDSyd4YpD

  • Pierre Cloutier, 4 décembre 2016 13h02

    Ce que vous me décrivez est une activité normale du cerveau humain. Un processus tout à fait matériel de l’activité des neurones du cerveau, dont la science apprend les lois de fonctionnement chaque jour et qui sait, finira un jour, par en déchiffrer le fonctionnement intégral. Cette activité neuronale n’a rien à voir avec la transcendance - une cause extérieure ou supérieure - mais avec l’immanence. Avec ce qui est un. Pourquoi chercher midi à quatorze heures ?

  • Max Windisch, 2 décembre 2016 23h25

    M. Cloutier,

    Si nous mettions entre parenthèses les religions un moment, et concentrions notre regard sur la vie de l’esprit. Celle-là même qui se manifeste à travers les mots que nous échangeons, par exemple. Nieriez-vous qu’il existe une vie de l’esprit, qui nous permet d’échanger des idées, des sentiments, l’amour, la fierté ? Ces propriétés, aussi immatérielles qu’elles soient, sont-elles "magiques" ou "fictives" à vos yeux ? N’existe-t-il pas très évidemment un "univers invisible" ?

    Dans vos nombreuses interventions, force est de constater que vous avez évité mes questions, que je résumerai ainsi : comment réconcilier un désir de pérennité, avec la conviction intime qu’il n’y a pas de pérennité ?

    Il est clair que pour nous humains, cette pérennité n’existe pas dans la vie matérielle. Mais dans la vie spirituelle, ça demeure une question sans réponse définitive, et donc valide rationnellement, d’autant plus qu’elle est primordiale. Pourquoi la rejeter promptement ?

  • Jean-Claude Michaud, 2 décembre 2016 15h51

    M. Cloutier,

    Votre opinion a le mérite d’être clair. Oui, je vois bien qu’une seule chose rassemble vraiment les indépendantistes et c’est l’indépendance, vous avez raison. Voilà pourquoi il est difficile d’avoir une seule vision du pays au sein des militants.

    Je pense que la position du PQ sur la laicité est un compromis mais j’ajouterais l’interdiction pour tous des symboles suivants : burka, niqab et tchador pour donner et recevoir des services et même qu’il devrait allé jusqu’à être interdit dans la rue et les entreprises. Le Kirpan doit être interdit lorsqu’il est question de sécurité car ça peut blesser quelqu’un dans les sports, avions, écoles.

    Sur ce, je n’ai plus rien à ajouter. Bonne journée !

  • Pierre Cloutier, 2 décembre 2016 10h42

    Réponse à M. Michaud,

    Les indépendantistes sont unis sous une seule idée : faire du Québec un pays. Pour le reste, il y a autant d’opinions divergentes sur tout qu’il y a d’individus. Idem chez les fédéralistes, les nationalistes, les socialistes, les libéraux etc. L’unité sur une idée de base est essentielle mais sur tous les sujets qui peuvent se présenter il est pratiquement impossible d’avoir l’unanimité.

    Sur la question religieuse qui rejoint celle de l’immigration et de l’identité, je dis simplement 4 choses de base :

    1 - pas de privilèges fiscaux aux corporations religieuses ;
    2 - pas de subventions aux écoles privées et surtout confessionnelles ;
    3 - pas de signes ostentatoires dans l’espace civique ;
    4 - pas de voile intégral dans l’espace public.

    Me semble que c’est simple à comprendre. D’autre part, le caucus des députés du PQ a adopté une position de compromis qui me va pour l’instant. C’est un pas dans la bonne direction.

  • Jean-Claude Michaud, 1er décembre 2016 21h25

    M. Cloutier,

    Je respecte parfaitement votre opinion, je sens que vous vous êtes senti un peu froissé avec mes commentaires précédents. Je ne voulais pas vous dire comment penser et vous pouvez exprimer votre opinion librement ce qui est notre droit à tous comme citoyen. Entre souverainiste par contre, on a tendance à se chicaner entre nous sur des détails et à s’insulter pour rien ce qui sert nous vrais ennemis politiques. Les souverainistes sont souvent des libres penseurs, ce que vous et moi, nous sommes. Nos divisions sur la place publique surtout dans les rangs du PQ, nous font passer pour des gens chicaniers et pas sérieux et à toujours nuit au projet indépendantiste. Heureusement, Vigile est un lieu de discussions et de débats d’idées et n’est pas un parti politique officiel qui doit avoir l’air uni.

    On doit mettre nos énergies sur ce qui compte vraiment. Je suis pas mal d’accord avec vous sur le financement des écoles religieuses qui peuvent déraper. Je n’ai pas d’opinion ferme mais l’État doit s’assurer qu’elles font leur travail comme il faut et éviter le cas de certaines écoles juives qui sont des sectes et éviter de se ramasser avec des écoles islamiques radicales. Je pense que les écoles catholiques d’aujourd’hui ne sont plus un problème. C’est donc le programme qui doit respecter certaines normes de base.

    Sur la laicité, je veux surtout bannir les signes les plus offensants de l’espace public en priorité, c’est mon plus grand soucis sur ces questions et encadrer les accommodements déraisonnables. Je respecte votre opinion d’une laicité stricte mais je pense qu’il est impossible actuellement de la mettre en pratique suite à l’échec de la charte des valeurs du PQ.

    Sur ce M. Cloutier, mes salutations et merci pour vos explications supplémentaires que vous m’avez donné sur votre opinion et désolé si je vous avais mal compris et cité.

  • Pierre Cloutier, 1er décembre 2016 18h06

    Réponse à M. Michaud

    "Je respecte l’athéisme et les athées comme vous mais je vous invite à tolérer un peu plus les croyances des croyants malgré qu’ils vous semblent ridicules. Si vous avez écoutez comme moi le film de Bill Maher : Religulous, vous avez sûrement trouvé ridicule plusieurs croyants extrêmes dans le documentaire tout comme que j’ai ri à certains moments".

    Réponse : Je le répète. Je n’ai jamais empêché une personne d’exprimer ses convictions, quelles soient religieuses, sociales ou politiques, dans l’espace public.

    Par contre j’ai tout à fait le droit de critiquer les croyances et les religions, car tout cela, comme le droit de manifester ses convictions dans l’espace public, fait partie du droit à la liberté d’expression.

    Comme citoyen, cependant, je m’oppose au financement public des écoles privées religieuses, aux privilèges fiscaux accordés aux différentes religions et à la manifestation des convictions dans l’espace CIVIQUE, c’est-à-dire l’espace réservé aux institutions publiques.

    Ma position est tout à fait modérée. On appelle cela la laïcité.

  • Jean-Claude Michaud, 1er décembre 2016 13h00

    @ M. Cloutier,

    Je suis d’accord avec vous qu’on tombe dans la pensée magique avec beaucoup de croyances religieuses. Pour la Vatican, il faudrait le transformer en musée et prendre les recettes des visites et dons pour aider les pauvres. Le Pape peut faire mieux mais je pense même que la fonction de Pape pourrait être abolit.

    Pour l’actuel PLQ au pouvoir, il n’y a pas grand chose à attendre d’eux avec leur Loi 62. Le plus héritant c’est selon moi la présence des symboles islamiques qui écrasent les femmes ; d’abord Burka, Niqab, Tchador et ensuite le Hijab, que certaines musulmanes disent porter comme symbole à la fois religieux et culturel mais misogynes selon les experts. Il faut régler ce problème car il est en train de grossir. On a fait entrer au Canada et au Québec des gens avec des valeurs incompatibles avec les nôtres en tablant sur leur intégration à long terme mais c’est dangereux quand l’arrivant ne veut pas s’intégrer.

    Je respecte l’athéisme et les athées comme vous mais je vous invite à tolérer un peu plus les croyances des croyants malgré qu’ils vous semblent ridicules. Si vous avez écoutez comme moi le film de Bill Maher : Religulous, vous avez sûrement trouvé ridicule plusieurs croyants extrêmes dans le documentaire tout comme que j’ai ri à certains moments.

    Les convictions politiques aussi reposent sur un système de croyance car on fait un choix idéologique. Nos opposants croient leurs options la meilleure par une conviction qui s’apparente souvent à de la foi. Heureusement, on fait un tri aussi parmi des faits ce qui amènent un peu de rationnel mais ne convainc pas tout le monde pour autant. Il faut juste penser au pro-Castro, pro-Clinton vs. pro-Trump, débat gauche-droite, souverainiste-fédéraliste, souverainiste-globaliste, interculturel contre multiculturel contre assimilation, etc. Tout cela relève d’un certain point de vue et de croyance personnel qui peuvent évoluer au cours d’une vie ou dans une famille. La plupart du temps les familles vieux bleus sont aujourd’hui les nationalistes et les souverainistes et les vieux rouges sont les libéraux fédéralistes ou Npd.

  • Pierre Cloutier, 1er décembre 2016 10h52

    Réponse à Michel Matte

    Réponse à Michel Matte

    "Vous soulignez à juste titre l’importance de cette part de notre héritage. La religion est le moyen par lequel les sociétés québécoise et occidentale ont longtemps exprimé leur valeurs morales. Or le déclin des mœurs est le prélude du déclin de la civilisation que l’on constate"

    Réponse : Les religions n’ont pas le monopole de la morale. Pas besoin de dieux ni de dieux pour respecter la vie et les êtres humains. Les civilisations naissent et meurent comme les êtres humains et sont remplacées par d’autres. Autre temps, autres moeurs. So what ?

    "On peut questionner la religion au nom de la philosophie des Lumières mais il reste qu’elle a joué un rôle structurant dans la société. On peut l’interpréter de façon littérale et la rejeter de la même façon, mais on peut aussi l’interpréter comme l’expression d’un idéal de perfection. À ce titre, elle a servi à instaurer la fierté et une culture d’excellence dans la société québécoise".

    Réponse :La soumission et l’obéissance à une figure d’autorité parentale tyrannique fictive n’est certes pas une fierté et une culture d’excellence dans n’importe laquelle société et est le contraire de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

    "Mais cette culture est battue en brèche par le succès tapageur de la culture bourgeoise anglo-saxonne. Le matériel éphémère prend le dessus sur les valeurs humaines qui se transmettent entre les générations. C’est l’effet recherché par les élites mondialistes : obtenir des consommateurs décervelés et esclaves de leurs désirs matériels".

    Réponse : Il ne faut pas confondre le matérialisme comme philosophie qui s’oppose à la fiction, à la pensée magique et aux dogmes de la théologie et la recherche effrénée de la richesse et l’accumulation de biens matériels, qui peuvent aussi être la caractéristique de certains croyants dont en premier chef, le Vatican, sa banque, ses richesses mobilières et immobilières. Et il ne faut pas confondre la charité chrétienne et la justice.

  • Michel Matte, 30 novembre 2016 21h58

    Bravo pour ce texte magnifique.

    Vous soulignez à juste titre l’importance de cette part de notre héritage. La religion est le moyen par lequel les sociétés québécoise et occidentale ont longtemps exprimé leur valeurs morales. Or le déclin des mœurs est le prélude du déclin de la civilisation que l’on constate.

    On peut questionner la religion au nom de la philosophie des Lumières mais il reste qu’elle a joué un rôle structurant dans la société. On peut l’interpréter de façon littérale et la rejeter de la même façon, mais on peut aussi l’interpréter comme l’expression d’un idéal de perfection. À ce titre, elle a servi à instaurer la fierté et une culture d’excellence dans la société québécoise.

    Mais cette culture est battue en brèche par le succès tapageur de la culture bourgeoise anglo-saxonne. Le matériel éphémère prend le dessus sur les valeurs humaines qui se transmettent entre les générations. C’est l’effet recherché par les élites mondialistes : obtenir des consommateurs décervelés et esclaves de leurs désirs matériels.

  • Pierre Cloutier, 30 novembre 2016 21h48

    Réponse à M. Michaud

    "D’accord avec M. Cloutier que les religions ont tendance à être nuisible pour la société si on enlève le rôle social. Je crois par contre, qu’il est impossible de prouver qu’il n’y a pas vie après la mort, qu’on ne peut pas prouver ni l’existence de Dieu mais ni son inexistence et qu’il est préférable de laisser chacun libre de ses croyances et de sa spiritualité. Pour beaucoup de gens, la spiritualité est source de réconfort, de persévérance et d’inspiration".

    1 - Le Pape François, un jésuite qui a utilisé le nom de François D’Assise (un mystique), pour, paraît-il revenir aux fondamentaux des évangiles, pourrait jouer un rôle social très important si le Vatican vendait ses biens mobiliers et immobiliers pour créer des fondations en faveur des démunis et des pauvres. Des milliards de dollars !

    2 - Vous imposez dans un votre raisonnement un fardeau de preuve sur les non croyants en leur demandant de démontrer qu’il n’y a pas de vie après la mort alors que le fardeau de preuve repose sur celui qui affirme que la vie après la mort existe.
    Moi je dis tout simplement que l’existence d’une vie après la mort et celle d’un dieu tout puissant créateur du ciel et de la terre, n’est qu’une simple hypothèse et tant qu’on est incapable d’en faire la preuve, on peut conclure raisonnablement que cela n’existe pas, pas plus que toutes les étranges créatures qu’on pourrait imaginer. Ce sont les humains qui ont inventé Dieu et non l’inverse. On est dans la fiction, la pensée magique, la légende, la fable, jusqu’à preuve du contraire. Devant un tribunal, cela ne tiendrait pas la route une seule minute.

    3 - Il est évident que l’on ne peut empêcher les gens de croire ce qu’ils veulent. Moi, je ne l’ai jamais fait et comment le pourrais-je de toutes façons ? Droit de croire aux fictions, mais aussi droit de ne pas croire aux fictions. Dans l’espace public, droit aussi de manifester sa croyance ou sa non croyance. Aucun problème. J’ai cependant des réserves dans la zone réservée aux institutions de l’État, que j’appelle l’espace civique. Pas de signes ostentatoires dans l’espace civique, qu’ils soient religieux, sociaux ou politiques ! Une obligation de neutralité de l’État, qui comprend aussi l’apparence de neutralité, c’est-à-dire une obligation de discrétion et un devoir de réserve, de la part des serviteurs de l’État. On appelle cela la laïcité. Ce n’est malheureusement ce que nous prépare le Parti libéral, qui s’abreuve au multiculturalisme et communautarisme canadien, avec son projet de loi 62 qui ressemble plus à la multi-confessionnalité qu’à la laïcité. L’athée que je suis ne voit pas cela d’un très bon oeil.

    4 - Si les croyants veulent s’imposer définitivement dans l’espace civique, par la manifestation ostentatoire de leur croyance, les non croyants pourront le faire aussi.
    Vous voyez ce que je veux dire ? Ce sera non seulement la guerre entre les diverses religions, mais aussi la guerre entre croyants et non croyants. C’est vraiment ce que l’on souhaite pour le bien commun ?

  • Jean-Claude Michaud, 30 novembre 2016 14h57

    Les religions, voilà un sujet explosif et pourtant toujours d’actualité car il y a toujours des croyants et des pratiquants. Pratiquant, un mot étrange car il veut dire aller à la messe ou à la mosquée ou autre alors que selon moi, le sens profond de ce mot est qu’un vrai pratiquant authentique agit dans sa vie avec les autres comme un vrai chrétien ou autre et fait preuve d’amour de son prochain, de respect, d’entraide, de générosité, de tolérance, etc.

    Pourtant, le clergé et les leaders de nombreuses religions, très souvent jugent les autres, agissent de façon contraire à leurs valeurs, vivent comme des princes, nous disent comment penser et exclus certains fidèles.

    Au Québec, l’Église Catholique a à la fois de grands torts et à commise des erreurs et des crimes avec les agressions sur des enfants. Cependant, il y a une partie des religieux qui ont contribuer à préserver la nation francophone d’Amérique et à soigner les malades, éduquer les jeunes, pris soin des pauvres. Aujourd’hui, c’est un État providence qui essaie de faire la même chose avec des écoles insalubres, des hôpitaux dans le même état et des programmes sociaux uniformes et centralisés et qui n’arrivent toujours pas à enrayer les problèmes payés à grands frais avec des impôts et taxes de plus en plus lourds pour le contribuable. Cette Église a donc fait aussi du bien avec efficacité.

    D’accord avec M. Cloutier que les religions ont tendance à être nuisible pour la société si on enlève le rôle social. Je crois par contre, qu’il est impossible de prouver qu’il n’y a pas vie après la mort, qu’on ne peut pas prouver ni l’existence de Dieu mais ni son inexistence et qu’il est préférable de laisser chacun libre de ses croyances et de sa spiritualité. Pour beaucoup de gens, la spiritualité est source de réconfort, de persévérance et d’inspiration.

    Une spiritualité sans clergé est à mon avis plus saine au 21e siècle. Nous les gens de tradition catholique, on peut à la fois être fier de nos belles églises, de nos valeurs chrétiennes, les mettre en pratique dans nos vies mais en faisant preuve de lucidité et de discernement, ne plus se soumettre aux directives des curés, évêques, cardinaux et au pape, ne pas aller à l’Église tous les dimanche si on ne le veut pas mais y aller pour les grandes occasions, noel, mariage catholique, enterrement, baptême. On doit être moderne et responsable et supporter la contraception, accepter le divorce, etc.

    J’ai lu le traité d’athéologie de Michel Onfray qui est une excellente critique des religions monothéistes organisées et du ridicule de certaines de leurs positions mais comme j’ai dit plus haut un tel livre ne prouve rien sur l’essentiel : Est-ce que l’Âme humaine, Dieu ou l’Être suprême existe ou pas ?

    Cependant, il ne faut pas oublier d’où on vient en Occident ce qui inclut en plus des religions chrétiennes, de comprendre les philosophes européens, les religions antérieurs paiennes, celtiques, etc. Ces dernières ont laissées aussi des traces dans nos cultures et dans la religion catholique qui est né de la fusion du christianisme naissant et du paganisme sous l’Empereur Constantin qui a eu l’habilité de fusionner le tout pour faire la paix dans son Empire. Ce qui fait qu’à la fin, c’est surtout des racines philosophiques qu’on veut préserver.

  • Pierre Cloutier, 30 novembre 2016 11h11

    Habitant Rosemont dans l’est de Montréal, j’ai été "québécois" très jeune - 14-15 ans - vous savez et je ne me souviens pas avoir été "canadien" ou "canadien-français" à quelque moment que ce soit depuis que je m’intéresse à la "res publica". Mais je comprends parfaitement qu’en Outaouais - près d’Ottawa - d’où vous venez à ma connaissance - cela a été plus long que cela.

  • Jean Claude Pomerleau, 30 novembre 2016 09h33

    Pierre Cloutier : « Message à Jean-Claude Pomerleau »

    « Je ne vois vraiment quoi ce qu’il y a de "superbe" dans ce texte. Au contraire, c’est une veille soupe ancienne qu’on tente de nous servir à la moderne. Heureusement, le peuple québécois en est sorti et c’est sûrement pas pour remettre cela. »

    Sur l’histoire, la question qui fonde ma démarche est la suivante :

    Qu’est-ce qui fut NÉCESSAIRE pour que notre nation française en Amérique survive au vent contraire de l’Histoire ? Un simple constat : Sans l’Église de Rome et ses institutions qui ont servis d’armature d’État pour porter la nation pour un grand bout de son histoire, notre nation n’existerait tout simplement pas. .

    Démonstration :

    À propos du « Québec tout détricoté »

    L’Église catholique nous a-t-elle trahis ou sauvés ?

    La géopolitique répond à cette question

    http://vigile.quebec/L-Eglise-catholique-nous-a-t-elle

    JCPomerleau

  • Gilles Verrier, 29 novembre 2016 20h22

    @ Pierre Cloutier

    « Je suis québécois depuis 72 ans »

    Vous êtes Québécois depuis au plus 52 ans. C’est peu. Avant vous êtes Canadien français ou simplement Canadien. Être québécois est notre identité de repli, n’est-ce-pas ?

  • Pierre Cloutier, 29 novembre 2016 12h55

    Réponse à Gilles Verrier

    "L’indépendance ne se fera jamais par ceux qui militent fanatiquement pour achever notre déracinement. L’indépendance se justifie pleinement et seulement par la défense d’une tradition, soit d’une continuité historique. Détester à ce point ses origines, être à ce point ingrat envers ce glaive de résistance forgé par notre Église et qui sauva la nation de l’assimilation dépasse l’entendement. À vous lire, une définition moins laxiste du patriotisme s’imposerait"

    1- L’emploi de votre part des mots "fanatiquement" et "déracinement" vous enlève au départ toute crédibilité. La religion n’est-elle pas en soi une forme de fanatisme, c’est-à-dire une passion démesurée pour la fiction, la pensée magique et les dogmes ? Qu’on le veuille ou non, notre civilisation judéo-chrétienne est en décadence et on adopte une position réactionnaire lorsqu’on essaie de réintroduire le dentifrice dans le tube.

    2 - On ne vit pas dans le passé. On vit dans l’ici et maintenant avec ce qu’on a été, mais surtout avec ce qu’on est maintenant. On appelle cela tout simplement l’évolution. Pour le meilleur et pour le pire.

    3 - Détester ses origines ? Mais quelle blague. Je suis québécois depuis 72 ans et fier de l’être, avec nos défauts et nos qualités. Ce "glaive de résistance" de "notre" Église qui nous a sauvé de l’assimilation ? Ce sont surtout les colons qui ont trimé dur pour bâtir le Québec à qui je rends hommage. Et à ma grand-mère qui a eu 19 enfants - 19 accouchements dans la douleur et le souffrance - pendant que le curé vivait dans son gros presbytère avec ses bonnes.

    4 - Les croyants n’ont surtout pas le monopole du "patriotisme". Au contraire. Certains croyants n’ont qu’une allégeance, celle d’un dieu, qui fait office d’autorité parentale et qui exige soumission et obéissance, même s’il n’existe que dans leur cerveau formaté depuis l’enfance.

  • Pierre Cloutier, 29 novembre 2016 12h26

    Réponse,

    1 - La vérité ne se trouve pas dans la pensée magique, la fiction, le dogme ou la "croyance". Moi j’ai une formation de droit. En droit, quand on affirme quelque chose, on le prouve. Personne à ce jour n’a prouvé l’existence d’un prétendu être supérieur créateur du ciel et de la terre et l’existence d’un arrière-monde avec un "paradis" et un "enfer". En l’absence de telles preuves, on donc conclure raisonnablement - en faisant appel à la raison - que cela n’existe pas dans le réel mais uniquement dans le cerveau de certaines personnes et à ce sujet l’argument du nombre n’est pas un argument. "Dieu" est une hypothèse. Rien de plus. Et on ne se met pas à genoux pour une hypothèse. Et on n’égorge pas son voisin parce qu’il n’adopte pas cette hypothèse.

    2 - La façon dont nous allons mourir peut certes nous inquiéter si nous en restons dans la représentation de cette mort qui ne cause que souffrance et tracas inutiles. C’est qui est pertinent c’est que nous allons mourir et que nous devons en être conscient. Malheureusement, beaucoup d’entre nous se comportent dans la vie comme s’ils étaient éternels. Quand Hitler est mort, beaucoup n’y ont pas "cru" - comment un "chef’ - le fuhrer - peut-il mourir ? Idem avec Castro. Complètement ridicule.

    3 - La vie n’est pas un "don". La vie est tout simplement là et personne n’a demandé à venir au monde. Tout ce qui est vivant obéit à des lois naturelles et nous sommes à ce sujet comme des aveugles dans le noir absolu qui découvre progressivement par le toucher et l’ouie la vie autour de lui. Il n’y a rien de réducteur à accepter le réel tel qu’il est et qui se manifeste à nous. Notre devoir comme être humain est précisément d’accepter que nous avons été projeté dans la vie sans le vouloir, que nous existons et que nous devons accepter la vie qui nous veut - l’élan vital en chacun de nous - en prenant conscience que nous allons mourir. Si vous n’acceptez pas cela, c’est là que vous avez un problème de passion triste.

    4 - Être conséquent avec les choix que l’on fait ? Oui et non. Avez-vous décidé de venir au monde ? Avez-vous décidé d’être un homme ? L’homosexuel a-t-il décidé un jour de l’être ? Et le pédophile ? Et le tueur en série ? Vous posez tout le problème du "libre arbitre" - concept déterminé par la pensée judéo-chrétienne et celui du déterminisme, des philsophes matérialistes. Si on greffait une "âme" - pour employer un concept chrétien - à une pierre - et qu’on la lançait dans l’espace, croyez-vous vraiment qu’elle ne retomberait pas ?

    5 - Tolstoï n’est pas le seul croyant à avoir critiqué les religions. Voltaire a fait la même chose. Cela prouve quoi ? Qu’il ne peut pas y avoir d’athées véritables ? Faux. L’abbé Jean Meslier, un curé, est le premier athée à s’être manifesté. Mais, par peur des représailles, son manuscrit - caché - a été publié après sa mort et Voltaire a essayé de le dénaturer pour le faire passer pour un croyant. Les croyants sont souvent tellement imprégnés de leur croyance qu’ils ne peuvent même pas imaginer un monde sans dieu. Allez donc contredire un schizophrène sur ses perceptions ! Le "royaume de Dieu en chacun de nous" fait justement partie de ce genre de perceptions auquel on ne peut répondre. Peut-être un jour, la science aura-t-elle une réponse en examinant de plus près les activités du cerveau humain ? Je ne sais pas.

    6 - Sur la laïcité, je dirai ceci. La laïcité est un compromis qui permet aux croyants et aux non croyants et aux croyants entre eux de vivre dans une relative paix et harmonie dans l’espace public et civique. On ne peut évidemment pas interdire la manifestation des croyances dans l’espace public - qui serait contraire à la Déclaration universelle des droits de "l’homme" mais on peut la limiter dans l’espace civique, qui est l’espace réservé aux institutions de l’État (fonction publique et parapublique, santé, éducation etc.), comme on peut - et on l’a fait - limiter la manifestation des convictions politiques pour les fonctionnaires de l’État. Tout cela pour éviter de heurter les sensibilités des citoyens qui ne partagent pas les mêmes convictions, religieuses ou autres. Me semble que cela ne prend pas un doctorat en sciences politiques ou religieuses pour comprendre cela.

  • Max Windisch, 29 novembre 2016 00h54

    M. Cloutier,

    En son for intérieur, aucun humain, qu’il soit religieux ou non, ne serait avisé de croire en une chose qu’il saurait fausse. La vérité seule peut avoir le dernier mot.

    Mais voilà, en ce qui concerne notre destin ultime, nous n’en savons rien, et à moins d’une révélation extraordinaire et inattendue, on est en droit de penser que d’ici à l’instant de notre mort (où ce savoir nous sera soit révélé, soit à jamais caché - dans lequel cas, bien honnêtement, la chose serait tout aussi aisée pour moi que pour vous), ni vous ni moi ne pourrons traiter de cette affaire en parfaite connaissance de cause. Nous en sommes réduits à croire en une interprétation des faits, ou alors à essayer d’ignorer la question.

    Pourquoi (sans parler de comment) l’univers aurait-il conspiré à faire apparaître une conscience (la nôtre) condamnée à une seule chose : constater sa solitude et son inutilité ? Comment accepter l’idée qu’il suffirait d’une toute petite catastrophe à l’échelle cosmique, pour que toute trace de tous les efforts de l’humanité disparaisse à jamais, dans la plus totale insignifiance ? Pourquoi adopter un point de vue si réducteur et peu appréciatif du don, pourtant bien réel, qui nous a été fait ?

    D’une manière ou d’une autre, il nous appartient d’être conséquent avec les choix qu’on fait.

    Je respecte la vigueur de votre opinion. J’ai beaucoup lu Tolstoï, qui fut très véhément à l’égard des religions. Il a écrit entre autres un livre vitriolique et perspicace qui s’intitulait "Critique de la théologie dogmatique" - vous trouveriez peut-être un certain plaisir à le lire. Vers la fin de sa vie, il a été excommunié par l’église orthodoxe russe. Dans son cas, ça ne l’a pas empêché de demeurer très croyant.

    Je respecte votre opinion, et je conçois que l’on puisse être animé par la même fougue patriotique, hors d’un contexte religieux. Reste à expliquer cette fougue, ou encore, le cas échéant, l’absence de cette fougue. Pour ma part, mes capacités de raisonnement peinent à recoudre l’idée d’une existence terrestre finie, inconséquente et sans témoin durable, à celle d’investir souffrances et efforts pour construire une société meilleure, pour un avenir sans lendemain. Ce qui ne veut pas dire que l’humain non croyant soit incapable de ces hauts faits... pour ma part je me plais à penser que c’est peut-être justement parce que le royaume de Dieu est en chacun de nous, comme le disait Tolstoï. En tout cas, peut-être pourrez-vous m’éclairer là-dessus.

    Bien que je ne sois pas un parfait adorateur de l’idée de laïcité, j’ose tout de même penser qu’elle n’est pas à ce point hypocrite que d’avoir pour seule fin de "neutraliser" la pensée religieuse. Si derrière cette idée de laïcité, il n’y avait pas une once de croyance que la pensée religieuse puisse être porteuse d’une quelconque valeur tangible, alors il faudrait non pas que la laïcité prétende à la neutralité face à celle-ci, mais bien au combat pur et simple. À en juger par vos propos, dois-je penser que c’est moi qui ai raison de me méfier de la laïcité, ou est-ce vous qui vous en méfiez ?

    M. Le Hir, M. Pomerleau,

    Mes remerciements.

  • Gilles Verrier, 29 novembre 2016 00h07

    @ Pierre Cloutier :
    L’indépendance ne se fera jamais par ceux qui militent fanatiquement pour achever notre déracinement. L’indépendance se justifie pleinement et seulement par la défense d’une tradition, soit d’une continuité historique. Détester à ce point ses origines, être à ce point ingrat envers ce glaive de résistance forgé par notre Église et qui sauva la nation de l’assimilation dépasse l’entendement. À vous lire, une définition moins laxiste du patriotisme s’imposerait.

    @ Richard Le Hir
    qui écrit :
    « « ...sont tout simplement le souci d’objectivité de l’analyste dans sa présentation de la problématique et le désir de ne pas influencer le lecteur dans ses choix à un stade aussi préliminaire. Ajoutez à cela le désir de respecter les convictions de chacun, et surtout celles que je ne partage pas. » »

    Je vous encourage à dire ce que vous avez à dire en prenant moins de ces précautions superfétatoires. Ne vous défendez pas de vouloir influencer le lecteur, vous êtes là pour ça. Et c’est comme ça qu’on vous apprécie.

  • Pierre Cloutier, 28 novembre 2016 15h49

    Message à Richard LeHir

    "Dans la profondeur de nos racines, pour justement affronter ce défi, nous redécouvrirons le besoin, et le réconfort, de la transcendance divine, seul moteur de la confiance et de l’espoir lorsque tout invite à désespérer".

    J’espère que non. Le prétendu "besoin" et de "réconfort" de la "transcendance" divine, on n’en n’a vraiment rien à cirer. Chaud échaudé craint l’eau froide. On a assez goûté à la soumission et à l’obéissance sous la chape de plomb de l’Église catholique que personne n’a le goût de remettre cela, à moins d’être complètement masochiste.

    Les religions, toutes les religions sont un fléau pour l’humanité. On l’a vu, on le voit et on le verra : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté, haine de tous les livres au nom d’un seul, haine de la sexualité, haine des femmes et du plaisir, haine du féminin, haine des corps, des désirs, des pulsions.

    La transcendance est dans l’immanence. Dans ce qui est. Le réel, le tangible, le concret, l’ici et maintenant, la vie - et le respect de la vie - et la mort. Tout le reste, Dieu, Yahvé, Allah, Bouddha, les Élohim, les dieux et les déesses, les saintes et les saints, les martyrs, les anges et les archanges, la fiction, la pensée magique, les rites et les dogmes, a quelque chose qui ressemble à un délire schizophrénique.

    Quant à la "morale" chrétienne - tendre l’autre joue lorsqu’on est frappé - elle est hypocrite et impraticable. Quelle femme a le goût de recommencer après avoir été violée ? Quand une morale est impraticable, il y a absence de morale.

    Pas besoin de croire aux divinités pour avoir une solide éthique humaniste respectueuse de la vie et des êtres humains.

    Il n’y a aucun désespoir à vivre un jour à la fois, à aimer la vie qui nous veut et à savoir que l’on va mourir et retourner dans le néant d’où nous sommes venus. Au contraire. Il y a une immense libération à se débarrasser de toutes ces conneries et fadaises qui nous empoisonnent la vie et divisent les gens les uns contre les autres depuis trop longtemps.

    Message à Jean-Claude Pomerleau

    Je ne vois vraiment quoi ce qu’il y a de "superbe" dans ce texte. Au contraire, c’est une veille soupe ancienne qu’on tente de nous servir à la moderne. Heureusement, le peuple québécois en est sorti et c’est sûrement pas pour remettre cela.

  • Richard Le Hir, 28 novembre 2016 06h49

    Monsieur Windisch,

    D’abord, préciser pour le bénéfice des lecteurs que le texte auquel vous faites référence s’intitule « Le Québec tout détricoté » et que vous pouvez le trouver ici.

    Ensuite, vous remercier pour la qualité de votre contribution au débat. L’enjeu vous interpelle et vous y avez réfléchi en profondeur. C’est tout à votre mérite.

    Ce que vous prenez chez moi pour de la timidité et une certaine distance sont tout simplement le souci d’objectivité de l’analyste dans sa présentation de la problématique et le désir de ne pas influencer le lecteur dans ses choix à un stade aussi préliminaire. Ajoutez à cela le désir de respecter les convictions de chacun, et surtout celles que je ne partage pas.

    Votre texte soulève deux questions dont le libellé recèle les éléments de ma réponse :

    Dans une telle perspective du monde, où tout nous invite à ignorer ou dédaigner les générations antérieures, où plus rien ne nous rattache à une cause première, ni à une fin dernière, où les destins de chacun sont sans conséquence durable, où tout l’héritage humain eût aussi bien pu ne jamais exister (ou alors disparaître du jour au lendemain), que ce n’eût infléchi d’aucune manière le sens et la valeur qu’on veut bien prêter aux choses... dans une telle perspective, qui gît au coeur de la culture et des croyances de notre époque, comment justifier un souhait profond d’enracinement, de filiation et de durée ?

    […]

    Quelles seraient la portée, l’utilité, la fierté, la justesse et la cohérence de souhaiter consolider un attachement à des racines dont on est désormais incapable de croire qu’elles nous connecteraient à quoi que ce soit de profondément valable, ni vrai ?

    Peu importe les influences auxquelles nous sommes soumis, nos racines sont bien réelles et tous les efforts pour les effacer et nous en couper sont vains. Il n’y a rien à justifier. Ce qui a été, a été, et a contribué à définir en profondeur ce que nous sommes. Tôt ou tard, et généralement à la faveur d’une crise existentielle, la réalité finit toujours par reprendre ses droits.

    Or cette crise existentielle, nous y sommes confrontés concurremment à deux niveaux. Celui de notre survie comme héritiers d’une tradition chrétienne à l’origine de notre existence comme peuple, et celui de la survie du système qui prétend justement nous couper de ces racines. Toute la question est de savoir si notre enracinement va survivre au système, et les signes annonciateurs de la fin dudit système, de plus en plus fréquents et profonds, sont suffisamment nombreux pour que nous comprenions qu’elle est imminente.

    Sa chute va entraîner un vide énorme que tous les peuples, et je m’arrête en particulier aux peuples issus de la tradition chrétienne, dont le peuple québécois, n’auront pas d’autre choix que de puiser dans leurs racines profondes les ressources et l’énergie qui leur permettront d’aspirer à la survie. Nos 400 ans d’existence et de résistance en Amérique du Nord nous ont bien préparés à relever ce défi.

    Dans la profondeur de nos racines, pour justement affronter ce défi, nous redécouvrirons le besoin, et le réconfort, de la transcendance divine, seul moteur de la confiance et de l’espoir lorsque tout invite à désespérer.

    Comme le soulignait récemment Philippe de Villiers à l’occasion de la parution de son plus récent ouvrage, « Les cloches sonneront-elles encore demain ? », le problème de la laïcité, c’est justement de ne déboucher que sur le vide. Or il est bien connu que la nature a horreur du vide. Ce vide ne demandera qu’à être comblé par la confiance et l’espoir le moment venu, et je préfère pour ma part l’Évangile au Coran.

  • Jean Claude Pomerleau, 27 novembre 2016 22h16

    Superbe.

  • Pierre Cloutier, 27 novembre 2016 16h50

    Le socle des religions monothéistes est basé sur 3 prémisses fondamentales : la peur, la soumission et l’obéissance. La peur de mourir comme un chien abandonné au bord de la route et dont les atomes et molécules se désagrègent pour retourner dans le néant d’où il est venu. D’où l’invention du concept d’âme éternelle qui ne mourra jamais et qui ira au paradis ou en enfer dépendant de la façon dont se seront comportés les humains face à la prétendue "morale" judéo-chrétienne alimentée par la soumission et l’obéissance aux représentants temporels de Dieu, les curés, les rabbins et les imams.

    Le terreau fertile des religions est aussi l’ignorance et la culpabilité. Ignorance qui facilite la soumission et l’obéissance et culpabilité qui résulte du péché originel commis par l’homme, dont la femme, Ève, a voulu accéder à l’arbre de la connaissance et ce partant à la liberté.

    J’ai vécu une partie de ma vie sous la chape de plomb de l’Église catholique et je suis immunisé pour le restant de mes jours. Malheureusement, après s’être débarrassés des curés, nous voila pris avec les imams et le retour du religieux dans la sphère non seulement publique, mais également civique, soit celui de nos institutions.

    Je suis athée, hédoniste, libertaire, féministe et laïc jusqu’au bout des ongles et je vous prie de nous lâcher la grappe avec la fiction, la pensée magique et les dogmes. Pas besoin de croire en Dieu, Yahvé ou Allah pour avoir une solide éthique humaniste respectueuse de la vie et des êtres vivants.

    J’ai la patrie dans le coeur et dans le sang, mais je déteste les religions. Toutes les religions, ces sectes qui ont réussi et qui ne servent qu’à nous empoisonner la vie et diviser les gens les uns contre les autres.

Écrire un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document
Ajouter un document

Éviter les réponses à un autre commentaire, les commentaires s'appliquent au texte seulement.

Pas d'attaques personnelles ni de propos injurieux ou discriminatoires.

Vigile se réserve le droit de refuser tout commentaire sans avoir à justifier sa décision éditoriale.

Veuillez lire attentivement les consignes détaillées avant de soumettre votre premier commentaire.

Consignes détaillées

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
440$  1%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 12/01 Gilles Longtin: 50$
  • 11/01 Henri Marineau : 25$
  • 10/01 Majella D'Anjou: 100$
  • 9/01 Marc Huber: 40$
  • 9/01 Claude Viger: 40$
  • 9/01 Sylvain Bolduc: 10$
  • 9/01 Ludovic Marin: 10$
  • 9/01 Gilles Dionne: 10$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités