«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une consultation qui s’en va nulle part, très vite, et c’est La Presse qui le dit

Requiem pour une consultation

dimanche 3 septembre

Y a pas à dire, cette consultation sur le racisme systémique s’annonce trrrès bien.

Minée par la politisation, torpillée par un acharnement médiatique... On apprend maintenant que celle qui en a la responsabilité est au coeur d’une tornade dans sa propre organisation.

Commençons par le cas de Mme Tamara Thermitus, nouvelle présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Mes collègues de La Presse nous apprenaient cette semaine qu’elle faisait l’objet de plusieurs plaintes pour « abus d’autorité, mauvaise gestion et manque de respect ». Des gens ont été mutés, d’autres sont en congé de maladie, on se plaint de son style autoritaire et intimidant. Bref, à en croire plusieurs employés, un climat pourri et une sorte de chaos règnent à la Commission.

Ce ne sont pour l’instant que des plaintes et il faut toujours être prudent avec les dénonciations de ce type. La Commission est une institution sous-performante depuis des années. Les délais, officiellement de 450 jours en moyenne, sont souvent de deux, trois ans et plus pour des enquêtes relativement simples. On blâmera le sous-financement gouvernemental, et il est vrai que Québec n’est pas particulièrement pressé de gonfler le budget d’un organisme dont le mandat consiste bien souvent à dénoncer les pratiques de ses ministères - discrimination à l’emploi, dans les ordres professionnels, dans le logement, etc.

Il n’en reste pas moins que la culture bureaucratique y est bien implantée et que les lumières y sont éteintes assez tôt dans bien des bureaux.

J’ajouterais à cela une hypersensibilité institutionnelle pour tout ce qui pourrait ressembler à une brusquerie des gestionnaires. La plainte pour harcèlement contre l’ancien président Pierre Marois l’a forcé à se mettre en retrait, mais n’a mené à absolument rien.

Ça ne veut pas dire que ces plaintes ne sont pas fondées. De toute évidence, il y a une crise au plus haut niveau. Mme Thermitus, presque sans expérience de gestion, se trouve à la tête d’une boîte de 150 personnes et ça semble bien mal barré.

Mais que ces plaintes soient fondées ou non, on ne peut pas continuer comme si de rien n’était. Mme Thermitus doit s’expliquer. Elle doit d’autant plus le faire qu’elle est appelée à avoir un rôle public majeur dans les prochains mois.

Le hic, c’est qu’à peu près rien ni personne ne peut l’y obliger...

***

La présidente de la Commission n’est pas choisie par le gouvernement, mais désignée par l’Assemblée nationale, par un vote des deux tiers de ses membres, sur la recommandation du premier ministre. L’opposition doit donc être consultée. Une fois qu’elle est élue, aucun mécanisme de suspension ou de destitution n’existe avant la fin de son mandat. On en déduit que l’Assemblée nationale pourrait lui faire une sorte de procès, le cas échéant. Mais vu la nécessaire indépendance de la Commission, il faudrait une cause gravissime pour entreprendre ce genre de démarche sans précédent, qui pourrait passer pour une vengeance politique. Et si, administrativement, la Commission relève du ministère de la Justice, personne ne peut donner d’ordre à sa présidence.

Bref, si vraiment ça va aussi mal qu’il y paraît, ça peut être long, très, très long...

En tout état de cause, Mme Thermitus a une sorte d’obligation minimale de transparence. Elle doit rétablir la crédibilité de son administration.

***

Ces turbulences arrivent au moment où Mme Thermitus entreprend une tournée du Québec sur le thème du racisme systémique. Le gouvernement Couillard a rejeté l’idée d’une véritable « commission d’enquête », comme le réclament certains groupes. Il a plutôt mandaté la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour la production d’un rapport d’ici février. Une entreprise relativement légère comparée aux monstres que sont devenues les commissions d’enquête.

Si vraiment la Commission réussit, après des consultations dans 20 villes, à produire un rapport aussi vite, ce sera une sorte de record pour l’organisme.

Au-delà de ça, pour avoir un effet pédagogique, un tel exercice doit être largement appuyé. Or, la consultation a été commandée par le gouvernement libéral. C’est évidemment le boulot d’une commission des droits de produire ce genre de document. Mais elle répond ici à une commande politique.

Sans surprise, la Coalition avenir Québec et le Parti québécois ont dénoncé l’exercice. Jean-François Lisée reconnaît qu’il y a de la discrimination à plusieurs égards, mais craint que le sujet ne soit abordé publiquement, sous prétexte qu’on ferait une sorte de procès aux Québécois. C’est la même lamentation qui est répétée à peu près chaque jour dans diverses chroniques du Journal de Montréal : on veut faire croire aux Québécois qu’ils sont racistes !

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