«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Du côté ouvrier, on résiste toujours

Résignation ou reddition

À nous le super brise-glace

Tribune libre de Vigile
vendredi 29 août 2014
429 visites 1 message

L’une comme dans l’autre, il s’agit de renoncer au combat avant même de lui avoir donné la vigueur des meilleurs discours enflammés d’un Michel Chartrand. Alors pour parler de ce Bouchard défaitiste, ce n’est pas à la résignation qu’il appelle. Pour ma part, je parlerais de reddition totale. Voilà donc où le grand leader charismatique en est : non seulement il traite les travailleurs québécois de paresseux, mais il renonce superbement au combat pour leur obtenir du travail qui leur reviendrait dans le contexte de l’élémentaire justice au Canada.

Toutes les luttes de libération nationales, de celle de la France occupée aux plus récentes et meurtrières du Tiers-Monde, se sont heurtées à une volonté de finalement baisser les bras quand il se serait agi de sonner le ralliement avec ceux dont la vision restait authentiquement tournée vers les forces combatives issues du peuple.
La grande crainte de Charest, qui a sonné l’hallali contre les étudiants pour leur assaut contre l’ordre établi, semble apeurer maintenant ceux qui ont dirigé un temps le mouvement national. Pour qui le menaient-ils donc ?

Pourquoi ces forces, étonnamment vigoureuses à une certaine époque de notre histoire collective, se sont-elles maintenant érigées en nouvelle Clique, non seulement pour tempérer, mais pour annihiler la résistance nationale ?
L’explication qui me vient est celle de leur volonté de servir d’abord les classes hégémoniques plutôt que celle des Québécois subalternes. La suite est facilement prévisible : ces subordonnés en viennent à penser se libérer par eux-mêmes des chaînes que la lutte leur fait sentir. C’est ce que fait le syndicat des ouvriers des Chantiers Davie.

Il s’agit pour eux de rapatrier le contrat du brise-glace Diefenbaker accordé à un chantier de Vancouver sans que celui-ci ne puisse s’engager à le fabriquer dans les coûts et dans les délais requis par le fédéral. Le talent ne manque sûrement pas aux ouvriers de l’Ouest, mais leur chantier n’est tout simplement pas à la hauteur. On l’admet même à Vancouver en révélant leur incapacité de livrer le navire à temps et au prix soumissionné. L’escalade des coûts en est donc à ses tout débuts. Les Chantiers Davie et les ouvriers ont décidé d’exprimer publiquement leur volonté de construire ce navire l’un des plus gros et des plus sophistiqué que le Canada n’ait jamais mis en chantier.
Quand est-ce que le réveil, celui-là national, se fera ?

Option nationale se renseigne auprès de nous après notre interpellation. Québec solidaire semble répondre positivement par courriel à l’invitation à une conférence de presse sur la cause des ouvriers directement sur le site des Chantiers si la Cie l’autorise. Il y a même une ouverture pour une résolution à l’Assemblée nationale. Le syndicat semble s’orienter vers un travail en toute indépendance. Nous prétendons y ajouter le volet de la lutte politique nationale.

Tous les signaux d’alarme ont été allumés auprès des partis qui ont la prétention de servir le Québec. S’agirait-il d’un intérêt qui verrait d’autres enjeux prioritaires ? Pourtant la lutte des travailleurs des Chantiers en est une on ne peut plus urgente dans le combat requis pour des emplois. Esquiveront-ils la main tendue et nécessaire par les ouvriers, ces partis dont les discours sont remplis de bons vœux pour l’accès au travail du plus grand nombre ?
On hésite, on pèse, on tergiverse pendant que les ouvriers se demandent quel sera leur lendemain. Quel sort les a voués à cette terrible alternative de la reddition devant le combat national à propos d’un équipement industriel majeur pour tout le Québec et qui est encore soumis au carcan du fédéral ou carrément confronté la stratégie fédéraliste cynique de la fermeture ?

Force est de constater que l’on trouve plus urgent au PQ une course à la chefferie qu’une réplique anti-Harper à la solution de cette injustice immorale que subissent les milieux ouvriers de Lévis.

Les vœux pieux remplaceront-ils une campagne rigoureuse et unitaire des institutions politiques du Québec en faveur de ses ouvriers. Seul le Bloc s’est jusqu’à maintenant penché sur le problème pour en clarifier les enjeux à Ottawa. Sera-t-il laissé seul à la Chambres des Communes ?
J’en donne l’exemple des freins que l’on voit se serrer, avec un certain immobilisme des partis concernés, autour de la bataille des ouvriers des Chantiers Davie. Qui reprendra au bond cet élan de telles forces populaires et nationales dans l’exigence de la rectification d’une injustice profonde subie par les ouvriers du Québec ?

Ils ne réclament pourtant que ce à quoi appelleraient supposément les Libéraux fédéralistes de Couillard : du travail moins précaire pour les années futures qui les autoriserait à une élémentaire planification d’une vie de famille normale pour des salariés.

Commentaires

  • Gaston Carmichael, 29 août 2014 20h14

    Si je comprend bien, il suffit de soumissionner à un prix ridicule pour obtenir le contrat. Une fois en poche, on réclame des "extras" pour être en mesure de livrer la marchandise.

    Ces "extras" devrait être ajouté au coût de la soumission initiale, puis reprendre la comparaison entre soumissionnaires, et déterminer un nouveau gagnant s’il y a lieu.

    Malheureusement, je ne crois pas qu’il serait payant électoralement pour Harper d’annuler le contrat en C-B., pour le donner au Québec.

    Que voulez-vous ? C’est le prix à payer pour s’acharner à vouloir rester dans le plusse-meilleur pays du monde.

    Consolez-vous. Parce qu’on aura droit à plus de péréquation pour compenser notre pauvreté et notre misérabilité

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