«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Requiem pour un « tit-peupe »

Tribune libre de Vigile
lundi 7 janvier 2013
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Il faut parfois mettre de côté ses tentations chauvinistes et savoir reconnaître l’humour de ceux qui ne partagent pas nécessairement nos vues. Alors, saluons bien bas l’éditorial de Pierre Asselin qui, aux termes d’un texte paru dans le Soleil de ce matin, le 7 janvier 2013, y va d’un ambitieux plaidoyer visant à libérer les peuples autochtones des affres du colonialisme.

Citons d’abord l’éditorialiste :

« Mais, cet épisode, aussi tragique soit-il, n’était qu’une facette d’un régime qui considérait comme inférieures les nations qui habitaient ce territoire avant l’arrivée des colons européens...

Il faut abandonner l’idée que le fédéral sait ce qui est bon pour ceux qui ont souffert du régime colonial... »

« Cliss », qu’à l’est bonne. Le soussigné en riait encore deux heures après avoir pris connaissance du texte en question. Imaginez...« Il faut abandonner l’idée que le fédéral sait ce qui est bon pour ceux qui ont souffert du régime colonial ». À tout événement, l’éditorialiste poursuit sur le même ton, s’arrêtant à la frontière d’une demande de canonisation de Theresa Spence.

You know, comme si le fédéral ne savait pas ce qui « est bon pour le Québec ». La Cour suprême a passé presque un siècle à dépouiller l’Assemblée nationale des pouvoirs que lui avait reconnus le Comité judiciaire du Conseil privé. Avec la récente réforme du calcul de la représentation aux Communes, le Québec va être plus minoritaire que jamais.

Les politiques économiques du fédéral désavantagent systématiquement le Québec. La dernière grimace a pris la forme d’une subvention de 250 millions $ au secteur automobile. Le Québec, lui, reçoit de la péréquation. Mais, on lui en donne moins que les autres sur une base individuelle. Puis, en plus, on le traite de parasite à pleines pages des grands médias canadiens anglais. Le soussigné a arrêté d’acheter le National Post après y avoir vu, au sommet de la première page, ce titre méprisant ; « Stupid Show, Big Hit in Quebec ». Il s’agissait de La petite vie.

Alors, oui, le Canada anglais envisage le Québec et les Québécois comme des éléments de second ordre, voire pire, de l’ensemble national. En fait, on ne veut même pas nous donner une version française officielle de la constitution. Sachant que...la Cour suprême a déjà défini la constitution comme l’expression par un peuple de sa volonté de vivre ensemble en conformité avec certaines règles de base, une conclusion s’impose : Le Canada anglais ne veut pas de nous. Dans ces circonstances-là, pourquoi lui imposer notre présence ? La question n’est pas oiseuse.

Et, les Québécois ont droit à ce statut d’infériorité même au plan personnel. On pourra faire une recherche à partir de « Les « cheap shots » de monsieur Furlong, publié sur Vigile, pour prendre connaissance du traitement auquel a eu droit le soussigné lors de son passage à UBC en 1973-74. J’avais pratiquement l’impression d’être James Meredith dans ce misérable trou raciste. En fait, c’était pire à UBC...Ole Miss a finalement diplômé Meredith...Mais au point où c’en était rendu, je n’en voulais plus du diplôme de UBC...J’en aurais eu honte.

Puis, on pourra prendre connaissance de « Lost in Translation, The British North America Act, 1867 », pour voir ce qui arrive aux Québécois qui refusent d’être traités avec mépris dans la fonction publique fédérale. Le 23 juin 1987, si ma mémoire est bonne, le premier conseiller législatif Peter Johnson me remettait une lettre m’enjoignant de me soumettre à un examen médical administré par des médecins de Santé Canada, sous peine de congédiement. Pour ceux qui ne savent pas lire, ça, ça veut dire qu’on a essayé de me faire passer pour fou,entre autres. Est-ce que c’est ça, la Loi sur les langues officielles de Pierre Trudeau et de Jean Chrétien ? C’est pas l’Union soviétique, ça ?

Traitez un musulman comme ça, pour voir si ça resterait là. On ne me reprendra plus à me tenir debout pour le Québec. Un « tit-peupe, c’est un tit-peupe ». Un moment donné, il faut voir la réalité telle qu’elle est...Même si c’est triste.

Commentaires

  • Louis Côté, 9 janvier 2013 13h56

    Non, ce n’est pas tout à fait exact. J’ai d’abord occupé un poste à la Commission de Révision des lois au ministère. Je suis passé à la section de la Législation un a et demi plus tard environ.

    L. Côté

  • Louis Côté, 9 janvier 2013 08h56

    J’étais avocat à la section de la Législation du ministère de la Justice depuis décembre 1981.

    Et, quand je parle d’Union soviétique, je veux dire une machine qui s’en prend, ou essaie de s’en prendre, à la santé mentale de ceux qui disent la vérité au sujet de la machine. Imaginez-vous ce que ça peut avoir comme conséquences pour un individu un diagnostic de dérèglement mental dans son dossier au gouvernement. J’ai oublié les noms, mais il y a eu au moins deux cas récemment où le fédéral a sorti des dossiers médicaux pour discréditer des fonctionnaires qui avaient formulé des critiques sur des questions militaires, si ma mémoire est bonne. C’était peut-être sur autre chose. Mais, pour les dossiers médicaux, pas de doute. Et, ne vous faites pas d’illusions, je n’ai pas été traité de cette façon pour des motifs personnels. C’est susceptible d’arriver à quiconque dénoncera des actes illégaux, immoraux ou discriminatoires.

    Puis, si vous voulez voir ce qui arrive aux fonctionnaires qui dénoncent des actes illégaux ou immoraux, allez voir les dossiers de Pierre Blais à Santé Canada, John Quigley à Immigration Canada et d’un dénommé Swinwood à Via Rail. Ce sont des dossiers de la fin des années 80, début des années 90. Autrement dit, l’époque de mons cas à la Justice. Vigile peut en parler sans crainte, ce sont tous des dossiers qui ont été discutés publiquement.

    J’ai 64 ans. Je suis en pleine possession de mes moyens. Et, je ne traiterais pas le Canada d’Union soviétique ou le Québec de « tit-peupe » si je n’avais pas une base factuelle pour le faire.

    Louis Côté

  • Francis Déry, 8 janvier 2013 22h47

    Le 23 juin 1987, si ma mémoire est bonne, le premier conseiller législatif Peter Johnson me remettait une lettre m’enjoignant de me soumettre à un examen médical administré par des médecins de Santé Canada, sous peine de congédiement.

    Juste pour situer le contexte, qu’elle était votre job ?

    Pierre Trudeau pouvait bien s’inspirer de l’Union Soviétique pour rédiger sa constitution, en particulier la constitution de Lénine et les pouvoirs accordés aux minorités, puis qu’il était jadis un marxiste-léniniste et rien n’indique qu’il a vraiment renié le Parti puisqu’il a toujours maintenu un bon carnet de contacts dans ce milieu.

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