«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Ventre plein n’a pas de rage

Retour sur les colonisés québécois : le cas Hydro-Québec

Comment faire pour se calmer le pompon ?
Plus on s’informe et plus on décortique la véritable signification du processus mis en place au Québec depuis au moins trente ans par nos politiciens, avec leur modernisation et leur réingénierie de l’État et leur slogan « Il faut créer de la richesse avant de la partager », plus, dans un premier temps, on se décourage pour ensuite rager. La semaine dernière encore, le chef de la CAQ François Legault et son lieutenant Christian Dubé ont répété à qui voulait bien les entendre qu’ils se donnaient comme but de « moderniser » l’État en prenant comme modèle les entreprises dans lesquelles ils ont travaillé. Vraiment pathétique ce rapprochement business-gouvernement. Aille les amis, vous devriez changer de temps en temps de cassette. Ça fait au moins vingt ans que les libéraux et les péquistes nous assomment avec leur idéologie de la modernisation de l’État. En fait, moderniser l’État par rapport à quoi et à qui ? On le sait bien, pour ces élus, l’État sera toujours trop gros et le privé trop petit.

Le Québec, probablement l’endroit le plus colonisé au monde : je m’explique
Les derniers gros contrats de construction d’éoliennes au Québec, plus de 20000 MW, ont été octroyés par les libéraux et les péquistes à des firmes étrangères, principalement la société française, Énergie de France (EDF), l’albertaine Enbridge, l’Allemand RE Power System et la britannique Res Canada. Des contrats accordés sans aucun risque pour les promoteurs, très rentables et en plus jouissants de nombreux allègements et cadeaux fiscaux qu’auront à défrayer les contribuables québécois. Mes amis, vous devez payer pour vous faire « moderniser » de force.

En 2008, Jean Charest nous annonçait : « Un chantier éolien de quatre milliards » (Le Devoir, 6 mai 2008) suivi en 2013 par Pauline Marois : « Réserve faunique des Laurentides. Québec autorise un parc de 175 éoliennes » et puis : « Gaspésie. Québec confirme un quatrième appel d’offres d’énergie éolienne de 800 mégawatts » (Le Devoir, 25 janvier et 11 mai 2013).

La même arnaque se poursuit depuis belle lurette avec les petites centrales très payantes pour les entrepreneurs venant de l’étranger. Payant pour les affairistes mais pas pour Hydro-Québec et les Québécois. C’est pas moi qui le dis, ce sont les dirigeants d’Hydro-Québec qui le mentionnent déjà en 1995 et c’est même pire depuis ce temps avec la facture de l’éolien : « Hydro admet qu’elle perd beaucoup en achetant de l’électricité privée » (La Presse, 18 mai 1995). Pis, qu’en dites-vous ? Et l’histoire déprimante se poursuit à grande vitesse puisque, déjà en 1995, on pouvait lire dans cet article que : « Or, la société d’État croule sous le surplus d’électricité ». Déjà, en 1995, on forçait Hydro-Québec à acheter de l’électricité du privé qu’elle n’avait absolument pas besoin et à gros prix en plus de ça encore et toujours sur le « bill » des contribuables floués.

Et maintenant la quintessence de la colonisation
Déjà, c’est déjà assez affligeant que l’on cède à des étrangers la production privée d’électricité au Québec par le biais d’éoliennes et de petite centrales plutôt que de mandater à cet effet notre bien collectif Hydro-Québec. Ce n’est pas tout, tenez-vous bien, il y a les sociétés d’État de la Caisse de dépôt et placement du Québec et Investissement Québec qui, imaginez, investissent des centaines de millions de dollars de l’argent des contribuables dans des firmes étrangères à qui nos politiciens ont fait cadeau d’éoliennes et de petits barrages chez nous ici même au Québec. Allô nationalisme québécois !

Dites-nous que ça se peut pas. On est pas rendu bas au point de financer et de payer de notre argent les étrangers qui viennent nous exploiter chez-nous avec nos propres ressources naturelles ? Un record mondial en termes de colonisation. Tiens, il y a la Caisse de dépôt qui a investi : « 500 millions$ dans l’éolien » (Le Journal de Montréal, 9 janvier 2013). On nous apprenait alors que la Caisse, avec notre pognon, venait d’investir un demi milliard de dollars dans la firme américaine Invenergy de Chicago, qui est propriétaire du parc éolien Le Plateau, situé en Gaspésie. La Caisse investit beaucoup aussi dans l’albertaine Enbridge, elle aussi beaucoup choyée par nos politiciens et par Hydro-Québec sur le bras des familles québécoises.

Et maintenant, que dites-vous du titre de ces trois articles : « Investissement Québec finance l’éolien » (Le Devoir, 15 décembre 2011) ; « La Caisse prête à investir 150 millions$ dans l’électricité privée » (La Presse, 28 septembre 1993) et, enfin, « De l’électricité privée à fonds publics » (Le Devoir).

Pendant ce temps au Danemark, en Suède et en France
En 2010, le Danemark a inauguré un des plus grands parcs éoliens en mer au monde sous l’égide, pas de firmes étrangères comme on le fait au Québec, mais du groupe étatique danois Dong Energy, un projet de 2,5 milliards$ (La Presse, 13 octobre 2010).

En Suède maintenant, il y a la société d’État suédoise Vattenfall qui, en plus d’investir massivement chez lui entreprend de gros projets à l’étranger. En 1992, Vattenfall s’est définie comme une société d’énergie et non plus seulement d’électricité : « Si Hydro-Québec était suédoise » (Les Affaires, 28 octobre 2011). Ici, au Québec, nos élus ont, au fil des ans, interdit, non seulement à Hydro-Québec d’investir à l’étranger mais aussi au Québec, même dans l’éolien et les petits barrages. Faut laisser cette poule aux œufs d’or aux « entrepreneurs » privés. Et puis, ils ont ordonné à Hydro de donner les investissements qu’il détenait dans le pétrole et le gaz à des « binneries » contrôlées et gérées beaucoup par des transnationales étrangères. Plus colonisé que ça tu meurs.

Enfin, je pourrais vous mentionnez plein d’autres exemples comme Électricité de France (EDF), la société d’État française, qui a elle aussi changé son nom pour Énergie de France et qui investit beaucoup à l’étranger, dont au Québec ; elle s’est même lancée dans l’exploration de pétrole et de gaz dans le monde entier. Tout à fait le contraire d’Hydro-Québec. Ça ne vous fait pas rager un petit brin ?


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